bates barbara

Sans doute parce qu’elle est brune et non « blond suicide », Barbara Bates n’est jamais prise en compte lorsque l’on évoque les grandes destinées tragiques parmi les actrices hollywoodiennes. Et pourtant…

Cette délicieuse personne vient au monde à Denver au Colorado le 6 Août 1925. Bientôt, Barbara aura deux petite sœurs.

Peu de grands chambardements dans les jeunes années de Barbara. Fille ravissante, passionnée par la danse, elle grandit au sein d’une famille heureuse et sans prétention. Elle devient mannequin « teenage » et a son premier coup de cœur pour un des plus beaux garçons du collège: William Reed.

Considérée comme une des plus belles filles de Denver, à juste titre d’ailleurs, c’est on ne peut plus normalement qu’elle participe à un concours de beauté local.

Premier prix: Voyage et séjour pour deux à Hollywood! Barbara gagne et s’embarque avec sa maman pour la cité du film où elles se contenteront de jouer les touristes malgré les nombreuses visites aux studios prévues par le règlement du concours.

Et pourtant, ce gentil petit voyage d’agrément aura des conséquences définitives pour la jeune Barbara.

barbara bates

En visitant les studios Universal sous la houlette d’un de ses employés du département publicitaire, Cecil Coan, Barbara va tomber follement et irrémédiablement amoureuse de celui-ci bien qu’il puisse être très largement son père.

Le jour du retour à Denver, la jeune Barbara a tenté de se raisonner, elle ne connait Cecil que depuis deux jours mais ses sentiments sont les plus forts. Elle leur cède sur le quai de la gare et laisse sa mère rentrer seule à Denver!

Cecil Coan n’est pas seulement très largement l’aîné de Barbara mais il est également un homme marié et accessoirement le père de trois enfants.

Pour Barbara commencent à la fois les amours clandestines et l’apprentissage de starlette chez Universal où Cecil a réussi à la faire engager.

Arrivée à Hollywood au cœur de l’été 1944, elle ne pourra épouser l’élu de son cœur enfin divorcé qu’en mars 1945. La jeune mariée a 19 ans et l’élu en question 45.

Chez Universal on n’ a pas trouvé grand chose à lui faire faire à part une multitude de photos « pin-up ». Mais enfin on a quand même, comme il se doit, organisé un petit battage publicitaire autour de sa personne.

barbara-bates

Le studio prépare « Salomé, Where she Danced » avec Yvonne de Carlo en vedette. Universal cherche alors les « sept plus belles filles du monde » pour danser avec Yvonne dans ce qui est, contre toute attente, un western! Barbara fera partie de ces sept merveilles flanquée de six autres beautés qui en ce qui les concerne retourneront immédiatement à l’oubli dont elles venaient à peine de s’extraire.

Mais malgré ce rutilant label, « Une des sept plus belles filles du monde » ce qui n’est quand même pas rien , Universal ne lui fera jamais tourner quoi que se soit qui vaille la peine qu’on s’y intéresse. C’est presque avec soulagement que le studio la laisse partir chez Warner en 1947.

En 1948 elle piétine toujours et si elle tient le rôle titre de « June Bride », la vedette du film est Bette Davis!

En 1949 elle a tenu un rôle vaguement plus intéressant que d’habitude au côté de Danny Kaye, mais parce qu’elle refuse de se rendre à New-York pour la promotion du film, le studio se rue sur l’occasion  pour résiller son contrat. On ne savait pas plus que faire d’elle chez Warner que chez Universal.

Harry Cohn par contre se montrait très intéressé et lui proposait un contrat à condition qu’elle divorce avant d’essayer le divan de peluche rouge déjà bien avachi car très passant de son bureau.

Prudente, Barbara signera à la Century Fox et laissera Harry Cohn décolérer des semaines durant.

Le cinéma laissant beaucoup de temps libre à Barbara Bates, elle s’était perfectionnée en ski, en équitation, au tir, à la photographie, elle apprenait maintenant à piloter un voilier! Bientôt elle vivra à demeure sur son voilier, finalement moins cher à l’usage qu’une villa de vingt chambres à Beverly Hills et deviendra même garde-côte auxiliaire!

barbara-bates

En 1950, elle se fait enfin remarquer dans un film, presque sans le faire exprès et à l’étonnement général. Toujours dans un succès de Bette Davis « All About Eve », elle joue Phoebe dans la scène finale du film.

Barbara fut remarquée par les critiques et certains auteurs estiment qu’il s’agit là de sa plus illustre prestation. Un comble si on songe qu’elle est devancée au générique par Bette Davis, Anne Baxter, Céleste Holm, Thelma Ritter et Marilyn Monroe!

Remettons les pendules à l’heure et disons que « All About Eve » est le film le plus prestigieux de sa carrière, ce qui n’est pas du tout pareil.

L’année suivante elle tient un rôle intéressant dans un film mineur « Let’s Make It Legal » où elle est la fille de Claudette Colbert, épouse de Robert Wagner et accessoirement jalouse de Marilyn Monroe!

Elle est alors fêtée comme une des nouveautés les plus prometteuses avec Marilyn, Debra Paget, Marlon Brando, Jeanne Crain, Mitzi Gaynor, Jane Powell et quelques autres dont Mario Lanza et Judy Holiday pourtant déjà oscarisée.

Barbara la nouvelle venue tourne depuis six ans! Elle peut alors croire son heure venue car Chaplin lui propose le rôle principal de « Limelight » bien que sa préférée soit Dawn Addams. Hélas les divergences de Chaplin avec le studio tourneront à l’aigre et finalement le rôle reviendra à Claire Bloom.

Nous sommes en 1951, Barbara a 26 ans et n’a tourné que des rôles de filles de moins de 20 ans dans une carrière qui, reconnaissons-le, piétine.

Barbara l’ignore encore mais c’est déjà le début de la fin.

Au printemps 1952, elle décide avec son mari d’acheter une villa à flanc de colline dans Benedict Canyon. Le jour même où ils emménagent, Cecil Coan tombe du toit où il tentait de fixer l’antenne de télévision et finit au fond d’un ravin d’où seuls les pompiers arriveront à l’extraire!

Si l’anecdote fait bien rire dans la presse, racontée par les principaux intéressés d’une manière désopilante, l’achat de la maison cache déjà les premières fêlures.

Barbara devient mélancolique, irritable. Si son époux choisit de regagner la terre ferme pour y vivre c’est parce qu’il craint qu’elle ne se jette à l’eau. Le comportement erratique de la belle Barbara commence à se ressentir, nombre de ses relations l’évitent, bientôt ne lui restera que sa meilleure amie, Loïs Laurel, la fille de Stan Laurel. La Century Fox s’avoue dépassée par ses errances et résilie son contrat.

Son mari fait tout son possible pour endiguer la dépression qui s’aggrave de jour en jour. Sa réputation ternie à Hollywood, elle est toujours au beau fixe à New-York où Cecil lui obtient un magnifique contrat à la télévision. Il sera résilié pour les mêmes raisons: comportement erratique, actrice ingérable.

Seule solution: L’Europe! Cecil lui obtient un contrat à la RANK, le couple vend voilier et villa de Benedict Canyon et s’exile à Londres.

Comportement erratique, actrice ingérable.

Barbara tente de mettre fin à ses jours. Elle se taille les veines. Elle est sauvée mais son contrat, lui, est définitivement perdu.

Le couple rentre aux Etats-Unis. Rory Calhoun, un des derniers amis fidèles qu’il reste à Barbara l’impose dans un des ses films, western mineur comme il se doit avec Rory, mais le cœur n’y est plus.

En 1960 le coupe Coan a perdu presque tout son avoir dans des placements désastreux en Europe. Ils s’installent dans un modeste appartement. Barbara qui ne tourne plus s’enferme désormais dans la religion.

Et puis Cecil tombe malade. Le cancer. Barbara reste à son chevet jusqu’à la fin, ne sortant plus de chez elle que quelques heures par jour pour aller faire du bénévolat à son église, son dernier soutien.

Lorsque Cecil meurt le 25 janvier 1967. Elle ne le supporte pas et tente à nouveau de mettre fin à ses jours. Une nouvelle fois sauvée, elle sera hébergée par son amie Loïs Laurel. Barbara ne peut plus rester seule.

Elle finira par accepter de renter à Denver chez sa mère où elle s’installe. Elle prend des cours de secrétariat, travaille comme bénévole dans un hôpital. Elle ne veut plus rien avoir à faire avec le cinéma.

Et puis elle a la surprise de retrouver son amour de jeunesse, William Reed. Un peu vieilli, bien sûr mais qui ne l’a pas oubliée. Le couple se marie à la Noël 1968.

Barbara n’a plus rien du faste d’autrefois, plus de voilier, plus de Lincoln Continental. Elle conduit maintenant une modeste petite Volkswagen coccinelle. mais c’est bien suffisant pour se donner la mort.

Le 18 Mars 1969, trois mois après son mariage, alors même qu’elle vient d’apprendre qu’elle attend un bébé, Barbara Bates s’enferme dans le garage de sa mère avec sa petite coccinelle. Elle laisse tourner le moteur jusqu’à mourir intoxiquée par le dioxyde de carbone.

Elle n’avait que 43 ans.

Celine Colassin

barbara-bates

QUE VOIR?

1945: Salomé, Where She Danced: Avec Yvonne de Carlo

1945: Lady on a Train: Avec Deanna Durbin et Ralph Bellamy

1947: Love and Learn: Avec Martha Vickers et Jack Carson

1947: Always Together: Avec Joyce Reynolds et Robert Hutton

1948: Romance on High Seas: Avec Doris Day et Janis Paige

1948: Johnny Belinda: Avec Jane Wyman et Lew Ayres

1948; June Bride: Avec Bette Davis et Robert Montgomery

1948: Adventures of Don Juan: Avec Viveca Lindfors et Errol Flynn

1949: One Last Fling: Avec Alexis Smith et Zachary Scott

1949: The Inspector General: Avec Danny Kaye

1950:Cheaper by the Dozen: Avec Myrna Loy, Jeanne Crain et Clifton Webb

1950: All About Eve: Avec Anne Baxter et Georges Sanders

1950: Quicksand: Avec Jeanne Cagney et Mickey Rooney

1951: Let’s Make It Legal: Avec Claudette Colbert, Marilyn Monroe et Robert Wagner

1951:The Secret of Convict Lake: Avec Gene Tierney et Glenn Ford

1951: I’d Climb the Highest Mountain : Avec Susan Hayward

1952: The Outcasts of Poker Flat: Avec Anne Baxter, Myriam Hopkins et Dale Robertson

1952:Belles on Their Toes: Avec Myrna Loy, Jeanne Crain et Debra Paget

1953: The Caddy: Avec Donna Reed,  Dean Martin et Jerry Lewis

1953: All Ashore: Avec Peggy Ryan, Mickey Rooney et Dick Haymes

1954: Rhapsody: Avec Elizabeth Taylor et Vittorio Gassman

1956: House of Secrets: Avec Brenda de Brazie, Michael Craig et Gérard Oury

1957: Town of Trial: Avec John Mills et Charles Coburn

1958: Apache Territory: Avec Rory Calhoun

pas de réponses

Laisser un commentaire

achacunsoncinema |
filmss |
dorian78 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | carolineriche
| utopia2012
| ddlstream