605: SONJA ZIEMANN 200

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sonja Alice Selma Ziemann naît à Berlin le 8 Février 1926. Sonja vient donc au monde dans une démocratie pleine d’espoirs et qui a toutes les raisons de se réjouir ou tout du moins d’espérer. La grande guerre est finie, on croit que c’était la der des der, en Allemagne comme ailleurs. Bientôt le chancelier Adolph Hitler prendra le pouvoir et le monde, à nouveau, va basculer.

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En attendant, la paix régne. En 1936 Sonja a dix ans. Berlin s’apprête à recevoir les jeux olympiques et la petite fille entre à l’école de Tatjana Gsovsky pour y apprendre la danse classique. Le monde s’embrase. Sonja continue à perfectionner ses pointes, que peut-elle faire d’autre! Dans la foulée (si j’ose dire) elle se retrouve a montrer son art avec toutes les élèves de son école sur les plateaux de cinéma, car l’Allemagne a beau faire la guerre, le « cinématographe » est un outil de propagande très prisé par Goebbels et on tourne des films à la  pelle comme si la préoccupation majeure de l’Allemagne était de valser dans les alpages en attendant la cueillette du lilas!

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C’est ainsi que la petite Sonja verra « en vrai » la diva des écrans Elsa Wagner et en restera vivement impressionnée. Nous sommes en 1942, l’apocalypse guette, mais en attendant Sonja a seize ans, elle est ravissante et on lui propose quelques rôles de jeune première , un répertoire de filles gracieuses, timides, patriotiques et en bonne santé.

Etrangement, l’industrie du film dans l’Allemagne dévastée et réduite en champ de ruines après sa défaite sera une des premières à renaître de ses cendres et inonder le monde de comédies gentillettes et virevoltantes afin de montrer au monde une image plus romantique et positive du peuple Allemand qui au fond serait peut-être bien étranger à toute cette sordide affaire de guerre mondiale!

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L’attitude ne manque pas de cran ni surtout de toupet, et il faut pour orner ces guimauves filmées un véritable bataillon de ravissantes jolies jeunes filles innocentes pour émouvoir les cœurs! C’est que voyez-vous on tourne « Lilas Blancs « ou « Sissi Impératrice », pas Buchenwald mon Amour »! Sonja devinent donc avec Romy Schneider une des jeunes actrices les plus demandées, cinq films en vedette dès 1950 dans une Allemagne où l’on vit encore sur les décombres des villes!

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Lorsqu’elle aura une liaison avec un de ses partenaires, nettement plus âgé qu’elle, l’acteur Rudolph Prack de 21 ans son aîné, et accessoirement marié à l’actrice Marie Heinisch, l’Allemagne applaudira le couple illégitime des deux mains et se ruera dans les cinémas pour voir leurs films. Un peu comme si Sonja symbolisait cette nouvelle génération qui pardonne à ses aînés la honte dont ils l’ont couverte.

Il est vrai que Rudolph Prack « L’homme le plus embrassé du cinéma allemand » n’est pas Allemand, c’est un acteur Viennois et donc, quelque part, lui aussi est une « victime » de régime nazi, citoyen de pays annexé. Et que l’envahisseur ait été applaudi des deux mains en 1938 n’est pas appelé à la cause, c’est si loin tout ça!

Le contrat du don juan quinquagénaire stipulait que la différence d’âge entre lui et ses conquêtes à l’écran ne devait jamais être le sujet du film ni même évoquée. Sa gloire dans les années cinquante équivaut à celle que sera bientôt celle de Curd Jürgens qui lui succèdera dans l’emploi de bel homme distingué aux tempes grises et sensible au fruit vert.

Pourtant, en 1953, Sonja convole avec un autre homme, lasse sans doute des promesses de divorce de son partenaire fétiche. Elle épouse un fabriquant de bonneterie en gros basé à Wiesbaden. Elle divorcera en 1956 après la naissance de leur fils.

Sonja Ziemann est à l’heure de son divorce une vedette ultra populaire en Allemagne. Actrice très complète puisqu’elle chante et danse magnifiquement en plus d’être très belle, sa carrière va encore prendre une dimension supplémentaire avec l’avènement des grosses coproductions internationales.

Sonja tournera alors pour le cinéma français, américain et Italien! Elle est avec Curd Jürgens et Lilli Palmer une des vedettes allemandes les plus demandées à l’étranger. Elle s’est également remariée en 1961, après trois ans d’une douce relation avec l’écrivain polonais Marek Hlasko. Il est son cadet de neuf ans mais surtout il n’a pas vécu la même guerre qu’elle.

Le beau Marek ne faisait pas des pointes pour le cinéma allemand pendant que le monde s’embrasait. Son père est mort en 1939 et il a passé la guerre dans Varsovie la martyre. Mais alors que le couple séjourne à Paris, probablement en 1958, avant leur mariage, pendant que Sonja tourne « Tabarin » avec Annie Cordy et Michel Piccoli, le gouvernement polonais fait savoir à l’écrivain que sa pensée ne correspond pas à celle du régime et l’artiste se retrouve interdit de séjour et accessoirement privé de sa famille et de ses biens. L’écrivain polonais va vivre une vie d’exilé apatride. Reçu en grandes pompes en Allemagne, il vivra également à Paris, à Wiesbaden, à New-York , à Hollywood où il est très proche de Roman Polanski et même en Israël.

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C’est d’ailleurs en Israël qu’il aura une relation sentimentale assez suivie avec une très jeune fille. Relation qui fit capoter le mariage avec Sonja. Le couple divorce en 1969, et en Juin de la même année, Marek Hlasko est retrouvé sans vie à Wiesbaden, emporté par une surdose médicamenteuse sans que l’on ne puisse jamais savoir avec certitude s’il s’agissait là d’un suicide ou d’un accident, ni si le récent divorce y était pour quelque chose.

Sonja Ziemann se remariera encore, une troisième et ultime fois, avec Charles Régnier, qui malgré ce pseudonyme à la bonne franquette est bel et bien un acteur et réalisateur allemand né sous le patronyme de Karl Friedrich Anton Hermann. Il laissera Sonja veuve en 2001.

Pour sa part, la grande vedette allemande des coproductions internationales des années 60 aura su se débarrasser de son image de jeune première romanesque pour obtenir des rôles d’envergure avant de jouir telle une Lilli Palmer, une Hildegarde Kneff ou une Nadja Tiller du statut très envié de grande dame du cinéma allemand.

En 1969 elle faisait ses adieux au grand écran. Son ami Curd Jürgens l’avait invitée en 1963 à la télévision où il avait son propre programme et c’était une gageure car Sonja avait toujours refusé les offres du petit écran.

Pourtant, si elle ne paraît plus au cinéma dès 1969, elle tournera encore pour la télévision près de trente ans durant avec beaucoup de régularité puisqu’on la verra jusqu’en 1997 honorer la plupart des programmes télévisés allemands.

Puis la grande dame prit une retraite discrète dans sa chère Bavière.

 

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QUE VOIR?

1942: Ein Windstob: Avec Elsa Wagner et Magrit Debar

1943: Die Jungfern vom Bischofsberg: Avec Lina Carstens

1946: Sag’ die Wahrheit: Avec Mady Rahl et Gustav Fröhlish

1947: Herzkönig: Avec Lisa Lesco et Hans Nielsen

1949:Nächte am Nil: Avec Wolfgang Lukschy

1950: Ein Nacht Im Separee: Avec Kurt Seifert et Olga Tschechowa

1950: Maharadscha Wider Willen: Avec Olga Tschechowa et Kurt Seifert

1951: Die Frauen des Herrn S. Avec: Paul Hörbiger

1952: Made in Heaven: Avec Petula Clark et David Tomlison

1953: Christina: Avec Barbara Rütting et Lutz Moik

1954: Le Tzarevitch: Avec Luis Mariano

1955: Ich war ein Häßliches Mädchen: Avec Karlheinz Böhm et Dieter Borsche

1957: Suprema Confessione: Avec Anna-Maria Ferrero et Massimo Serato

1958: Tabarin: Avec Annie Cordy, Sylvia Lopez et Michel Piccoli

1958: Sérénade au Texas: Avec Germaine Damar, Luis Mariano et Bourvil

1959: Liebe auf Krummen Beinen: Avec Walter Giller

1961: A Matter of Who: Avec Terry Thomas

1962: Axel Munthe – Der Arzt von San Michele: Avec Rossana Schiaffino et O.W. Fischer

1962: Journey into Nowhere: Avec Tony Wright

1962:Der Traum von lieschen Müller : Avec Martin Held et Helmut Griem

1964: Frühstück mit Dem Tod: Avec Wolfgang Preiss

1965: Halløj i himmelsengen: Avec Marie Versini et Thomas Fritsch

1969: The Bridge at Remagen: Avec George Segal, Ben Gazzara et Robert Vaughn

1969: De Sade: Avec Senta Berger et Lilli Palmer

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