514: DALIAH LAVI 7dlam8ooi6h2mao7

La fabuleusement belle Daliah Lavi naquit en des temps fort troublés. Elle voit le jour le  12 Octobre 1940 en Palestine de parents Juifs Allemands d’origine Russe. On peut difficilement faire plus risqué en ces temps de déraison guerrière

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La paix revenue, la petite famille peu frileuse quitte la Palestine pour les lointaines contrées suédoises.

Daliah née dans une fournaise de soleil grandit sous des tombereaux de neige et étudie le ballet classique.

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A quinze ans, elle est choisie par le cinéaste Harne Mattsson pour jouer un court rôle dans « Hemsöborna ». Un film suédois qui ne dépassa guère ses froides frontières. La jeune demoiselle a l’esprit aussi vif que le corps bien tourné et n’envisage pas de laissser ses études pour le cinéma. En tout cas pas tout de suite.

Elle compte bien étudier les langues et parlera Allemand, Français, Italien, Hébreu et Espagnol.

Mais lorsque sa famille décide de regagner Israel, la donne change. Daliah n’y tient pas trop. Elle se verrait bien mieux rester en Europe et vivre pleinement sa vie de femme que d’aller cueillir les fruits dans un kiboutz, fussent-ils les plus beaux fruits du monde et un kiboutz de luxe!

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Il va alors se produire un véritable petit miracle sur lequel je n’ai aucune explication (il faudrait demander à Daliah) et où je me vois contrainte de me lancer dans les plus folles spéculations!

En effet, le cinéma réclame Daliah! On la voulait partout! De Paris à Berlin est!

Je présume que la belle polyglote a dû envoyer partout ses photos. Après tout elle était bel et bien actrice puisqu’elle avait tourné un film et que l’opération fut payante! (Ou tout simplement avait-elle déjà un agent?)

Elle tourna donc en Allemagne de l’est « Brennender Sand » en vedette et aussitôt le tournage terminé débarqua à Paris pour devenir Cunégonde face à Jean-Pierre Cassel, le Candide du « Candide ou l’optimisme au XXème siècle »

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Le film était reconnaissons-le d’une grande sottise mais avec une distribution étourdissante. Cunégonde y était muette et passive, on s’inquiéta peu de sa prestation, elle était si belle et un bégonia en pot aurait pu tenir le rôle.

Mais avec le film suivant, les choses allaient se gâcher! Michel Boisrond la choisit pour « Un Soir sur la Plage ». Elle y sera la fille attardée mentale et meurtrière « pour jouer » de Rellys et sera une nouvelle fois muette ou presque.

Martine Carol la star du film fit du tournage en enfer de caprices en visons et de bouderies en Rolls. Boisrond passa le tournage à tenter de gérer sa star, se souciant peu des prouesses de Daliah. Laquelle Daliah fit malgré tout d’un grand professionnalisme, car si l’on sait aujourd’hui que Martine Carol ne supporta que Geneviève Grad sur le tournage, Daliah déclara à la presse: » J’ai trouvé en Martine non seulement la très grande vedette que j’admire, mais aussi et surtout une amie pleine de gentillesse« .

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Daliah, attiffée en pin-up Bardotesque commit l’interprétation la plus épouvantable jamais filmée ou peu s’en faut! Les critiques furent d’une violence inouïe, mais Daliah n’était qu’une jeune fille sans expérience jetée dans un rôle où il aurait fallu une Isabelle Adjani qui n’existe pas encore pour le cinéma!

On lui demandait du charme et du métier, elle donna ce qu’elle avait: le charme. Ce ne fut pas suffisant!

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On spéculait aussi beaucoup sur Daliah, et une rumeur faisait d’elle l’épouse d’un richissime antiquaire qui était peut-être lui-même la plus vénérable pièce de sa boutique, un certain monsieur Gherard dont l’acte de baptème avait dû être signé par Mathusalem.

Or, Daliah était bien madame Gherard, mais madame Jacques Gherard, un bel Israelien qui tenait plus d’Alain Delon que de la potiche Ming et qu’elle avait épousé en Avril 1960, après avoir accompli trois mois de service militaire!

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Un mariage qui n’allait durer que peu. En Février 1962 déjà, la presse people s’ébouriffe: Daliah danse le twist avec son nouvel amour, un certain monsieur Piancetini lorsque le beau Jacques, surgit tout à fait fortuitement dans la même discothèque. Aussitôt les flashes crépitent mais Daliah toute à son twist ne le voit pas passer. Les gazettes s’émeuvent. On se souvient à quel point ils étaient tous les deux désespérés de se séparer lorsqu’Hollywood avait fait appel à Daliah. A quel point il s’était montré effondré lorsqu’elle avait décidé de mettre fin à leur mariage. Ce soir de Février 1962, elle ne le voit même pas passer à côté d’elle.

Malgré la violence des critiques pour sa prestation dans le film de Boisrond, Daliah suivit son petit bonhomme de chemin.Les magazines de mode lui firent la part belle, elle minauda dans quelques bikinis au festival de Cannes. Elle allait bientôt atterir à Rome pour y tourner un film américain avec Cyd Charisse et Kirk Douglas, « Quinze Jours Ailleurs » et découvrir les joies inépuisables de la dolce vita puisque Cléopâtre était elle aussi toujours à Rome (Entendez que le film d’Elizabeth Taylor se tournait en même temps, tout comme la « Vénus Impériale » de Gina Lollobrigida!)

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Peut-on imaginer un seul instant ce que furent les soirées de la Via Venetto en 1960? Daliah y twistait jusqu’au bout de la nuit déguisée en egyptienne antique pendant qu’applaudissaient et s’envivraient de Negroni Anita Ekberg, Magali Noël, Audrey Hepburn, Mel Ferrer, Gina Lollobirgida, Elizabeth Taylor, Richard Burton, Joan Collins, Warren Beatty, Jack Lemmon, Kirk Douglas, Cyd et j’en passe!

Ajoutons à cela que Rossana Schiaffino faisait elle aussi partie de la distribution de « Two Weeks in Another Town » et que si Daliah avait admiré Martine Carol, il n’en alla pas de même avec « la » Schiaffino »!

« On s’est beaucoup trop occupé d’elle sur le plateau de ce film et pas assez de moi, en plus j’ai appris qu’elle avait tenu des propos désobligeants à mon égard! Pour qui se prend-elle? Il me tarde de la rencontrer pour lui montrer de quel bois je me chauffe! »

A l’époque les « rivalités » entre actrices faisaient recette dans la presse, qu’elles soient réelle sou inventées. Mais à l’époque également, Rossana vivait une aimable idylle avec son partenaire du film, le beau George Hamilton avec qui elle était partie, le tournage terminé, visiter New-York en emmenant sa chère maman. A son retour, mise au courant de ce qui l’attendait, elle eu la candeur de répondre: « Daliah qui? »

Daliah restera une habituée des nuits romaines, et en 1964, c’est déguisée en squaw qu’elle est surprise avec son nouveau grand amour du moment, le très beau Alain Tissier, ex petit chanteur à la croix de bois et  »parrainé  » dans le cinéma par le comédien Jean Tissier.

Entretemps, elle avait vécu la très désagréable aventure du film « Il Demonio » de Brunello Rondi. Daliah y a trois grandes scènes: une scène d’hystérie, une scène d’exorcisme dans une église et une grande scène d’amour torride. Fellini qui voit le film déclare: « Je croyais que Daliah Lavi n’était qu’une de ces filles toujours plus ou moins déshabillées dans les films. mais j’ai eu la chance de l’admirer dans « Il Demonio » et on parlera de cette performance durant des années! »

Hélas, on n’en parlera pas du tout, la censure Italienne fait enlever les trois scènes!

Daliah, alors à Berlin, mise au courant au téléphone par Brunello Rondi l’insulte en hébreu pendant au moins dix minutes puis raccroche et disparaît sans donner de nouvelles durant des semaines!

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Les années 60 furent des années magiques et Daliah en savoura chaque seconde.

Il y aurait encore quelques aventures sentimentales amusantes en tout cas vues de loin.

En 1966, Daliah tourne « The Silencers » avec Dean Martin et l’omniprésente Cyd Charisse. Mais peu troublée semble-il par Dean, elle a une aventure avec un charmant monsieur qui s’est bien abstenu de lui avouer qu’il était marié. Tête de Daliah lorsqu’elle apprendra non seulement la vérité sur le statut matrimonial du monsieur mais qu’elle se retrouvera citée au tribunal comme « objet du litige » dans une procédure de divorce!

Mais les années 60 auraient une fin. La carrière de la belle allait peu à peu décliner. Elle n’avait jamais été une actrice transcendentale et d’autres filles avides de gloire telles Raquel Welch, Elsa Martinelli, Elke Sommers et Faye Dunaway se bousculaient au portillon des vanités.

La carrière de Daliah fléchissait, les offres se raréfiaient et se faisaient moins prestigieuses sauf en Allemagne où on lui vouait une sorte de culte. Mais comme en Italie et en Espagne, le cinéma des années 70 en Allemagne serait le triste parent pauvre de celui des années 60. Nombre d’étoiles se recyclaient dans le tour de chant, de Marlène Dietrich à Hildegarde Kneff, Daliah tenta sa chance et ce fut du délire!

Dès 1971 elle renonce à sa carrière d’actrice pour sa carrière de chanteuse et ne tournera plus que trois fois pour la télévision Par contre Daliah qui a laissé blanchir ses cheveux est toujours aussi belle et si vous allez sur son site, vous ne trouverez pas sa nostalgique biographie des années lointaines mais les dates ce ses prochains concerts!

J’ai failli oublier de vous dire que Daliah Lavi est madame Charles Gans à la ville mais que celui-ci n’ ayant rien à voir avec sa  carrière de star, qu’elle a toujours scrupuleusement séparée sa vie publique de sa vie privée, je ferai donc pareil.

Celine Colassin.

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QUE VOIR?

1955: Hemsöborna: Avec Birgitta Petterson et Erik Strandmark.

1960: Brennender Sand: Avec Gert Gunther Hoffmann

1960: Candide ou l’optimisme au XXème siècle: Avec Jean-Pierre Cassel, Pierre Brasseur, Luis Mariano et Dario Moreno

1961: Un Soir sur la Plage: Avec Martine Carol, Geneviève Grad, Rellys, Michel Galabru et Jean Dessailly

1961: La Fête Espagnole: Avec Roland Lesaffre et Peter Ven Eyck

1961: Le Jeu de la Vérité: Avec Françoise Prévost, Robert Hossein et Jeanne Valérie

1961: Le Puit aux Trois Vérités: Avec Michèle Morgan, Catherine Spaak et Jean-Claude Brialy.

1961: Im Stahlnetz des dr Mabuse: Avec Lex Barker et Gert Fröbe

1962: Two Weeks in Another Town: Avec Cyd Charisse et Kirk Douglas

1963: Il Demonio: Avec Frank Wolff

1963: Das Grobe Liebesspiel: Avec Lilli Palmer, Nadja Tiller et Hildegarde Kneff

1964: Cyrano et D’artagnan: Avec Sylvia Koscina, Jean-Pierre Cassel, José Ferrer, Michel Simon et Philippe Noiret

1965: La Celestina P…R…: Avec Assia Norris, Beba Loncar, Marilu Tolo et Raffaella Carra

1965: Schüsse im Dreivierteltakt: Avec Pierre Brice, Terrence Hill et Senta Berger

1965: Lord Jim: Avec Peter O’Toole, James Mason et Curd Jurgens

1966: The Silencers: Avec Stella Stevens, Cyd Charisse et Dean Martin

1967: Ok Connery: Avec Daniela Bianchi et Neil Connery

1967: Casino Royale: Avec Peter Sellers, David Niven, Ursula Andress et Deborah Kerr

1969: Some Girls Do: Avec Beba Loncar  et Sydne Rome

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