denise bosc

Le 9 Mars 2002, la comédienne française Denise Bosc s’éteignait dans la même totale discrétion qui avait entouré sa vie et sa carrière. L’actrice savait à la fois être discrète et de qualité rare.

Cette blonde diaphane naît dans une famille de comédiens, puisque son père est l’acteur très connu en son temps, Henri Bosc.  Sa maman, Cécile Guyon est elle aussi actrice, fille et petite fille d’acteurs.

Nous sommes le 19 Juillet 1916.

Le célèbre acteur , alors âgé de 35 ans, déclare à la mairie, non sans fierté, la naissance de sa petite Marie-Denise Danviolet

Avec un tel lignage, il sembla évident à la petite Marie-Denise qu’elle serait un jour elle aussi une actrice, mettant ses pas dans les empreintes laissées par ses chers parents. Ce qu’elle fit.

La jeune comédienne eut à la fois de la chance et de la malchance.

De la chance parce que son type féminin de blonde évanescente, parfois souffreteuse et souvent pleurnicheuse avait été mis à la mode durant les années 30 par des comédiennes aussi illustres et respectées que Madeleine Renaud, Madeleine Ozeray et quelques autres fragilités blondes des planches et des écrans.

Par contre, lorsque l’on naît en 1916, on a 23 ans en 1939 et la guerre, une nouvelle fois recommence. Si les casques allemands ont perdu leurs pointes et que la grosse Bertha est à la retraite, il n’en demeure pas moins que guerre il y a bel et bien. Les débuts de jeunes premières évanescentes ne font plus partie des préoccupations parisiennes qui ont pris pour nom « tickets d’alimentation », « zone libre », « marché noir » et « déportation ».

Les théâtres non chauffés feront avec les moyens du bord, on avance les heures de représentations et on raccourci les pièces pour permettre aux élégantes à semelles de bois d’attrapper le dernier métro avant le couvre feu dans une capitale privée de lumière. Parfois d’ailleurs , elles s’y bousculent avec les comédiens qui n’ont pas eu le temps de quitter les costumes de la pièce qu’ils viennent de terminer et voyagent compressées entre le malade imaginaire et Roxane!

Denise Bosc entre à la comédie française dans ce climat de disette propre à l’occupation. Nous sommes en 1942. Elle y restera durant tout le reste de la guerre. Bien évidemment, le cinéma était ralenti plus encore que le théâtre puisque l’on manquait là aussi de tout et la France fit peut-être d ‘excellents films durant ces années difficiles mais elle en fit peu.

Denise n’avait pas eu le temps de devenir une vedette avant la guerre,  elle avait débuté en 1938, mais dans des films relativement mineurs. Elle devrait donc se contenter de quelques rôles dans l’ombre des stars restées crânement à Paris plutôt que de fuir à Hollywood ou sous le libre soleil provencal tourner pour Pagnol.

Ces débuts dans des films discrets avaient pourtant été très prometteurs. Reçue première au concours d’entrée du conservatoire avec une unanimité rare, elle se ferait renvoyer au cours de sa première année, car déjà le cinéma l’accaparait trop pour suivre les cours d’une manière suffisamment assidue!

Lorsque la liberté revint une nouvelle fois, Denise avait 30 ans, il était un peu tard pour débuter; Mais heureusement, elle s’était fait une très confortable réputation au théâtre. Le travail ne lui manquerait pas. Et qui de plus est, elle découvrirait le grand amour entre deux représentations avec l’acteur Robert Marcy, lui aussi descendant de fière lignée car on compte l’illustre Rachel au nombre de ses ancêtres. Le couple aura deux fils,  Christophe Marx devenu médecin, et Renaud Marx devenu comédien.

Denise avait déjà été mariée une première fois à un assureur, Albert Lizot et avait deux enfants: Claire et Jean-Baptise. Tout ce petit monde s’entendra magnifiquement et Denise aura autour d’elle une de ces « familles à spectre large » qui deviendront la norme quelques décennies plus tard.

La guerre aura malgré tout eu une incidence positive sur la carrière de Denise Bosc. Pour cause d’embargo hitlérien, la France fut privée durant cinq longues années de films américains, mais pas des photos des nouvelles stars outre atlantique. On était littéralement assoifés d’Hedy Lamarr, Judy Garland, Lana Turner, Rita Hayworth, Betty Grable ou Ava Gardner qui enchantaient de manière si éblouissante le cinéma des libérateurs.

Denise fut mise a contribution dans cette déferlante de bobines et prêta aimablement sa voix à quelques grandes dames hollywoodiennes dont Lana Turner, Irène Dunne, Olivia de Havilland ou Deanna Durbin (lorsqu’elle ne chantait pas).

En 1957, le couple avait crée sa propre compagnie théâtrale et s’y faisait un point d’honneur de présenter uniquement des créations. Les accueils critiques furent souvent louangeurs pour les spectacles et toujours dithyrambiques pour Denise Bosc qui était devenue une très grande dame des planches. Nombre de fins connaisseurs la comparaient toujours à son avantage à Madeleine Renaud et même à Edwige Feuillère, estimant que celles-ci ne souffraient pas la comparaison face à celle-là.

A 82 ans, Denise était encore en scène, éblouissante et si juste dans « La Confiance » de Jean-Luc Jeener. Une création, bien entendu.

Mais peu à peu un malaise s’installe, de représentation en représentation la comédienne semble s’égarer, se retrouver et se perdre encore. Un soir elle doit renoncer.

Atteinte d’une tumeur au cerveau qui peu à peu embrumait son art et son métier, Denise, privée de sa passion, s’éteint dans son cher Paris qui l’avait tant fêtée moins d’un an plus tôt.

Son cher papa l’avait devancée dans la mort depuis 1967, cette année si sombre où s’étaient aussi envolées Martine Carol et Françoise Dorléac.

Robert Marx, né en 1920 est aujourd’hui nonagénaire.

Celine Colassin.

Merci à Colette.

denise bosc

QUE VOIR

1937: Le Fauteil 47: Avec Françoise Rosay et Raimu

1938: Clocloche: Avec Jules Berry et Pierre Larquey

1945: Les Caves du Majestic: Avec Suzy Prim et Albert Préjean

1947: Une Nuit à Tabarin: Avec Jacqueline Gauthier, Robert Dhéry et Cécile Aubry

1949: La Cage aux Filles: Avec Danièle Delorme et Suzanne Flon

2 réponses
  1. Robert Marcy
    10 mai, 2016 | 10 h 31 min | #1

    Si vous dites à Céline Colassin que je souhaite avoir un contact avec elle,
    je fais l’hypothèse qu’elle sera d’accord.
    Merci

    et merci de ne pas divulguer mon adresse e-mail

    Répondre

    • Florent
      10 septembre, 2016 | 9 h 52 min | #2

      Bonjour Robert. Je découvre ce petit mot alors que je me retrouve sur ce site en cherchant une biographie de Denise. J’ai eu la chance de tourner mon premier court métrage avec elle en 1999. Elle était formidable et je n’oublierai jamais son incroyable personnalité. Nous nous étions très bien entendus notamment à travers son humour caustique. Aussi, je tenais à vous saluer. Cordialement.

      Répondre

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