marianne eggerickx

Le bref parcours dans le cinéma français de Marianne Eggerickx me met en joie parce qu’il est tout à fait symptomatique d’une époque qui fit les choux gras du cinéma français. L’époque bien révolue et presque surréaliste aujourd’hui de la libération sexuelle et de la femme en particulier.

La jolie Marianne vient au monde dans ce qui est alors le Congo Belge, futur Zaïre, futur…Congo!

Son père est un homme d’affaires très fortuné qui considère le monde comme son bureau.

Nous sommes le 3 Mai 1950 à Léopoldville qui deviendra Kinshasa.

La famille Eggerickx ne restera pas longtemps  sous le soleil d’Afrique et finira par s’établir en Suisse.

La jeune Marianne grandit en se sentant un peu à l’étroit dans les conventions familiales très bourgeoises.

L’idée la titilla alors de devenir comédienne ce qui lui semblait un métier moins contraignant. La famille ne fit pas d’objections et la jeune fille s’installa à Paris dans le but avoué d’y devenir comédienne.

Et la chance allait lui sourire d’emblée.

Dès 1971, elle obtient pour la première fois un rôle au cinéma dans « L’Homme au Cerveau Greffé » où elle sera la fille de Jean-Pierre Aumont sous la direction de Jacques Doniol Valcroze.

Le film terminé, Marianne s’adonne un peu au tourisme parisien et décide de monter tout en haut de la tour Eiffel. C’est là qu’elle rencontre Nina Campaneez, qui prépare « Faustine et le Bel Été ».

Elle a déjà choisi son rôle principal: Muriel Catala.

Mais le film sera truffé de ravissantes adolescentes. Elle a déjà choisi quatre inconnues qui ne le resteront pas longtemps: Isabelle Adjani , Isabelle Huppert, Virginie Thévenet et Nathalie Baye, elle tombe sous le charme de Marianne qui rejoint la distribution!

Le film est un succès, tout le monde s’affole un peu, Marianne est lancée, la télévision se précipite, elle est de celles sur qui le cinéma « compte ». Le cinéma français aimant à ranger ses actrices avec soin comme des confitures dans un armoire, Marianne est dans la même catégorie que Muriel Catala et Muriel Baptiste. Catégorie alors supérieure en tous points à celle d’Isabelle Huppert et Natalie Baye!

Voilà donc une affaire rondement menée, mais soudain tout part en vrille! Alain Robbe Grillet la dirige avec Anicée Alvina et Olga George Picot dans « Glissement Progressifs du Plaisir » et Marianne se sent trahie.

Elle avait rencontré par hasard Robbe-Grillet comme elle avait rencontré Nina et le courant entre ces deux-là était très bien passé. Le cinéaste écrivain l’avait recontactée en lui disant qu’il allait ajouter un rôle pour elle au film qu’il était en train d’écrire ce qui est toujours très flatteur pour une jeune comédienne.

Les promesses furent tenues, Marianne reçut son contrat et gagna le plateau tout à fait ravie. Elle n’allait pas le rester! « Tout ce qu’il voulait c’était qu’on m’attache pendant qu’il filmait mes seins et mes fesses, j’ai été incapable de tourner certaines scènes et je pleurais toute la journée, à la fin, exaspéré, il m’a chassée du tournage! ».

On lui suggéra alors de n’accepter que des contrats spécifiant qu’elle ne tournerait pas nue. Réponse: Même les contrats de Catherine Deneuve, de Romy Schneider ou de Marlène Jobert n’ont plus ce genre de clauses depuis longtemps. A notre époque on tourne nue ou on ne tourne pas et j’ai travaillé avec certains réalisateurs qui détestent ce genre de scènes mais qui sont obligés de les tourner car sans cela le film ne fera pas une seule entrée, c’est lamentable mais c’est comme ca. Alors je veux bien me montrer nue puisque c’est une condition sine qua non pour exercer mon métier mais je suis comme tout le monde, j’ai mes limites. Ce que je ne supporte pas c’est d’être manipulée, j’aimerais que les choses soient claires dès le départ et que je puisse les accepter ou non, comme je l’ai fait avec « La Punition » et avec « Emmanuelle » que j’ai refusés, laissant les rôles à Karin Schubert et à Sylvia Kristel »

Marianne à ce moment là se sentait rassurée par le scénario qu’elle venait de recevoir, celui de « L’Ombre d’une Chance » que lui avait fait parvenir Jean-Pierre Mocky. Une histoire simple, délicate, romantique.

Il y avait bien quelques scènes de sexe et notamment une scène de masturbation « nécessaire à la compréhension de l’histoire » et qui serait filmée voilée et avec beaucoup de délicatesse ». Marianne tourna le film de Mocky, se déclara ravie du tournage et de cette belle amitié basée sur la confiance et le respect.

Le film sortit en Suisse avant de sortir en France, les parents de Marianne le virent avant elle et l’appelèrent pour lui dire qu’ils l’avaient beaucoup aimé »

Marianne Eggerickx alla donc le voir un dimanche après midi Champs Elysées et sortit de la projection mortifiée! Le résultat final était à ses yeux trivial et sans grâce, à la limite de l’obscénité.

Elle rentra chez elle, appela Jeanne Hubert qui venait de lui proposer un téléfilm pour lui dire qu’elle « arrêtait tout ».

Elle appela ensuite son fiancé pour lui dire la même chose. Il lui répondit que ce n’était pas de la voir nue au cinéma qui la choquait mais de la voir dans des films idiots et sans intérêt. Or, « L’Ombre d’une Chance » était loin d’être un succès critique et public.

La belle Marianne venait de tourner « Comme un Pot de Fraises », une comédie on ne peut plus navrante avec Bernard Menez, ceci expliquait-il cela, je l’ignore.

Une chose est sûre cependant, Marianne Eggerickx était une femme de parole!

On ne la revit pas!

marianne eggerickx

QUE VOIR?

1971: L’Homme au Cerveau Greffé: Avec Nicoletta Machiavelli, Mathieu Carrière et Jean-Pierre Aumont.

1972: Faustine et le Bel Été: Avec Muriel Catala, Isabelle Adjani et Nathalie Baye

1973: La Vie Facile: Avec Henri Serre

1974: Caravan to Vaccares: Avec Charlotte Rampling

1974: L’Ombre d’une Chance: Avec Jean-Pierre Mocky et Jenny Arasse

1974: Comme un Pot de Fraises: Avec Bernard Menez et Jean-Claude Brialy

5 réponses
  1. Alain Bourgeois
    8 mai, 2016 | 22 h 49 min | #1

    Son plus beau film est, à mon avis « Le monde était plein de couleurs », film au si joli titre tout en nuances de Alain Périsson (1973)

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  2. Daisy Temple
    20 septembre, 2017 | 7 h 18 min | #2

    Nathalie Baye ne fait pas partie de la distribution de « Faustine ». C’est la belle Claire Vernet, qui joue la belle-mère amoureuse de Jacques Spiesser.

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    • 20 septembre, 2017 | 9 h 27 min | #3

      Nathalie Baye ne joue certainement pas les belles-mères de qui que ce soit! Nathalie joue la jeune Gisèle! (Je vous invite à revoir le film)

      Répondre

  3. laurence
    4 novembre, 2017 | 14 h 30 min | #4

    elle est devenue quoi

    Répondre

  4. 4 novembre, 2017 | 18 h 27 min | #5

    Je l’ignore chère Laurence. mais j’en profite pour vous remercier de votre intérêt pour mon travail et je suis ravie de vous faire passer du bon temps avec toutes ces étoiles.

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