498: EVELYNE DANDRY s_aec04_-_cm_-_-_evelyne_dandry_-_2_-_6

Il ne me paraît pas possible d’aborder la délicieuse Evelyne Dandry sans se pencher d’abord un peu sur le « cas » de son célèbre papa.

En effet, Evelyne qui vient au monde le 13 Février 1939 à Bordeaux sous le patronyme d’Evelyne Deyhérassary est la fille d’un papa célèbre: André Dassary, André Dassary, le ténor à la voix d’or!

André Dassary est né à Biarritz en 1912 et n’arrivera à Bordeaux qu’en 1932. Appelé pour y faire son service militaire. Caserné sur place, il s’y ennuie fort. Ce jeune homme qui se destinait à l’hôtellerie mais qui adore chanter comme tout bon basque s’y inscrit au conservatoire. Histoire de tuer le temps mais aussi parce que cette inscripition qui va bientôt lui changer la vie lui permet d’obtenir plus de permissions que la moyenne des autres bidasses.

Exceptionnellement doué, le jeune militaire rafle les premiers prix de toutes les disciplines: chant, opérette, opéra comique, opéra! Et dans la foulée il « enlève » aussi le coeur de son accompagnatrice au piano, la très belle et très brune Marie-Hélène Berges qu’il épouse le 21 Décembre 1935.

Le couple aura quatre enfants, trois filles d’abord et un fils ensuite. mais seule la petite Evelyne se sentira attirée par la carrière paternelle.

A l’heure de la naissance d’Evelyne, si André Dassary est déjà célèbre, il est encore un débutant. Ce sportif accompli a renoncé à l’hôtellerie et se destine maintenant à une carrière de kinésithérapeute tout en participant à des concours amateurs de la région. Et un soir, comme dans un bon vieux mélo musical hollywoodien, il y a quelqu’un de célèbre dans la salle, la plus grande star française de son temps: madame Henri Decoin alias Danielle Darrieux. Elle le présente à son bon copain Ray Ventura, Ventura qui s’apprête à tourner des films et qui engage André Dassary, ce ténor portant beau et qui pourrait rivaliser si facilement avec Tino Rossi soi-même!

Puis ce sera la guerre, l’occupation, la libération où André Dassary aura quelques ennuis pour avoir interprété « Maréchal nous voilà! »

Née à l’aurore de la guerre, Evelyne n’aura guère profité de la présence de son papa durant ses jeunes années puisqu’il fut fait prisonnier puis se lança dans sa carrière. Il allait d’ailleurs rester un très populaire représentant des opérettes populaires qui feront de lui le grand rival de Luis Mariano et il n’est d’ailleurs pas interdit de préférer le premier au second.

Evelyne de son côté suivit un sage enseignement, et piquée de théâtre, elle débutait sur les planches du théâtre de la Huchette à dix sept ans à peine, et dans un tout petit rôle mais qui allait bien vite lui ouvrir la porte de plus grands théâtres et de plus grands rôles dans des pièces plus importantes.

Au cinéma , c’est Maurice Cloche qui allait la jeter dans les bras du beau George Marchal dont la vogue est alors à son comble pour faire d’elle une des petites oies blanches de « Marchand de Filles » avec Agnès Laurent et Danièla Rocca entre autres infortunées.

Pourtant, les professionnels considère d’un avis presque unanime que la jeune fille n’a pas une tête de « jeune première » et lui conseillent de patienter jusqu’à ses 30 ans pour tenir des rôles intéressants! Une telle déclaration faite à une jeune fille alors très timide aurait eu de quoi ébranler plus d’une vocation!

Comédienne de théâtre, Evelyne sera également très sollicitée par la télévision où elle profite d’une véritable célébrité, mieux, il existe un réel « rendez-vous » entre Evelyne et les téléspectateurs. Cette chose si rare dont personne n’a encore percé les secrets et les arcanes et qui crée entre un artiste et les assidus du petit écran une longue et belle fidélité qui s’apparente plus à de l’amitié qu’à une réelle admiration. Et il est certain que je n’aurais pas été contredite par Rosy Varte, Micheline Dax, Marthe Mercadier, Corinne Le Poulain, Sophie Desmarets ou même Mimi Mathy ou Pierre Arditi!

Et ceci fait que les rendez-vous d’Evelyne et du cinéphile est une denrée plutôt rare, faute de temps! On peut ainsi voir s’écouler une décennie sans voir l’actrice sur grand écran avant de la retrouver dans un film et qu’elle ne disparaisse pour une absence qu’il serait trop fastidieux de compter en jours ou en semaines.

Ce manque de films dans une carrière pourtant superbe aurait pu être un petit regret pour cette actrice restée si belle et d’une efficacité rare lorsqu’elle se retourne sur son riche patrimoine filmé.

Evelyne elle-même avait analysé son parcours: « Je fais beaucoup de théâtre et les gens de cinéma ne vont pas au théâtre donc ils ne me voient pas jouer, ensuite ils croient que parce que je suis tout le temps au théâtre, le cinéma ne m’intéresse pas, or rien n’est plus faux mais voilà, nous n’évoluons pas dans les mêmes milieux, c’est dommage car j’adorerais tourner avec Claude Sautet ou donner la réplique à Lino Ventura. Mais comme Lino ne fait pas de théâtre, ca n’arrivera jamais! »

Mais la vie n’en avait pas fini avec Evelyne Dandry qui avait eu cette étrange chance d’être adorée par un jeune garçon ayant grandi devant le petit écran. Et lorsque ce petit garçon fut grand, il tourna des films, devint un des réalisateurs français les plus en vue de son temps, un réalisateur qui n’a pas de plus grand plaisir dans la vie que d’entendre Evelyne Dandry répondre « OUI » aux propositions de films qu’il lui fait. Son nom: François Ozon.

Merci madame Evelyne Dandry, et merçi à vous, monsieur François Ozon.

Celine Colassin

QUE VOIR?

1957: Marchand de Filles: Avec Agnès Laurent, Danièla Rocca et Pascale Roberts.

1958: Maxime: Avec Michèle Morgan, Arletty et Charles Boyer

1958: Les Vignes du Seigneur: Avec Fernandel et Simone Valère

1963: D’où viens-tu… Johnny? Avec Johnny Halliday et Sylvie Vartan

1978: Adieu Voyages Lents: Avec Andrée Tainsny et Michèle Simmonet

1980: Tendres Cousines: Avec Macha Méril et Elisa Sevrier

1983: Le Démon dans l’île: Avec Anny Duperey et Jean-Claude Brialy

1985: L’Amour en Douce: Avec Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil

1998: Sitcom: Avec François Marthouret

1999: La Vie ne me fait pas Peur: Avec Magali Woch et Ingrid Parmentier

2003: Nathalie: Avec Emmanuelle Béart, Fanny Ardant et Gérard Depardieu

2010: Potiche: Avec Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Gérard Depardieu et Judith Godrèche

10 réponses
  1. Ascher Jonathan
    4 mai, 2012 | 12 h 12 min | #1

    En 1968, Evelyne Dandry fut la vedette du feuilleton « Sylvie des Trois Ormes », avec Frédéric de Pasquale

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    • Salaberry
      23 novembre, 2016 | 22 h 08 min | #2

      Dommage que cette artiste n’ait pas eu plus de propositions au cinéma .Je l’ai adoré dans « Sylvie des trois ormes « 

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  2. Jean-Marc AUREL
    29 juin, 2014 | 23 h 50 min | #3

    Evelyne était rayonnante dans le rôle de Sylvie des 3 ormes…

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  3. loupiat
    6 février, 2015 | 22 h 59 min | #4

    Précision,Dassary a chanté « Maréchal nous voilà », »Général nous voilà » cité dans l’article est une parodie chantée par les résistants.

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    • 7 février, 2015 | 9 h 06 min | #5

      Mais oui ben entendu!
      Une faute d’inattention!
      Merci cher ami!
      Celine

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  4. Lui qud
    22 avril, 2016 | 11 h 28 min | #6

    Quel bonheur de revoir Evelyne dandry dans scènes de ménage !!! Il faut absolument U elle soit plus presente

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  5. Tony Gallez
    15 septembre, 2016 | 20 h 25 min | #8

    Très intime pendant de longues années avec Dehyé
    -(André Dassary),je peux vous affirmer qu’il ne connut aucun ennui à la libération pour avoir
    interprété non pas  » Général nous voilà « ,mais  »
    Maréchal nous voilà « .Il changeau juste de firme de disque en 1945 et passa de Pathé chez Decca.

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    • 16 septembre, 2016 | 7 h 37 min | #9

      Je m’en suis référée à une interview d’André Dassary donnée à la journaliste France Roche.
      A l’évocation de cette chanson, Dassary lui a répondu « Ce n’est jamais agréable de devoir prouver sa bonne foi mais heureusement j’ai eu plus de chance que pas mal d’autres. Il existait plusieurs versions de cette chanson et je n’en pouvais rien si le gouvernement de Vichy préférait la mienne.

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      • Salaberry
        23 novembre, 2016 | 22 h 00 min | #10

        André Dassary que j’ai eu le plaisir de rencontrer n’a jamais collaboré avec l’ennemi durant la deuxième guerre mondiale comme certains l’ont laissé entendre .C’était un immense artiste lyrique qui a aussi chanté des chansons populaires .J’ai une grande admiration pour l’homme et sa magnifique carrière .

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