508: GERALDINE FITZGERALD 6ng928w6kgc5826n

Le 24 Novembre 1913, près d’un an jour pour jour avant l’armistice de la grande guerre naissait à Greystone, en Irlande, près de Dublin, dans une famille d’avocats, la petite Géraldine Fitzgerald. Une mère catholique convertie au protestantisme par amour conjugal et surtout une tante actrice célèbre, Shelah Richards, formeront le caractère assez trempé de la petite Géraldine.

Cette ravissante jeune fille, dotée d’un joli coup de crayon étudiait donc les arts et la peinture, mais les glorieux lauriers de sa tante Shelah la fascinaient plus que de raison . Lorsque celle-ci lui proposa de jouer un petit rôle à ses côtés sur une scène dublinoise, la jeune Géralidine bondit sur l’occasion de fêter ses dix-neuf ans surs les planches, nous étions en 1932.

Sa vocation officielle restant la peinture, elle gagna bientôt Londres pour y parfaire ses études mais envoya aussitôt sa photo à tous les théâtres et, pourquoi pas, aux studios de cinéma!

La démarche fut payante. En 1934, enfin majeure, elle obtenait un petit rôle dans un film: « Open All Night » dont les vedettes étaient Frank Vosper  qui sera le premier  à croire en elle et Margaret Vines. Autant dire qu’elle ne débutait pas dans « Autant en Emporte le Vent », mais cette modeste prestation dans un film bien plus modeste encore suffit pour attirer l’attention sur elle.

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Dès l’année suivante elle enchaînait six tournages! Géraldine Fitzgerald devenait le « meilleur espoir féminin » du cinéma britanique 1935! Cette promotion artistique et sociale allait de pair avec une passionnante liaison qui faisait d’elle la compagne de coeur d’Orson Welles.

En 1936, rompant avec Orson elle devenait madame Edwards Lindsay Hogg et mettait son fils Michael au monde. Mais dès que les photos de l’heureuse maman et de son charmant lardon vagissant parurent dans la presse, tout le monde s’ébouriffa de la ressemblance flagrante entre le petit Michael et Orson Welles. Plus qu’une ressemblance, une photocopie!  Géraldine Ftzgerald ne fit aucun commentaire et évita dorénavant de laisser circuler les photos de son fils un peu partout! Le jeune Michael lui-même sera tenu au secret, lorsque grandissant il sera bien forcé d’admettre lui aussi ce troublant mimétisme physique.

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Géraldine sera muette jusqu’au tombeau.

C’est Orson Welles lui-même qui bien des années plus tard reconnaîtra être le père de Michael.

Mais revenons en cette fin des années 30.

En 1937 elle était une star et l’Amérique l’invitait à venir s’y produire, lui ouvrant à la fois les portes de Broadway et des studios d’Hollywood.

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Géraldine Fitzgerald n’avait que l’embarras du choix, mas malheureusement elle commit l’imprudence de signer chez Warner où s’étripaient déjà Bette Davis, Ann Sheridan, Olivia de Havilland et Ida Lupino bientôt rejointes sur le ring par Eleanor Parker et Jane Wyman!

Elle emboîta le pas à Bette Davis, sa partenaire de « Dark Victory » dans ses combats au finish avec Jack Warner et la lutte fut sans merci, plus dure encore qu’avec Bette, car Géraldine Fitzgerald était moins célèbre. Warner voulut la mouler dans le genre Joan Bennett, puis Hedy Lamarr puis Ann Sheridan et même Teresa Wright! Pauvre Géraldine qui n’aimait rien tant que s’afficher sans maquillage et dépeignée telle une Heidi des alpages égarée dans la capitale du glamour!

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Warner la priva donc des rôles qu’elle briguait, la remplaçant au pied levé par Mary Astor face à Bogart dans « Le Faucon Maltais », et de querelles en suspensions, la fourgua à vil prix à la FOX et tira tous les freins de sa carrière.

La guerre, la vraie, était venue. Géraldine adopta la nationalité américaine, regagna Broadway, profitant d’un moment de distraction de Jack Warner et attendit l’armistice pour divorcer.

Elle avait rencontré celui qui allait devenir son second mari et le père de sa fille Susan, Stuart Scheftel.

Telle Bette Davis elle refusa les injonctions du studio et au lieu de rentrer à Hollywood regagna son Angleterre natale où des rôles dignes de son immense talent l’attendaient. Nous étions en 1948 et Géraldine fut très étonnée d’être reçue comme une véritable déesse de l’Olympe Hollywoodienne. C’est seulement alors qu’elle se rendit compte, trop occupée à vivre sa vie et à aller de l’avant plutôt que d’admirer ses lauriers, qu’elle avait affiché son nom au générique de quelques chefs d’oeuvres et donné la réplique à quelques unes des plus illustres gloires de l’écran dont Bette Davis, Humphrey Bogart, Merle Oberon, Laurence Olivier,  George Brent, Orson Welles, Gary Cooper et quelques autres.

Elle resterait dans sa chère Angleterre jusqu’en 1951, année où elle daigna réintégrer Hollywood.

Si les années 50 ne furent pas à la hauteur des deux décennies précédentes pour Géraldine Fitzgerald, dès les années 60 elle devint de film en film une actrice de caractère dont on louait les prestations à travers le monde. Elle fit de la télévision, passa à la mise en scène comme son ancienne collègue de chez Warner Ida Lupino, et au beau milieu des années 70, alors que la fièvre disco du samedi soir battait son plein, elle entama une tournée de chanteuse de cabaret!

Le temps passant, Géraldine Fitzgerald resta très active et après avoir travaillé avec George Sanders, Joanne Woodward, Jeff Bridges, Laurence Olivier, Richard Burton et Bette Davis , elle serait la partenaire de River Phoenix et se retrouverait même dans « Poltergeist II »

En 1991, elle donnait encore la réplique à Christopher Reeves à la télévision dans le téléfilm « Bump in the Night ».

Géraldine Fitgerald s’éteignait à New-York le 17 Juillet 2005. Elle avait atteint l’âge vénérable de 91 ans, mais la maladie d’Alzheimer, hélas, l’empêchait depuis fort longtemps de savourer ses si précieux souvenirs.

Celine Colassin.

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QUE VOIR?

1934: Open All Night: Avec Margaret Vines et Frank Vosper

1934: Blind Justice: Avec Eva Moore et Frank Vosper

1935: Departement Store: Avec Eve Gray et Garry Marsh

1936: Café Mascot: Avec Derrick de Marney

1939: Dark Victory: Avec Bette Davis, George Brent et Humphrey Bogart

1940 ‘Til We Meet Again: Avec Merle Oberon et George Brent

1942: The Gay Sisters: Avec Barbara Stanwyck, Gig Young et George Brent

1944: Ladies Courageous: Avec Loretta Young

1945: The Strange Affair of Uncle Harry: Avec Ella Raines et George Sanders

1948: So Evil My Love: Avec Ann Todd et Ray Milland

1952: The Late Edwina Black: Avec David Farrar

1958: Ten, North Frederick: Avec Suzy Parker, Diane Varsi et Gary Cooper

1964: The Pawnbroker: Avec Rod Steiger

1968: Rachel, Rachel: Avec Joanne Woodward

1973: The Last American Hero: Avec Valerie Perrine et Jeff Bridges

1977: The Mango Tree: Avec Robert Helpmann

1978: Rêve de Singe: Avec Gérard Depardieu et Marcello Mastroianni

1981: Lovespell: Avec Kate Mulgrew et Richard Burton

1981: Arthur: Avec Liza Minnelli et Dudley Moore

1986: Poltergeist II, the Other Side: Avec Jobeth Williams et Heather O’Rourke

1988: Arthur 2 On The Rocks: Avec Liza Minnelli et Dudley Moore

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