546: GENEVIEVE FONTANEL 04d

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ah! Geneviève Fontanel! Une actrice que j’adore et qui fait partie de cette catégorie d’actrices au talent évident et à la popularité certaine mais qui ne trouvèrent jamais au cinéma d’aussi prestigieuses occasions de nous émerveiller comme elles le faisaient au théâtre et à la télévision.

D’autres actrices et non des moindres partagent cet étrange statut dont Monique Mélinand, Sylvia Monfort, Suzanne Flon, Ludmilla Michaël, Martine Sarcey, Nicole Courcel, Claire Maurier ou Pascale Robert.

Heureusement,  François Truffaut lui offrit le rôle qui la rend immortelle aux yeux des cinéphiles, celui de la marchande de frivolités, un rien « cougar » trouvant Charles Denner trop vieux pour elle dans le magnifique « L’Homme qui aimait les Femmes ». Mais heureusement il n’y a pas eu que ca.

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Geneviève Fontanel naît à Bordeaux, le 27 Juin 1936 mais n’en est pas bordelainse pour autant! Ses parents sont alors en partance pour le Maroc où ils comptent s’installer. Geneviève n’a que quatre mois lorsque la famille quitte la France pour la grande aventure Nord Africaine.

C’est là qu’elle grandira avec le bassin méditerrannéen comme berceau et le soleil comme compagnon de jeux. mais elle a également une terrible passion chevillée au corps et au coeur: le théâtre. Le théâtre et encore le théâtre! D’autres petites françaises grandies comme elles sous le soleil de l’exil grandiront en ne pensant qu’à ça. Elles ont pour nom Françoise Arnoul, Françoise Fabian ou Pascale Audret.

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Les parents de Geneviève predront la décision la plus difficile de leur vie: Laisser leur fille regagner la France à dix-huit ans pour s’inscrire aux cours de la rue Blanche.

C’est là qu’elle va rencontrer le premier amour qui sera l’homme de sa vie, un jeune étudiant de sa promotion: Jacques Destoop.

Ils jouaient « Electre » de Giraudoux lorsqu’ils s’embrassèrent pour la première fois et le trou de mémoire qui s’en suivit les fait encore rire 60 ans plus tard!

Tous les deux remportent les premiers prix de comédie moderne et classique et entrent ensemble, le 3 Juillet 1958 à la comédie française qui comme on le sait ouvre ses portes aux premiers prix. La maison de Molière a déjà accueilli Jeanne Moreau, Suzanne Flon et Annie Girardot pour les mêmes nobles et prestigieuses raisons, mais ces dames ne sont pas restées, se sentant gênées aux entournures par le « carcan » de la vénérable  maison, Geneviève fera pareil.

Après quatre ans de bons et loyaux services, elle quitte la comédie française et prend son envol de « vedette ».

Durant ces quatres années au français, Jacques et Geneviève se sont mariés en 1960 et leur petite Isabelle vient couronner cette bienheureuse union en 1961.

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Mais en cette année 1960, « madame Geneviève Fontanel de la comédie française » n’a pas fait que se marier: elle est apparue pour la première fois à la télévison dans ce que l’on appelait alors une « dramatique »: « La Méprise » d’après Marivaux, ce qui doit avoir incité Geneviève Fontanel à tenter l’aventure!

Elle partage le générique avec Jacques Toja qu’elle retrouvera plus tard sur le plateau de « Angélique Marquise est Anges » puisqu’il y jouait Louix XIV.

Les débuts au cinéma, c’est pour l’année suivante. Elle est dans « Quai Notre Dame » avec Anouk Aimée et Jacque Dacqmine. L’année suivante encore, elle entre définitivement dans la cour des grands puisque Verneuil la choisit pour être la boniche du couple Jean Gabin-Suzanne Flon dans « Un Singe en Hiver ».

On pourrait alors espérer à juste titre que le cinéma français ait recruté un de ces nouveaux noms qui fait que sa qualité perdure mais hélas, il faudra encore dix ans à Geneviève Fontanel pour trouver des rôles dignes de son grand talent au cinéma.

Après avoir retrouvé Gabin dont elle est la belle-fille dans « L’Affaire Dominici », ce sera « La Rivale », « Cours Après-moi que je t’attrappe » et quelques joyeuses comédies un rien franchouillardes comme « La Zizanie » où elle joue face à Louis de Funès et Annie Girardot.

Nonobstant le fait que l’une chante et l’autre pas, Geneviève Fontanel a, au cinéma, une carrière qui évoque furieusement celle de Suzy Delair! Elle ne fait partie d’aucune chapelle, elle ne sera pas de la bande à Gabin, de la bande à Blier, d’Audiard ou de la bande à Lautner. Plus tard elle ne sera pas du groupuscule « nouvelle vague ». Et toutes les deux, Suzy et Geneviève clameront la même chose à quelques années d’intervalle : »Le cinéma ne m’emploie pas! Qu’est-ce que j’y peut? »

Geneviève Fontanel à d’autres choses bien plus intéressantes à faire que de deviser sur les derniers articles des « Cahiers du Cinéma ». Elle a son couple, sa fille, sa famille au Maroc, la télévison qui l’accapare et bien sûr son cher théâtre où elle a la chance de souvent donner la réplique à « son homme »!

Mais dans le cinéma français, sans « clan » et sans « étiquette », les choses ne sont pas simples, d’autant que la grande prêtresse des classiques du répertoire n’aime rien tant à l’écran que la joyeuse comédie sans prétention destinée à amuser le public sans lui plomber son dimanche soir avec des non questions existentielles à la Jean-Luc Godard qui n’intéressent que celui qui se les pose et ne valent pas le prix d’un billet de cinéma.

Resultat des courses, on ne l’appelle pas, ou peu. Ajoutant à celà le fait qu’elle ne vit jamais le moindre intérêt à se déverser en confidences ou en photos légères pour la presse people, Geneviève Fontanel finit par échapper un peu à tout le monde, sauf à elle-même et à sa famille!

Tout ceci ne l’empêcha pas de mener à la télévision une des carrières les plus prestigieuses d’entre toutes! Dès 1964 elle entre dans le mythique »La Caméra explore le Temps », elle poursuit entre de très nombreux autres avec « Vidocq », « Les Evasions Célèbres », « Les Cinq Dernières Minutes », « Au Théâtre ce Soir », « L’Heure Simenon », « Le Vent des Moissons », « Maigret », « Marie Pervenche » et même « Maguy » où elle joue Christine Babar; « Docteur Sylvestre », « Navarro » « Central Nuit », « Faites comme chez Vous » et en 2011 elle était encore la mère de Clémentine Célarié dans « J’ai Peur d’oublier »

Geneviève Fontanel a aligné plus de cent tournages pour la télévison , elle n’a tourné qu’une trentaine de films en plus de cinquante ans de carrière pour le cinéma.

Le couple Destoop vit toujours parfaitement heureux entre théâtre et télévision, entre leur appartement du parc Monsouris et leur maison dans l’Oise.

Jacques Destoop a lui aussi fini par quitter la comédie française, mais il y sera resté vingt six ans!

La famille de Geneviève est restée au Maroc et l’heureux couple est aujourd’hui un heureux couple de grands parents!

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QUE VOIR?

1961: Quai Notre Dame: Avec Anouk Aimée et Jacques Dacqumine

1962: Un Singe en Hiver: Avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo

1964: Angélique Marquise des Anges: Avec Michèle Mercier , Robert Hossein et Jean Rochefort

1964: Un Monsieur de Compagnie: Avec Catherine Deneuve, Annie Girardot et Jean-Pierre Cassel

1969: Trois Hommes sur un Cheval: Avec Colette Brosset, Robert hery et Jean Poiret

1973: La Femme en Bleu: Avec Léa Massari, Michel Piccoli, Simone Simon et Michel Aumont

1973: L’Affaire Dominicci: Avec Jean Gabin et Gérard Depardieu

1974: Femmes au Soleil: Avec Juliette Mayniel et Nathalie Chantrel

1974: La Rivale: Avec Jean Piat et Bibi Anderson

1974: Dis-Moi que tu m’aimes: Avec Mireille Darc et Marie José Nat

1976: Cours Après moi que Je t’attrappe: Avec Annie Girardot et Jean-Pierre Marielle

1977: L’Homme qui Aimait les Femmes: Avec Charles Denner

1977: La Vie Devant Soi: Avec Simone Signoret

1978: La Zizanie: Avec Annie Girardot et Louis de Funès

1978: les Ringards: Avec Mireille Darc et Aldo Maccione

1980: Cocktail Molotov: Avec François Cluzet, Elise Caron et Henri Garcin

1980: Chère Inconnue: Avec Simone Signoret, Jean Rochefort , Delphine Seyrig et Madeleine Ozeray

1980: Rodriguez au Pays des Merguez: Avec Philippe Clair et Evelyne Séléna

1982: Transit: Avec Richard Bohringer

1982: Tête à Claques: Avec Fanny Cottençon et Francis Perrin

1984: Notre Histoire: Avec Nathalie Baye et Alain Delon

1990: Un Jeu d’enfant: Avec Dominique Lavanant, Laura Morante et Jean Carmet.

1991: La Reine Blanche: Avec Catherine Deneuve et Bernard Giraudeau

1994: Montparnasse-Pondichéry: Avec Miou-Miou, Yves Robert et André Dussolier

1999: Une pour Toutes: Avec Anne Parillaud et Jean-Pierre Marielle

3 réponses
  1. Christian Souque
    9 avril, 2014 | 23 h 13 min | #1

    Moi aussi je l’adore! Elle est une très belle femme et une comédienne des plus piquantes, séductrices et toujours très justes. Son enregistrement du « Journal d’une femme de chambre » de notre grand Octave Mirbeau est une référence absolue. On ne peut mieux interpréter le texte. Elle est apparue aussi en tant qu’espionne dans un épisode fameux de « Schulmeister, espion de l’Empereur » aux côtés du regretté Jacques Fabri, tout aussi admirable. Elle y brodait des codes secrets avec un charme troublant et fou.

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  2. Pierre Klein.
    22 mars, 2015 | 18 h 23 min | #2

    Geneviève, une actrice inoubliable…mais aussi un merveilleux souvenir avant son départ de Casablanca… puis une entrevue – trop courte au petit Théâtre à Paris en 72, et je t’ai accueillie à ISTRES.
    Le temps passe, mais j’ai été heureux d’avoir de tes nouvelles ce soir …chez Drucker.
    Si je peux avoir de tes nouvelles …pierre klein à Lédergues

    Répondre

    • 22 mars, 2015 | 19 h 56 min | #3

      Bonjour. Ce blog n’est hélas pas celui de Geneviève mais je publie votre commentaire avec plaisir et…qui sait?
      Celine

      Répondre

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