631: URSULA HOWELLS mw50244ursula-howells-228x300

Ursula Howells fut une de ces grandes dames du monde artistique que seule l’Angleterre peut nous donner. Elle est dans la lignée de ces personnages hors mesures et toujours un rien décalés comme Margaret Leighton, Estelle Winwood, Elsa Lanchester, Maggie Smith ou Eleanor Bron.

De ces actrices plus grandes que nature qui excellent à servir les grands classiques. De celles qui se délectent de personnages hilarants de foldingues les plus excentriques possibles. De celles faisant dans un cas comme dans l’autre un sort jubilatoire à la moindre réplique, au moindre petit geste anodin.

En un mot comme en cent, ces dames ne professent que dans le génie.

Ursula Howells vint au monde à Londres le 17 Septembre 1922. Son père William Howells est un compositeur  de musique d’église reconnu et il deviendra dès 1936 directeur des classes de musique à l’école des filles Saint Paul, là où Ursula sera scolarisée. On sera toujours très chrétiens chez les Howells. Mais si la vocation artistique de la jeune demoiselle est aussi aiguisée que celle de son papa, c’est l’art dramatique qui a ses faveurs. Elle n’aura que 17 ans pour ses débuts sur scène.

Mais malheureusement, lorsqu’Ursula a 17 ans, nous sommes en 1939. Il faudra attendre que la fureur guerrière se soit tue pour que la jeune femme puisse faire ses vrais débuts dans ce qu’il reste de Londres après ce cruel interlude. Ursula avait été évacuée sur ordre de son père dans l’Oxfordshire en Ecosse le temps des hostilités.

La jeune femme ira de succès en succès au théâtre et fera ses débuts à la télévision dès 1946 où elle sera d’emblée une des actrices préférées du public pour plusieurs décennies. En 1951, ses succès la mèneront en tournée jusqu’à Broadway.

On peut d’ailleurs considérer que dès 1946, la carrière d’Ursula est toute tracée, ce sera un partage constant entre le théâtre et la télévision avec quelques fois, comme autant d’intermèdes, quelques films.

Elle est devenue une très jolie femme à l’élégance parfaite, aux gestes doux et mesurés et elle pourrait briguer une carrière à la Ingrid Bergman, Olivia de Havilland ou tout moins à la Barbara Bel Geddes

Mais fort étrangement, l’actrice reste sur grand écran un second couteau alors qu’elle est une superstar sur le petit et bien entendu sur les planches. Sans doute d’ailleurs est-ce là une volonté de la part de l’actrice car les tournages pour le cinéma sont bien plus longs et plus fastidieux que pour la télévision. Ursula Howells est une véritable boulimique de travail. Son art a dévoré une vie privée inexistante. Elle s’était mariée avec l’acteur Anthony Pélissier de 10 ans son aîné dont elle fut la quatrième et ultime épouse puisque leur mariage durera jusqu’à la mort d’Anthony en 1988.

A la mort de son père en 1983, Ursula Howells semble avoir perdu le pilier central de sa vie et si elle n’en ralentit pas sa carrière pour autant, le cinéma qui lui déplaît de plus en plus perd ses quelques rares faveurs! On tourne maintenant des histoires de tueurs en série du filles nues sur fond de musique pop dans des couleurs psychédéliques qui ne sont peut-être pas tout à fait son univers même si elle avait tenu en 1970 un magnifique premier rôle dans « Mumsy, Nanny, Sonny and Girly » , un film d’épouvante complètement déjanté où elle valait bien Morticia Adams!

En 1973 elle arrête de tourner pour le cinéma et on ne la reverra qu’une seule fois, en 1998 où elle apparaît dans un film à la demande de son très vieil ami John Gielgud.

En 1983 à la mort de son père adoré, elle avait fondé la société Herbert Howells et œuvrera jusqu’à la fin de sa vie à la préservation et à la reconnaissance des œuvres paternelles, finançant elle-même les éditions sur disque de ses compositions.

L’actrice s’éteint en 2005, le 16 Octobre, à peine un mois après avoir fêté ses 83 ans. Elle avait tourné jusqu’en 2001 et avait donné sa dernière réplique à l’inspecteur Barnaby, tout en ayant sa propre série: « The Cazalets » dont elle jouait la matriarche Kitty Cazalets.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1951: Flesh and Blood: Avec Glynis Johns, Joan Greenwood et Richard Todd

1952: I Believe in You: Avec Celia Johnson

1953: The Blakes Slept Here (court métrage): Avec Dorothy Gordon et David King Wood

1953: The Oracle: Avec Virginia McKenna et Robert Beatty

1954: The Weak and the Wicked: Avec Glynis Johns et Diana Dors

1955: The Constant Husband: Avec Kay Kendall, Margaret Leighton et Rex Harrison

1955: Handcuffs, London: Avec Bruce Seaton

1956: The Long Arm: Avec Dorothy Alison et Jack Hawkins

1957: West of Suez: Avec Kay Callard et Keefe Braselle

1962: Two Letter Alibi: Avec Petra Davies et Peter Williams

1967: Torture Garden: Avec Jack Palance et Burgess Meredith

1970: Mumsy, Nanny, Sonny and Girly: Avec Michal Bryant

1973: Father, Dear Father: Avec Natasha Pyne et David Cargill

1998: The Tichborne Claimant: Avec John Gielgud et John Kani

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