Barbara-Pepper

Consulter le filmographie de Barbara Pepper, alors que je suis bien loin d’avoir recensé tous ses films me donne le tournis! Je n’aurai pas assez du reste de ma vie pour tous les visionner…Alors qu’elle ait eu le temps de les tourner! Si j’ajoute à cela son incessante présence à la radio et sa carrière télévisée proprement sidérante, je préfère renoncer tout de suite en commençant par m’évanouir!

Barbara Pepper voit le jour le 31 Mai 1915 à New-York, sous le patronyme officiel de Marion Pepper.

On le sait, New-York, c’est aux yeux des jeunes filles se rêvant actrices, une ville qui se limite à un seul mot: Broadway! Elle n’est encore qu’adolescente, 16 ans, qu’elle court déjà les castings et les auditions. Mais malheureusement, elles sont des milliers à faire comme elle. Pour Barbara l’entrée des artistes reste désespérément porte close.

Qu’à cela ne tienne, elle s’attaque au cinéma! Autre entreprise risquée où ce ne sont plus des milliers de jeunes filles qui se bousculent au portillon de la gloire, mais des millions!

Elle aura dix-huit ans lorsqu’elle sera enfin recrutée par le bataillon des « Goldwyn Girls ». La MGM ne demande pas grand chose  à ses Goldwyn Girls, a part faire partie des plus belles femmes du monde! Et accessoirement venir servir d’affriolant décor humain dans les films du studio.

Barbara-Pepper

Cette situation pout nous sembler aujourd’hui largement dérisoire mais à l’époque, les Goldwyn Girls gagent dix fois le salaire de l’Américain mâle moyen! Le studio, pour être le plus réputé d’Hollywood n’est est pas moins tout aussi réputé pour la faiblesse de ses salaires. Les stars MGM sont moins bien payées que partout ailleurs. Si on compare donc la hauteur du salaire avec le travail fourni, les Goldwyn Girls sont proportionnellement bien mieux payées que les plus grandes stars du studio. On passe sa vie a prendre des leçons de chant de danse, de maintient, de bonnes manières, de cheval, de natation, parfois même d’art dramatique, mais ca c’est plus rare.

Le reste du temps on se fait coiffer maquiller, habiller et on attend en hésitant entre deux couleurs de décapotable dans le catalogue Cadillac!

Barbara Pepper intègre le prestigieux bataillon en 1933, elle voit de près Eddie Cantor et se fait une copine pour la vie d’une certaine Lucille Ball, elle aussi Goldwyn Girl de son état.

Barbara, comme c’est l’usage, se voit parachutée dans une kyrielle de films où elle ne fait qu’apparaître, toujours sublime, parfois même elle dit une petite phrase mais son nom n’est jamais cité au générique, à quoi bon. Après Eddie Cantor elle voit de près Greta Garbo et Constance Bennett, les deux stars les plus chères du monde!

Comme toute Goldwyn Girl, son contrat prévoit que si elle est bien sage, le studio fera progresser sa carrière jusqu’à lui donner la chance de faire ses preuves dans un film. Elle tient très beau rôle dans « Our Daily Bread » où King Vidor fait d’elle une Jean Harlow pour chômeurs. Puis ce sera « The Rogues’ Tavern » dont elle est la vedette en 1936.

Barbara-Pepper

Le film n’eut-il pas le succès escompté. Barbara n’avait-elle pas plu aux directeurs du studio, je l’ignore, mais dès son film suivant elle allait retrouver ses rôles « non crédités au générique ». Elle verrait d’autres superstars de très près comme Spencer Tracy, Jeanette McDonald, Irène Dunne, Joan Crawford, Norma Shearer, Ginger Rogers ou David Niven.

Il faudra qu’elle soit prêtée à d’autres studios comme la RKO pour qu’elle puisse prouver son incroyable talent! En 1937 dans « You Can’t Beat Love », un film épouvantablement convenu que Preston Foster et Joan Fontaine n’arrivent pas à rendre vaguement supportable, elle interprète une fille chargée de faire tomber un politicien dans un traquenard. Comme son personnage n’ a jamais fait ca mais n’y voit pas d’inconvénient, elle s’inspire de Mae West et copie sa démarche, ses intonations, sa gestuelle et même ses dialogues. Ses quelques scènes toutes spirituelles et divertissantes méritent à elle seule de visionner tout le pensum!

Parfois même, elle verra sous son nez s’envoler vers la gloire d’illustres inconnues comme Rita Hayworth, Gene Tierney, Ann Rutherford, Maria Montez; Jane Wyman ou Joan Fontaine a qui on donne toutes les chances alors qu’elle continue a jouer « la fille du téléphone », la « Blonde du saloon » ou la « cigarette girl ».

Barbara pourrai s’offusquer, se mettre en grève, faire un scandale, une grève de la faim, mais à quoi bon?

Lorsque l’Amérique entre en guerre, voilà dix ans qu’elle végète à servir la soupe aux stars les plus divinisées comme aux plus obscures débutantes. Mais le studio la sait bonne actrice et qui de plus est actrice fiable. Elle est magnifiquement payée pour faire un travail qu’elle aime dans un milieu où elle n’a que des amis.  Et puis après tout, en regard de la servitude des stars , son sort n’est-il pas, à tout prendre, plutôt enviable?

En 1943, Barbara dont l’activité n’ a pas faiblit sans prendre plus de prestige pour autant rencontre enfin l’homme de sa vie en la personne de l’acteur Craig Reynolds! Californien d’origine, Craig Reynolds qui a huit ans de plus que Barbara a été un « espoir » chez Warner comme elle-même a été un « espoir » MGM. Et s’il n’a pas démérité devant les caméras sans toutefois inquiéter John Wayne ou Humphrey Bogart, dès que l’Amérique entre en guerre il abandonne sa carrière pour partir au front.

barbara pepper

Il en reviendra indemne et décoré du « Purple Heart », la plus haute distinction militaire américaine pour sa bravoure. Il retrouve Barbara qu’il avait épousée avant de partir au combat et le couple aura deux enfants.

Mais le bonheur familial sera de courte durée. Craig Reynolds se tue en moto le 22 Octobre 1949 à l’âge de 42 ans. Barbara reste seule et dévastée de chagrin pour élever leurs deux enfants. C’est moins que jamais le moment de rechigner devant la faiblesse des rôles que lui offre Hollywood. Au contraire même. Barbara Pepper s’abrutit de travail maintenant qu’elle a charge d’âme.

Avec les années 50, la télévision se popularise et l’actrice s’y jette littéralement! On ne voit plus qu’elle! Et un heureux coup du sort fera de sa meilleure amie, la réputée irascible Lucille Ball, la femme la plus puissante de la télévision à la tête des studios Desilu. Barbara sera distribuée dans chaque programme produit par la Desilu.  » I Love Lucy », bien entendu, mais aussi « Les Incorruptibles », « Mannix » et tant d’autres.

Lucille ne voulait qu’elle pour incarner Ethel dans « I Love Lucy » mais la production refusa d’envisager Barbara à cause de son problème d’alcool. Au grand dam de Lucy, le rôle ira à Vivian Vance.

Son activité frôle l’exploit sportif et paradoxalement, sa popularité à la télévision lui vaut un tardif regain d’intérêt au cinéma. Barbara s’est arrondie avec le temps qui passe et sa nouvelle silhouette de matrone va lui ouvrir toutes les portes! Jerry Lewis en est fou et la veut dans tous ses films, Stanley Kramer l’adore, George Cukor ne peut plus s’en passer. Mais bien sûr on ne lui confie toujours que des seconds rôles! Elle n’est plus « La Blonde du Saloon », elle est « la grosse dame »

Seul le médecin traitant de Barbara n’apprécie pas cette nouvelle renommée.  Barbara a le cœur fragile, il l’avait déjà mise en garde à propos de son activité intense, il insiste maintenant sur l’importance de réduire cette surcharge pondérale qui lui fatigue le cœur.

Il aura hélas raison. Le 18 Juillet 1969, Barbara s’effondre ,terrassée par une crise cardiaque fatale. Elle avait fêté ses 54 ans deux mois plus tôt et venait encore de tourner avec son si cher ami Jerry Lewis.

barbara pepper

Celine Colassin

QUE VOIR?

1933: Roman Scandal: Avec Ruth Etting et Eddie Cantor

1934: Moulin Rouge: Avec Constance Bennett et Franchot Tone

1934: Our Daily Bread: Avec Karen Morley

1935: Double Crossed (court métrage): Avec Sterling Holloway

1935: Dante’s Inferno: Avec Claire Trevor et Spencer Tracy

1935: Anna Karénine et Fredric March

1935: Let ‘em Have It: Avec Virginia Bruce et Richard Arlen

1935: Waterfront Lady: Avec Ann Rutherford

1936: Taming the Wild: Avec Rod La Rocque et Maxine Doyle

1936: Dog Blight (court métrage): Avec Jack Norton et Maxine Jennings

1936: The Rogues’ Tavern: Avec Wallace Ford

1936: Show Boat: Avec Irène Dunne

1937: Music for Madame: Avec Joan Fontaine et Nino Martini

1937: The Outcasts of Poker Flat: Avec Jean Muir et Preston Foster

1937: Sea Devils: Avec Ida Lupino et Victor MacLagen

1937: You Can’t Beat Love: Avec Joan Fontaine et Preston Foster

1938: Strange Case of Dr. Meade: Avec Beverly Roberts et Jack Holt

1938: Hollywood Stadium Mystery: Avec Evelyn Venable et Neil Hamilton

1938: The Lady in the Morgue: Avec Patricia Ellis et Preston Foster

1938: Sweethearts: Avec Jeanette Macdonald et Nelson Eddy

1939: Women: Avec Norma Shearer, Joan Crawford et Rosalind Russell

1939: Bachelor Mother: Avec Ginger Rogers et David Niven

1939: Of Mice and Men: Avec Betty Field, Brugess Meredith et Lon Chaney jr.

1940: Sailor’s Lady: Avec Nancy Kelly, Joan Davis et Jon Hall

1940: Framed: Avec Constance Moore et Frank Albertson

1940: The Return of Frank James: Avec Gene Tierney et Henri Fonda

1940: Foreign Correspondent: Avec Laraine Day et Joel McCrea

1940: Women in War : Avec Wendy Barrie et Mae Clark

1941: Manpower: Avec Marlène Dietrich et Edward G. Robinson

1941: Out of the Fog: Avec Ida Lupino et John Garfield

1941: The Cow-boy and the Blonde: Avec Mary Beth Hugues et George Montgomery

1941: South of Tahiti: Avec Maria Montez et Broderick Crawford

1941: Birth of Blues: Avec Mary Martin et Bing Crosby

1942: Sappy Pappy (court métrage) Avec Marjorie Deanne et Andy Clyde

1943: Who’s Hugh? (court métrage) Avec Constance Worth et Hugh Herbert

1945: Trouble Chasers: Avec Gloria Marlen et Billy Gilbert

1949: The Crooked Way: Avec Ellen Drew et John Payne

1953: Inferno: Avec Rhonda Fleming et Robert Ryan

1953 I Love Lucy (images d’archives)

1954: Young at Heart: Avec Doris Day, Frank Sinatra et Gig Young

1954: A Star is Born: Avec Judy Garland et James Mason

1957: The D.I.: Avec Monica Lewis et Jack Webb

1958: Auntie Mame: Avec Rosalind Russell

1958: Rock-a-Bye Baby: Avec Jerry Lewis, Marilyn Maxwell et Connie Stevens

1960: The Bramble Bush: Avec Barbara Rush et Richard Burton

1960: Sex Kittens Go to collège: Avec Mamie van Doren et Mijanou Bardot

1962: The Music Man: Avec Shirley Jones et Robert Preston

1962: It’s Only Money: Avec Joan O’Brian et Jerry Lewis

1963: Who’s Minding the Store: Avec Jerry Lewis et Jill St John

1963: A Mad, Mad, Mad World: Avec Spencer Tracy et Ethel Meerman

1963: A Child is Waiting: Avec Judy Garland et Burt Lancaster

1964: Kiss Me Stupid: Avec Kim Novak et Dean Martin

1964: My Fair Lady: Avec Audrey Hepburn et Rex Harrison

1964: The Patsy: Avec Jerry Lewis et Ina Balin

1969: Hook, Line and Sinker: Avec Jerry Lewis et Peter Lawford

 

 

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