isobel elsom 2

Le 16 Mars 1893 naît à Cambridge, dans une famille de la haute aristocratie anglaise Isobel Jeannette Reed.

J’ignore comment la famille prit la chose lorsque leur fille leur asséna la terrible nouvelle: elle voulait être actrice! En général cette vocation ne plaît que fort peu dans les classes supérieures, mais dans l’île de Shakespeare il en va parfois différemment.

Devenue actrice, elle épousera Maurice Elvey, qui pour n’être que d’un an son aîné est déjà en 1923, année de leur mariage, un des réalisateurs de cinéma les plus prolifiques d’Angleterre puisqu’il tourne jusqu’à vingt films par an! On est quand même loin des réflexions existentielles du prince d’Elseneur! Et ce d’autant que ce gendre inattendu est déjà deux fois divorcé!

Isobel et lui sont tombés amoureux alors qu’il la dirigeait sur son film « Le Juif Errant » et ils feront huit films ensemble. Isobel était à l’époque de leur rencontre une actrice déjà connue et réputée et le public anglais s’était entiché du couple qu’elle formait à l’écran avec l’acteur Owen Nares. Ils forment un couple généralement mondain et désabusé, à l’image de ce que donnera plus tard le team Myrna Loy-William Powell à Hollywood. Owen Nares qui connaîtra une mort curieuse à seulement 54 ans.

Nous sommes en 1943 et bien que la guerre fasse rage, l’acteur qui n’avait plus trouvé le succès lorsque le temps passant il avait perdu sa beauté de jeune premier est tellement excité à l’idée de visiter la maison natale de l’actrice Sarah Siddons au pays de Galles qu’il en fait une crise cardiaque et rend l’âme au milieu du salon!

isobel elsom

Isobel de son côté, moins impressionnable, ne sera d’ailleurs que très exceptionnellement distribuée dans des rôles qui ne nécessitent pas autant d’abattage que de maintien et pour tout dire d’allure follement aristocratique. Que l’on mette une couronne sur sa tête et tout est dit, même si l’actrice n’est pas dupe et préfère en rire que de se croire réellement illustre. D’ailleurs cette très grande dame n’aimera rien tant que de donner la réplique à…Jerry Lewis!

Mais n’anticipons pas et retrouvons la jeune mariée de 1923. A la faveur de ses films distribués en Amérique, Broadway va faire appel à ses distingués services dès 1926. Partie en transatlantique vers le nouveau monde pour une seule pièce, elle alignera dix-sept succès!

C’est durant ces triomphes à Broadway qu’Hollywood va faire appel à elle et que malheureusement son mariage va se défaire.

Isobel ne se remariera qu’en 1942, à un autre acteur britannique de 15 ans son cadet, Carl Harbord qui la laissera veuve en 1958.

Devenue hollywoodienne d’adoption, Isobel arrive un peu tard pour jouer encore les beaux grands rôles qu’elle a tenu en Angleterre au temps de ses grands succès avec Owen Nares. Mais Hollywood va faire d’elle un de ses plus magnifiques et spectaculaires seconds rôles. A la lecture de ce qui va suivre chaque cinéphile à la lecture de ces quelques modestes lignes va se rendre compte qu’il ne connait qu’elle.

Elle est la tante délurée de Rita Hayworth dans « Ô Toi, ma Charmante ». Elle sera une victime de Chaplin en monsieur Verdoux avant de devenir l’affreuse belle-mère de la pauvre Gene Tierney dans « Mrs Muir. » Elle est la mère de Désirée Clary dans « Désirée » face à Marlon Brando en Napoléon. Dans « Love is the many Splendored Thing » elle est cette riche expatriée raciste qui s’ignore. Pendant une épidémie de choléra, elle accapare une chambre d’hôpital à cause d’une piqure d’insecte et parce que l’on refait les peintures chez elle et que l’odeur l’incommode! Ce n’est pas tout et il y en a tant de ces prouesses mémorables. Dans « The Guns of Fort Petticoat », un western assez banal avec Audie Murphy, elle est une riche sudiste, flanquée de son esclave noire devant se défendre avec un groupe de femmes d’une attaque d’indiens. Au plus fort de la bataille alors que toutes les femmes tirent sur les indiens avec l’énergie du désespoir pour défendre leur scalp, Isobel continue à donner ses ordres à son esclave noire « Tirez sur celui-là, Betty, non l’autre, le grand! Voilà, c’est très bien! Le grand avec les plumes maintenant! Comment? Vous n’avez plus de munitions? Oh ne vous dérangez pas, Betty, je vais vous en chercher! »

Et puis bien entendu, bien entendu et surtout, elle est la mère de Rex Harrison dans « My Fair Lady »!

isobel elsom 3

Un petit miracle en soi si l’on tient compte de l’incessante présence d’Isobel au théâtre et à la télévision!

Elle aura été dirigée au cinéma par Henri King, Chaplin, Mankiewicz, Jerry Lewis, Sam Wood, Hitchcock, Negulesco, Cukor, Minnelli et pour n’en citer que quelques-uns!  Pour une actrice qui a débuté dans le cinéma muet en Angleterre, était une superstar à l’armistice de 1918 et est passée par « Mike Hammer », je trouve que son parcours tout singulier soit-il ne manque pas de panache, la qualité première d’Isobel Elsom!

Elle s’éteindra paisiblement à 87 ans, le 12 Janvier 1981 dans sa chère Californie qu’elle avait aimée dès quelle y avait posé le pied un demi siècle plus tôt.

Celine Colassin

isobel elsom 1

QUE VOIR?

1915: A Prehistoric Love Story: Avec Seymour Hicks

1918: The Man Who Won: Avec Owen Nares

1918: Tinker, Tailor, Soldier, Sailor: Avec Owen Nares

1919: A Member of Tattersall’s: Avec Malcom Cherry

1920: Aunt Rachel: Avec James Lindsay

1923: The Sign of Four: Avec Eille Norwood

1923: The Wandering Jew: Avec Nellie Hutin Britton

1927: La Goutte de Venin: Avec Alfred Abel

1931: The Other Woman: Avec David Hawthorne et Gladys Frazin

1941: Ladies in Retirement: Avec Ida Lupino, Louis Hayward et Evelyn Keyes

1942: The War Against Mrs Hadtley: Avec Fay Bainter et Edward Arnold

1942:You Were Never Lovelier: Avec Rita Hayworth et Fred Astaire

1942: The Eagle Squadron: Avec Diana Barrymore et Robert Stack

1943: My Kingdom for a Cook: Avec Marguerite Chapman et Charles Coburn

1944: Casanova Brown: Avec Gary Cooper et Teresa Wright

1944: Les Blanches Falaises de Douvres: Avec Irène Dunne

1945: The Unseen: Avec Gail Patrick et Joel McCrea

1946: Of Human Bondage: Avec Eleanor Parker, Alexis Smith et Paul Henreid

1947: The Two Mrs Carrolls: Avec Barbara Stanwyck et Humphrey Bogart

1947: Monsieur Verdoux: Avec Charles Chaplin

1947: The Paradine Case: Avec Alida Valli et Gregory Peck

1947: The Ghost and Mrs Muir: Avec Gene Tierney

1949: The Secret Garden: Avec Margaret O’Brien

1954: Désirée: Avec Marlon Brando, Jean Simmons et Merle Oberon

1954: Deep in my Heart: Avec Merle Oberon et José Ferrer

1955: La Colline de l’Adieu: Avec Jennifer Jones et William Holden

1956: Over Exposed: Avec Cleo Moore et Richard Crenna

1956: La Vie Passionnée de Vincent van Gogh: Avec Kirk Douglas

1957: The Guns of Fort Petticoat: Avec Kathryn Grant et Audie Murphy

1958: Rock a Bye Baby: Avec Marilyn Maxwell et Jerry Lewis

1959: The Miracle: Avec Carrol Baker et Roger Moore

1960: Le Dingue du Palace: Avec Jerry Lewis

1961: Le Zinzin d’Hollywood: Avec Jerry Lewis

1963: Who’s Minding the Store, Avec Jerry Lewis et Jill St John

1964: My Fair Lady: Avec Audrey Hepburn et Rex Harrison

1964: The Pleasure Seekers: Avec Ann Margret, Gene Tierney et Carol Lynley

 

 

pas de réponses

Laisser un commentaire

achacunsoncinema |
filmss |
dorian78 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | carolineriche
| utopia2012
| ddlstream