663: ANDREE LAFAYETTE 39i1t1uza4q77qzandree-lafayette

Lorsque le 19 Mai 1903, la petite Andrée Rose Godard de la Bigne naît dans les Yvelines, rien ne la prédestine à devenir une grande vedette internationale du cinéma.

Sa famille est aussi éloignée du septième art que de la planète Mars et si la petite Andrée se passionne très tôt pour le théâtre et le cinéma, c’est en spectatrice assidue. Le reste du temps elle s’ennuie.

Elle devra attendre la défaite de l’Allemagne et la fin d’une guerre qu’elle a exécrée pour vivre un peu. Elle a 15 ans quand les hommes signeront un armistice que l’on ignore encore très momentané.

Mais en attendant, la liberté qui suit le conflit voit naître une nouvelle génération assoiffée de vivre . Les années folles commencent sur des airs de jazz et de charleston que l’on danse les cheveux coupés et les jupes raccourcies.

L’Amérique est à la mode, Andrée va faire la rencontre d’un certain Arthur May Constant. Il est américain, elle a 20 ans, nous sommes en 1923 et le bel Arthur va ramener sa tendre épousée au pays de l’oncle Sam.

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Et c’est en Amérique, dès son arrivée à New-York, au gré d’une conjoncture restée nébuleuse qu’elle fait sous le pseudonyme d’Andrée Lafayette ses débuts au cinéma…Dans un premier rôle! Que dis-je? Un rôle titre, celui de Trilby dans une mise en scène de James Young! Un succès inouï pour un film déjà tourné en 1914 où son rôle était tenu par Viva Birket. Il le sera plus tard par Marian Marsh.

Très belle, d’une beauté « moderne », Andrée est de noble lignage et cela se ressent dans ses manières distinguées. Elle impressionne l’écran , le public et ceux qui font les films.

Le cinéma fera appel à elle durant les 30 prochaines années pour les rôles de princesses, de reines, d’impératrices, de mannequins parisiens « haute couture » ou de leurs clientes les grandes mondaines.

Ce qui ne veut pas dire qu’elle acceptera les rôles proposés.

Quant au cinéma des années vingt, s’il est encore muet, cela lui permet d’ignorer les frontières du langage.

Andrée ira tourner au Canada, en Allemagne avant de revenir en France avec le statut très paradoxal pour une fille des Yvelines de « Superstar américaine »!

La jeune femme, qui refuse tout contrat trop contraignant et exige du temps pour sa famille entre deux films, ce qui dans son esprit veut dire « au moins six mois et pourquoi pas deux ans » en profite pour sélectionner les projets qui l’intéressent vraiment et qui pourront la mettre en valeur à l’écran.

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Ceci revient à dire qu’elle tourne peu et bientôt, elle ne va plus tourner du tout. Le cinéma devenu parlant, elle passera le test sans encombres,  son accent français lui apportant encore un peu plus de chic exotique et distingué aux yeux des Américains.

En 1934, la star est installée en France mais devant la tournure que prennent les évènement outre Rhin, elle ne demande pas son reste et à peine rangée au magasin des accessoires les ferrets de la reine Anne qu’elle portait dans « Les Trois Mousquetaires », elle s’embarque pour l’Amérique! Elle agrandi dans un pays assailli, elle n’ a pas l’intention de revivre ça, c’est au dessus de ses forces et elle ne voit que trop bien vers quelle issue fatale le monde se dirige.

Elle va rester vingt ans absente à la fois de France et des écrans.

Rentrée en France en 1954, elle s’installe dans une propriété du Calvados, sa région de France préférée et ne se montrera plus que deux fois au cinéma « pour faire plaisir aux amis »

C’est chez elle qu’elle s’éteint, le 3 Octobre 1989, à l’âge fort honorable de 86 ans, 42 ans de retraite et un mystère resté absolu sur ses vingt années de silence américain.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1923: Trilby: Avec Creighton Hale

1927: Rue de La Paix: Avec Malcolm Tod

1927:Die Achtzehnjährigen: Avec Erno Verebes

1928: Der Henker: Avec Bernhard Goetzke

1929: Fécondité: Avec Diana Karenne, Gabriel Gabrio et Albert Préjean

1931: Le Carillon de la Liberté: Avec Jacques Maury

1932: Les Trois Mousquetaires: Avec Aime-Simon Girard et Edith Mera

1934: La Dame aux Camélias: Avec Yvonne Printemps et Pierre Fresnay

1934: Fanatisme: Avec Pola Negri et Pierre Richard Wilm

1951: Monsieur Fabre: Avec Elina Labourdette et Pierre Fresnay

1953: Le Chasseur de chez Maxim’s: Avec Jacqueline Pierreux, Yves Déniaud, Pierre Larquey et Pauline Carton.

2 réponses
  1. LARROQUE Joël
    23 février, 2017 | 22 h 04 min | #1

    Vous écrivez cela : « Sa famille est aussi éloignée du septième art que de la planète Mars », c’est normal puisque le cinéma ne naquit qu’en 1895 alors que la grand-mère maternelle d’Andrée Godard alias Lafayette était à la retraite, c’était la courtisane Valtesse de La Bigne (1848-1910), interprète d’Offenbach avant 1870 et ayant inspiré « Nana » à Zola, voir Valtesse de La Bigne par Yolaine de La Bigne, Perrin 1999

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    • 24 février, 2017 | 12 h 10 min | #2

      Si je dis que sa famille était très éloignée du cinéma c’est parce que durant fort longtemps cet art est considéré par un certain milieu, bourgeois, aisé ou théâtreux comme la chose la plus vulgaire jamais inventée et un déshonneur absolu que de s’y intéresser alors s’y compromettre. Si elle était née pauvre ou cousine des lumières j’aurais écrit autre chose. Quant à son arbre généalogique, ce n’est pas le propos de ce blog :-)

      Répondre

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