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Il y a un petit bout de temps que je songeais à « croquer » la belle Pascale Roberts dans ces pages, mais un souci d’envergure retardait ce fatidique moment: Qui était donc Pascale Roberts?

Car enfin, ne rien savoir ou presque de la vie privée d’une actrice n’empêche pas de brosser d’elle un portrait professionnel retraçant son parcours sur les écrans et sa place dans le cinéma de son temps…Voire! Pour Pascale Roberts c’est une autre paire de bretelles!

Pascale vient au monde le 21 Octobre 1933 à Boulogne Billancourt et la ravissante petite bambine va grandir dans un univers de beauté délicate et poudrée car sa maman est directrice chez Elizabeth Arden. Et comme entre la marque et le cinéma c’est une longue histoire d’amour (Les destinées françaises de l’entreprise seront plus tard confiées à Jacques Bergerac ex Monsieur Ginger Rogers puis Dorothy Malone Malone), la maman de Pascale côtoie de nombreuses stars françaises qui lui confient leur beauté, et parmi elles , la plus glamoureuse, la plus belle et la plus célèbre du moment, j’ai nommé Martine Carol qui sera une assidue , précisément lorsque Pascale aura l’âge de rêver à son futur.

Et pourquoi pas actrice? On pourrait croire que maman serait ravie à l’idée de voir son délicieux trésor rejoindre le firmament doré des stars françaises, et qui sait peut-être un jour à son tour asseoir ses augustes fesses dans les fauteuils réservés aux grandes vedettes à l’institut Arden, mais non. maman rechigne.

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C’est que pour voir des Martine Carol de très près on voit aussi forcément de très près les névroses de ces femmes angoissées jusqu’à l’extrême, et à tout prendre, elle se dit que sa fille ferait aussi bien de vendre des chaussures ou des camemberts.

Mais Martine s’était entichée de Pascale comme elle s’enticherait de Brigitte Bardot ou de Geneviève Grad. En la star française platinée sommeillait un pygmalion de très bon goût, et un jour où Pascale lui confiait ses rêves de future vedette, Martine prit sa main dans la sienne et lui dit dans un de ses adorables sourires « je serai ta marraine de cinéma ». Ce n’était pas rien, toute auréolée du prestige de « Caroline Chérie » , Martine était l’une des plus grandes stars du monde en période faste puisque madame Christian Jacque à la ville, son époux lui concoctait des films de grand prestige destinés uniquement à valoriser encore la reine Martine que le monde et Hollywood en particulier nous enviait tant.

En 1954, Pascale débutait dans une pauvre petite sottise de Roger Pierre et Jean-Marc Thibaut: « Une vie de Garçon », dont Geneviève Kervine était la jeune première en titre, talonnée de près par Nadine Tallier future madame de Rotschild.

Quand elle aurait encore fait quelques autres exercices de familiarisation avec le métier, Martine l’imposerait dans « Madame du Barry ». L’année suivante, elle la propose encore à la production du « Fils de Caroline Chérie », film dont elle n’est pas, mais s’agissant des aventures du fils de son personnage fétiche, elle s’en mêle quand même un peu et propse au casting les photos de Brigitte Bardot et de Pascale Roberts « Regardez comme elles sont jolies! »

Le cinéma français des années 50 un un cinéma aimable et commercial où sévissent quelques génies mais qui produit quand même au kilomètre des films en noir et blanc uniquement destinés à distraire le spectateur durant 90 minutes et qui se répartissent en deux catégories bien distinctes: le « policier série noire » avec plein de gansters à chapeaux mous qui tournent en rond pour se mitrailler autour des cabarets de Pigalle et la comédie franchouillarde où sévissent une kyrielle de comiques qui font, dit-on, que le public s’étrangle de rire en se tapant sur les cuisses devant ces facéties désopilantes.

Si quelqu’un a ri devant « Nous Irons à Deauville », qu’on me le présente! je suis curieuse de voir un tel phénomène!

Dans le cinéma français des années 50, les beaux grands films en costumes et technicolor  très coûteux de Martine Carol sont une exception.

Pascale va donc devenir à la fois un ornement de films de gangsters où elle pourra chemin faisant croiser quelques monstres sacrés dont Edwige Feuillère, Suzy Prim ou Michel Simon, mais aussi et surtout une « belle comique » de ces films drôles et raffinés que sont « Nous irons à Deauville », déjà cité,  »Par ici la Sortie », « Relaxe-toi, Chérie » ou « Prends ton Passe-montagne, on va à la Plage ».

Elle sera alors la partenaire de Michel Serrault mais aussi de Fernand Raynaud, Pierre Tornade, Sim, Philippe Castelli, Partick Topaloff, Régis Laspalès et j’en passe.

Ajoutons aussi que dès ses débuts, Pascale Roberts, chaloupée comme une déesse de l’olympe (car reconnaissons qu’elle était fabuleusement belle), va rejoindre la joyeuse équipe des « poules à Eddie Constantine ».

Eddie Constantine , acteur américain qui trouva la gloire en France dans le personnage de Lenny Caution est pour moi le pire acteur du monde avec son chapeau collé sur la tête son sourire en biais et son accent « amerloque » pour parler l’argot qui ferait passer Jane Birkin pour Paul Claudel!  (le fait que la nouvelle vague l’ait récupéré alors qu’elle vouait Bourvil et Gabin aux gémonies me confirme dans mes opinions) Le seul intérêt de ses films étant sans doute l’inévitable kyrielle de « pépées » qui chaloupent en talons aiguilles et jupes fendues dans les aventures de l’ineffable Lenny Caution dont Pascale, bien sûr, mais aussi Dominique Wilms, Véronique Zuber, Nadine Tallier, Lise Bourdin, Claudine Coster, Danielle Godet, Christiane Minazzoli et j’en passe.

Pascale sera une assidue du cinéma de Constantine et il faudrait un jour se pencher sur cet étrange phénomène: ce brave Eddie ne porta jamais chance à aucune de ses partenaires! Lenny Caution n’est pas James Bond!

Le temps passant, la « nouvelle vague », ramassis de tristes sires pontifiants et nombrilistes balaya définitivement les gangsters en noir et blanc, les acteurs que le public aimait pour faire travailler sa bande de potes et leurs dernières petites copines en date. Jean-Claude Brialy remplaça Jean Gabin et Chantal Goya remplaça Martine Carol! Le public ravi déserta les salles instantanément!

Comme Claire Maurier qui jouait sur le même registre qu’elle, Pascale resta présente car elle était estampillée « comique » et on continua jusque dans les années  80 à faire des films complètement grotesques « pour les enfants » mais avec quelques sous entendus grivois pour faire rire les parents et quelques paires de seins qui passent. Il faut bien, on est en France nom de dieu! après le cinéma d’Eddie Constantine, le cinéma des « Charlots »!

Parfois un film sort du lot comme « La Blonde de Pékin », projet prestigieux et intéressant…Sur papier . Film en fait très ennuyeux où, pendant que Mireille Darc, Georgia Moll et Françoise Brion minaudaient en technicolor, elle était la secrétaire d’Edward G. Robinson et avait rigoureusement trois phrases à dire avant de se faire occire par des vilains qui déchirèrent son chemisier et laissérent sa baignoire déborder après avoir brûlé à la cigarette les bretelles de son balconnet bleu marine (l faut voir la scène pour apprécier la chose à sa juste valeur, parce que dit comme ça, évidement ça fait confus!)

Le temps passant, une nouvelle génération de cinastes qui avaient grandi devant la télévision comme Robert Guédiguian sollicita Pascale Roberts pour des oeuvres plus conséquentes et l’actrice put saupoudrer sa longue carrière d’un peu de prestige.

Lorsque l’on regarde aujourd’hui le patrimoine filmé de Pascale Roberts on est en droit de rester dubitatifs sur ses choix qui ne sont jamais que le reflet de ce qu’on lui propose! Et en parlant de télévison, n’ais-je pas après tout mis le doigt sur le « sésame » qui permette une lecture plus claire du parcours de Pascale Roberts?

Dès 1955 elle faisait ses débuts au petit écran, pour la télévison britannique face à Buster Crabbe en légionnaire elle jouait « la petite française piquante » comme on s’en doute, c’était dans « Captain Gallant of the Foreign Legion ».

57 ans plus tard elle est toujours sur les petits écrans dans « Plus belle la vie » et entre temps elle a partcipé à TOUS les grands feuilletons mythiques de la télévision, des « Cinq Dernières Minutes » aux « Saintes Chéries » en passant par « Arsène Lupin », « Les Chevaliers du Ciel », « Maigret, « Vertiges », « Les Cordier Juge et Flic », « Femmes de Loi » ou « Bob le Magnifique ».

Pascale Roberts, qui fut, je le rapelle en passant, madame Pierre Mondy dans la vie, ne serait-elle pas une actrice de télévision où elle trouva de beaux grands rôles et qui aurait fait du cinéma quand l’envie lui en premait et que…La télévision lui en laissait le temps?

Celine Colassin

QUE VOIR?

1954: Une vie de Garçon: Avec Geneviève Kervine, Roger Pierre, Jean Marc Thibault et Nadine Tallier.

1954: Les Femmes s’en Balancent: Avec Dominique Wilms et Eddie Constantine

1954: Madame du Barry: Avec Martine Carol

1955: Milord l’Arsouille: Avec Simone Bach et Jean-Claude Pascal

1955: Les Hommes en Blanc: Avec Jeanne Moreau et Raymond Pellegrin

1955: Le Fils de Caroline Chérie: Avec Brigitte Bardot, Magali Noël et Jean-Claude Pascal

1955: Série Noire: Avec Monique van Vooren et Henri Vidal

1956: Mémoires d’un Flic: Avec Suzy Prim et Michel Simon

1956: L’Homme et l’Enfant: Avec Juliette Greco et Eddie Constantine

1957: Marchands de Filles: Avec Agnès Laurent, George Marchal et Danièla Rocca

1957: Quand le Femme s’en Mêle: Avec Edwige Feuillère, Bernard Blier, Sophie Daumier et Alain Delon

1957: Ces Dames Préfèrent le Mambo: Avec Eddie Constantine et Lino Ventura

1957: Quand Sonnera Midi: Avec Dany Robin et George Marchal

1957: Et par Ici la Sortie: Avec Dominique Wilms et Tony Wright

1958: Le Sicilien: Avec Fernand Raynaud

1959: Le Fric: Avec Raymond Rouleau, Jean-Claude Pascal et Roger Hanin

1960: Les Loups dans la Bergerie: Avec Jean-Marc Bory et Françoise Dorléac

1962: Le Couteau dans la Plaie: Avec Sophia Loren et Anthony Perkins

1962: Nous Irons à Deauville: Avec Michel Serrault, Eddie Constantine et Louis de Funès

1963: Le Bon Roi Dagobert: Avec Fernandel, Marthe Mercadier et Gino Cervi

1963: Dragées au Poivre: Avec Sophie Daumier, Guy Bedos et Jean-Paul Belmondo

1964:Weiße Fracht für Hongkong: Avec Maria Perschy

1965: Compartiment Tueurs: Avec Simone Signoret, Catherine Allégret, Jacques Perrin et Pierre Mondy

1967: La Blonde de Pékin: Avec Mireille Darc, Edward G. Robinson, Françoise Brion et Claudio Brook

1967: Le Treizième Caprice: Avec Marie Laforêt et Pierre Brice.

1968: Un Drôle de Colonel: Avec Jean Yanne et Jean Lefébvre

1969: Bruno, l’enfant du Dimanche: Avec Marika Green, Roger Hanin et Mary Marquet

1971: Friends: Avec Anicée Alvina et Sean Bury

1973: La Brigade en Folie: Avec Sim, Patrick Topaloff et Jacques Dufilho

1974: Le Permis de Conduire: Avec Louis Velle

1975: Dupont Lajoie: Avec Jean Carmet et Isabelle Huppert

1975: L’Incorrigible: Avec Geneviève Bujold et Jean-Paul Belmondo

1976: Les Mal Partis: Avec France Dougnac et Marie Dubois

1980: Trois Hommes à Abattre: Avec Dalila di Lazzaro et Alain Delon

1981: Pour la Peau d’un Flic: Avec Anne Parrillaud et Alain Delon

1983: Prends ton passe-montagne, on va à la plage: Avec Florence Gioretti et Patrick Prévost

1984: Aldo et Junior: Avec Andréa Ferréol, Aldo Maccione et Luis Rego

1985: Gros Dégueulasse: Avec Valérie Mairesse et Maurice Risch

1987: Le Grand Chemin: Avec Anémone et Richard Bohringer

1987: Fucking Fernand: Avec Marie Laforêt et Thierry Lhermitte

1993: Le Mari de Léon: Avec Brigitte Hansen, Dora Doll Jean-Pierre Mocky et Hélène de Fougerolles.

1994: La Fille de D’artagnan: Avec Sophie Marceau et Philippe Noiret

1995: A la Vie à la Mort: Avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin

1997: Marius et Jeannette: Avec Ariane Ascaride et Gérard Meylan.

1998: El Pianista: Avec Mercè Aranega et Nadala Batiste

2003: Pas si Grave: Avec Romain Duris et Sami Bouajila

2008: Lady Jane: Avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin

9 réponses
  1. Philippe
    21 juin, 2012 | 7 h 03 min | #1

    Bonjour et bravo pour votre blog que je suis assidûment.
    Vos commentaires sur les actrices, mais aussi sur l’histoire du cinéma, sont drôles et très pertinents…
    Juste une précision: le personnage qu’a joué Constantine (qui, comme vous le dites, n’est vraiment pas le meilleur des acteurs qu’on ait eus), est Lemmy Caution, et non Lenny…
    Salutations et bonne continuation.

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  2. hugongerard
    25 juin, 2012 | 11 h 23 min | #3

    Tu oublis Céline la série sur France 3 : Plus belle la vie , elle y joue le rôle de Wanda Legendre , la mère de Blanche Marcy .

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    • 25 juin, 2012 | 16 h 09 min | #4

      le thème de ce blog n’étant pas la télévison mais le cinéma, je n’ai pas cru utile de mentionner ce détail

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      • cabrol maurice
        12 janvier, 2014 | 17 h 00 min | #5

        Vous avez oublié sa participation dans  » village magique  » tourné en sicile en 1955 . j’ai même une photo d’elle dans mes bras ! J’étais parfois la doublure de robert lamoureux !

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        • 12 janvier, 2014 | 20 h 21 min | #6

          Comme je l’ai dit souvent, je n’oublie pas mais je ne mentionne que les titres des films que j’ai vu, les filmographies sont donc très loin d’être exhaustives, mais plutôt un « aperçu » Bien trop d’erreurs circulent dans les filmographies sur la toile pour que je m’y fie
          Celine

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  3. Herlant Pascal
    29 juillet, 2015 | 8 h 25 min | #7

    Cinéma, ‘La Rage au poing’ 1975

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  4. Hélène
    9 janvier, 2016 | 9 h 37 min | #8

    Je découvre ce blog avec ravissement:vous êtes cultivé, très documenté, drôle et avez un style magnifique. Que dire de plus?

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  5. laurence
    11 octobre, 2017 | 16 h 20 min | #9

    une belle carrière sa fait plaisir je savais pas pour pierre mondy !

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