580: PERRETTE SOUPLEX perrette-souplex

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque la petite Perrette Guillermain vint au monde à Paris le 22 Avril 1930, elle était déjà officiellement Perrette Souplex puisque son papa Raymond Guillermain était déjà connu sous le pseudonyme de Raymond Souplex.

j’ai bien dit connu et non célèbre, car à la naissance de Perrette, Raymond Souplex est alors un chansonnier comme le furent Maurice Chevalier, Fernandel, Bourvil ou Noël Noël. Il n’est pas encore l’acteur follement populaire qu’il sera bientôt et sa renommée ne dépasse guère le cercle parisien de la clientèle de cabarets.

La carrière de Perrette Souplex est indissociable de la carrière de son père. Celui-ci connaît enfin la célébrité alors que Perrette est encore une (presque) sage petite écolière. Au milieu des années 30 la télévison n’ a pas encore envahi les foyers français et la radio y régne en maître. En 1937, Raymond Souplex flanqué de son indissociable acolyte Jane Sourza crée « Sur le banc » une émission humoristique mettant en scène un couple de tendres clochards pleins de verve et d’humour. le succès est colossal et Perrette se souviendra, émue, que l’été, lorsqu’elle rentrait de l’école elle pouvait suivre l’émission de son père tout le long du chemin en passant devant les fenêtres ouvertes des maisons car absolument partout on écoutait le délicieux programme « sur le banc ».

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Le public était fou de ces dialogues très écrits, un peu convenus mais dont le duo de comédiens faisait un régal absolu.

« Qu’est-ce que tu fous avec du fil de fer? » « C’est pour recoudre mes boutons! »

Et la grande réplique de Jane « Les gens qui laissent du vin dans leur verre, ils ne méritent pas de vivre! »

Sur le banc qui ne cessera définitivement qu’en…1963! Soit 28 ans après la première émission!

Raymond Souplex et Jane Sourza connaîtront une popularité immense, adorés de tous les français, ils sont une véritabke institution lorsque la guerre éclate et nombreux sont ceux qui croient que les protagonistes de « Sur le banc », Jane et Raymond sont mariés dans la vraie vie, aidés en cela par l’excessive discrétion de la vraie madame Souplex!

Durant la guerre, Raymond Souplex est très actif dans la résistance mais se sert de sa notoriété de comédien comme d’une façade pour ses activités clandestines. Il pactise officiellement avec l’ennemi pour mieux le trahir dans l’ombre, allant jusqu’à se produire en Allemagne dans un gala pour le STO. Cette fausse amitié franco allemande ternira quelque peu le blason  de l’acteur à la libération puisque tout le monde connait cette visite en Allemagne nazie mais ignore son travail acharné de patriote et surtout de résistant.

Lorsque la guerre éclate, les Souplex vivent dans deux maisons jumelles dont les 800 mètres carrés de jardin sont les anciens jardins du Moulin Rouge! Une belle maison directoire et sa voisine, un atelier d’artiste où très vite papa qui a intégré le réseau Praxitèle sous le pseudonyme de Surban (allusion à…sur le banc ») installe son poste émetteur relié à l’Angleterre. l’atelier d’artiste est la « planque » idéale. Il s’ouvre sur les toits et on peut facilement prendre fuite en cas de visite inopinée de ces messieurs de la Gestapo!

Plus tard Pierrette défendra la réputation de son père, puis sa mémoire avec beaucoup de véhémence.

De son côté , elle a bien grandi et la guerre terminée la jeune fille sera diplômée du conservatoire ce qui fit la grande fierté de son père qui avait échoué au même conservatoire en 1920.

A dix-huit ans Perrette fera ses débuts au cinéma dans « La Cité de l’espèrance » dans l’ombre d’Anouk Ferjac.

Mais on n’est pas fille d’amuseur-chansonnier pour rien! Perrette ne se sent vraiment libre et heureuse que sur les planches des cabarets parisiens. Elle est avec Annie Cordy une des partenaires préférées de Bourvil dont elle sera la partenaire dans « Le Bouillant Achille » qui triomphe aux Variétés en 1949.

Là n’est pas son seul triomphe théâtral puisqu’elle portera au succès des pièces aussi variées que « Les Portes Claquent », « Les Maris de Léontine », « Une Poule sur un Mur », « La Foire aux Nouveautés », « L »Ombre » et surtout la pièce qui reste chère à son cœur: « Ta Bouche » de Maurice Yvain.

« Des pièces qui restaient un an à l’affiche quand le succès était au rendez-vous, ce n’est plus le cas, maintenant » se désole un peu Pierrette!

Elle créera au début des années 60 un célèbre trio « Les Filles à Papa » avec Suzanne Gabriello et Françoise Dorin. Le public ne les connaît pas encore très bien, alors, après leur première chanson, les filles à papa mettent devant leur visage des masques à l’effigie de leur père. Le chansonnier René Dorin, l’acteur chansonnier André Gabriello et bien sûr Raymond Souplex.

Le cinéma restera son argent de poche et elle y côtoiera plusieurs générations de comiques, commençant avec Pierre Doris, continuant avec Louis de Funès en passant par Jacques Villeret, Gérard Jugnot, Josiane Balasko et Christian Clavier pour finir avec Michael Youn!

Son père connaissant une nouvelle popularité, télévisée cette fois, avec son rôle de l’inspecteur Bourrel dans « Les Cinq Dernières Minutes », Suzanne ne viendra pas comme le veut une légende tenace jouer sa fille puisque l’inspecteur Bourrel est célibataire! Elle n’aura été la fille de son père qu’ au cinéma dans « Les Carottes sont Cuites » en 1956.

Lorsque Raymond Souplex décède en 1971 emporté par le cancer du poumon, c’est un déchirment pour Perrette Souplex. Cette petite ronde qui adorait la vie et s’était déjà mariée trois fois à 25 ans fut déchirée et se fit plus rare. Et puis, sur un coup de tête elle décida de s’expatrier au Canada et y resta vingt ans. C’est durant cette période canadienne que l’on invente à l’inspecteur  Bourrel un nièce installée au Canada et devenue restauratrice; Elle tient le restaurant « Chez Bourrel » comme il se doit.

Perrette reste « canadienne » jusqu’à ce qu’un jour son amie de toujours Ginette Garcin lui demande au téléphone ce qu’elle « fout là bas et qu’est-ce qu’elle attend pour se radiner? » Elle vient de tourner un film magnifique avec Nathalie Baye et Melvil Poupaud « Laurence Anyway » et répond à l’invitation de Ginette.Elle rentre à Paris sur « le même coup de tête que celui qui l’avait éloignée vingt ans plus tôt ». Hélas, Ginette s’éteint le 10 Juin 2010 et Perrette perd une de ses amies de toujours. Sa si chère amie qui l’avait tant aidée à son retour en France et grâce à qui elle avait connu la grande joie d’une tournée avec Christian Marin et la pièce « Le Gang des Seniors ».

N’étant pas du genre à s’apesantir sur ses deuils et ses déboires, elle entend bien, à bientôt 84 ans reprendre les rennes de sa carrière française, voire en commencer une nouvelle! Et pourquoi pas? Elle en est bien capable notre sacrée Perrette!

Celine Colassin

Ps: Voilà, chère , très chère Perrette, vous qui je le sais me lisez, j’espère que ce modeste « Papier » reflète assez votre carrière et la dame de cœur que vous êtes…autre caractéristique familiale!

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QUE VOIR?

1948: La Cité de l’espérance: Avec Anouk Ferjac et René Dary

1950: Zone Frontière: Avec Suzanne Grey et André le Gall

1951: Andalousie:Avec Carmen Sevilla et Luis Mariano

1956: Les Carottes sont Cuites: Avec Raymond Souplex, Jane Sourza et Renée Passeur.

1956: Soupçons (La Pavane des Poisons) Avec Dora Doll et Anne Vernon

1976: Les Petits Dessous des Grands Ensembles: Avec Pierre Doris et Michel David

1981: Comment Draguer toutes les Filles: Avec Yves Thuillier, Charlotte Walior et Ginette Garcin

1981: La Soupe aux Choux: Avec Louis de Funès, Jacques Villeret et Jean Carmet

1981: Les Babas Cools: Avec Christian Clavier

1984: Pinot, Simple Flic: Avec Gérard Jugnot et Fanny Bastien

1984: La Smala: Avec Josiane Balasko et Cerise Leclerc

1990: Virginie: Avec Catherine Luthereau et Igor Galo

2012: Fatal: Avec Michael Youn, Isabelle Funaro, Armelle et Catherine Allégret

2012: Laurence Anyways: Avec Nathalie Baye, Suzanne Clément et Melvil Poupaud

 

5 réponses
  1. Lefèvre ginette
    1 février, 2015 | 19 h 38 min | #1

    J’ai tourné avec Perrette dans « zone frontière », j’avais 17 ans,je jouais le role de Madeleine je garde un bon souvenir de perrette qui m’avait reçu dans sa chambre de son hotel. si vous me lisez Perrette sachez que j’ai correspondu avec « zizi » la fille de Monsieur Gourguet, qui a été d’une extrème gentillesse à mon égard et ce qui nous a permis de se souvenir de certains faits pendant le tournage.
    J’ai quitté Paris et j’ai construit une villa près d’Avignon, dans une pinède.
    J’ai été ravie de suivre votre traget par le biais d’internet.
    On ne sait jamais … je vous donne mon n° de tél 06 27 70 08 03
    Bien amicalement

    Répondre

    • 1 février, 2015 | 22 h 55 min | #2

      Bonjour Ginette,
      J’ai le grand plaisir d’être en contact avec Perrette.
      Je lui ferai suivre votre message
      Celine

      Répondre

  2. Lefèvre ginette
    27 mai, 2015 | 19 h 34 min | #3

    Perrette m’a répondu de suite, ce qui m’a touché, nous avons tant de souvenirs … j’espère qu’elle passera me voir si elle vient en Provence.
    Merci céline

    Répondre

  3. claudine crosnier
    1 août, 2015 | 18 h 32 min | #4

    Bonjour, dans ma petite enfance mes parents nous avait offert un disque de chansons d’enfants dans les titres il y avait mange ta soupe, stupides pensées, et le poisson rouge qui danse la polka, le petit cordonnier. j’aimerais le retrouver, car c’est tellement mieux pour la jeunesse qui arrive sans c’est affreux jeux vidéo. J’avais une grande admiration pour votre père. A bientot

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  4. barruet
    16 mars, 2016 | 11 h 34 min | #5

    je vous admire comme j’ai admiré votre papa
    une époque qui me manque
    cordialement

    Répondre

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