chelo alonso

Chelo Alonso! Surnommée en son heure de gloire « Le Corps le plus ensorcelant d’Italie » était en réalité cubaine. Mais qu’importe, sa seule présence à l’affiche d’un film, un péplum pour la plupart d’entre eux, suffisait à drainer vers les salles obscures des milliers d’adolescents boutonneux avides de sensations fortes!

L’auraient-ils cru si on leur avait révélé que la seule véritable passion du corps le plus ensorcelant était en réalité…sa cuisine!

D’ailleurs, Chelo n’était pas une actrice, elle était une danseuse qui faisait du cinéma. Nuance!

Chelo naît à Cuba sous le patronyme d’Isabelle Garcia le 10 Avril 1933. Sa mère est mexicaine, son père un riche planteur cubain de canne à sucre.

Dès son plus jeune âge, Isabelle rêvait de devenir danseuse. A six ans elle le clamais haut et fort aux oreilles de son riche planteur de canne à sucre de père qui l’envoya instantanément apprendre les bonnes manières dans une sévère institution religieuse. Ces braves âmes découvrirent toutes ébouriffées sous leurs cornettes que la petite fille de riche planteur de canne à sucre n’avait peut-être que six ans mais qu’elle savait ce qu’elle voulait et surtout ce qu’elle ne voulait pas! Un jour qu’une de ses institutrices lui aboie aux oreilles « Vous êtes une petite rebelle! » elle répond du tac au tac « Moi? pas du tout! Sauf quand on me contrarie! »

chelo alonso

Mais à Cuba, la musique est omniprésente. Et il suffit que la petite Isabelle entende au loin le moindre air de guitare, le plus faible des tambours et adieu cartables et nonettes! Elle se rue et danse de tout son saoul jusqu’à c qu’une autorité quelconque, scolaire ou parentale lui mette la main dessus et la ramène prendre sa raclée.

Le riche planteur de canne à sucre désespéré d’avoir engendré pareil petit démon se dit un jour qu’un mari réussirait probablement mieux là où la religion et l’éducation avaient failli.

On la maria dès ses 16 ans au directeur ‘un grand journal de Cuba » et tout le monde fut à la fois soulagé et ébloui de la placidité charmante avec laquelle Isabelle se « laissa épouser ».

C’est que la demoiselle avait son plan. Dès que le riche mari dut s’absenter quelques jours, il retrouva le nid conjugal désert et l’oiseau envolé non sans avoir laissé un mot d’explication: « Je préfère danser! »

Enfin libre, elle choisit de s’appeler « Cleo » et en quelques mois devient la coqueluche des clubs de nuit et des hôtels chics! Cleo met la Havane à ses pieds avant de conquérir le Brésil, l’Argentine et…toute l’Amérique latine! Fabuleusement belle, elle compense par son physique et son énergie débordante d’enthousiasme la technique qu’on ne lui a hélas pas permis d’apprendre, mais tout n’est pas perdu!

Après son spectacle, Cleo regagne sa chambre et danse toute la nuit sur la musique de ses disques poussée à fond! Tant pis pour le reste des clients de l’hôtel où elle se produit!

En Février 1957, enfin divorcée, sa réputation est telle qu’elle débarque à Singapour reçue comme une véritable star!

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Attraction du très sélect hôtel Rifle, Elle cède au charme du prince Abdel Rahman, neveu du sultan de Johore! L’homme aussi riche que beau et aussi grand que séduisant à une petite marotte dans la vie: il collectionne les bijoux! Cleo va donc vivre trois mois dans un palais des mille et une nuit, les trois mois que durent les préparatifs du mariage auquel elle n’assistera pas. La belle déserte ce second nid la veille des épousailles du prince et de la danseuse!

Elle avait reçu une offre parisienne et débutait le 14 Juillet 1957 à la Nouvelle Eve.

C’est ensuite Claude Derval, alors directeur des Folies Bergères qui la débauche et qui au passage lui invente son nom définitif de guerre: « Chelo Alonso ».

Evidemment le cinéma ne pouvait pas rester insensible à cette nouvelle venue dont les rythmes cubains non seulement déchaînaient l’enthousiasme mais séduisait aussi bien les femmes que les hommes avec son énergie contagieuse. Il s’était dit dans Paris qu’on n’avait plus jamais vu de grande première aussi sensationnelle depuis…Joséphine Baker!

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Si le cinéma n’était pas insensible, il n’en allait pas de même pour Chelo. Son imprésario n’avait qu’un seul mot d’ordre: « Elle ne veut que danser! » C’est donc pour danser qu’elle fera ses débuts au cinéma sous le nez sidéré d’Anita Ekberg pourtant difficilement médusable!

La belle Chelo avait danse le soir aus Folies Bergères, pris le train de nuit pour Rome, dansé dans son film et repris aussitôt le train pour être aux Folies Bergères le soir même!

Mais en moins d’un an, Chelo tournera dans sept films. Son contrat aux Folies Bergères terminé, elle ne le renouvela pas et vint s’installer à Rome aux portes de Cinecitta, sans doute lassée des trains.

En 1961, elle épouse le producteur italien Aldo Pomilia qui l’a convaincue d’accepter parfois des rôles non dansants.  Il produira pour elle « La Reine des Barbares » dont il lui offrira le rôle titre.

Bientôt elle sera la maman d’un petit Aldino. Le couple restera marié 26 ans, jusqu’au décès de Pomilia.

L’Amérique latine se rappelle alors à elle de bien curieuse façon: Alors qu’elle participe avec beaucoup d’énergie à des émissions culinaires, dévoilant aux téléspectateurs éblouis par autre chose que ses recettes les arcanes de la cuisine cubaine, Che Guevara en personne la somme de rentrer à Cuba ce qu’elle refuse!Chelo Alonso se retirera complètement de la vie médiatique dès 1969 mais ouvrira à Rome un restaurant…Cubain comme il se doit!

Celine Colassin

chelo alonso

QUE VOIR?

1959: Nel segno di Roma: Avec Anita Ekberg

1959: Guardatele ma non Toccatele: Avec Caprice Chantal et Ugo Tognazzi

1959: Tunisi Top Secret: Avec Elsa Martinelli et Georgia Moll

1960: La Regina dei Tartari: Avec Jacques Sernas et Folco Lulli

1960: La Strada dei Giganti: Avec Hildegarde Kneff et Don Megowan

1966: Il Buono, il Brutto, il Cattivo: Avec Clint Eastwood et Lee van Cleef

1968: Corri Uomo Corri: Avec Linda Veras et Thomas Milan

1969: La Notte dei Serpenti: Avec Luke Askew et Magda Ponopka

 

3 réponses
  1. Brancaléone
    14 juillet, 2016 | 15 h 27 min | #1

    Il me semble que vous avez oublié dans la filmographie de Chelo Alonso « Le géant de la vallée des Rois » (1960), où elle incarnait une reine d’Egypte cruelle et vénéneuse à souhait, face à un Mark Forrest, tous muscles dehors…

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  2. 14 juillet, 2016 | 22 h 27 min | #2

    En fait je ne l’oublie pas mais comme il est dit en préambule je ne cite que les films que j’ai vus ce qui permet de comprendre au lecteur sur quoi je forge mes opinions. IMDB se charge de faire des listes…Dans lesquelles trop d’erreurs se glissent pour que je m’ennuie à l’exercice aussi risqué que redondant…Je complète donc au gré de mes nouvelles découvertes :-) Et je ne désespère pas de voir Chelo à l’œuvre dans la chose!

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  3. laurence
    5 novembre, 2017 | 16 h 33 min | #3

    Elle vit encore !

    Répondre

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