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L’histoire de Magali de Vendeuil qui perdit souvent sa particule au gré des génériques et des affiches est d’abord et avant tout une histoire d’amour.

Le 18 Septembre 1926, Uramie Lucinde Magali Pichon de Vendeuil vient au monde dans les élégances d’une famille bourgeoise.

Elle ne sera jamais suffisamment célèbre, ni assez longtemps hélas pour que la presse s’intéresse à ses jeunes années Et pourtant elle connut de brillants débuts au cinéma et éclata littéralement dès ces débuts en question, devenant une des jeunes premières les plus en vue et les plus prometteuses de la nouvelle décennie, celle des années 50.

Mais deux éléments feront de cette brillante étoile de cinéma une petite veilleuse: sa passion pour le théâtre et sa passion pour l’homme de sa vie.

Magali, on le comprend, avait élagué son patronyme qui n’aurait pas tenu en entier sur une affiche pour faire ses débuts.

En 1952, après deux rôles, René Clair choisit la jeune Magali pour un des films les plus prestigieux et les plus attendus de l’année: Elle rejoint sur le plateau des « Belles de Nuit », l’acteur numéro un de son époque: Gérard Philipe pour jouer son amoureuse, emploi partagé par les deux nouvelles vedettes les plus en vue du moment: Martine Carol et Gina Lollobrigida. On est loin du film qu’elle vient d’achever: « Drôle de Noce » avec Julien Carette et Jean Richard

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dans « Les Belles de Nuit », c’est la jolie Magali qui tourmente le coeur de Gérard Philipe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tournage comme le film seront des moments de grâce du cinéma français et pour le public comme pour les professionnels, Magali est bel et bien en un temps record une des nouvelles grandes vedettes de l’hexagone. Une vedette qui ne démérite en rien face à Martine et à Gina. Elle pourrait bien dit-on dans les gazettes les plus avisées « Etre leur plus sérieuse rivale dans la fulgurante course à la gloire que ces deux-là ont entammée deux ans plus tôt, Martine dans « Caroline » et Gina dans « Fanfan », déjà avec Gérard Philipe.

Mais ce brillant coup d’éclat sera déjà le coup de grâce à la gloire de la « plus dangereuse rivale » de Martine et Gina qui resteront des icônes emblématiques de la décennie.

Non que Magali ait déçu, que du contraire, mais sa passion pour le théâtre la cheville et elle ne pourra jamais résister à une pièce face à un film.

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Et puis, il y a Robert Lamoureux. Roberl Lamoureux, charmant touche à tout du cinéma français; acteur chanteur, humoriste auteur scénariste, il est l’amuseur de charme.

De six ans l’aîné de Magali, Robert lamoureux est déjà marié à son amie d’enfance dont il a trois enfants.

Et si l’amuseur a six ans de plus que Magali, sa carrière d’artiste n’a débuté qu’en 1949, soit trois ans à peine avant Magali qui l’a clairement distancé dans la course à la gloire. Originaire d’une famille modeste, il a dû faire mille métiers après la guerre, en Algérie comme en France, comme comptable ou représentant en machines à écrire avant de pouvoir enfin tenter sa chance. Chance qui fut loin d’être aussi fulgurante que celle de Magali. Ils seront déjà mariés lorsque Robert Lamoureux connaîtra ses premiers vrais grands succès.

Magali de Vendeuil mit littéralement sa carrière en veilleuse dès qu’elle fut devenue madame Lamoureux, même si elle était déjà une grande vedette du cinéma dans les bras de Gérard Philippe quand Robert Lamoureux essaie encore de se faire un nom avec ses sketches dans les cabarets.

Il faudra attendre 1955 pour revoir Magali au cinéma dans « Une Fille Epatante » et le générique précise qu’il s’agit maintenant de mademoiselle Magali de Vendeuil de la comédie française. Tout est dit.

Elle sera longtemps pensionnaire de la maison de Molière, son rêve exaucé. La comédienne semble mettre un point d’honneur à faire son travail en toute discrétion, laissant l’étoile de Robert Lamoureux monter peu à peu jusqu’à briller de mille feux. Lorsqu’il s’inspirera d’elle pour créer le personnage de son épouse (comment faire autrement) dans « Papa maman la Bonne et Moi », Magali déclinera le rôle au profit de Nicole Courcel.

On la verra un peu à la télévision, beaucoup au théâtre, ne dédaignant pas concillier les deux avec l’émission « Au Théâtre ce Soir » et il faudra attendre les années 70 et une nouvelle création cultissime de Robert Lamoureux pour la revoir au cinéma car son génie de mari l’invite à rejoindre le joyeux casting de « Mais où est donc passée la septième compagnie? ».

Le couple Lamoureux avait eu une fille, ne défraya jamais la chronique et resta respecté à la fois par un public fidèle et par les professionnels qui eurent le plaisir et l’honneur de les côtoyer.

Même si la saga de « La Septième Compagnie » reste aussi chère au coeur des français que celle des « Gendarmes », Robert Lamoureux est bien méconnu aujourd’hui. C’est que les temps ont changé et que son univers s’est démodé, hélas. Il était tendre, brillant, subtil, élégant et raffiné dans la moquerie sans méchanceté. Un langage qui s’est perdu avec l’artiste.

Magali de Vendeuil fera ses adieux en 1994 à la télévision, dans le téléfilm « L’Amour Foot » où elle donnait la réplique à…Robert Lamoureux. Raison qui l’avait ramenée devant les caméras, car la toujours belle Magali s’était éloignée depuis 1989 après cet autre téléfilm « La Taupe » où elle donnait la réplique à…Robert Lamoureux.

Magali de Vendeuil, en parisienne bien née resta belle à jamais, élégante, vieillissant sereinement, ses beaux cheveux d’un joli blond pâle ramenés en arrière sur ses épaules, elle semblait veiller avec tant de tendresse sur son adorable génie de mari désormais vieilli que le monde du spectacle fut sidéré lorsque Magali s’en alla la première, laissant veuf son inséparable amour le 12 janvier 2009.

Elle s’éteignait à bientôt 83 ans, Robert Lamoureux en avait bientôt 89 et il sembla aller de soi que Magali n’aurait pas longtemps à l’attendre pour exaucer leur dernier souhait: dormir côte à côte pour l’éternité.

Diminué par des opérations aux pieds, Robert Lamoureux, condamné au fauteuil roulant mit un point d’honneur à sourire et à aimablement plaisanter jusqu’à sa fin qui viendrait le 29 Novembre 2011 après quelques jours de coma.

Dormez en paix gens heureux, et si vous n’avez pas d’histoire nous avons des souvenirs.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1951: Drôle Noce: Avec Julien Carette et Jean Richard

1952: Procès au Vatican: Avec Suzanne Flon, France Descaut et Jean Debucourt

1952: Les Belles de Nuit: Avec Gérard Philipe

1961: Jugez les Bien: Avec Serge Sauvion et Paul Frankeur

1973: Mais où est donc passée la Septième Compagnie? Avec Pierre Mondy, Pierre Tornade et Aldo Maccione

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