568: GRETL THEIMER 2533512882_0d8513bf64

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je conseillerais à mes chers et fidèles lecteurs, s’ils veulent en savourer tout le suc de cet article, de mettre en sourdine « Le Beau Danube Bleu » pour parcourir ces lignes dans l’ambiance qui convient à son héroïne. Celle des immortelles valses de Vienne.

Gretl en effet, naît à Vienne en 1910, le 27 Novembre. Le 20ème siècle est encore très jeune mais peu importe, ici la vie se berce toujours au souvenir des crinolines d’une Sissi anémique et valsante, souvenirs évoqués avec un brin de nostalgie devant un chocolat chaud ou une crème fouettée. Plaisir d’autant plus complet que maintenant il suffit de tourner la manivelle du phonographe à pavillon pour entendre suriner ces chers vieux airs qui ont cette particularité d’avoir toujours l’air neufs!

Comme toutes les petites filles viennoises, Gertl va apprendre à chanter, danser, faire la révérence et bien se tenir au bal.  Certes il y a bien une guerre, mais les bruits de bottes ne retentissent pas jusqu’à Vienne et les » casques à pointes » ne jouent pas de la baïonnette sur les parquets cirés!

La jeune fille grandissant en douceur blonde, ravissante comme une communiante aux yeux bleus, Gretl va devenir une de ces petites princesses d’opérettes dont l’autrichien est si friand.

Bien sûr, le cinéma existe, on y tourne le même genre de manivelles pour animer les caméras que pour faire chanter les phonographes, mais cette chose, le coiriez-vous est muette! Qu’irait donc faire Gretl dans un film ou on entendrait pas ses tendres gazouillis de fraîche cascade et où elle danserait en crinoline sur des valses silencieuses!

Un peu de sérieux! On n’est pas des singes!

Et puis vint le miracle technique que l’on attendait pas: le cinéma parla, chanta et dansa au son de violons bien sonores.

Gretl pouvait montrer à ses compatriotes ayant le mauvais goût de ne pas habiter Vienne et ne pouvant ainsi venir l’applaudir au théâtre ce qu’ils rataient!

Déjà vedette, elle allait aborder le cinéma en entrant par la grande porte et tourna son premier film « Zwei Herzen im Dreiviertel-Takt » en vedette dans les bras de l’immense star Willy Forst. Nous étions en 1930. Elle avait vingt ans. Robert Stolz composa pour le film une nouvelle valse qui connut un succès foudroyant à un point tel qu’elle allait donner naissance à une opérette trois ans plus tard! Devenue « Deux Coeurs et une Valse » pour faire tournoyer le tout Paris, elle devint « Two Hearts and a waltz » pour faire pirouetter les Américains!

Gretl après avoir dansé sur les écrans valsait dans les coeurs ébouis et un rien entichés du monde entier. Le cinéma teuton vit en cette gracieuse créature une véritable planche à billets et les films allaient s’enchaîner à une telle allure que la star elle-même finirait par en avoir le tournis, ne sachant parfois plus très bien si elle finissait un film ou en commençait un autre, ils se ressemblaient tant! Je ne suis pas sûre que beaucoup d’actrices européennes purent se vanter d’avoir tourné dix films en 1931! Très vites ses films furent distribués sur le marché américain et même le cinéma français fit appel à ses gracieux services pour venir rivaliser avec sa star la plus acidulée: Annabella.

Rendons lui aussi cette justice en ajoutant qu’elle devança la future Romy Schneider en piétinant quelques crinolines au profit de robes modernes à l’allure garçonne qui avaient sa préférence, tout comme les personnages à cheveux courts, audaces que la scène autrichienne ne permettait pas. Le cinéma était moderne, Gretl voulait l’être aussi.

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La fin de la décennie hélas ne fut guerre à l’image de son début. Hitler, ce grossier personnage eut le mauvais goût d’annexer l’Autriche à l’Allemagne nazie et le bruit de bottes et de fanfares tonitruantes résonna de nouveau pour faire trembler le monde.

Le Kaiser Guillaume avait au moins le tact de s’occuper de ses affaires en laissant les civils tranquilles, mais le nouveau Fhürer se mêlait de tout et même de cinéma qu’il voulait propagantiste, annexant les plus grandes stars à ses fanfaronades nationalistes. Un jour Gretl dut elle aussi rendre des comptes!

N’allait-elle pas accepter de tourner de ces beaux films clamant aux yeux du monde la beauté des valeurs teutones? La réponse fut on ne peut plus claire: NON!

Et puis pourquoi était-elle célibataire? Qu’est-ce que ce genre? Contraire aux valeurs familialles du parti? n’allait-elle pas convoler et peupler ainsi les rangs des jeunesses hitlériennes d’un nouveau contigent de tête blondes?

La réponse fut tout aussi claire: Hors de Question!

Alors le doute s’immisca dans les têtes pensantes du parti national socialiste totalitaire: La reine de l’opérette viennoise n’était-elle pas de ces créatures démoniaques qui préférent les étreintes saphiques aux bras musclés de beaux officiers du Reich?

Réponse: De quoi je me mêle?

Mais cette fois la réponse du parti fut elle aussi on ne peut plus claire:

Plus de cinéma pour Gretl Theimer! Après « Falstaff à Vienne » où elle était la partenaire de Wolf Albach Rety, père de Romy Schneider, Gretl disparaît complètement de la circulation, laissant le cinéma à sa propagande et le monde à son chaos. Elle apprit avec horreur que son ancien partenaire et si cher ami Otto Wallburg avait fini dans les chambres à gaz d’Auschwitz malgré sa grande popularité d’acteur en Allemagne et ses décorations chèrements payées d’ancien combattant de la grande guerre au service du kaïser.

Hitler entraîne dans la mort des millions d’hommes, sa concubine et son chien. l’Allemagne comme le veut la tradition perd la guerre,  compte ses morts, contemple ses ruines, panse ses blessures et lèche sa honte.

La vie continua pour les survivants, on refit très vite des films et l’on se souvint avec nostalgie de l’heureuse époque où l’on valsait au son du violon avant de mourir pour celui du canon.

On se souvint de Gretl, elle manquait terriblement. On la rappela, elle revint. mais nous étions en 1952, Gretl avait 42 ans et si sa beauté était toujours aussi délicieusement parfaite, elle ne joua plus la petite princesse mais sa mère, qui souvent est reine! Elle tourna, avec bien plus de pondération jusqu’en 1960 puis se retira dans une dernière valse des adieux si l’on excepte quelques apparitions télévisées. La seule pépite de cette période: elle fut en 1956 de l’aventure « Die Trapp Family » avec Ruth Leuwerik et qui allait devenir, revu et corrigé par Hollywood  »La Mélodie du Bonheur » où Julie Andrews succèderait à Ruth. Gertl voyant quant à elle son rôle confié à Eleanor Parker.

A 62 ans, le 14 Mai 1972, Gretl Theimer s’éteignait à Munich où elle s’était retirée, célibataire et sans enfants, que cela plaise ou non.

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QUE VOIR?

1930: Zwei Herzen im Dreiviertel-Takt: Avec Willy Forst

1930: Die Csikosbaroneb: Avec Ernö Verebes et Paul Vincenti

1930: Drei Tage Mittelarrest: Avec Ida Wüst et Max Adalbert

1931: Ihre Majestät die Liebe: Avec Kate de Naguy et Francis Lederer

1931: Son Altesse l’Amour: Avec Annabella; Roger Tréville et Alerme

1931: Wenn die Soldaten… Avec Otto Wallburg

1933: Das Glück von Grinzing: Avec Ivan Petrovich

1934: Einmal eine große Dame sein: Avec Kate de Nagy et Wolf Albach Rety

1935: Der Kampf mit dem Drachen: Avec Adèle Sandrock et Joe Stöckel

1938: Kleines Intermezzo (court metrage) Avec Hans Zesch Ballot

1940: Falstaff in Wien: Avec Wolf Albach Rety

1956: Die Trapp-Familie: Avec Ruth Leuwerik

1959: Lass mich am Sonntag nicht allein: Avec Heïde Brühl

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