colette castel

La charmante Colette Castel est bien oubliée aujourd’hui. Cette comédienne simple et sans chichis était pourtant ravissante et avait su s’attirer la sympathie du public et la garder de nombreuses années. Mais sans doute était-elle finalement trop simple pour passionner les premières pages des tabloïds et la mémoire des cinéphiles qui préfèreront toujours le drame et le panache à la populaire simplicité!

Colette Castel naît à Paris le 29 Juin 1937 et elle ne sera jamais aussi célèbre qu’une Romy ou une Marilyn pour que l’on disserte indéfiniment sur son enfance, sa vocation, ses jeunes années ses premières amours et son plat en sauce préféré!

On préfère généralement se souvenir de la ravissante débutante des » Impures » où elle était la petite soeur d’une Micheline Presle chanteuse de cabaret et victime de la traite des blanches!

Joli souvenir certes, car on vit alors en Colette une nouvelle Danièle Delorme, mais souvenir déjà tronqué car la jeune fille avait débuté un an plus tôt, à 17 ans dans « Mandat d’amener » avec Madeleine Barbulée, Robert Dalban et Gaby Basset!

colette castel

Nous retrouvons donc Colette débutante encore obscure en 1953 et fêtée comme une « nouvelle jeune première qui promet » en 1954. Elle va aligner quelques films dont bien peu hélas sont dignes d’orner les rayonnages des cinémathèques car il faut bien reconnaître que ce n’est pas « Nous Irons à Deauville » ou « Fernand Clochard » qui attireront le public d’un Bunuel ou d’un Truffaut. D’ailleurs, comme bon nombre des comédiennes françaises de l’époque, on verra plus souvent Colette donner la réplique à Darry Cowl, Jean Poiret et Michel Serrault ou Fernand Raynaud qu’à Alain Delon.

La faute n’en incombe pas à l’actrice, on s’en doute, mais à la production de son temps qui s’obstine à croire qu’il suffit du nom d’un « comique » sur l’affiche de n’importe quelle niaiserie pour drainer les foules extatiques vers les caisses des cinémas.

D’ailleurs dans la vie, Colette, si elle ne manquait pas d’humour n’était pas non plus la greluche évaporée que laissait supposer sa filmographie.

Elle était devenue l’épouse de José Arthur, qui, après une carrière de comédien aussi peu intéressante que celle de Philippe Bouvard devint un homme de radio parmi les plus respectés de son temps.  Bien peu d’animateurs peuvent se vanter, reconnaissons-le d’avoir « tenu » avec une émission durant …40 ans!

José Arthur,dix ans plus âgé que son épouse fait partie intégrante du « noyau dur » des intellectuels du cinéma pré nouvelle vague. Les principaux cinéastes de  son temps sont ses plus fidèles amis même si lui n’est plus comédien. Dans son sillage, Colette va elle aussi faire partie du « cercle » et le couple Arthur est inséparable du couple Montand-Signoret.

Simone Signoret considère même Colette comme sa meilleure amie et après l’avoir imposée sur le tournage des « Amours Célèbres » où elle joue sa femme de chambre, elle l’impose à nouveau dans « Le Jour et l’Heure ». Dans la foulée, Colette Castel a auditionné pour le rôle de la soeur de Brigitte Bardot dans « La Vérité », et si Clouzot lui préfère finalement Marie José Nat, il lui confie un rôle de jeune avocate dans le film et lui promet de la rappeler plus tard pour un autre film. Il tiendra sa promesse en lui offrant un rôle dans « L’Enfer » entre Romy Schneider et Dany Carrel, mais le film, on le sait, fut interrompu et jamais achevé.

Le mariage de Colette Castel et José Arthur avait été couronné par la naissance de leur petite Sophie le 29 Novembre 1959, ce qui fit l’admiration de Simone Signoret.

Malheureusement cette belle entente famillale et amicale ne va plus guère durer. L’été 1963 voit le couple Arthur éclater et Simone Signoret estimant que Colette est la responsable de cette faillite la raye purement et simplement de son carnet d’adresses, prenant ouvertement parti pour José Arthur et entendant bien que tout le monde fasse comme elle!

Colette Castel disparaît complètement du paysage cinématographique durant quantre ans entre 1964 et 1968, année où elle est à l’affiche de « L’Etrangère » avec Marie-France Boyer et Pierre Vaneck puis elle se volatilise jusqu’en 1971, ne se montrant qu’à la télévision, là encore, de manière très sporadique.

Bien sûr elle est au théâtre et sera même quatre fois à l’affiche de »Au Théâtre ce Soir »

Elle traversera les années 70 en apportant comme tout le monde sa modeste contribution à l’érotisme filmé avec « Je suis frigide, pourquoi? » ou « L’Insatisfaite » mais ne deviendra pas une autre Sylvia Kristel. Elle reviendra ensuite à des occupations plus ludiques en étant de l’aventure du « Grand Blond avec une chaussure noire » et sa suite, mais dès 1986, n’ayan tjamais trouvé au grand écran de rôle sà sa mesure, elle prend une retraite très anticipée mais se produit encore à la télévison jusqu’en 1995.

Colette n’avait que 49 ans lorsqu’on la vit pour la dernière fois au cinéma dans « Twist Again à Moscou ».

Aujourd’hui Colette s’est fondue dans l’anonymat. Nous ne sommes pas abandonnés pour autant car sa fille Sophie Artur a pris le relais dès 1980. la comédienne a tourné pour Lelouch, pour Sautel, pour Chabrol, pour Coline Serreau.

Détail amusant, lorsque « L’Enfer » de Claude Lelouch fut remis sur le métier en 1994 par Claude Chabrol, Sophie y a succédé à sa mère, dans l’ombre cette fois d’Emmanuelle Beart. Comme quoi, il y a des promesses qui finissent par se tenir malgré le temps et les générations.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1953: Mandat d’amener: Avec Madeleine Barbulée et Gaby Basset

1954: Les Impures: Avec Micheline Presle et Raymond Pellegrin

1955: Les Grandes Manoeuvres: Avec Michèle Morgan et Gerard Philipe

1957: Fernand Clochard: Avec Fernand Raynaud et Magali de Vendeuil

1960: La Verité: Avec Brigitte Bardot et Charles Vanel

1961: Les Amours Célèbres: Avec Simone Signoret

1961: Tout l’Or du Monde: Avec Bourvil, Philippe Noiret et Françoise Dorléac

1962: Nous Irons à Deauville: Avec Pascale Roberts, Louis de Funès et Michel Serrault

1963: Le Jour et l’Heure: Avec Simone Signoret

1968: L’Etrangère: Avec Marie-France Boyer et Pierre Vaneck

1972: L’Insatisfaite: Avec George Gueret et Patrice Cuny

1972: Le Grand Blond avec une Chaussure Noire: Avec Mireille Darc et Pierre Richard

1972: Je Suis Frigide, Pourquoi?: Avec Sandra Julien et Marie-George Pascal.

1974: Le Retour du Grand Blond: Avec Mireille Darc et Pierre Richard

1981: La Vie Continue: Avec Annie Girardot et Jean-Pierre Cassel

1982: On s’en Fout, Nous on s’aime: Avec Arielle Besse, Darry Cowl et Didier Clerc

1986: Twist Again à Moscou: Avec Marina Vlady, Agnès Soral, Christian Clavier, Philippe Noiret

6 réponses
  1. MERIA René, Claude
    1 septembre, 2013 | 17 h 56 min | #1

    J’ai connu Colette lorsqu’elle devait avoir 15 ans en région sud-ouest de Paris où devait vivre sa grand-mère; c’était une adorable adolescente qui aimait à réciter des contes ou poèmes. Elle était d’une grande sensibilité. J’aime les comédiens et à ce titre j’ai soutenu une thèse de doctorat de psychologie sur la psychologie des comédiens et l’ai fait publier. 2ditions connaissances et savoirs. Ce livre paraît sur Internet

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  2. Anoukem
    22 août, 2015 | 0 h 07 min | #3

    Darry Cowl, Jean Poiret, Fernand Raynaud et Michel Serrault étaient d’excellents artistes. Ce n’était pas plus déshonorant de jouer avec eux qu’avec Alain Delon (à qui il est arrivé de tourner dans des navets…).

    Moi, je me souviens de cette charmante Colette Castel dans un feuilleton des années 60 dont le sujet était la vie d’un couple pendant leurs premières années de mariage. J’ai oublié le titre. Son époux était Dominique Paturel. Jean Dessailly y jouait un professeur de vie conjugale (!?) et avait pour élève – parmi d’autres, dans un groupe – Élizabeth Wiener, fille de Jean Wiener, le musicien, d’abord jeune actrice, surtout dans des feuilletons télévisés et devenue par la suite chanteuse de rock.

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    • 22 août, 2015 | 8 h 55 min | #4

      Quand on est comédien on a pour métier de jouer des pièces et des films. Il n’y a pas d’honneur ou de déshonneur à jouer dans quoi que ce soit. Maintenant ce n’est pas moi qui dicte le prestige du cinéma français et oui un navet d’Alain Delon est plus prestigieux qu’un navet de Darry Cowl et oui un navet de Martine Carol est plus prestigieux qu’un navet de Claudine Dupuis
      Celine

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      • Anoukem
        22 août, 2015 | 13 h 47 min | #5

        C’est vrai…
        En fait, je voulais surtout évoquer ce feuilleton, dont j’ai retrouvé le titre : « Le Bonheur conjugal ». J’y pense aussitôt que je lis ou entends le nom de « Colette Castel ». C’était en plusieurs épisodes une comédie délicieuse et très bien interprétée par tous les comédiens – dont Colette, qui tenait le rôle principal aux côtés de D. Paturel –,du moins dans mon souvenir.
        Cela pourrait être intéressant de le revoir comme un témoignage – souriant, et sans doute un peu désuet – sur la conception qu’on avait du mariage vers 1965…

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  3. 22 août, 2015 | 19 h 31 min | #6

    Il s’est fait d’excellentes choses en Tv dans les années 60 hélas si difficiles à revoir :-(

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