monique van vooren

Avec ce patronyme bien belge qui fleure bon sa patrie natale, royaume de la boulette-frites-sauce tomate, Monique van Vooren fut parfois confondue avec Mamie van Doren, sa cadette de quatre ans originaire du…Dakota!

Mais si Monique et Mamie peuvent être comparées à cause de leur tapage de starlettes bondes platinées, elles ne sont pas interchangeables!

Monique et Mamie à Las Vegas en 1969 @mamie van doren

Monique et Mamie à Las Vegas en 1969 @mamie van Doren

Monique van Vooren naît à Bruxelles, le 25 Mars 1927.

On sait peu de choses des jeunes années de cette actrice dont la carrière sera, à tout prendre, aussi mystérieuse que ses débuts! On sait que rêvant depuis toujours de lauriers platinés qui ne se glanent que sur les champs de bataille hollywoodiens, elle débarque un beau matin de 1949, prête à conquérir le monde du cinéma!

monique van vooren

A-elle déjà un contrat? Une option dans un studio? Je l’ignore.

Mais toujours est-il qu’on la retrouve dans Tarzan et la Diablesse, dans le rôle de la diablesse en question, Lex Barker quant à lui héritant du pagne de Tarzan.

Un comble pour Monique de débuter à Hollywood dans un film de Tarzan dont l’action se déroule comme il se doit dans la jungle. Un comble puisqu’à dix ans, Monique représentait la Belgique au championnat du monde junior de patinage artistique!

Un comble aussi que tout le monde s’accorde pour affirmer que son rôle de diablesse des jungles est son premier rôle au cinéma puisqu’on l’avait vue dans « Demain il sera trop Tard », tourné en 1950 avec Anna-Maria Pierangeli.

Difficile donc, on le voit de démêler le parcours de la belle Monique entre ce que l’on croit savoir, ce qui est et…Ce qu’elle a dit qui était!

Sa date de naissance elle-même est sujette à caution puisqu’à ce jour on n’ a pas encore réussi à trancher entre 1925 et 1927.

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Si on est sûrs de son arrivée à Hollywood en 1949, on peut être également sûrs de la lenteur de ses débuts.

Si elle obtient un rôle en 1950, elle ne devient la fameuse She Devil qu’en 1953, soit quatre ans après son arrivée sous le soleil californien.

Que sait-on ensuite de la belle Monique?

En 1955 elle est de retour en France pour tenir la vedette et s’essayer aux dialogues d’Audiard dans « Serie Noire » face à Henri Vidal, Erich von Stroheim, Roger Hanin et Robert Hossein! la France la reçoit avec tous les honneurs dûs à une grande vedette américaine aux origines cocardières. On est alors très fiers dans l’hexagone de Monique van Vooren bien qu’elle soit belge comme de Corinne Calvet, Denise Darcel et Nicole Maurey.

Mais « Serie Noire », malgré un rôle de grande vedette ne convainc guère Monique de rester en Europe. Après un second « policier » face à Eddie Constantine, Monique regagne son cher Hollywood où on ne la reverra au cinéma qu’une seule fois par an jusqu’en 1959.

Et même si elle a entretemps fait ses débuts à la télévision, cela ne comble certainement pas trois longues années!

monique van vooren

Alors qu’à fait Monique van Vooren avant de rejoindre Mitzi Gaynor et David Niven sur le plateau de « Bon Anniversaire »?

Elle a mis au point son numéro de cabaret afin de mettre à ses pieds Las Vegas puisqu’Hollywood se fait attendre!

Mais si Hollywood est littéralement submergé de blondes sensuelles à ne plus savoir qu’en faire, Las Vegas n’est pas en reste puisque s’y produisent miss Jayne Mansfield, Marlène Dietrich, Mae West et surtout Mamie van Doren dont les gazettes lorsqu’elles manquent de matière font la rivale de Monique.

- »Je suis allée applaudir Mamie dans son spectacle, elle est tout à fait ravissante! »

- »Vous pensez réellement ce que vous dites, Monique? »

- »Absolument pas! »

Ainsi semblais scellé le sort américain de Monique van Vooren: « Rivale de Mamie van Doren » qui était elle-même la rivale de Jayne Mansfield qui l’était de Sheree North qui l’était de Diana Dors qui l’était de Barbara Nichols qui l’était de Joi Lansing qui l’était de Betty Grable qui l’était Marilyn Monroe qui l’était d’elle-même.

Pauvre Monique qui sortit quand même un  album de ses plus glorieux succès et resta surtout célèbre pour avoir consommé plus de perruques que les sœurs Gabor réunies.

rmonique van vooren

Elle aurait alors pu se fondre dans l’anonymat hostile des blondes victimes d’Hollywood et sombrer dans un long désespoir grossissant et alcoolisé mais il n’en fut rien.

Ce serait sans compter sur le mariage de Monique avec un richissime industriel new-yorkais. Sans renoncer a son spectacle de cabaret qui fera dire à un critique aimable « J’ai vu le spectacle de Monique van Vooren, c’est extraordinaire, il n’a pas changé d’un iota en 35 ans! »

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Durant toutes les années 60 elle ne tiendra qu’un seul rôle au cinéma, un premier rôle il est vrai, face à Jon Voight dans « Fearless Frank ». Le tournage terminé elle s’en va se montrer dans la série « Batman » à la télévision!

Le reste du temps, miss van Vooren qui entendait bien rester la blonde sensationnelle de 1950 vivait dans son luxueux penthouse de Manhattan et se liait d’amitié avec tout le gotha new-yorkais du club 54 qui serait la signature intellectuelle et  délicieusement décadente de la décennie suivante.

monique van vooren

Woody Allen, un de ses meilleurs amis avec qui elle posera pour vanter les mérites de la vodka Smirnoff est de ses intimes mais il n’y a pas que lui! Carole Bouquet, Mick et Bianca Jagger, Gloria Swanson, Niko, David Bowie sont ses amis. Andy Warhol  ne la lâche pas d’une semelle, c’est sa copine Diane von Fürstenberg qui l’habille à la ville et lorsque Rudolph Noureev « passera à l’ouest », c’est chez elle qu’il habitera quand il séjournera à New-York.

Andy Diane Monique

Andy Diane Monique

Ces deux là étaient si proches qu’il y aura de très sérieuses rumeurs de mariage dans la presse. Et comme les parents de Rudolph Noureev sont restés de l’autre côté du rideau de fer, c’est Monique, coiffée de sa plus somptueuse perruque qui va régulièrement les visiter! Personne à l’Est, jamais, n’osa lui poser la moindre question, je ne suis même pas sûre qu’on lui ait demandé son passeport!

Lorsqu’en 1973 on lui propose de tourner intégralement nue avec l’idole sulfureuse qu’est alors le beau Joe Dallesandro, Monique n’hésite pas un seul instant. Elle ne gardera couverte que la tête puisque les perruques sont sa passion!

Monique van Vooren et Joe Dallesandro

Monique van Vooren et Joe Dallesandro

Il n’y avait pas là de quoi l’ébouriffer, elle avait été l’interprète de Pier Paolo Pasolini deux ans plus tôt!

C’est par amitié admirative pour elle que Just Jaeckin place Sylvia Kristel sur son illustre fauteuil en rotin pour l’affiche d’Emmanuelle. Clin d’œil à une des plus célèbres photos de Monique!

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Les « années folles New-Yorkaises » qu’auront été les années 70 à New-York vont s’arrêter net avec l’apparition du sida et la mort va faucher beaucoup dans l’entourage de Monique van Vooren.

Mais puisque Mamie van Doren ne dételait pas et entendait bien rester l’ultime blonde platine en activité, Monique ne vit pas de raisons pour rester recluse.

Se rendant compte qu’elle n’avait jamais tourné de petit film d’horreur à petit budget, ce qui est un incontournable des fins de carrières hollywoodiennes pour les anciennes divas du « sex appeal », Monique tourna le sien en…2012!

Monique van vooren

Monique van Vooren reste donc l’ultime rivale de Mamie van Doren. Et si la seconde reste plus célèbre, c’est avec moins de panache!

Je suis, je le reconnais bien volontiers une admiratrice de Monique van Vooren.

Je ne suis pas une fan car son passage au cinéma est trop éphémère pour pouvoir véritablement générer ce type d’intérêt. C’est la femme que j’admire plus que l’actrice. je l’admire pour avoir su magnifiquement négocier avec son temps et vivre ses amitiés et ses passions sans aucun souci du qu’en dira-on.

Monique van Vooren, ma compatriote, a l’intelligence de l’esprit doublée de celle du cœur car on ne suscite pas l’amitié sincère des plus grands artistes du temps sans être entièrement sincère.

Celine Colassin

MoniqueVanVooren

QUE VOIR?

La filmographie complète de Monique van Vooren

1950: Domani è troppo Tardi: Avec Anna-Maria Pierangeli, Loïs Maxwell et Vittorio de Sica.

1953: Tarzan and the She Devil: Avec Lex Barker et Joyce MacKenzie

1955: Serie Noire Avec Henri Vidal, Robert Hossein et Erich von Stroheim

1955: Ca va Barder: Avec Eddie Constantine et May Britt

1957: Ten Thousand Bedrooms: Avec Dean Martin et Eva Bartok

1958: Gigi: Avec Leslie Caron, Louis Jourdan et Maurice Chevalier

1959: Happy Anniversary: Avec Mitzi Gaynor et David Niven

1967: Fearless Frank: Avec Jon Voight

1971: Le Decameron: Avec Franco Citti

1973:Flesh for Frankenstein: Avec Joe Dallesandro  et Dalila di Lazzaro

1973: Ash Wednesday: Avec Elizabeth Taylor, Helmut Berger et Henri Fonda

1973: Sugar Cookies: Avec George Shannon

1987: Wall Street: Avec Michael Douglas et Martin Sheen

2012: Greystone Park: Avec Pete Antico

2 réponses
  1. Frank BERTRAND
    13 février, 2014 | 21 h 57 min | #1

    Bravo, Céline, toujours de subtils portraits, celui-ci est remarquable. Un vrai personnage de Truman Capote. Votre « chute » est tout à fait intéressante, et Monique van Vooren devient profondément touchante,
    merci,
    A bientôt,
    frank bertrand

    Répondre

  2. Cyriaque Griffon
    16 février, 2014 | 19 h 34 min | #2

    J’etais déja venu sur le site précédent. Bravo toujours très complet et un tas d’informations pour moi qui suis passionné de cinéma des années cinquante. Bonne continuation
    Cyriaque

    Répondre

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