490: HAYDEE POLITOFF 1908441

Le passage d’Haydee Politoff au cinéma fut un accident, un aléa, une coïncidence, un imprévu.

Et que ce passage dure dix ans, il n’en reste pas moins qu’il fut impromptu. Haydee était là en dilletante.

Cette gracieuse parisienne naît le 25 Mai 1946 à Saint Denis. Malheureusement son pére décède alors qu’elle est encore toute petite. Sa mère se remariera très vite, avec un journalise qu’Haydee prendra pour son père jusqu’à l’âge de 4 ans. Elle ne gardera comme souvenir de son vrai père que son prénom Haydée, tiré de son roman préféré « Le Comte de Monte Cristo ». Un prénom de princesse.

Née en 1946, Haydee sera donc adolescente dans une France résolument yéyé, idole des jeunes et « Salut les Copains », la France des années 60.

D’ailleurs Haydee a sa bande, comme tous les jeunes « dans le vent ». Et dans sa bande il y a Chantal Goya, France Gall et Eric Rohmer.

C’est en la regardant danser lors d’une « boum » chez des amis que Rohmer aura envie de la diriger; mieux, il écrira un film pour elle: « La Collectionneuse ».

politoff

Haydee n’avait jamais pensé une seule seconde faire du cinéma, mieux encore, elle n’en avait jamais eu envie! Lorsque Rohmer lui proposa « La Collectionneuse », elle rougit et refusa tout net. Car le cinéaste n’avait pas prévu une chose: Haydee était d’une timidité maladive! Elle devant les caméras? jamais! Et qui de plus est, elle ne se sentait aucune affinité avec cette collectionneuse « Changer de partenaire chaque soir? Je ne vois pas très bien ce que ça peut avoir de constructif ni même ce que ça peut apporter à l’épanouissement personnel d’une femme! »

Haydee a arrêté ses études en 1962, depuis elle traîne sa dégaine et sa liberté avec sa bande de copains. passionnée par le dessin, elle est inscrite dans une académie privée très sélect mais ne se fait aucune illusion sur son talent. Alors elle  se laisse vivre, grâce à son père adoptif elle fait quelques piges pour des journaux de mode, mais là non plus il n’est pas question de passion, de plan de carrière ou d’ambition. Il n’est même pas question d’intérêt. elle préfère rejoindre sa bande à la Coupole et jouer aux dés ou aux échecs.

Mais Eric Rohmer est tenace et insite, après l’avoir amadouée en lui proposant d’écrire les dialogues du film, il la persuade. D’abord parce que le film se tournera à Saint Tropez et puis dit-il « Mes films ne marchent pas, personne ne les voit et donc personne ne te verra! »

Haydee accepte le film comme une « expérience ».

Le tournage ne fut pas idyllique malgré le beau soleil, le reste de l’équipe, se souvient-elle, la traitait comme « le petit boudin d’Eric Rohmer, c’est à dire une parfaite idiote avec un beau cul qui avait toutes les chances de faire foirer le film » Alors Haydée se conduisait comme « une parfaite imbécile », pour « ne pas décevoir »!

Par contre, et contrairement aux pronostics de Rohmer, le film connut un grand succès et Haydée fut véritablement lançée et devint une vedette en un film. Elle n’en eut pas la grosse tête pour autant et déclara simplement: « La tête de ceux qui m’avaient prise pour une imbécile sur le film! Ils en avalaient leur dentier! (Tête de Mijanou Bardot!)

La planète « jeune » avait une nouvelle idole! Haydee s’envola pour l’Angleterre y présenter une collection de perruques futuristes en papier qui n’eurent aucun succès puis accepta avec une joie immense de jouer avec son idole Serge Gainsbourg (Comment aurait-elle pu lui échapper?) dans un court métrage de son cru: « Le Lapin de Noël ».

Dès lors les contrats vont littéralement pleuvoir, Haydee va accepter les films sans réel discernement et selon des critères qui lui sont propres: D’abord Le lieu de tournage, c’est pourquoi elle enchaîne avec « Ne jouez pas avec les martiens », car il se tourne en Bretagne et qu’elle adore la Bretagne.

Ensuite le cachet proposé, car elle avoue sans aucun scrupule: « J’ai l’air d’une petite écervelée mais je suis tout le contraire, j’aime l’argent, les bijoux, surtout les bagues en diamants, et je voudrais acheter beaucoup de maisons, une en Touraine, une en Bretagne, ensuite je verrai!

Après Rohmer ce fut Marcel Carné qui fit appel à elle pour « Les Jeunes Loups », mais avec sa franchise coutumière , la jeune actrice déclara » Ce film est une vraie merde! Carné veut tourner comme dans les années 30 quand il avait 20 ans et prétend s’intéresser à des problèmes « Jeunes » auxquels il ne pige absolument rien! »

Elle en était là d’une carrière plutôt éclectique lorsque l’Italie fit appel à elle. Il y avait du soleil et des lires à gagner. Elle s’exila.

Elle tourna, toujours avec aussi peu de discernement et fut longtemps la compagne de l’acteur français Daniel Duval.

Elle allait accepter un film érotique parce qu’il se tournait en polynésie, elle en accepterait un autre parce qu’il se tournait à Bali!

Haydée Politoff déclare: « Je tournais tout et n’importe quoi, pour les voyages parfois, pour l’argent toujours, je n’ai jamais dirigé ma carrière, c’était inévitable que je me retrouve dans des rôles de second plan dans des films de troisième zone! »

Lorsqu’Hiram Keller succèdera à Daniel Duval dans sa vie, il lui proposera de le suivre à Hollywood. Il fallait traverser la moitié du globe, il est normal qu’elle ait accepté. Pour le voyage!

Elle tourna un film, celui qu’on lui proposait. Mais après un an passé entre Hollywood où elle travaillait et San Francisco où elle vivait, Haydée ne se faisait strictement aucune illusion sur son devenir d’actrice. « Je n’ai jamais très bien su pourquoi on me proposait des films, donc je ne serai pas étonnée quand on ne m’en proposera plus, je n’ai pas à me préparer à ça, j’y suis prête depuis que j’ai commencé ce métier! »

Le destin prit alors l’aimable visage de nouvelles amours. Haydée rencontra l’homme de sa vie en Amérique. Ces deux-là se marièrent et s’en allèrent cacher leur bonheur anonyme dans une petite maison perdue dans une forêt du nord de la Californie. Le couple a adopté une petite vietnamienne et la petite famille vit de paisibles jours heureux.

QUE VOIR?

1967: La Collectionneuse: Avec Patrick Bauchau et Mijanou Bardot.

1967: Ne Jouez pas avec les Martiens: Avec Macha Méril et Jean Rochefort

1968: Les Jeunes Loups: Avec Yves Beneyton, Elina Labourdette et Elizabeth Tessier

1970: Las Secretas Intenciones: Avec Teresa del Rio et Valériano Andrès

1972: Ettore lo Fusto: Avec Rossanna Schiaffino et Vittorio de Sica

1979: La Femme qui Pleure: Avec Dominique Laffin, Jacques et Lola Doillon

1981: Il Capotto di Legno: Avec Michel Constantin

 

3 réponses
  1. Olivier Micha
    20 août, 2014 | 3 h 48 min | #1

    Elle était étonnante dans « La Collectioneuse » et aussi dans « La Femme qui pleure ». Vraiment étonnante, c’est-dire que son visage (pour moi en tout cas) s’imposait comme une évidence un peu folle, le visage qu’aurait eu par exemple l’héroïne de « Seize ans », un roman de François Nourissier publié sous le pseudonyme de France Norrit aux éditions Blonde.
    De quoi rêver en vain mais on rêve toujours en vain.
    Olivier Micha

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  2. DE CORNULIER MONIQUE
    17 mars, 2016 | 8 h 31 min | #2

    pour haydee politoff
    Te tappelles-tu de « LA THORAME » près d’ALLAUCH (Bouches-du-Rhône) où je me trouvais avec toi et les autres dans les années 1958/1959? Que deviens-tu?

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  3. Annick M.
    20 avril, 2016 | 23 h 58 min | #3

    Mignonne comme un cœur, cette fille. Étonnante, en effet, dans « La Collectionneuse », le plus sensuel des films de Rohmer (qui n’aimait pas que l’on dise que ces films étaient « sensuels »…)
    J’ai été déçue d’apprendre que les rapports entre les acteurs du film étaient les mêmes dans la vie, en dehors du tournage, que dans le film (l’histoire). J’aurais aimé qu’ils forment une bonne équipe. Comment Patrick Bauchau et Daniel Pommereule, qui jouaient donc à l’écran leurs propres personnages, pouvaient-ils être aussi méprisants jusque dans la réalité ? Cependant, si je comprends bien, Haydée les a bien « eus » dans la réalité comme dans cette fiction. « Ce petit boudin qui allait gâcher le film », tu parles !… Bien fait, les gars ! Non mais, quelles têtes à claques, ces deux-là…
    Beau film tout de même. J’adore. Et finalement, grâce aux trois – et à la caméra du « Maître » et de ceux qui travaillaient avec lui.

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