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726: BARBARA BATES

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Sans doute parce qu’elle est brune et non « blond suicide », Barbara Bates n’est jamais prise en compte lorsque l’on évoque les grandes destinées tragiques parmi les actrices hollywoodiennes. Et pourtant…

Cette délicieuse personne vient au monde à Denver au Colorado le 6 Août 1925. Bientôt, Barbara aura deux petite sœurs.

Peu de grands chambardements dans les jeunes années de Barbara. Fille ravissante, passionnée par la danse, elle grandit au sein d’une famille heureuse et sans prétention. Elle devient mannequin « teenage » et a son premier coup de cœur pour un des plus beaux garçons du collège: William Reed.

Considérée comme une des plus belles filles de Denver, à juste titre d’ailleurs, c’est on ne peut plus normalement qu’elle participe à un concours de beauté local.

Premier prix: Voyage et séjour pour deux à Hollywood! Barbara gagne et s’embarque avec sa maman pour la cité du film où elles se contenteront de jouer les touristes malgré les nombreuses visites aux studios prévues par le règlement du concours.

Et pourtant, ce gentil petit voyage d’agrément aura des conséquences définitives pour la jeune Barbara.

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En visitant les studios Universal sous la houlette d’un de ses employés du département publicitaire, Cecil Coan, Barbara va tomber follement et irrémédiablement amoureuse de celui-ci bien qu’il puisse être très largement son père.

Le jour du retour à Denver, la jeune Barbara a tenté de se raisonner, elle ne connait Cecil que depuis deux jours mais ses sentiments sont les plus forts. Elle leur cède sur le quai de la gare et laisse sa mère rentrer seule à Denver!

Cecil Coan n’est pas seulement très largement l’aîné de Barbara mais il est également un homme marié et accessoirement le père de trois enfants.

Pour Barbara commencent à la fois les amours clandestines et l’apprentissage de starlette chez Universal où Cecil a réussi à la faire engager.

Arrivée à Hollywood au cœur de l’été 1944, elle ne pourra épouser l’élu de son cœur enfin divorcé qu’en mars 1945. La jeune mariée a 19 ans et l’élu en question 45.

Chez Universal on n’ a pas trouvé grand chose à lui faire faire à part une multitude de photos « pin-up ». Mais enfin on a quand même, comme il se doit, organisé un petit battage publicitaire autour de sa personne.

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Le studio prépare « Salomé, Where she Danced » avec Yvonne de Carlo en vedette. Universal cherche alors les « sept plus belles filles du monde » pour danser avec Yvonne dans ce qui est, contre toute attente, un western! Barbara fera partie de ces sept merveilles flanquée de six autres beautés qui, en ce qui les concerne, retourneront immédiatement à l’oubli dont elles venaient à peine de s’extraire.

Mais malgré ce rutilant label, « Une des sept plus belles filles du monde » ce qui n’est quand même pas rien , Universal ne lui fera jamais tourner quoi que se soit qui vaille la peine qu’on s’y intéresse. C’est presque avec soulagement que le studio la laisse partir chez Warner en 1947.

En 1948 elle piétine toujours et si elle tient le rôle titre de « June Bride », la vedette du film est Bette Davis!

En 1949 elle a tenu un rôle vaguement plus intéressant que d’habitude au côté de Danny Kaye, mais parce qu’elle refuse de se rendre à New-York pour la promotion du film, le studio se rue sur l’occasion  pour résiller son contrat. On ne savait pas plus que faire d’elle chez Warner que chez Universal.

Harry Cohn par contre se montrait très intéressé et lui proposait un contrat à condition qu’elle divorce avant d’essayer le divan de peluche rouge déjà bien avachi car très passant de son bureau.

Prudente, Barbara signera à la Century Fox et laissera Harry Cohn décolérer des semaines durant.

Le cinéma laissant beaucoup de temps libre à Barbara Bates, elle s’était perfectionnée en ski, en équitation, au tir, à la photographie, elle apprenait maintenant à piloter un voilier! Bientôt elle vivra à demeure sur son voilier, finalement moins cher à l’usage qu’une villa de vingt chambres à Beverly Hills et deviendra même garde-côte auxiliaire!

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En 1950, elle se fait enfin remarquer dans un film, presque sans le faire exprès et à l’étonnement général. Toujours dans un succès de Bette Davis « All About Eve », elle joue Phoebe dans la scène finale du film.

Barbara fut remarquée par les critiques et certains auteurs estiment qu’il s’agit là de sa plus illustre prestation. Un comble si on songe qu’elle est devancée au générique par Bette Davis, Anne Baxter, Céleste Holm, Thelma Ritter et Marilyn Monroe!

Remettons les pendules à l’heure et disons que « All About Eve » est le film le plus prestigieux de sa carrière, ce qui n’est pas du tout pareil.

L’année suivante elle tient un rôle intéressant dans un film mineur « Let’s Make It Legal » où elle est la fille de Claudette Colbert, épouse de Robert Wagner et accessoirement jalouse de Marilyn Monroe!

Elle est alors fêtée comme une des nouveautés les plus prometteuses avec Marilyn, Debra Paget, Marlon Brando, Jeanne Crain, Mitzi Gaynor, Jane Powell et quelques autres dont Mario Lanza et Judy Holiday pourtant déjà oscarisée.

Barbara la nouvelle venue tourne depuis six ans! Elle peut alors croire son heure venue car Chaplin lui propose le rôle principal de « Limelight » bien que sa préférée soit Dawn Addams. Hélas les divergences de Chaplin avec le studio tourneront à l’aigre et finalement le rôle reviendra à Claire Bloom.

Nous sommes en 1951, Barbara a 26 ans et n’a tourné que des rôles de filles de moins de 20 ans dans une carrière qui, reconnaissons-le, piétine.

Barbara l’ignore encore mais c’est déjà le début de la fin.

Au printemps 1952, elle décide avec son mari d’acheter une villa à flanc de colline dans Benedict Canyon. Le jour même où ils emménagent, Cecil Coan tombe du toit où il tentait de fixer l’antenne de télévision et finit au fond d’un ravin d’où seuls les pompiers arriveront à l’extraire!

Si l’anecdote fait bien rire dans la presse, racontée par les principaux intéressés d’une manière désopilante, l’achat de la maison cache déjà les premières fêlures.

Barbara devient mélancolique, irritable. Si son époux choisit de regagner la terre ferme pour y vivre c’est parce qu’il craint qu’elle ne se jette à l’eau. Le comportement erratique de la belle Barbara commence à se ressentir, nombre de ses relations l’évitent, bientôt ne lui restera que sa meilleure amie, Loïs Laurel, la fille de Stan Laurel. La Century Fox s’avoue dépassée par ses errances et résilie son contrat.

Son mari fait tout son possible pour endiguer la dépression qui s’aggrave de jour en jour. Sa réputation ternie à Hollywood, elle est toujours au beau fixe à New-York où Cecil lui obtient un magnifique contrat à la télévision. Il sera résilié pour les mêmes raisons: comportement erratique, actrice ingérable.

Barbara blonde pour Vittorio Gassman dans "Rhapsody en 1954

Barbara blonde pour Vittorio Gassman dans « Rhapsody en 1954

Seule solution: L’Europe! Cecil lui obtient un contrat à la RANK, le couple vend voilier et villa de Benedict Canyon et s’exile à Londres.

Comportement erratique, actrice ingérable.

Barbara tente de mettre fin à ses jours. Elle se taille les veines. Elle est sauvée mais son contrat, lui, est définitivement perdu.

Le couple rentre aux Etats-Unis. Rory Calhoun, un des derniers amis fidèles qu’il reste à Barbara l’impose dans un des ses films, western mineur comme il se doit avec Rory, mais le cœur n’y est plus.

En 1960 le coupe Coan a perdu presque tout son avoir dans des placements désastreux en Europe. Ils s’installent dans un modeste appartement. Barbara qui ne tourne plus s’enferme désormais dans la religion.

Et puis Cecil tombe malade. Le cancer. Barbara reste à son chevet jusqu’à la fin, ne sortant plus de chez elle que quelques heures par jour pour aller faire du bénévolat à son église, son dernier soutien.

Lorsque Cecil meurt le 25 janvier 1967. Elle ne le supporte pas et tente à nouveau de mettre fin à ses jours. Une nouvelle fois sauvée, elle sera hébergée par son amie Loïs Laurel. Barbara ne peut plus rester seule.

Elle finira par accepter de renter à Denver chez sa mère où elle s’installe. Elle prend des cours de secrétariat, travaille comme bénévole dans un hôpital. Elle ne veut plus rien avoir à faire avec le cinéma.

Et puis elle a la surprise de retrouver son amour de jeunesse, William Reed. Un peu vieilli, bien sûr mais qui ne l’a pas oubliée. Le couple se marie à la Noël 1968.

Barbara n’a plus rien du faste d’autrefois, plus de voilier, plus de Lincoln Continental. Elle conduit maintenant une modeste petite Volkswagen coccinelle. mais c’est bien suffisant pour se donner la mort.

Le 18 Mars 1969, trois mois après son mariage, alors même qu’elle vient d’apprendre qu’elle attend un bébé, Barbara Bates s’enferme dans le garage de sa mère avec sa petite coccinelle. Elle laisse tourner le moteur jusqu’à mourir intoxiquée par le dioxyde de carbone.

Elle n’avait que 43 ans.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1945: Salomé, Where She Danced: Avec Yvonne de Carlo

1945: Lady on a Train: Avec Deanna Durbin et Ralph Bellamy

1947: Love and Learn: Avec Martha Vickers et Jack Carson

1947: Always Together: Avec Joyce Reynolds et Robert Hutton

1948: Romance on High Seas: Avec Doris Day et Janis Paige

1948: Johnny Belinda: Avec Jane Wyman et Lew Ayres

1948; June Bride: Avec Bette Davis et Robert Montgomery

1948: Adventures of Don Juan: Avec Viveca Lindfors et Errol Flynn

1949: One Last Fling: Avec Alexis Smith et Zachary Scott

1949: The Inspector General: Avec Danny Kaye

1950:Cheaper by the Dozen: Avec Myrna Loy, Jeanne Crain et Clifton Webb

1950: All About Eve: Avec Anne Baxter et Georges Sanders

1950: Quicksand: Avec Jeanne Cagney et Mickey Rooney

1951: Let’s Make It Legal: Avec Claudette Colbert, Marilyn Monroe et Robert Wagner

1951:The Secret of Convict Lake: Avec Gene Tierney et Glenn Ford

1951: I’d Climb the Highest Mountain : Avec Susan Hayward

1952: The Outcasts of Poker Flat: Avec Anne Baxter, Myriam Hopkins et Dale Robertson

1952:Belles on Their Toes: Avec Myrna Loy, Jeanne Crain et Debra Paget

1953: The Caddy: Avec Donna Reed,  Dean Martin et Jerry Lewis

1953: All Ashore: Avec Peggy Ryan, Mickey Rooney et Dick Haymes

1954: Rhapsody: Avec Elizabeth Taylor et Vittorio Gassman

1956: House of Secrets: Avec Brenda de Brazie, Michael Craig et Gérard Oury

1957: Town of Trial: Avec John Mills et Charles Coburn

1958: Apache Territory: Avec Rory Calhoun

725: JANE NIGH

Jane Nigh

Si mes lecteurs savent que j’ai toujours grand plaisir à voir et revoir les films de Marilyn Monroe, ils savent aussi que je ne suis pas cliente de sa légende auto-façonnée de pauvre petite orpheline courageuse et maltraitée.

Dans cette légende, l’épisode de sa « découverte » dans une usine d’armement par un talent scout m’a toujours parue suspecte. Sur les fameuses photos d’usine, elle est déjà maquillée par Max Factor et partage à l’époque, dates faisant foi, un appartement avec sa bonne copine Shelley Winters à Hollywood!

Mais  vous vous en doutez, je n’ouvre pas une page consacrée à Jane Nigh pour démêler le vrai du faux dans le parcours de Marilyn Monroe. Lorsqu’elle sera en fin de vie sous l’emprise de l’alcool et des tranquillisants, elle s’en chargera parfaitement elle-même.

Cet étrange préambule a pourtant sa raison d’être ici, puisque si une jeune fille fut effectivement découverte dans une usine d’armement par un talent scout de la Century Fox qui en fit une blonde starlette, c’est miss Jane Nigh!

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La future découverte naît le 25 Février 1925 à…Hollywood! Elle est pour l’état civil Bonnie Lénora Nigh.

Jolie fille sans histoire, Bonnie est étudiante au collège de Long Beach lorsque l’Amérique entre en guerre. Elle quitte les bancs de l’école pour travailler comme sténodactylo dans une usine d’armement, là où effectivement elle sera découverte par un talent scout qui lui déclare: « Si vous voulez vraiment servir l’industrie américaine, servez celle du film, pas de l’aviation! » Miss Monroe en cet instant précis à suivi son mari monsieur Dougherty affecté sur l’île de Catalina!

La Century Fox qui raffole des blondes puisque Betty Grable et Alice Faye sont alors les deux mines d’or du studio lance son battage publicitaire habituel!

Elle est déjà élue « La première fille que les GI’s veulent voir lorsqu’ils rentreront au pays » alors qu’elle n’a tourné aucun film. La Fox la parachute dans  « Laura » d’Otto Preminger,une très fugace apparition, un courant d’air, histoire quand même de justifier le label d’actrice!

Il faut dire que le studio est très occupé. Betty Grable devient difficile , Gene Tierney l’a toujours été, June Haver n’a pas le succès escompté. Il s’agit également de convaincre Alice Faye de rester malgré l’arrivée de Linda Darnell en plein « lancement ». Tout comme cette autre blonde dont le studio vient de s’enticher: Barbara Lawrence!

Finalement c’est le producteur David Rose, ex mari de la légende Fanny Brice qui s’intéresse le plus à elle et devient son chevalier servant hollywoodien. Mais Jane a qui le studio laisse décidément beaucoup de temps libre fréquente également beaucoup Huntington Hartford II. Lorsque l’acteur Lew Ayres sera démobilisé, elle sera « La première fille qu’il aura vue après la guerre ».

Jane Nigh and Fine Stopping

Jane Nigh and Fine Stopping

Quelle n’est donc pas la surprise de tout ce beau monde lorsque la belle s’enfuit pour épouser Victor Cutler, un dirigeant de la MGM! Le mariage durera trois mois et la Century Fox n’est pas contente! On y aimerait en effet que les actrices aient un peu plus de tenue et Barbara Lawrence ne vaut guère mieux!

Depuis toujours le studio rêve d’avoir sous contrat de « grandes dames » comme celles de la MGM ou de la Paramount! Ah Norma Shearer, Hedy Lamarr, Carole Lombard, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Greer Garson!

Mais depuis Clara Bow, leurs vedettes maison n’ont jamais eu l’élégance comme dénominateur commun!

Alors forcément le tapage de ces dames énerve un peu! Marilyn Monroe, Joan Collins, Diana Dors et Jayne Mansfield feront définitivement déborder la coupe!

Jane de son côté, mal vue par un studio qui lui fait tourner n’importe quoi, s’ennuie et se fiance officiellement avec l’architecte très en vogue John Lindsay qui nonobstant la fait de très bien gagner sa vie s’apprête à hériter d’une fortune colossale! Mais prudente, Jane Nigh a également fait la conquête de Claude Cartier. Claude Cartier, comme on l’aura compris, de la célèbre dynastie de diamantaires!

Hélas pour la Century Fox, June Nigh n’en a pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs, avec cette fois le concours inattendu d’une autre blonde du studio: Diana Lynn!

Diana a mis le grappin sur le beau John Lindsay, sans doute lassé d’attendre le bon vouloir de Jane; et celle-ci pour ne pas être la dinde de la farce, on a sa dignité, a jeté son dévolu sur Bob Neal, fiancé éconduit de la charmante Diana!

On s’arrache les cheveux au studio, on se frotte les mains dans les gazettes, Jane déclare être dévastée de chagrin le jour où Diana Lyn devient madame Lindsay et envoie bouler Bob Neal en signe de bonne foi!

C’en est trop, le studio résilie son contrat!

Libre et sans attaches professionnelles comme sentimentales, Jane déclare, sans doute un peu tard « Je connais peut-être 1% de tous les hommes à qui on m’a dit liée! Tout ca c’est bobard de journalistes! je suis le genre de fille qui rentre le soir épuisée du studio et préfère rester à la maison à lire un bon livre! » Puis elle ajoutait « Et quand bien même je n’ai pas le choix, il n’y a pas un seul homme présentable à Hollywood! »

ou « Comment se faire des centaines d’ennemis influents en deux phrases par Jane Nigh!

Les journalistes, en particulier, traités de menteurs par l’actrice se désintéressèrent de ses faits et gestes et ne relayèrent même pas sa liaison avec Scott Brady et Dan Dailey ou son hospitalisation.

Etrangement, malgré sa présence rare aux écrans, Jane Nigh a un réel public! Ses fans réclament des films avec elle en vedette, et qu’un magazine mette sa photo en couverture et les ventes montent en flèche!

On essaiera donc de satisfaire tout le monde en lui offrant des rôles plus consistants bien qu’épouvantablement stéréotypés dans quelques westerns de série B comme il s’en tourne des milliers à Hollywood.

Jane de son côté avait compris depuis belle lurette qu’Hollywood ne serait pas pour elle le tremplin vers la gloire et la fortune. Elle s’était diversifiée en enregistrant un premier disque de chansons. le succès avait été suffisant pour qu’on lui propose une tournée en Corée pour distraire les militaires américains. Elle devance donc Marilyn Monroe dans l’emploi.

Puis, rentrée au pays, la télévision lui offre un contrat absolument mirobolant que personne n’aurait refusé. Jane s’engouffre, elle ne refera plus jamais de cinéma après son retour de Corée en 1952 et deviendra une grande vedette de la télévision américaine dix ans durant.

Mais à l’heure de son retour, Jane a d’autres chats à fouetter! Elle est rentrée au bras du beau lieutenant John E. Baker. Le couple se marie à Las Vegas, Jane annonce renoncer à sa carrière au cinéma. le couple Baker s’installe dans un ranch à la campagne et compte bien y couler des jours paisibles ave leurs enfants.

Jane travaille pour la télévision et tient un rôle récurrent dans le feuilleton « Big Town ». Un énorme succès.

Lorsqu’elle découvre qu’elle attend un heureux évènement, elle renonce sans hésiter à son rôle qui échoit à Beverly Tyler.

Malheureusement, le 3 Novembre 1952, sa petite fille naît prématurément et ne vit que quelques heures. Jane est dévastée.

Le couple Baker surmonte son chagrin, si Jane tourne encore pour la télévision, elle déclare: « C’est par passion pour ce métier, aujourd’hui je ne me considère plus comme une actrice mais comme une femme au foyer. Mon mari et moi cultivons le coton, nous nous aimons, nous vivons heureux et si demain je ne devais plus tourner ca ne changerait rien dans ma vie! »

Les Baker avaient enfin eu un autre enfant, un fils en parfaite santé, John Christopher né le 2 Février 1954.

Une petite fille allait suivre: Stacy Jane née le 2 janvier 1955. Stacy naît elle aussi prématurément et devra rester hit semaines en couveuse entre la vie et la mort.

En 1959, nouveau coup de théâtre! Le couple Baker divorce! Jane déclare: « Quand il n’est ni à la chasse ni à la pêche ni ivre mort, il se souvient que j’existe! » Elle ne demande rien pour elle mais une pension alimentaire pour ses deux enfants que son mari refuse de lui donner!

C’est le moment où Jane Night pourrait, en jeune mère éplorée pourrait toucher les cœur des bien pensants, malheureusement, elle n’a rien de plus pressé que de se jeter au cou de Ted Jordan, l’ex de la strip-teaseuse Lili Saint Cyr!

Le 18 Mars 1963, Jane Nigh avait enfin obtenu sa pension alimentaire et se remariait avec un milliardaire, fabriquant de contreplaqué, Norma Davidson Jr. Le 19 Décembre de la même année, leur fille Julia Lee vient au monde.

Mais Davidson n’est pas que le père de sa fille, il est aussi un mari violent.

En Février 1964 ils divorcent, Jane reçoit deux millions de $ et une pension alimentaire confortable, en Juillet 1966 ils se pardonnent leurs offenses et se remarient.

2 mois et 17 jours plus tard ils sont à nouveau séparés. Ils se réconcilieront encore avant de se re-re-séparer en 1967.

Jane Nigh reviendra s’installer dans sa chère Californie natale et ouvrira un joaillerie qu’elle fera fructifier jusqu’en 1985. Elle n’avait pas été la tendre élue de Claude Cartier pour rien!

C’est dans une discrétion absolue qui ne lui ressemblait pas le moins du monde qu’elle s’éteint à 68 ans, foudroyée par une crise cardiaque le 5 Octobre 1993

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1944: Laura: Avec Gene Tierney, Clifton Webb et Dana Andrews

1944: Something for the Boys: Avec Carmen Miranda et Vivian Blaine

1945: State Fair: Avec Jeanne Crain, Vivian Blaine et Dana Andrews

1947: Unconquered: Avec Paulette Goddard et Gary Cooper

1948: Give my Regards to Broadway: Avec Nancy Guild et Dan Dailey

1949: Red, Hot and Blue: Avec Betty Hutton, Victor Mature et June Havoc

1950: Capitain Carey USA: Avec Wanda Hendrix et Alan Ladd

1950: Country Fair: Avec Rory Calhoun

1952: Fort Osage: Avec Rod Cameron

1952: Rodeo: Avec John Archer

693: DIANA DILL DOUGLAS

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L’histoire du cinéma est truffée de parcours d’actrices devenus indissociables d’un mariage.

Un mariage et donc une vie privée qui prennent le pas sur leur travail, leur carrière et leur image.

De la grande passion ou du mariage réussi qui lie ses protagonistes de manière indissociable dans l’esprit du public comme Katharine Hepburn et Spencer Tracy, Janet Leigh et Tony Curtis, Lauren Bacall et Humphrey Bogart jusqu’aux carrières avortées ou interrompues pour cause de passion, qu’elle soit conjugale ou non, réussie ou non. On ne compte plus les actrices dont la carrière s’estompe dans le souvenir d’une vie privée comme Ruth Hussey, Mayo Methot, Dixie Lee Crosby, Christine Kaufmann, Kathryn Grant et nombre d’autres dont Diana Dill Douglas.

Le 22 Janvier 1923, Diana Dill Love naît aux Bermudes dont son père est le procureur général. La famille Dill est une famille de notables des Bermudes depuis au moins le XVIIème siècle et ses membres continueront sur leur lancée puisque Bayard, le frère de Diana deviendra avocat général à la cour avant de se lancer en politique. Sa sœur Ruth épousera l’élégant héritier de la fortune Johnson & Johnson, les rois du produit vaisselle et du bain douche!

Diana de son côté avait toujours rêvé d’être actrice et avait fini par convaincre sa distinguée famille de la laisser étudier l’art dramatique et même de la laisser tenter sa chance à New-York!

Diana n’était pas une de ces starlettes venues de leur Wisconsin ou de leur Maryland natal, avec pour tout bagages leurs seuls rêves et leur beauté. Elle était élégante, éduquée et n’avait guère besoin de servir des hamburgers et des frites dans un drive-in pour se payer une colocation avec 45 autres jeunes filles. Elle avait le temps et les moyens de faire les choses bien et dans l’ordre. En 1942, elle avait un agent et intégrait la très distinguée écurie MGM où on allait la « tester » dans un petit rôle mais dans un film de Katharine Hepburn et Spencer Tracy!

Elle allait également faire la couverture de LIFE magazine au printemps 1943, présentant les nouvelle tendances de la mode printemps-été et cette séance de photos va  radicalement changer sa vie.

Nous sommes  donc en 1943, l’Amérique entre en guerre. Sur un navire en route vers l’Europe, un jeune marin voit la photo de Diana en couverture de LIFE Magazine et la montre à tous ses compagnons de voyage clamant à qui veut l’entendre que cette fille est la femme de sa vie, que ca ne fait aucun doute et qu’il l’épousera dès qu’il reviendra en Amérique! Il se garda bien de dire qu’il avait déjà rencontré la jeune fille alors qu’il était boursier à l’académie d’art dramatique. de New-York

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On a bien dû rigoler dans les coursives, mais le 2 Novembre 1943, le soldat Kirk Douglas épousait la Diane de ses rêves!

Le couple Douglas aura deux enfants, deux fils, Michael et Joel.

Il est évident que le mariage de Diana et ses deux maternités avaient éloigné l’actrice des écrans. A peine avait-elle eu l’occasion de tourner son premier modeste rôle que sa vie conjugale et familiale l’avait happée loin des studios où on ne la reverra qu’en 1948. Entretemps, Kirk Douglas avait lui aussi fait ses débuts, et les choses n’avaient pas été faciles. Personne ne voulait de l’acteur  dont la fossette au menton deviendrait bientôt aussi célèbre que celle de Cary Grant, ou que le crâne de Yul Brynner! Il va devoir faire antichambre durant trois longues années avant d’obtenir sa première chance. Et encore…Grâce a une de ses bonnes copines du temps des vaches cadavériques à New-York. Sa copine Betty qui était devenue subitement ultra célèbre sous le pseudonyme de Lauren Bacall. Ces deux là s’étaient promis que le premier qui réussirait au théâtre ou au cinéma aiderait l’autre à mettre le pied à l’étrier. Lauren est une femme de parole. Elle attire l’attention du producteur de « The Strange Loves of Martha Ivers » sur Kirk Douglas. Il y a dans le film un rôle de politicien aussi lâche que véreux et incompétent en plus d’être alcoolique et entièrement dominé par Barbara Stanwyck. Autant dire que personne ne se bouscule pour tenir ce second rôle!

Kirk et Diana Douglas

Kirk et Diana Douglas

Kirk Douglas y fait ses débuts en faisant de sa première partenaire Barbara Stanwyck une irréductible ennemie pour la vie, mais peu importait.

Dévoré d’ambition dévorée d’une soif inextinguible de revanche sur la vie. Ce fils de chiffonnier juif biélorusse né en 1916 a connu la misère noire et le racisme. Il a dû travailler dans les cirques les plus minables pour survivre et nourrir six sœurs . Rien ne freinera jamais sa course au succès et à la réussite. Jusqu’à ce que l’Amérique le classe sur la liste des vingt acteurs de cinéma les plus mythiques de tous les temps.

En 1951 le couple Douglas divorçait mais restait « bons amis ». Kirk Douglas épousait en secondes noces la jeune productrice Anne Buydens avec qui il aura deux autres enfants: ses fils Peter et Eric. Eric Douglas qui meurt le 6 Juillet 2004 d’une overdose.

Divorcée de Kirk Douglas, Diana qui a tenu de jolis rôles depuis 1947 sous son patronyme de femme mariée voit étrangement sa carrière décliner alors que celle de Kirk Douglas atteint des sommets. Lorsqu’il fait appel à elle pour « The Indian Fighte » qu’il produit lui-même, la carrière de Diana au cinéma est clairement sur la mauvaise pente. La publicité du film s’articulera surtout sur l’insistance qu’avait mise Kirk Douglas à tenter d’obtenir Brigitte Bardot, la poursuivant jusque sur les plages du festival de Cannes pour s’entendre dire « non et encore non ». Ensuite on parlera beaucoup de la « découverte » qu’avait fait Kirk Douglas en la personne d’Elsa Martinelli. Mais personne ne se rendit réellement compte que l’ex madame Douglas faisait partie de la distribution du film!

La télévision, heureusement sera plus clémente avec elle et va lui offrir une très respectable carrière

Diana s’était remariée avec l’acteur Bill Darrid et le couple était allé s’installer sur la côte Est. Là où se faisait la télévision mais pas le cinéma ce qui explique qu’elle s’y était faite rare. A la télévision on la verra dans une foule de programmes. Elle avait débuté au petit écran en 1949, encore mariée à Kirk Douglas, et au fil du temps on la verra dans « Flipper », « Kung-Fu », « Les Rues de San Francisco » joué et produit par son fils Michael. Elle est à ma connaissance la seule actrice à s’être partagée entre « Dallas » et « Dynasty ». Sa carrière se poursuit jusque dans les années 2000 où après l’avoir vue dans « Cold Case » on la retrouve dans « Urgences » en 2008.

En 2003, la famille Douglas se réunissait au grand écran dans « It Runs in the Family » qui réunissait Kirk, Diana, Michael et Cameron, la troisième génération Douglas. Kirk et Diana redevenaient mari et femme le temps d’un film 52 ans après leur divorce!

En 1992, Bill Darrid avait fait de Diana une veuve. Elle allait se remarier en 2002 avec Donald Webster dans ses chères Bermudes natales. C’est là qu’elle s’éteint le 2 juillet 2015 à l’âge très respectable de 92 ans.

Celine Colassin

It Runs in the Family

It Runs in the Family

QUE VOIR?

1942: Keeper of the Flame; Avec Katharine Hepburn et Spencer Tracy

1947:The Late George Apley: Avec Vanessa Brown et Ronald Colman

1948: Let’s Live Again: Avec Hillary Brooke et John Emery

1948: The Sign of the Ram: Avec Susan Peters et Alexander Knox

1949: House of Strangers: Avec Susan Hayward et Debra Paget

1951: The Whistle at Eaton Falls: Avec Anne Francis,  Dorothy Gish et Lloyd Bridges

1952: Storm Over Tibet: Avec Rex Reason

1952: Monsoon: Avec Ursula Thiess et George Nader

1955: The Indian Fighte: Avec Elsa Martinelli et Kirk Douglas

1970: Loving: Avec Eva Marie Saint et George Segal

1977: Un Autre Homme, Une Autre Chance: Avec Geneviève Bujold et James Caan

1981: Jaws of Satan: Avec Fritz Weaver

1987: Planes, Trains & Automobiles: Avec Laila Robins, Steve Martin et John Candy

2003: It Runs in the Family: Avec Bernadette Peters, Kirk et Michael Douglas

646: ARLETTE POIRIER

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Pour avoir été particulièrement éphémère dans le cinéma français, la très belle Arlette Poirier reste le reflet joyeux et un tantinet polisson d’une époque hélas révolue. Non que les films où elle a brillé furent des chefs d’œuvres d’exception, loin sans faut, mais enfin, ils firent courir les foules et n’est-ce pas le but premier du cinéma?

Cette très belle jeune femme a vu le jour dans le XVIème arrondissement de Paris le 11 Juin 1926. Et lorsque devenue une ravissante jeune fille elle confiera à son père artiste peintre son envie de devenir comédienne, celui-ci trouvera cela formidable et encouragera cette vocation artistique! Elle suivra donc les cours de René Simon.

Mais alors qu’elle débute au théâtre Antoine dans « Le Petit Café », elle se fait « littéralement débaucher » ce sont ses propres termes par le cinéma pour devenir la « Môme Crevette » dans « La Dame de Chez Maxim’s »

Follement allurale, très belle et dotée d’un abattage certain, aussitôt les propositions pleuvent et n’ayons pas peur de le dire, on lui propose ce qui se fait de mieux dans le cinéma populaire des années 50!

A peine sortie des froufrous de la môme Crevette, Ce sera « Andalousie », une comédie musicale avec Luis Mariano et Carmen Sevilla.

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La jeune actrice qui s’avouera toujours plus férue de théâtre que de cinéma vit l’enchaînement de ces deux films comme une sorte de parenthèse enchantée. Certes elle devient aussitôt une actrice connue mais son rêve reste d’entrer un jour à la Comédie Française autrement que comme spectatrice!

Mais l’Espagne s’en entiche alors même qu’ »Andalousie » n’est pas terminé, les propositions affluent dans la fouée du succès de « La Dame de chez Maxim’s ».

Rentrée en France, Arlette enchaîne les tournages et si elle n’a pas à rougir de « Coiffeur pour Dames » où elle donne la réplique à Fernandel, l’acteur le plus populaire de la décennie, On la retrouve aussi dans des films plus potaches qui ne la méritaient sans doute pas.

N’aurait-elle pas tourné « Ma Femme, ma Vache et Moi » ou « Amour, Autocar et Boîte de Nuit » que sa carrière, qui sait, aurait peut-être été différente.

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La belle Arlette se plaignait déjà de la « mollesse » de ses metteurs en scènes lorsqu’elle crut sa chance venue. André Cayatte la choisit pour donner la réplique à Gérard Philipe dans « Montparnasse 19″. La voilà sur un pied d’égalité avec Lilli Palmer ou Anouk Aimée et c’est déjà presque un retour puisque nous sommes en 1958 et qu’après « C’est la Vie Parisienne » tourné 4 ans plus tôt avec Claudine Dupuis, Arlette était restée sans tourner.

Hélas, le film sera un échec cuisant.

Ce sera le glas de la carrière d’Arlette Poirier. Elle avait débuté en 1950, en 1960 elle tirait sa révérence.

poirier arlette

On la revit un peu à la télévision au début des années 70 et elle donna son baroud d’honneur en étant de la distribution de « Je Suis Frigide, Pourquoi? »

Ce ne sera pas un retour de l’actrice mais un simple ricochet.

Arlette Poirier s’était retirée dans le Var, elle y coulait des jours paisibles même s’il étaient assez démunis.

Elle s’est paisiblement éteinte le 30 Mai 2012.

Celine Colassin.

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QUE VOIR?

(A ma connaissance, la filmographie d’Arlette Poirier ci dessous est complète)

1950: La Dame de chez Maxim’s: Avec Saturnin Fabre et Jacques Morel

1950: Andalousie: Avec Carmen Sevilla et Luis Mariano

1951: Les Deux Monsieur de Madame: Avec Jean Paradés

1952: Ma Femme, Ma Vache et Moi: Avec Irène Corday

1952: Coiffeur pour Dames: Avec Fernandel et Renée Devillers

1952: La Fugue de Monsieur Perle: Avec Noël-Noël et Marie Glory

1953: Scampolo 53: Avec Maria Fiore et Henri Vidal

1953: Mon Gosse de Père: Avec Sirena Adgemova et Maurice Teynac

1954: C’est la vie Parisienne: Avec Claudine Dupuis et Philippe Lemaire

1954: Via Padova: Avec Guiletta Massina et Peppino de Filippo

1958: Montparnasse 19: Avec Lilli Palmer et Gérard Philipe

1958: Sérénade au Texas: Avec Luis Mariano, Germaine Damar et Bourvil

1960: Amour, Autocar et Boîtes de Nuit: Avec Robert Dalban et Robert Bern

1972: Je Suis Frigide, Pourquoi? Avec Sandra Julien et Marie-George Pascal

 

 

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