francell-jacqueline

Pour évoquer Jacqueline Francell dans ces pages de manière probante, il convient d’évoquer d’abord son paternel illustre: Fernand Francell.

Formé au chant lyrique par Rose Caron en personne, Fernand Francell est un ténor qui débute à l’opéra comique en septembre 1906. D’emblée c’est le triomphe. On se précipite, on se l’arrache. Bientôt l’opéra comique devient son fief, il en est la gloire. Il a débuté avec « Mireille » il explose avec « Madame Butterfly ».

Lorsque sa fille Jacqueline vient au monde à Paris le 24 mars 1908, sous le patronyme complet de Jacqueline, Anne-Marie Etiennette François, son père est déjà une des plus grandes vedettes de Paris.

Jacqueline est une enfant de vedette et elle le sait, elle est la première admiratrice de son papa adoré. Elle l’admire, il le lui rend bien. Il est inconcevable pour Jacqueline qu’elle ne soit pas, elle aussi une chanteuse, qu’elle ne soit pas la digne fille de son papa. Piaffant de sortir de l’enfance, elle s’entraîne, travaille, s’exerce avec acharnement.

Lorsqu’enfin…un jour…elle peut débuter sur scène dans l’opérette. Elle a 20 ans, nous sommes le 2 décembre 1928 elle sera sur la la scène des Bouffes parisiens pour Noël. Papa n’est pas peu fier de sa Jacqueline! Ne fait-elle pas un succès? N’est elle pas la partenaire du très à la mode Koval? Et il se dit d’ailleurs que si c’est Koval que l’on vient voir c’est elle qu’on applaudit!

jacqueline francell

Lorsque son père daignera enfon accepter les offres américaines pour une grande tournée outre Atlantique, il ne veut qu’une partenaire: Jacqueline Francell et personne d’autre. Avec les années 30, le cinéma se met à chanter plus vite encore qu’il ne parle. Jacqueline qui triomphe chaque soir en scène tourne en vedette dès 1932.

N’est elle pas dès son premier film la partenaire de l’illustre Raimu dans « La Petite Chocolatière »? Chocolatière qui n’est autre qu’elle-même, il va sans dire. Elle aligne trois films par an, au moins autant d’opérettes et avec les plus grands ou les plus en vogue. Guitry, Gabin, Garat, tout le cinéma, tout le music hall de ces années-là se fait avec elle.  Dès ses débuts, son nom est à l’affiche avant ceux d’Arletty ou de Simone Simon. Elle tournera en Amérique avec son ami Maurice Chevalier puis s’essaie au tour de chant après la revue. Jacqueline est partout, à commencer par l’industrie du disque.

jacqueline francell

L’occupation ne la bouleverse que fort peu. « si la justification de ma présence sur terre c’est de donner du rêve et de l’espoir aux gens, c’est le moment où jamais de mettre les bouchées doubles! » Guitry l’emmènera sur la pente un peu savonneuse de son documentaire « De Jeanne d’Arc à Pétain » dont elle s’est chargée de la narration. Pas de quoi l’inquiéter outre mesure à la libération, elle n’a jamais fait que son travail et n’avait rien à refuser à Guitry. « A quel titre une mademoiselle Francell des Bouffes Parisiens irait-elle dire à un maître tel que Guitry qu’il fait des conneries, qu’il a tort et qu’elle a raison? Est-ce que lui m’explique comment interpréter « La Margoton du Bataillon »? Non mais franchement! »

Reste que ce documentaire restera sa dernière participation à une oeuvre filmée…Où elle n’apparaît pas.

jacqueline francell

Après guerre, Jacqueline continue sa carrière, découvre maintenant le théâtre « non chantant » et épouse en 1948 Gabriel Bouillon, ce qui fait d’elle la belle-sœur de Joséphine Baker alors mariée au chef d’orchestre Jo Bouillon depuis l’année précédente.

Sa carrière qui dorénavant continue essentiellement sur les planches  reste brillante. Elle termine une pièce de Guitry à Cannes, le lendemain, elle en commence une de Marcel Achard, à peine remise d’une revue signée Jean Nohain.

Et puis soudain la belle mécanique de cette vie rêvée et accomplie s’enraye. Jacqueline a un malaise en sortant de scène. Elle a tenu jusqu’au bout, livide et tremblante, pâle comme un spectre. Quand le rideau tombe, elle aussi. Elle ne reviendra pas, c’étaient ses derniers bravos. Elle ne les a pas entendus.  Emmenée sans connaissance à la clinique Ambroise Paré, elle y décède le 13 octobre 1962. Elle n’avait que 53ans.

Son père privé de sa fille adorée se contente désormais de donner des cours de chant avant de la suivre dans la tombe en 1966.

Celine Colassin

Jacqueline Francell dangle

QUE VOIR?

1932: La petite Chocolatière: Avec Raimu

1932: Enlevez-moi: Avec Arletty et Roger Tréville

1933: Mirages de Paris: Avec Colette Darfeuil et Roger Tréville

1937: La rose effeuillée: Avec Alice Tissot

1937: Mes tantes et moi: Avec Alice Tissot, Marguerite Moreno et René Lefèvre

1938: Coeur de gosse: Avec Alice Tissot et Gabriel Farguette

1938: L’accroche Coeur: Avec Jacqueline Delubac et Henri Garat

 

 

pas de réponses

Laisser un commentaire

achacunsoncinema |
filmss |
dorian78 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | carolineriche
| utopia2012
| ddlstream