595: FRANCOISE PREVOST actfra2108

 

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Denise Prévost naît à Paris le 13 janvier 1929. Elle est la fille du jeune écrivain Jean Prévost  alors âgé de vingt huit ans et qui mourra en résistant dans le maquis du Vercors où il avait rallié la résistance et de Marcelle Auclair.

Marcelle Auclair est ce que l’on appelle alors une des grandes élégantes du faubourg saint Honoré, et elle aussi écrivaine. On lui devra « La Bonne Nouvelle aux Enfants » et aussi « Le Livre Noir de l’Avortement ». Ajoutons à cela l’ouvrage « Mémoires à deux voix » que mère et fille publieront aux éditions du Seuil.

Jeune fille, Marcelle Auclair sera l’amie de Valéry Larbaud, André Gide, François Mauriac, Marie Laurencin…

Elle est l’amie d’Hélène Lazareff avec qui elle fondera le journal  Marie-Claire. Ces dames sont également des amies de madame Bardot, autre élégante de son temps à qui elles emprunteront son adolescente de fille Brigitte pour les pages « mode jeune fille » de leur magazine.

Marcelle et Jean Prévost auront trois enfants avant de divorcer: Michel, Françoise et Alain.

Françoise Prévost avec Jean-Pierre Aumont dans "Vacances Portugaises"

Françoise Prévost avec Jean-Pierre Aumont dans « Vacances Portugaises »

La jeune Françoise, férue de belles lettres, ce qui est bien le moins avec des parents adhérents au comité national des écrivains fondé par Louis Aragon s’intéressera très tôt au théâtre.

Elle fera, très jeune encore pour ses débuts au théâtre en tenant de petits rôles mais dans de grands classiques. Elle complète cette formation avec quelques « pannes » sans envergure au cinéma, paraissant pour la première fois, figurante encore dans « Jean de la Lune » en 1949, dans l’ombre d’une Danielle Darrieux au sommet de sa beauté. Quant à la subsistance quotidienne elle est toute trouvée puisque Françoise travaille avec sa mère chez Marie-Claire. Marcelle sera la courriériste du journal jusqu’en 1967, rangeant sa plume à 68 ans pour revenir à la littérature.

La jolie Françoise va végéter dix ans au cinéma de petit rôle en petit rôle sans trouver sa véritatble chance. Et ce à un point tel qu’elle décide de renoncer à s’y faire une place et se consacrer définitivement au théâtre.

Mais c’était sans compter sans l’apparition de la Nouvelle Vague qui plus vite encore qu’elle ne dénigre les vedettes populaires et voue aux gémonies Martine Carol, Fernandel, Jean Gabin ou Claudine Dupuis, porte au pinâcle des starlettes, des comédiennes obscures, des demoiselles de magasins ou leurs petites amies du moment.

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Françoise, qui saurait dire pourquoi, fait partie du lot ce ces crétures adoubées par les nouveaux maîtres auto-proclamés du cinéma français avec Bernadette Lafont, Juliette Mayniel, Danièle Gaubert, Françoise Brion, Anna Karina ou Chantal Goya!

Elle devient muse, déesse vedette dans des films de Rivette, d’Albicocco et surtout de Pierre Kast qui fait d’elle son actrice fétiche. Françoise est vedette, vedette pour cinéastes confidentiels car quelles que soient les qualités qu’ont ou n’ont pas les films de Rivette ou de Kast, si on n’est pas dans « la grande vadrouille » ce n’est pas la grande vadrouille non plus dans les caisses des cinémas qui malheureusement pour eux programment les oeuvres de ces génies de la faillite et du désaveu populaire.

Etrangement son image est radicalement différente en Italie ou elle est terriblement solicitée et où elle tourne énormément pour des cinéastes moins désavoués d’un public populaire. Ou des cinéastes ayant meilleure conscience des réalités d’un métier qui est aussi et surtout une industrie commerciale nécessitant un minimum de rendement positif.

Les années 60 seront des années bénies pour Françoise Prévost même si le public français, plusieurs fois berné par des oeuvres nouvelle vaguesques ne lui accordra jamais la confiance qu’il accorde à une Mireille Darc.

Elle a un rendement intense et régulier de plusieurs films par an. Cinq pour la seule année 1963, où trop occupée elle doit décliner « Maigret voit Rouge », l’ultime Maigret de Jean Gabin avec qui elle ne tournera jamais.  il y avait eu dix films en 1961 et Françoise trouvait le temps pour tenir un rôle récurrent dans la mythique série « La caméra Explore le Temps » Autrement dit, Françoise cumule plus de tournages que les deux actrices les plus sollicitées du moment: Brigitte Bardot et Catherine Deneuve!

C’est une prouesse d’autant plus exceptionnelle qu’on ne peut guère mettre à son actif de beaux grands sujets populaires qu’elle aurait portés au triomphe!

Mais au fond peu importe, l’actrice aborde les années 70 auréolée d’un réel prestige, fruit des prolifiques années 60 et juste revanche sur les besogneuses années 50.

Elle fête l’évènement en alignant cinq films en 1970 et il semble que plus rien ne puisse freiner désormais la carrière de Françoise Prévost qui peut à juste titre briguer les lauriers d’une Jeanne Moreau.

Mais hélas, la nouvelle va tomber comme un coupert. Fatale. Françoise Prévost souffre d’un cancer du sein.

Frappées par la maladie, certaines actrices gardent le secet et continuent leur métier, comme le firent Marie Dubois, Dany Carrel ou Ingrid Bergman.

D’autres au contraire, comme Odile Versois et plus tard Jill Ierland ou Olivia Newton John choisissent de communiquer à propos de la maladie et de leur combat. Françoise Prévost fut de celles-là.

Il ne m’appartient pas ici de juger laquelle des deux politiques est la meilleure. Les premières à juste titre d’ailleurs craignent de voir leur carrière entravée voire stoppée net, les secondes estiment qu’en communiquant sur leur combat elles donnent l’espoir à des milliers de femmes anonymes, et comme elles frappées par la maladie.

C’est louable et probablement très vrai. Mais qu’en est-il de ces beaux espoirs lorsque la maladie, malgré tout, triomphe de la combattante?

Je me souviens que dans ma famille où personne n’était pourtant concerné par la maladie, le cancer de Françoise Prévost faisait partie des conversations et forçait l’admiration de tous. Ma grand mère Francine parfois songeait à cette femme « si jeune » dans ses prières, ma grand’mère Juliette admirait cette manière de tenir tête à la mort à un point tel qu’elle n’aurait pas détesté avoir un cancer elle aussi pour lutter gaillardement contre cette saloperie! Par solidarité! (un kyste au coude à cause d’une pelle de jardin lui fit d’ailleurs beaucoup d’usage) Quant à ma mère, elle ressentait le combat de Françoise Prévost comme une sorte de nouvelle victoire dans un autre combat, celui de la libération des femmes, comme si le fait de rester belle, de rester femme et de rester actrice en parlant ouvertement de sa maladie était une preuve irréfutable de l’avancée de la cause féminine. Ce n’était d’ailleurs pas faux.

Françoise Prévost mettra un point d’honneur à continuer sa carrière. mais dès l’annonce officielle de sa maladie, les propositions en France vont se raréfier à une vitesse folle. les assurances ne couvrent pas les comédiens en mauvaise santé ou ayant atteint les 80 ans. C’est donc la production qui doit assumer ses risques et ses pertes si un malheur arrive avant la fin du tournage et ce n’est pas toujours dans ses moyens. Il faut les reins bien solides pour courir le risque de devoir recommencer un film du début et donc multiplier l’investissement par deux si la star hélas s’éteint ou même si la maladie progresse et diminue ses moyens.

L’Italie, étrangement sera moins frileuse et fera tourner Françoise Prévost tant que l’actrice elle-même le souhaitera.

Françoise Prévost renonce à son métier d’actrice après un dernier film tourné pour la télévision avec Arielle Dombasle en 1985: « Vive la Mariée ».

Le combat de l’actrice est d’autant plus admirable qu’en ces années 70 le traitement contre le cancer est d’une barbarie extrême et les souffrances infligées aux malades de véritables tortures chimiques, mécaniques et psychologiques probablement pires, bien pires au niveau de la souffrance que la maladie elle-même. Ce martyre extrême s’est adouci heureusement mais Françoise Prévost en son temps est passée par les pires abominations qui soient au nom d’un combat que l’on dit vain puisque l’actrice s’éteindra des suites de sa maladie. Mais Françoise Prévost s’éteint le 30  Novembre 1997, à l’âge de 67 ans. Elle aurait eu 68 ans deux mois plus tard

Une extraordinaire victoire payée par plus de vingt ans d’une lutte acharnée pour vivre un jour de plus

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1949: Jean de la Lune: Avec Danielle Darrieux et Claude Dauphin

1952: Nez de Cuir, Gentilhomme d’Amour: Avec Françoise Christophe et Jean Marais

1958:Cette Nuit là: Avec Mylène Demongeot et Maurice Ronet

1960: Comment qu’elle est: Avec Françoise Brion et Eddie Constantine

1961: La Récréation: Avec Jean Seberg et Christian Marquant

1961: Le Jeu de la Vérité: Avec Robert Hossein et Paul Meurisse

1962: Il Mare: Avec Umberto Orsini

1962: Bon Voyage! Avec Jane Wyman et Fred McMurray

1963: Un Tentativo Sentimentale: Avec Jean-Marc Bory

1963: Bekenntnisse eines möblierten Herrn: Avec Karl Michael Vogler

1963: Vacances Portugaises: Avec Jean-Pierre Aumont, Françoise Arnoul et Michel Auclair

1963: Merci Naterica! Avec Peter Vaneck et Clara O’Dovar

1966: Maigret und sein größter Fall: Avec Heinz Rühmann

1967: Pronto… c’è una certa Giuliana per te: Avec Mita Medici

1968: Histoires Extraordinaires: Avec Jane Fonda

1969: Häschen in der Grube: Avec Helga Anders et Anthony Steel

1970: La prima notte del Dottor Danieli, industriale col complesso del… Giocattolo: Avec Lando Buzzanca et Katia Christine

1971: Le Belve: Avec Ira de Furstenberg

1972: Les Anges: Avec Bruno Pradal et Didier Haudepin

1974: La Prova d’Amore:Avec Ely Galleani

1980: Le Soleil en Face:Avec Stéphane Audran et Jean-Pierre Cassel

3 réponses
  1. Annick M.
    16 octobre, 2014 | 19 h 58 min | #1

    Vous avez quelque chose contre « Paris vous appartient  » de Rivette (1961)?

    Et pourquoi ne parlez-vous pas non plus de ses livres de cuisine, si sympathiques ? Je lui dois une mousse au chocolat exquise, qui a toujours beaucoup de succès auprès de mes invités.

    Répondre

    • 17 octobre, 2014 | 8 h 58 min | #2

      Bonjour Annick,
      Comme il est dit en préambule de ce blog, il s’agit d’un ouvrage consacré au cinéma et que je n’y parle que ce que je connais et que des films que j’ai vus. Bien trop d’erreurs circulent déjà sur le net sur des listes supposées exhaustives pour que j’y ajoute les miennes; Je n’ai pas vu tous les films de Marie et j’ignorai l’existence de ces livres. Merci de les avoir évoqués. Celine

      Répondre

  2. laurence
    5 octobre, 2017 | 17 h 44 min | #3

    merci pour se combat une grande dame

    Répondre

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