found 15 matching posts pour 'autres etoiles filantes'


lA SUITE C’EST PAR ICI

Comme je vous l’avais annoncé, cher amis cinéphiles, chers amis tout court ou simplement chers curieux,

Voici le moment de clôturer ce blog faute d’espace. Non qu’il soit « complet » mais je souhaite garder de l’espace disponible pour le mettre à jour au gré de mes trouvailles et le compléter d’anecdotes, de photos ou simplement de titres de films. Vous le savez, l’esprit de ce blog est aussi de rester « vivant » et en perpétuelle évolution et amélioration.

Stella Stevens

Stella Stevens

Je vous invite donc bien entendu à revenir vous promener au gré de votre fantaisie sur les deux premiers OPUS, histoire de voir ce qu’il y a de neuf

Et bien entendu je vous invite surtout à partir à la découverte de nouveaux destins, de nouvelles « Etoiles Filantes » du cinéma du XXème siècle sur « Encore d’autres Etoiles Filantes »

Déjà quelques prestigieuses marraines vous y attendent, histoire d’inaugurer ce nouvel espace avec panache dont Olivia Newton-John, Sabine Azéma ou Sydne Rome!

Bienvenue donc sur « Encore d’autres Etoiles Filantes »

http://cinevedette5.unblog.fr

Vera Ralston

Vera Ralston

ET si le blog n’est pas encore accessible, patience, c’est l’affaire de quelques jours, le temps qu’il soit pris en compte par les moteurs de recherche!

A bientôt donc!

Celine

Peggy Shannon

Peggy Shannon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

729: ZOE CHAUVEAU

zoe chauveau

A l’heure de clôturer cette seconde partie de la Saga des Etoiles Filantes pour ouvrir le troisième, je tiens ma promesse faite au début de cette partie: Croquer quelques portraits d’éphémères dont je ne sais rien ou si peu mais dont l’absence finit par faire figure d’injustice, d’oubli ou d’ostracisme.

Voici donc venu le moment d’évoquer la délicieuse Zoé Chauveau dont le cinéma s’enticha durant une dizaine d’années avant qu’elle ne s’en détourne.

C’est un peu la chronique d’un départ annoncé puisque Zoé avait déclaré à la presse après avoir été la vedette du dernier succès de Robert Enrico:  » Si le cinéma ne marche pas pour moi et bien tant pis! j’abandonnerai sans regrets et je retournerai à mes études! »

Zoé avait alors 20 ans, nous étions en 1980, elle tournait déjà depuis trois ans et on annonçait à grand tapage son prochain tournage dans un film de Just Jaeckin, le cinéaste le plus sulfureux du moment après avoir offert au monde un nouveau fantasme du nom d’Emmanuelle.

Zoé Chauveau naît à Boulogne Billancourt le 28 Mars 1959 et j’ignore complètement je l’avoue, ce qui amènera cette jeune adolescente de 17 ans devant les caméras de Claude Lelouch pour « Si C’était à Refaire ».

Film ambitieux, cinéaste de renom, distribution prestigieuse, rares sont les comédiennes qui auront eu la chance de débuter si jeunes dans de tels projets.

Quatre ans plus tard elle est la vedette de « L’empreinte des Géants » de Robert Enrico face à Serge Reggiani et Just Jaeckin n’attend qu’elle pour commencer le tournage de « Girls » avec Anne Parillaud.

Mais avant de tourner pour Jaeckin, elle a eu le temps de donner la réplique à Isabelle Huppert, Bernard Giraudeau, Philippe Léotard, Jean Yanne, Sydne Rome et même Jodie Foster et Marcel Dalio!

Après le film de Jaeckin, elle sera la vedette des « Filles de Grenoble » face à André Dussolier puis s’en ira, et pourquoi pas? Tenter l’aventure américaine. Zoé joue les ravissantes petites françaises de passage dans « Longshot », un film hélas sans intérêt, même pas celui d’avoir un jour existé.

Un petit faux pas exotique, peut-être, mais qu’importe puisque la charmante Zoé gagne aussitôt l’Italie pour être l’interprète de Sergio Corbucci face à Vittorio Gassman dans  » Il Conte Tacchia »

Zoé Chauveau est donc on ne peut plus clairement sur la « bonne voie » dans ce cinéma français qui cherche ses actrices de la prochaine décennie et dont Sophie Marceau sera bientôt la reine incontestée. Zoé tourne pour la télévision, Michel Drucker la reçoit sur ses plateaux, personne ne doute de son bel avenir d’actrice

Pourtant, rentrée en France pour donner la réplique à Richard Berry et à Brigitte Fossey dans « Le Jeune Marié », Zoé disparaît ensuite des écrans! On ne la reverra que dans deux courts métrages restés confidentiels, sans doute tournés pour faire plaisir aux amis, mais Zoé Chauveau a bel et bien tourné définitivement la page dès 1983.

Le cinéma français vite oublieux des jeunes beautés qui ont l’affront de le délasser passe lui aussi à d’autres distractions. Pourtant Zoé n’a pas coupé entièrement les ponts avec son ancien univers professionnel et elle est une des plus vieilles et des plus fidèles amies de Marie Trintignant.

C’est en sa compagnie que Marie se rendra à un concert de Noir Désir et c’est sous ses yeux que naîtra la passion tragique entre Marie Trintignant et Bertrand Cantat.

Celine Colassin

Anne et Zoé dans "Girls"

Anne et Zoé dans « Girls »

QUE VOIR?

1976: Si c’était à Refaire: Avec Catherine Deneuve et Anouk Aimée

1977: L’Ombre des Châteaux: Avec Philippe Leotard et Marcel Dalio

1977: Moi, Fleur Bleue: Avec Jodie Foster, Sydne Rome et Jean Yanne.

1978: Violette Nozière: Avec Isabelle Huppert

1980: L’Empeinte des Géants: Avec Serge Reggiani et Andréa Ferréol

1980: Girls: Avec Anne Parillaud

1981: Les Filles de Grenoble: Avec André Dussolier et Souad Amidou

1981: Longshot: Avec Leif Garrett

1982: Il Conte Tacchia: Avec Vittorio Gassman

1983: Le Jeune Marié: Avec Brigitte Fossey et Richard Berry

712: CATHERINE ALLEGRET

Catherine ALLEGRET

Ce n’est pas une mince affaire que d’évoquer Catherine Allégret dans ce florilège d’étoiles filantes.

Comme chacun le sait, Catherine Allégret née le 14 Avril 1946 à Neuilly sur Seine est la file du réalisateur Yves Allégret et de son épouse Simone Signoret.

Yves Allégret a donné à Simone Signoret deux rôles sublimes qui ont fait d’elle une des plus illustres actrices du cinéma français: « Dédée d’Anvers » et « Manège ». leur parcours personnel n’ a pas manqué de piquant! Ils se sont rencontrés en 1943, Catherine est née en 1946 et ils se sont résolus à se marier en 1948! Cette étrange chronologie étant due au fait qu’Yves Allégret était toujours marié à Renée Naville lorsqu’il a rencontré Simone Signoret et que Catherine est venue au monde.

La petite Catherine Allégret dans les bras des amère sous les yeux de son père

La petite Catherine Allégret dans les bras de sa mère sous les yeux de son père

Mais sa belle Simone, son égérie dont il a fait une star va tomber follement, irrésistiblement amoureuse du jeune acteur Yves Montand. Le couple se sépare, divorce. Catherine a quatre ans. Simone Signoret et Yves Montand vont se marier à Saint Paul de Vence le 22 Décembre 1951, Catherine a cinq ans.

Le jour du mariage, deux colombes entreront dans la salle du banquet et viendront se poser sur l’épaule de Simone qui prendra cela come un message du ciel, une promesse de bonheur. Les photos de Simone avec ses colombes feront le tour du monde, mais je n’ai pas vu les photos de la petite Catherine au mariage de sa maman. Y assiste-elle, je l’ignore.

Si les colombes tiendront leur promesse, Catherine restera toujours un peu « en dehors de la photo ».

Simone quittera Saint Paul de Vence la première, pour aller tourner un autre chef d’œuvre « Casque d’Or ». Le couple s’achètera un appartement place Dauphine qu’ils surnommeront « La Roulotte ». On y croisera tous les intellectuels de Paris et la mère de Montand qui s’installe à demeure.

Yves Montand et Simone Signoret c’est le couple phare du cinéma français et seul le couple Michèle Morgan-Henri Vidal peut lui être comparé.

Le public ne déteste pas oublier que Simone avait déjà été mariée et qu’elle avait une fille, on préférait oublier que Montand sortait du lit encore tiède d’Edith Piaf. On préférait faire comme s’ils étaient Roméo et Juliette, pourquoi pas? On était sorti de la guerre depuis à peine six ans, on comptabilisait encore les morts les déportés, il y avait encore des procès, des ruines, des pénuries et des restrictions, on pouvait bien rêver un peu, non?

catherine allegret

Catherine vit avec ce couple emblématique et tumultueux. Elle voit peu son père Yves Allégret. Il est remarié avec l’actrice Michèle Cordoue et surtout il a été très éprouvé par la mort de son fils Gilles qui s’est tué en voiture en 1955 à l’âge de 19 ans.

Lorsque Catherine sera devenue adolescente et qu’elle rêvera au cinéma, elle fera ses débuts sous la direction d’Henri George Clouzot qui avait dirigé sa mère dans un autre chef d’œuvre  » Les Diaboliques ».

La tâche est rude pour la jeune fille. Sa mère a déjà reçu l’Oscar à Hollywood, son beau-père a déjà plaqué Marilyn Monroe. Leur prestige est immense, leur empreinte est partout.

Imagine-on la place que peut bien tenir au sein de sa famille une petite fille de 14 ans, Catherine Allégret en 1960? Sa mère est à Hollywood pour y recevoir un Oscar, la récompense suprême pour un acteur de cinéma. Son beau-père y est également, il a signé un contrat pour trois films avec la Century Fox et il a commencé le tournage de « Let’s Make Love » avec Marilyn Monroe! Catherine admire de loin, elle, elle va à l’école et ne se trouve pas jolie. Ensuite Simone quitte Hollywood mais elle ne rentre pas à la roulotte, elle part tourner en Grèce avec Anthony Quinn. Montand a une liaison avec Marilyn, Catherine est seule sa famille au loin vacille. Simone Signoret laisse le film qu’elle tournait en plan! Elle ne peut décemment pas tenir le rôle de la vieille maquerelle Bouboulina et rivaliser avec Marilyn Monroe! Est-ce vraiment le moment de sortir du placard cette adolescente en plein âge ingrat? Même si Montand considère Catherine comme sa fille, elle ne l’est pas. Simone Signoret a fait deux fausses couches depuis leur rencontre et ne pourra pas lui donner les enfants dont il rêve et qu’elle rêve de lui donner. Elle n’aura qu’une enfant, Catherine, la fille d’un autre.

Sur l’échiquier des amours et des carrières, Catherine Allégret est un pion mal placé.

Elle tourne pour Clouzot, il a dirigé sa mère, elle tourne avec Serge Reggiani, il s’est fait décapiter pour ses beaux yeux dans « Casque d’Or ». Dans ces conditions comment pourra-on empêcher la presse de dire qu’elle a des rôles grâce à Yves, grâce à Simone?

Personne ne verra Catherine Allégret dans « L’Enfer ». Clouzot meurt avant la fin du tournage, le film reste inachevé. Catherine Allégret est brouillée avec la chance.

Il faudra attendre « Compartiment Tueurs » de Sébastien Japrisot pour enfin pouvoir apprécier un peu Catherine Allégret à l’écran.  Même si elles n’ont pas de scène ensemble, Simone Signoret fait partie de la distribution du film! Qui osera dire que ce n’est pas grâce à la mère que la fille travaille?

Pour la découvrir au cinéma. On voudrait qu’elle soit plus belle encore que la Simone Signoret de « Casque d’Or », meilleure actrice aussi, n’est-elle pas sa fille? N’a-elle pas été élevée par deux des plus grands acteurs de leur temps?

roger hanin-catherine allégret

La tâche n’est pas dure, elle est impossible.

On sera conciliants avec Catherine Allégret, après tout c’est la fille de Simone, mais c’est tout.

On s’attendrira un peu à l’heure des premières amours avec Jean-Pierre Bonnefous, alors danseur étoile de l’opéra de Paris avec qui elle s’est installée à Saint Germain des Près. Ils s’aiment, se chamaillent, se séparent, se réconcilient, c’est de leur âge, c’est charmant.

Mais le cinéma reste chiche. On a l’impression que les cinéastes n’osent pas lui confier de grands rôles qui forceraient la comparaison avec sa mère. Alors on l’engage quand même. Après tout c’est Catherine Allégret. Mais si les cinéastes ont du talent comme Michel Drach ou Claude Lelouch, les rôles ne prêtent pas à conséquence. On ne confiera jamais de rôles à Catherine Allégret qui obligeront à la comparaison obligatoire avec sa mère. Catherine n’aura ni si sa Dédée ni sa Casque d’Or ni son Macadam.

En 1971 on la voit à peine dans « L’Aventure c’est l’Aventure » où elle milite pour le statut des prostituées, sa mère trouble Alain Delon soi-même dans « La Veuve Couderc.

Le cinéma français a un rapport très étrange avec les enfants de ses très grandes stars. Alors que les distributions foisonnent de » filles et fils de ». Ils restent étrangement cantonnés à des rôle de second plan. Comme si leur nom au générique apportait du prestige mais leur présence à l’écran n’apportait rien.

Mike Marshall, fils de Michèle Morgan, Giulia Salvatori, fille d’Annie Girardot, Anthony Delon fils d’Alain Delon,, Sarah Biasini, fille de Romy Schneider, Laura Smet, fille de Nathalie Baye seront logés à la même étrange enseigne que Catherine Allégret. Même Tonie Marshall, la fille de Micheline Presle passera derrière la caméra après avoir un peu piétiné devant. Parfois certains noms se détachent ou ont plus de chance comme Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg, Arthur Jugnot ou Lou Doillon. Mais qui trouverait leurs carrières comparables à celles de leurs parents?

Catherine se mariera avec le comédien Jean-Pierre Castaldi qui lui aussi peine un peu à trouver sa place dans le cinéma. Le couple aura un fils, Benjamin qui deviendra présentateur de télévision.

La famille Castaldi

La famille Castaldi

Le couple divorcera, Catherine vivra ensuite avec le comédien Maurice Vaudaux, père de sa fille Clémentine.

Aujourd’hui Simone Signoret et Yves Montand ne sont plus. Catherine avait vu sa mère décliner inexorablement dans la maladie et l’alcool. Elle avait vu sans rien pouvoir y faire Casque d’Or devenir Madame Rosa. Effarée que sa mère si glorieuse et autrefois si belle ose se montrer dans un tel état, dans un tel personnage à l’écran.

Ce sera un dernier triomphe, un César. Comme si il était dit que Simone Signoret serait toujours la grande, toujours celle qui aurait le dernier mot.

Simone Signoret s’éteint le 30 Septembre 1985. Yves Montand lui survivra six ans. Six ans durant lesquels il se remariera, aura enfin l’enfant dont il rêvait avant de rejoindre Simone Signoret au Père Lachaise. Montand s’éteint le 9 Novembre 1991.

Une pluie d’hommage va s’abattre sur l’homme à un point tel que Marlène Dietrich va s’en offusquer depuis sa retraite de l’avenue Montaigne: « Mais qu’a donc fait ce Montand pour la France? »

Et puis il y aura le bal des vautours comme pour chaque nouvelle dépouille intéressante. Les langues se délient, des enfants cachés surgissent on exhume quelques ossements pour des test ADN. Catherine se tait. Elle a tourna la page, toutes les pages. Elle a pardonné certaines choses, en a oublié d’autres, elle ne veut garder que le bon souvenir d’êtres fabuleux qui auront été ses parents.

Le cinéma n’a toujours pas daigné lui donner sa grande chance, son rôle éclatant. mais elle vieillit et la ressemblance physique avec sa mère commence à se dessiner un peu plus encore. Elle reçoit parfois des rôles plus intéressants comme celui de la grand’mère tenancière de bordel d’Edith Piaf dans « La Môme ».

Des rôles ou aux réunions de castings on a dû se dire « Il aurait fallu une Signoret » ce à quoi on a répondu « Prenons sa fille! »

Heureusement, la télévision aura été plus clémente avec elle et lui aura donné à la fois plus de travail et plus de matière à défendre. C’est sur le tournage de « Navarro », la série menée par Roger Hanin qui dura de 1989 à 2007 qu’elle a rencontré son compagnon Maurice Vaudaux.

Mais il était dit que le couple Signoret Montand resterait vivant dans l’ombre de la comédienne. Son fils Benjamin écrit un livre où il dévoile les rapports très tendancieux qu’entretenait Montand avec sa belle-fille. Mais l’auteur ne s’étant pas appesanti sur les détails pratiques, la presse fit de Catherine Allégret la  »Maîtresse de Montand » . C’était faux et obscène. Catherine Allégret devra plonger dans la tourmente médiatique, expliquer, justifier. « Cette vérité là, c’est à moi de la dire ».

Etant bien d’accord sur ca, Je me contenterai de clore cet article en souhaitant qu’enfin le cinéma donne à Catherine Allégret le rôle qu’elle mérite infiniment et qu’a nos yeux enfin elle brille de son propre éclat et non de celui de la « Fille de… »

Celine Colassin

catherine allegret

QUE VOIR?

1964: L’Enfer: Avec Romy Schneider et Dany Carrel (Inachevé)

1965: Lady L: Avec Sophia Loren, Paul Newman et David Niven

1965: Compartiment Tueurs: Avec Francis Perrin et…Simone Signoret.

1966: Carré de Dames pour un As: Avec Sylva Koscina et Roger Hanin

1968: A Tout Casser:  Avec Annabella Incontrera, Johnny Hallyday et Eddie Constantine

1969: Le Temps de Vivre: Avec Marina Vlady et Frédéric de Pasquale

1970: Le Champignon: Avec Mylène Demongeot et Alida Valli

1970: Elise ou la Vraie Vie: Avec Marie-José Nat

1971: L’Aventure c’est l’Aventure: Avec Nicole Courcel et Lino Ventura

1971: Smic, Smac,  Smoc: Avec Amidou et Charles Gérard

1971: Ca N’arrive qu’aux Autres: Avec Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni

1972: Le Dernier Tango à Paris: Avec Maria Schneider et Marlon Brando

1972: Sex Shop: Avec Béatrice Romand, Jean-Pierre Marielle et Claude Pieplu

1972: Beau Masque: Avec Dominique Labourier et Gaby Sylvia

1973: Les Volets Clos: Avec Marie Bell et Catherine Rouvel

1973: Les Granges Brûlées: Avec Simone Signoret, Miou-Miou et Alain Delon

1974: Vincent, François, Paul et les Autres: Avec Yves Montand, Marie Dubois et Antonella Lualdi

1974: Paul and Michelle: Avec Anicée Alvina et Sean Bury

1974: Le Hasard et la Violence: Avec Katharine Ross et Yves Montand

1975: La Course à l’Echalote: Avec Jane Birkin et Pierre Richard

1976: Mord pas, On T’aime! Avec Bernard Fresson

1979: Clair de Femme: Avec Romy Schneider et Yves Montand

1981: Une Robe Noire pour un Tueur: Avec Annie Girardot et Claude Brasseur

1981: Chanel Solitaire: Avec Marie-France Pisier et Timothy Dalton

1982: Josepha: Avec Miou-Miou et Claude Brasseur

1983: Le Braconnier de Dieu: Avec Annie Cordy, Pierre Mondy et Jean Lefèvre

1989: L’Orchestre Rouge: Avec Dominique Labourier et Claude Brasseur

2004: Mariages! Avec Miou-Miou, Jean Dujardin et Lio

2007: La Môme: Avec Marion Cotillard, Jean Paul Rouve et Emmanuelle Seigner

2010: La Rafle: Avec Mélanie Laurent et Jean Reno

2010: Fatal : Avec Michael Youn

710: CELESTE HOLM

celeste-holm

Je culpabilise toujours un peu lorsque j’inscris des actrices de grand prestige parmi mes « Etoiles Filantes « et non parmi mes incontournables.

Après tout, Céleste Holm est une star hollywoodienne oscarisée et elle restera immortelle à jamais pour son rôle de Karen dans « All About Eve », rôle qui lui valut une autre nomination aux Oscars!

Celeste Holm et son Oscar du meilleur second rôle pour "Gentlemen's Agreement" en 1947

Céleste Holm et son Oscar du meilleur second rôle pour « Gentlemen’s Agreement » en 1947

Mais si Céleste fut incontestablement une grande actrice et une star hollywoodienne au franc parler aussi direct qu’insolent, force est d’avouer qu’elle ne porte aucun film sur ses seules épaules et que tout compte fait, le cinéma ne l’intéressait pas tant que ca!

Et si à l’heure de sa mort, la presse du monde dentier relaya l’évènement, c’est qu’elle avait 95 ans et que nombre de gazettes croyaient que cette triste chose avait eu lieu depuis bien longtemps! Le dernier film qu’elle venait de tourner « Driving Me Crazy » n’aurait aucun succès et pour l’actrice il sortirait de manière posthume.

Celeste Holm

Céleste vient au monde le 29 Janvier 1917 dans sa chère ville de New-York qu’elle adorera toujours plus que tout au monde. Pourtant, ses parents dont elle est la fille unique voyagent beaucoup et la demoiselle grandira essentiellement à Chicago, mais aussi en France et en Hollande.

Mais où qu’elle se trouve, la jeune Céleste ne rêve que de théâtre ou plus exactement de Broadway. Existe-il d’autres scènes?

Elle fera donc ses débuts dans un Shakespeare mené par Leslie Howard où on ne la voit qu’à peine. Mais malgré une volonté de fer doublée d’un talent certain et d’une joliesse évidente, elle devra attendre 1940 pour trouver des rôles un tant soi peu convenables.

celeste holm

En 1943 elle triomphe enfin dans « Oklahoma ». Hollywood s’intéresse aux droits de l’opérette, Gene Kelly a qui elle a donné la réplique sur scène quelques années plus tôt étant considéré comme un expert en comédies musicales par Hollywood, il en profite pour attirer l’attention sur sa belle et excellente amie Céleste.

Mais Céleste ne viendra à Hollywood qu’en 1946. Sa vie était déjà à Broadway depuis des années. Elle avait d’ailleurs eu le temps de se marier en 1936 avec le producteur-réalisateur acteur Ralph Nelson avec qui elle a un fils, Ted.

Le mariage se termine en 1939 et Céleste confie la garde et l’éducation de son petit garçon à ses propres parents. Plus tard questionné à ce propos, Ted Nelson, un des pionniers de l’internet déclarera « Ma mère a eu raison, c’était la meilleure chose à faire! »

celeste holm

A peine divorcée, Céleste se remarie le 7 Janvier 1940 à l’éditeur Francis Emerson Harding Davies. Mariage qui se soldera par un divorce en 1945.

Céleste, avant de partir voir de près à quoi Hollywood ressemble se remarie pour la troisième fois avec A. Schuyler Dunning qui sera le père de son second fils  Daniel Dunning.

On le voit, lorsque Céleste Holm débarque dans le cité du film, ce n’est pas en jeune starlette ambitieuse et folle de bikinis, c’est en grande vedette de Broadway flanquée de son troisième mari!

Celeste Holm

Dès ses débuts dans « Trois Petites Filles en Bleu », Céleste sera très vivement remarquée. Sa présence transcende le rôle et transperce l’écran. Et ce malgré la présence dans un autre second rôle de Vivian Blaine qui est pour le moins difficile à éclipser! Avec le recul, je me demande si quelqu’un s’est rendu compte que la délicieuse June Haver était la vedette du film!

celeste holm

Dès l’année suivante, son rôle dans « Gentlemen’s Agreement » lui vaut l’Oscar 1948 de la meilleure actrice dans un second rôle. Ce n’est pas la catégorie la plus prestigieuse. Certes. Mais Céleste évinçait  des actrices telles que Gloria Grahame, Marjorie Main, Anne Revere et Ethel Barrymore! Avouons que ce n’est pas rien!

celeste Holm Oscar

La preuve était ainsi faite qu’à Hollywood, très vite la mèque du cinéma considéra non seulement Céleste Holm comme l’une des leurs mais comme une des grandes dames de la cité du film.

Normal! C’est ce qu’elle était! Dès que sa renommée fut suffisante pour lui valoir des demandes d’autographes de fans émerveillés, Céleste Holm va les vendre un dollar pièce! Non qu’elle soit vénale mais elle reverse la totalité des sommes récoltées, très vite conséquentes, à la recherche contre le cancer et au profit de l’enfance maltraitée, son grand cheval de bataille.

Certains avaient bien ri un peu de cette pratique, mais en 1966, alors qu’on ne la voyait plus guère au cinéma, l’UNICEF la remercia publiquement pour être une de leurs plus généreuses donatrices!

celeste holm

En 1950 elle est à nouveau nommée pour son rôle de religieuse dans « Come to the Stable » mais elle est évincée par Mercedes MacCambridge qui triomphe avec « All King’s Men ». L’année suivante, toujours nommée, cette fois pour All About Eve, elle perd au profit de la vétérane Joséphine Hull qui avait fait fondre tous les cœurs dans « Harvey » face à James Stewart.

Celeste Holm pour Smirnoff

On le voit, on l’a compris, Céleste Holm est tout simplement sensationnelle! Elle est même tout à fait passionnante sans se montrer à l’image. Joseph Mankiewicz lui confie la voix d’Addie Ross dans « Letter to Three Wives ». Le film commence après le départ de son personnage dont on ne fera qu’entendre la voix, ce qui est bien suffisant pour torturer  les âmes délicates de Linda Darnell, Jeanne Crain et Ann Sothern!

celeste holm

Mais dès 1950, avec « All About Eve » qui fait d’elle une icône à jamais aux yeux des cinéphiles, Céleste Holm se lasse! New-York et Broadway en particulier lui manquent. Elle n’était là que depuis quatre ans à peine et elle le savait passés à tourner des chefs d’œuvres et arpenter le tapis rouge à la cérémonie des Oscars!

Rien ne put la retenir. Elle plia bagages, regagna la côte Est, débuta à la télévision et divorça, tant qu’elle y était à faire place nette! Elle ne tournera que deux films durant toutes les années 50 et les deux fois pour faire plaisir à Frank Sinatra et non à Hollywood!

Elle recevra la plus prestigieuse récompense de toutes: le prix Sarah Siddons dont il est tellement question dans « All About Eve »! Elle réussira également la prouesse d’avoir de meilleures critiques  pour « Auntie Mame » que Greer Garson, Lucille Ball, Constance Bennett et même Rosalind Russell à qui pourtant le rôle appartient aux yeux du public américain. Seule Angela Lansbury lui aura tenu la dragée haute mais sans la supplanter dans le rôle.

celeste holm

Dès son divorce prononcé en 1952, elle choisit de vivre seule et s’offre un appartement au cœur de Manhattan. Elle l’achète si bon marché qu’elle a suffisamment d’argent dans son sac à main pour le payer comptant et en liquide. Oui!, Céleste Holm est une femme qui se promenait avec 10.000$ en liquide dans son sac en 1953!

holm celeste

Céleste Holm est donc bel et bien une étoile filante. Particulièrement brillante, certes, mais le fait demeure!

Elle attendra 1961 pour se remarier, cette fois avec l’acteur Wesley Addy qu’elle admirait depuis qu’elle l’avait vu incarner Hamlet à Broadway! Il fera de Céleste une veuve en 1996. Il avait 83 ans et elle en avait 80.

80 et toujours active! Elle le restera jusqu’à sa fin le 15 Juillet 2012.

Mais avant ce triste épilogue, il y aura encore d’autres épisodes retentissants!

Elle avait toujours gardé son franc parler et au beau milieu des années 70 elle s’exclame dans les oreilles d’un journaliste stupéfié: « Si les jeunes veulent fumer de la Marijuana qu’ils le fassent et qu’on leur fiche la paix! Si l’état américain veut interdire quelque chose à tout prix, qu’il interdise la télévision! Parce que lorsque vous voyez ces jeunes avachis et l’œil hagard devant leur maudit poste à regarder des imbécilités, c’est bien plus dramatique qu’une petite fumette de temps en temps! »

Celeste holm

Elle venait de terminer la série « Nancy » où elle avait un rôle récurrent et s’apprêtait à arpenter « Les Rues de San Francisco » avec Karl Malden et Michael Douglas! J’imagine la tête de ses producteurs! Mais la raison de cette vindicte était le pilote d’une série dont elle aurait été la vedette qu’elle avait tourné à ses frais et qui n’avait intéressé aucune chaîne!

Le temps passant, sa gloire télévisée et théâtrale  était intacte. Elle était richissime et son appartement de Manhattan acheté 10.000$ en 1953 allait bientôt valoir 10.000.000$. Et qui de plus est, ses fils l’avaient faite grand mère et avaient fait tous les deux fortune à leur tour.

Céleste Holm commit alors l’étrange! Le 29 Avril 2004, alors qu’elle vient de fêter ses 87 ans sur le plateau de la série « Whoopi » avec Whoopi Goldberg, Céleste Holm se remarie avec le ténor Frank Basile qui n’a jamais que 41 ans de moins qu’elle!

On ne pouvait certes que se réjouir pour l’alerte octogénaire mais la réalité était moins rose. Depuis 2002, la santé véritablement fracassante de Céleste Holm n’était plus qu’une vitrine pour les médias. Elle souffrait de plus en plus de la mémoire, il faudra lui placer une hanche artificielle puis un simulateur cardiaque et elle souffre maintenant de problèmes pulmonaires et d’un cancer de la peau.

Jusqu’à la fin, malgré la canne et le jeune mari, elle tiendra la dragée haute aux médias et ne se montrera jamais que parfaitement mise et l’Oscar prêt à surgir du sac à main.

C’est son fils cadet qui se charger a d’avertir la presse des intentions malveillantes du jeune mari en question qui selon lui ne cherche qu’à spolier sa richissime maman.

Le crépuscule est parfois cruel pour les étoiles, qu’elles soient filantes ou pas.

Affaiblie, Céleste Holm fut hospitalisée quelques jours mais sentant sa fin proche elle souhaita rentrer chez elle dans son cher appartement de Manhattan.

Celine Colassin

Celeste Holm

QUE VOIR?

1946: Three Little Girls in Blue: Avec June Haver et George Montgomery

1947: Gentlemen’s Agreement: Avec Dorothy McGuire, Gregory Peck et John Garfield

1948: Road House: Avec Ida Lupino et Richard Widmark

1948: The Snake Pit: Avec Olivia de Havilland

1949: Everybody Does It: Avec Linda Darnell et Paul Douglas

1949: Letter to Three Wives :Voix d’Addie Ross

1949: Come to the Stable: Avec Loretta Young

1950: All About Eve: Avec Bette Davis et Anne Baxter

1955: The Tender Trap: Avec Debbie Reynolds et Frank Sinatra

1956: High Society: Avec Grace Kelly et Frank Sinatra

1962: Bachelor Flat: Avec Tuesday Weld, Richard Beymer et Terry Thomas

1967: Doctor, You’ve Got to Be Kidding!: Avec Sandra Dee et George Hamilton

1973: Tom Sawyer: Avec Johnny Whitaker

1976: Bittersweet Love: Avec Lana Turner

1977: The Private Files of J. Edgar Hoover: Avec Broderick Crawford

1987: 3 Men and a Baby: Avec Tom Selleck

1997: Still Breathing: Avec Brenda Frazer

2012: Driving Me Crazy: Avec Jeanine Bartel et Keith Black

 

 

634: FRANCINE RACETTE

 

634: FRANCINE RACETTE images

Si je devais sélectionner parmi toutes les actrices dont j’ai déjà « croqué le portrait » pour mes « étoiles filantes » celle qui me paraît la moins avide de gloriole et autres mondanités people, nul doute que mon choix se dirigerait vers Francine Racette!

Cette belle canadienne née à Joliette en 1947 fut très longtemps ouvreuse au cinéma avant d’elle-même passer de la salle à l’écran.

J’ignore d’ailleurs les tenants et les aboutissants de ce brusque changement qui la fait passer au sens propre de l’ombre à la lumière, car la confidence journalistique est aussi étrangère à Francine Racette que la photo cheesecake, le blond platine ou le soutien-gorge rembourré!

C’est pour un de ses compatriotes québécois, Raymond Garceau qu’elle débute au cinéma en 1969 avec « Le Grand Rock »

Francine Racette joue Régine, une jeune mariée des campagnes québécoises qui veut tout ce que lui propose la publicité et son pauvre mari, pourtant bien brave au départ n’a d’autre choix que la criminalité pour la satisfaire!

Nous sommes clairement dans un cinéma d’auteur car non seulement il n’y a aucun nom connu au générique du film tourné en noir et blanc et en 16 millimètres mais l’auteur ne pointe pas du doigt la jeune épouse avide de biens matériels mais au contraire la considère comme la première victime. Non seulement Francine-Régine n’aura jamais l’aspirateur atomique dernier cri mais elle perd également son si brave mari.

En ces années où la jeunesse aspire a des satisfactions plus simples et plus philosophiques, les jeunes filles ne rêvant que de partir à Katmandou en minibus VW après avoir piétiné les visons de leur mère, la publicité déferle littéralement sur tous les vecteurs médiatiques et inonde le monde comme jamais. L’œuvre de Raymond Garceau dénonce ce nouveau phénomène de société en aveuglant son héroïne de message publicitaires jusqu’à ce qu’elle ne voie plus ni son mari ni même la beauté de la cambrousse québécoise qui les entoure. Le film est réussi, le message est transmis, mais on l’aura compris, on n’est pas dans « Le Gendarme de Saint Tropez », le « Grand Rock » ne risque pas d’être pour Francine Racette ce que fut la « Dolce Vita » pour Anita Ekberg!

francine_racette_60123-1400x1050-300x225

Alors comment se fait-il que l’année suivante on la retrouve à la télévision française avec Pierre Arditi?

Et commet se fait-il que l’année suivante encore, Francine Racette a tapé dans l’œil de Dario Argento qui lui a offert un rôle magnifique dans « Trois Mouches de Velours Gris » Avant cela encore elle a été la partenaire de Michel Duchaussoy dans un film français « Aussi Loin que l’Amour » et répète à Paris une pièce que mettra en scène Tibor Tardos!

Le tout comme on l’a vu en restant particulièrement secrète. On ne saura qu’une chose de la belle québécoise devenue actrice internationale. Une déduction: Elle ne tourne que dans des films d’auteurs!

En 1974, alors que sa carrière d’actrice n’a que cinq ans, le temps qu’il faut à d’autres pour sortir des rangs de la figuration, Francine Racette va faire la rencontre de l’homme de sa vie sur le plateau de son cinquième film. Le film c’est « Alien Thunder », l’homme c’est Donald Sutherland.

Donald Sutherland a douze ans de plus que la belle Francine mais comme elle, il est canadien

A l’heure de leur rencontre, Donald Sutherland a déjà été marié deux fois et a des enfants de sa deuxième épouse Shirley Douglas dont il a divorcé en 1970: son fils Kieffer et sa sœur jumelle Rachel.

Rien de tout cela ne fera obstacle au couple d’amoureux.

J’ignore si dès leur rencontre Francine Racette songea à abandonner le cinéma. En tout cas, le cinéma, lui, ne songeait pas à être abandonné par elle. Elle vient d’ailleurs de rencontrer Jeanne Moreau et celle-ci va la diriger face à Lucia Bose dans « Lumière ». Sa prestation vaudra à Francine Racette une nomination aux Césars du cinéma français pour son second rôle dans le film de Jeanne mais sa victoire lui sera soufflée par Marie-France Pisier.

2578742t-300x182

lumière

A l’heure de la cérémonie des Césars, Francine Racette se prépare à devenir maman. Son premier fils, Rossif vient au monde le 25 Septembre 1978 à Vancouver. Deux fils suivront Rossif: Angus et Roeg. Mais dès la naissance de son premier enfant, Francine Racette ne fut plus une actrice si l’on excepte « Au Revoir les Enfants » tourné par amitié pour Louis Malle en 1987 et après 9 ans d’absence.

Le couple Sutherland est toujours un couple uni et fier de ses enfants.  Ils vivent tantôt au Canada, tantôt à Santa Barbara, tout dépend de l’emploi du temps de monsieur, l’un des acteurs les plus mythiques et les plus sollicités du monde.

100r-376-022

Les Sutherland et leur premier né

QUE VOIR?

1969: Le Grand Rock: Avec Guy Thauvette

1971: Aussi Loin que l’Amour: Avec Michel Duchaussoy, Suzanne Flon et Salvador Dali

1971: Quatre Mouches de Velours Gris: Avec Mimsy Farmer et Jean-Pierre Marielle

1973: Les Vilaines Manières: Avec Jean-Luc Bideau

1974: Alien Thunder: Avec Donald Sutherland

1976: Mr Klein: Avec Alain Delon et Jeanne Moreau

1976: Lumière: Avec Lucia Bose, Jeanne Moreau et Caroline Cartier

1976: Un Type comme moi ne devrait jamais Mourir: Avec Jean-Michel Folon et Mort Schuman

1977: The Disappearence: Avec Donald Sutherland

1987: Au Revoir les Enfants: Avec Gaspard Manesse

 

633: MARY WICKES

633: MARY WICKES 8832_125293418948mary-wickes

Je vous avais promis, chers lecteurs cinéphiles lorsque j’ai ouvert le deuxième tome de ces « Etoiles Filantes » que je complèterais cette constellation de portraits en y ajoutant des articles consacrés aux « seconds couteaux » de légende.

Ces actrices qui au fil du siècle n’ont peut-être pas donné au cinéma ses lettres de noblesse mais ont été un gage de qualité pour les films où elles paraissaient. Et pour tout dire la garantie de notre plaisir.

Ces femmes que nous avons plus aimées qu’admirées, ces actrices de première force que l’on retrouve presque par surprise mais toujours avec plaisir dans l’ombre que leur font les grandes étoiles et dont la filmographie nous laisse soudain pantois et émerveillés.

Ces femmes telles Dominique Davray, Marthe Villalonga, Kathleen Freeman, Estelle Winwood, Jane Marken, Helen Broderick et tant d’autres, ces actrices que j’ai tant de plaisir à « croquer » dans ces pages même si retracer leur parcour personnel relève du pensum. La presse s’est toujours inquiété de savoir comment Marilyn Monroe obtenait sa nuance de rouge à lèvres ou si le fauteuil en rotin de Sylvia Kristel était confortable, mais de là à interviewer Gabrielle Fontan, point trop n’en fallait demander!

Mary Wickes  The Man Who Came to Dinner (1942)

Je vous invite aujourd’hui à retrouver l’une des plus extraordinaires d’entre elles: Mary Wickes

Mary Isabella Wickenhauser vient au monde le 13 Juin 1910 à Saint Louis dans le Missouri et se dépêchera de raccourcir son encombrant patronyme qui n’aurait pas tenu en entier sur un fronton de théâtre! Je reviendrai plus tard sur cette date de naissance sujette à caution.

Ses parents, Frank et Mary Isabella mère sont des immigrés irlandais très pieux et qui ne badinent pas avec l’éducation, même des filles! Notre héroïne, le futur clown du cinéma sortira diplômée de science pô!

Autant dire que si elle avait dit à papa et maman qu’elle voulait  monter sur les planches elle aurait connu le bûcher ou tout du moins le cachot ou  le couvent!

Elle devra donc attendre sa majorité et avoir gagné quelques sous pour tenter sa chance à Broadway et surgir sur les planches avec le jeune Henri Fonda peu décontenancé par sa taille proprement gigantesque pour son époque, handicap auquel elle n’avait pas du tout pensé!

Mary était consciente de n’avoir pas la beauté ravageuse d’une Joan Crawford, ni le glamour d’une Thelma Todd ni même l’élégance un tantinet compassée d’une Norma Shearer, mais elle était bien loin d’être un épouvantail! Si ce n’était cette taille rocambolesque!

Il était clair qu’elle ne serait pas Juliette, elle ne serait même pas Mary Pickford, si elle voulait briller, il allait falloir trouver autre chose que les rôles de charmantes!

Elle décida alors de faire de ce handicap une aubaine et elle accentua encore sa stature impressionnante d’une démarche rapide et masculine, d’une voix forte et de  gestes brusques! Genre dans lequel elle n’avait aucune concurrence puisqu’elle créait l’emploi! Et tant qu’elle y était, elle se vieillit de six ans pour faire plus « vieille fille » Mary Wickes était née en 1916 et non 1910, mais il faudra attendre son acte de décès pour découvrir cette judicieuse petite opération marketing.

Orson Welles sera le premier intrigué, puis c’est la Warner qui ayant entendu parler de cet étrange phénomène l’invita à Hollywood rejoindre le staff du studio. Mary Wickes, cabotine dans l’âme va tout oser, même de faire le pitre dans les films hautement dramatiques de Bette Davis! Laquelle lui arrivant péniblement au genou ne fit pas de commentaires! Abbott et Costello feront moins les dégoûtés et bientôt, Doris Day, Danny Kaye et Lucille Ball vont se l’arracher!

mary-wickes

Mary s’est fait une spécialité des personnages de grandes bringues volontiers blagueuses mais vite offusquée des plaisanteries des autres ce qui lui permet de tirer des têtes scandalisées qui font hurler le public de rire!

Le principe est souvent le même: Mary fait une remarque avec un sous entendu très drôle et probablement grivois à un personnage. le personnage mis en confiance lui répond d’une autre blague à sous entendu. Mary se marre un peu car en fait elle n’ a pas compris, puis comprend enfin et tire une tête outrée devant le pauvre personnage qui ne sait plus où se mettre. La drôlerie de l’ensemble vient du fait que c’est Mary elle-même qui a incité le personnage à sortir de sa réserve polie. Elle a d’ailleurs souvent une autorité quelconque sur  ce pauvre bougre ce qui rend sa situation encore plus délicate pour lui!

Son personnage, toujours secondaire varie peu d’un film à l’autre. En ces temps lointains les studios vous collaient une étiquette et s’en débarrasser relevait de l’impossible. Et puis Mary était estampillée second rôle, on ne débloquait pas des budgets sur une tête pareille! On n’avait pas encore inventé Barbra Streisand! Ses rôles sont généralement des sortes de numéros que les scénaristes ont rajouté à des scénarii un peu mièvres afin de faire pétiller à la fois l’actrice et le film comme c’est le cas dans « Mademoiselle Swing » où elle apprend à Michèle Morgan à bien se tenir!

Au milieu des années 50, la télévision étant de plus en plus populaire, Mary Wickes y sera de plus en plus présente. D’abord flanquée de Lucille Ball puis engagée par Disney qui fait d’elle un des personnages majeurs du « Mickey Mouse Club ». En 1966, elle connaît un triomphe personnel aux côtés de Rosalind Russell en religieuses pour « The Trouble with Angels ». Le film marquera les mémoires et inspirera 30 ans plus tard la série des « Sister Act ». La production partant à la recherche des bonnes sœurs survivantes du film de 1966. Bien entendu, Mary Wickes était bel et bien là, fidèle au poste! Elle reprit du service sous cornette et connut deux nouveaux triomphes personnels aux côtés cette fois de Whoopi Goldberg et Maggie Smith.

Devenue un des piliers du spectacle américain, elle passe des shows tv de Doris et Lucille aux planches de Broadway avant de revenir au cinéma, le temps ne semble pas avoir de prise sur Mary Wickes.

Elle était toujours active et venait de terminer « Little Women » avec Winona Ryder lorsque sa santé chancela. Il faut dire qu’elle avait officiellement allègrement dépassé les 80 ans, ce qui forçait l’admiration et était toujours bien trop occupée pour écouter ses signaux d’alertes physiques de plus en plus fréquents.

Mary Wickes souffrait d’un cancer du sein non diagnostiqué lorsqu’elle fut hospitalisée pour des problèmes rénaux. A peine arrivée à l’hôpital, incapable de tenir en place, elle s’était levée de son lit et s’était cassé la hanche! Elle fut emportée par sa maladie qui provoqua une hémorragie fatale quelques jours plus tard.

C’était le 22 Octobre 1995. L’impayable artiste officiellement avait 85 ans, en réalité 79 et venait de terminer « Le Bossu de Notre Dame », un dessin animé Disney où elle prêtait sa voix à une gargouille!

Restée célibataire et sans enfants, Mary Wickes avait souhaité reposer auprès de ses chers parents et fut inhumée à leurs côtés dans l’Illinois. Sa voisine de palier , la vétérane Fay Wray fut dévastée de chagrin à la perte de sa fantasque voisine.

L’actrice défunte fut amèrement pleurée par ceux qui l’avaient côtoyée. Avant que l’actrice ne soit incinérée et ne rejoigne l’Illinois, un service funèbre fut organisé à Los Angeles. A la fin de celui-ci lorsque les employés des pompes funèbres reprirent le cercueil, une des poignées céda et on entendit le bruit sourd à l’intérieur du corps bousculé de l’actrice. Un dernier petit gag bien dans son style avant l’ultime tomber de rideau.

Le temps passant n’a pas altéré son souvenir contrairement à d’autres vedettes bien plus célèbres qu’elle en leur temps et l’avènement d’internet l’a faite découvrir à une nouvelle génération de fans. Ne serait-ce que par son personnage de madame Lamont, professeur de ballet classique dans l’épisode « Le Ballet » dans la série « I Love Lucy » tourné en 1952 et qui fait le buzz bien plus d’un demi siècle plus tard!

Mary était une amie très intime de Lucille Ball et de Vivian Vance alias Ethel dans la série  » Love Lucy ». Vivian partit en éclaireuse en s’éteignant bien avant ses amies. Elle souffrait d’un cancer du sein qui s’était ensuite attaqué à ses os. Lucille et Mary souhaitant dire adieu à leur amie n’eurent pas le courage de la visite rune dernière fois et y allèrent ensemble. En sortant de chez Vivian, elles repartirent bras dessus bras dessous dans la rue et dès qu’elles eurent tourné le coin elles se mirent à pleurer de désespoir. Mary commenta « On braillait comme deux bœufs désespérés devant un abattoir, je suis sûre que les gens qui nous ont croisées ont cru qu’on tournait un film burlesque »

Celine Colassin

ilovelucymarywickes-248x300

I love lucy Lucille Ball et Mary Wickes

L’engouement constant autour de son art et sa personne lui valut une étoile posthume sur le « Walk of Fame », posée en 2004. Hollywood lui devait bien ça! Plus d’un demi siècle passé à nous faire rire tout en inspirant à Disney le personnage de Cruella dont elle était bien entendu la voix!

« Mary Wickes est une vraie superstar, car même si personne ne connaît son nom, tout le monde connaît sa tête! » Doris Day.

Doris n’aurait pu mieux dire, car non seulement Mary côtoya durant sa carrière un demi siècle de grandes vedettes de premier plan, depuis Bette Davis, Lucille Ball, Jane Wyman, Glenn Ford, Spencer Tracy, Olivia de Havilland, Rosalind Russell, Doris Day, Shirley MacLaine, Jennifer Jones, Jack Lemmon, Maggie Smith et Roger Moore jusqu’à Susan Sarandon, Jodie Foster, Meryl Streep, Michael Douglas, Whoopi Goldberg, Diane Lane et Claire Danes!

Mais elle fut une grande et fidèle amie des plus puissantes stars de son époque et il était inconcevable qu’elles ne fassent pas appel à ses services lors de leurs shows télévisés, qu’il s’agisse de Lucille Ball ou Doris Day, les plus fidèles d’entre les fidèles mais aussi de Red Skelton, Dinah Shore, Angela Lansbury, Shirley Temple, Bob Hope, Donna Reed, Debbie Reynolds ou James Stewart!

Je crois sincèrement que personne ne peut dire mieux!

Celine Colassin

wickes-brookings-1964-203x300

QUE VOIR?

1938: Too Much Johnson (court métrage) Avec Joseph Cotten et Orson Welles

1936: Seeing Red (court métrage): Avec Red Skelton

1942: Now Voyager: Avec Bette Davis et Paul Henreid

1942: Who Done It? Avec Bud Abbott et Lou Costello

1942: The Man Who Came to Dinner: Avec Bette Davis, Ann Sheridan et Billie Burke

1943: How’s About It?: Avec les Andrews Sisters

1948: June Bride: Avec Bette Davis et Robert Montgomery

1949: Anna Lucastra: Avec Paulette Goddard

1950: The Petty Girl: Avec Joan Caulfield et Elsa Lanchester

1951: I’ll See You in My Dreams: Avec Doris Day et Patrice Wymore

1952: The Story of Will Rogers: Avec Will Rogers jr. et Jane Wyman

1952:Young Man with Ideas: Avec Ruth Roman, Denise Darcel et Glenn Ford

1953: By the Light of the Silvery Moon: Avec Doris Day

1953: The Actress: Avec Jran Simmons, Teresa Wright et Spencer Tracy

1954: Destry: Avec Audie Murphy et Mari Blanchard

1954: White Christmas; Avec Vera Ellen, Bing Crosby, Danny Kaye et Rosemary Clooney

1954: Pa et Ma Kettle at Home: Avec Marjorie Main et Percy Kilbride

1955: Good Morning, Miss Dove: Avec Jennifer Jones et Robert Stack

1958: The Proud Rebel: Avec Olivia de Havilland et Alan Ladd

1961: The Sins of Rachel Cade: Avec Angie Dickinson et Roger Moore

1962: The Music Man: Avec Shirley Jones et Robert Preston

1964: Fate is the Hunter: Avec Nancy Kwan et Glenn Ford

1965: How to Murder your Wife: Avec Virna Lisi, Jack Lemmon et Claire Trevor

1966: The Trouble with Angels: Avec Rosalind Russell

1967: The Spirit is Willing: Avec Vera Miles et Cid Caesar

1972: Napoléon and Samantha: Avec Jodie Foster et Michael Douglas

1972: Snowball Express: Avec Nancy Olson et Dean Jones

1978: The Great Brain: Avec Jimmy Osmond

1980: Touched by Love: Avec Diane Lane et Deborah Raffin

1990: Poscards from the Edge: Avec Meryl Streep et Shirley MacLaine

1992: Sister Act: Avec Whoopi Goldberg et Maggie Smith

1993: Sister Act II: Avec Whoopi Goldberg et Maggie Smith

1994: Little Women: Avec Winona Ryder, Susan Sarandon et Claire Danes

 

613: ANN MAGNUSON

613: ANN MAGNUSON 0p9vhlvl7lxdhvv0

Evidemment, de par son principe même, ce blog s’est créé ses propres limites  dont les frontières sont parfois un peu floues voire indéfinissables. Car les « Etoiles Filantes du cinéma du XXème siècle » permet peut-être autant de cas de figures différentes que le blog ne contient et ne contiendra de portraits. Le clivage paraît simple entre les grandes diva du septième art qui ont marqué leur époque et nos mémoires et les autres. Toutes les autres qui souvent sans être moins brillantes ou moins belles ont manqué de chance, de temps ou de renommée.

Mais il y a cette autre catégorie de femmes, d’artistes qui ont tâté du cinéma, souvent peu et avec un succès mitigé, voire confidentiel mais qui sont dans d’autres domaines de véritables icônes.

Domaine où elles ne méritent pas un article tel que je leur consacre mais une véritable encyclopédie à leur culte et sont tout sauf des « Etoiles Filantes ». Je pense à Sarah Bernhardt, Mistinguett, Joséphine Baker,Edith Piaf ou Niko qui ne sont objectivement rien aux yeux des cinéphiles et figurent parmi les plus éblouissantes légendes dans leur domaine de prédilection.

ke602lpzfmxuxmp

Telle est Ann Magnuson. Strictement inconnue pour certains, icône incontournable et fabuleuse pour d’autres, dont je suis.

Ann Magnuson naît le 4 Janvier 1956 à Charleston en Virginie Occidentale. Ses parents sont ce qu’il est convenu d’appeler des intellectuels puisque son père est avocat et sa mère journaliste. Mais nous sommes quand même en province. Ann a également un frère « Bobby » qu’elle adore.

Lorsque Ann a 17 ans, en 1973, le premier programme de télé réalité déferle sur les Etats-Unis et passionne toute sa génération: « An American Family ». Un programme où il ne se passe rien! On suit une famille aisée de Santa Barbara dans ses activités quotidiennes. Ann n’en louperait un épisode pour rien au monde. Ses parents ne voient strictement aucun intérêt à la chose puisqu’en effet il n’y en a pas. Ann doit regarder son émission préférée dans la cuisine. C’est la mode aux USA depuis les années soixante d’avoir un troisième téléviseur (le second étant dans la chambre des parents).

Dix millions d’Américains suivent le programme où en principe il ne se passait rien. A ceci près que le couple de Santa Barbara va voler en éclats et que le beau Lance, le fiston de la famille va « avouer » son homosexualité. On ne disait pas encore « coming out » mais les réactions ébouriffées de l’Amérique profonde agirent comme un déclic sur la jeune Anne.

Elle regarda autour d’elle, un tantinet effarée et se rendit compte avec une stupéfaction extrême qu’en fait elle vivait chez les ploucs et qu’elle en était une aussi. La famille Magnuson elle-même fut très choquée de l’évocation de l’homosexualité  à la télévision un jeudi soir à l’heure du dîner, sans se rendre compte un seul instant que leur fils Bobby, lui aussi…

Comme un prophète sous l’impulsion d’une apparition divine, Ann fit ses valises et gagna New-York séance tenante. New-York où, espérait-elle, l’attendait la civilisation. la vraie, celle des esprits, pas des sanitaires!

annmagnuson

Ann a bien fait! Elle va devenir une véritable icône des intellectuels branchés de Manhattan. Elle devient une Dj célèbre et fait les belles nuits du Club 57 où elle se produit également dans quelques « performances » de son cru qui font le régal des habitués hilares tel que David Bowie, un de ses meilleurs amis. Elle chante, parfois faux en faux russe, danse, joue des percussions ou entre en scène en annonçant: « Je vais vous chanter la complainte d’une femme au foyer se rendant compte que son mari est possédé par le démon » la société bourgeoise des années 60 où elle a grandi devient le terrain idéal de ses délires et ses parodies, ensuite ce sera la télévision et sa bête noire Kate Bush qu’elle adore singer. Pour les Américain branchés, Ann Magnuson est ce qu’est Jennifer Saunders au cœur des Anglais! mais une Jennifer Saunders bien plus…Subversive!

Mais sa plus grande émotion « people » restera quand même sa rencontre avec Lance de « An American Family »

Durant toutes les années 70, l’icône des artistes et de la jet set côtoie tous les talents qui feront le génération future. Il était inévitable que les ayant divertis et inspirés, ils ne fassent pas appel à ses services lorsque leur propre heure de gloire serait venue.

C’est ainsi qu’elle débute au cinéma en 1980 et connaît une notoriété d’actrice cinq ans plus tard sous la direction de sa copine Susan Seidelman et avec son autre copine Madonna dans « Recherche Susan Désespérément ». Avant cela elle était allée se faire vampiriser par Bowie dans « The Hunger ». En 1987 elle accède au statut de star dans un premier rôle face à John Malkovich dans « Making Mr Right ».

Ann Magnuson se veut cependant plus une artiste polyvalente entre happening et underground qu’une actrice commerciale même si elle accède désormais à la tête d’affiche et aux génériques de films de prestiges dont certains, on l’a vu, ont marqué leur génération.

Toujours là où on ne l’attend pas, fidèle à elle-même tout en se renouvelant sans cesse, Ann Magnuson continue sa carrière éclectique pour la plus grande joie de ses fans. Et remercions en passant la télévision américaine de faire si souvent appel à ses services!

Sa série fétiche « An American Family » qui avait mis le feu aux poudres de sa carrière va devenir une espèce de réalité parallèle à la sienne.

Le beau Lance, le fils homosexuel de « An American Family » est frappé du sida. la télévision va diffuser un ultime épisode de la série à sa demande. On le verra mourant, demandant à sa famille réunie autour de lui de rester unie.

Ann Magnuson elle aussi veille son frère que l’implacable virus va emporter.

annmagnuson1

QUE VOIR?

1980: The Long Island Four: Avec David McDermott et Klaus Nomi

1982: Vortex: Avec James Russo

1983: The Hunger: Avec David Bowie

1985: Recherche Susan désespérément: Avec Madonna

1986: Sleepwalk: Avec Suzanne Fletcher

1987: The Critical Years: (court métrage) avec Birgit Berlin

1988: Tequila Sunrise: Avec Michèle Pfeiffer et Mel Gibson

1987: Making Mr. Right: Avec John Malkovich

1994: Cabin Boy: Avec Chris Eliott

1997: Lévitation: Avec Sarah Paulison

1997: Still Breathing: Avec Brenda Frazer

2000: Housebound: Avec Katharina Wressing

2002: Panic Room: Avec Jodie Foster et Forest Whitaker

2003: Ghostlight: Avec Richard Move et Deborah Harry

2007: Chaising Tchaïkovski: Avec Corinne Blanchon et Boyd Banks

2011: Woman’s Picture: Avec Corey Parker

2011: Rose (Court métrage) Avec Kim Howard et Stéphanie Norwood

 

570: ELSA MARTINELLI

570: ELSA MARTINELLI 4060419824_252bb4c575

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai un peu de mal à faire d’Elsa Martinelli une de mes « Etoiles Filantes » car j’ai une affection sans bornes pour cette actrice que j’ai longtemps considérée comme la perfection physique absolue, peut-être parce qu’elle était mon antithèse complète.

elsa martinelli

Je dois pourtant m’y résoudre. Sa carrière n’est en rien comparable à celle d’une Michèle Morgan, d’une Sophia Loren ou d’une Danielle Darrieux et son souvenir majestueux qui s’estompe déjà n’est pas celui d’une Marilyn, d’une Ava, d’une Rita ni même d’une Jayne.

elsa martinelli and cat

Elle a pourtant une particularité extrêmement rare chez les actrices: Elsa Martinelli est luxueuse.

elsa martinelli

Le 13 Janvier 1935, Elsa Tia voit le jour en Toscane, dans la petite ville  cernée de ramparts médiévaux de Grosseto.

elsa martinelli

La famille est aussi pauvre que nombreuse et à la fin de la guerre Elsa aura l’air d’un petit chat de gouttière efflanqué qui ferait plus pitié qu’autre chose. Les privations des jeunes années auront le même effet sur sa constitution que sur celle d’Audrey Hepburn, elles resteront filiformes à jamais.

La légende d’Elsa Martinelli, car légende il y a, voudrait que la belle enfant soit devenue un célèbre mannequin et que l’acteur Kirk Douglas ayant vu sa photo en première page de LIVE magazine soit tombé sous le charme et l’ait invitée à Hollywood.

elsa martinelli

Il est plus conforme à la réalité de dire que cette demoiselle, devenue jolie, rêvait certes de gloire et si elle avait fait quelques photos, LIVE magazine ce ne serait pas pour tout de suite. Elle avait plutôt fait de très modestes débuts au cinéma où on l’avait retrouvée perdue dans le casting du film de Claude Autan Lara « Le Rouge et le Noir ».

brushingelsamartinelli-201x300

Kirk Douglas, habitué des studios italiens où il s’attaquait alors au personnage d’Ulysse y avait croisé la jeune Brigitte Bardot alors dans sa période de « films italiens tous très cons mais où j’étais bien filmée, c’est déjà ça » et avait jeté son dévolu sur elle, souhaitant la ramener à Hollywood pour y tourner à ses côtés « La Rivière de nos Amours ». Hollywood ayant toujours fait l’effet d’un repoussoir à Brigitte Bardot, la jeune madame Vadim dédaigna l’offre même si Ulysse la pourchassa jusque sur les plages du festival de Cannes.

3286387361_621cc1233a_m

 

 

 

 

 

 

 

S’étant piqué de faire une découverte et Brigitte ayant elle-même déjà été découverte par Vadim, il jettera son dévolu sur Elsa Martinelli Marlon Brando jetait bien le sien sur une certaine Ursula Andress!

« L’affaire Kirk Douglas » sera racontée par Elsa elle-même. « J’avais fait pas mal de photos de mode et j’étais invitée par une agence New-Yorkaise à venir travailler en Amérique. Je suis arrivée à New-York avec dix dollars en poche. Le taxi jusqu’à l’hôtel qu’on m’avait recommandé m’en coûta six et la chambre pour la nuit, huit! J’étais en déficit immédiat! Je n’étais riche que de mon contrat avec l’agence mais si je n’avais pas donné satisfaction, dieu sait ce qu’il me serait arrivé car un contrat peut être rompu du jour au lendemain. Heureusement tout se passa bien et le lendemain j’étais riche de 300$ ce qui représentait 15 jours de travail pour une secrétaire New-Yorkaise! C’est alors que Kirk Douglas m’a appelée à mon hôtel après avoir vu ma photo en couverture de « LIFE ». Il m’a appelée et je ne l’ai pas cru, je croyais à une blague de Mario, un ami italien! Je lui ai posé des questions sur « 20.000 lieues sous les mers » que j’avais vu à Rome avant de partir pour les USA. Je lui ai même fait chanter la chanson du film! Quand j’ai été sûre que c’était bien Kirk Douglas, je lui ai dit « Bon, d’accord je serai à Hollywood demain! »

Elsa peaufina son anglais, aborda le style « westernien »  pour y devenir une  indienne et fut sensationnelle!

Kirk Douglas avait visé juste et avait bel et bien déniché un oiseau rare!

elsamartinelliaq8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle allait devenir une vedette confirmée à Hollywood et après ce bon vieux Kirk, elle donnerait la réplique à quelques mâles pointures tels John Wayne, Charlton Heston, Orson Welles, Robert Mitchum, Dustin Hoffman ou Richard Burton!

La jeune Elsa avait la tête bien faite et bien pleine, elle ne s’enivra pas de bourbon au volant de sa Cadillac rose, ne tomba pas amoureuse de James Dean ou de son psy et mena rondement ses affaires. Très vite elle rentrait en Italie, histoire d’asseoir sa popularité. Elle signa un contrat pour ses films européens avec Carlo Ponti qui lui fit tourner « La fille de la Rizière » et « Donatella » Sa prestation dans « Donatella » lui vaudra l’ours d’argent au festival du film de Berlin.

elsa martinelli

Le physique de la jeune actrice starifiée au milieu des années 50 préfigurait ce que serait l’idéal féminin des décennies futures et flanquait quand même un solide coup de vieux aux poupées rebondies telles Marilyn Monroe, Jayne Mansfield ou Jane Russell qui sentirent leur trône d’idéal féminin devenir plutôt glissant sous leurs confortables fesses.

Elsa s’était d’ailleurs fendue d’une charge à boulets rouges sur cette mode des poitrines opulents au printemps 1962: « J’ai réussi au cinéma sans posséder une poitrine invraisemblable mais aujourd’hui, surtout en Italie, il semble qu’il soit impossible d’être une actrice sans être d’abord une exposition ambulante de charmes pectoraux! Je croyais naïvement que les gens qui allaient voir des films s’intéressaient à l’histoire qu’on leur racontait! Si j’avais su qu’il suffisait d’un soutien-gorge rembourré pour les épater, je ne me serais pas donné tout ce mal pour jouer la comédie! »

frontoni-elsa-martinelli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Italie n’était pas peu fière de la réussite hollywoodienne de sa belle enfant, réussite d’autant plus inattendue qu’Elsa était complètement inconnue au pays à l’heure de son départ pour l’Amérique.

Elsa au rallye de Rome

Elsa au rallye de Rome

Elle devint une véritable star internationale, sa partageant entre deux continents. La mode des coproductions internationales lui ouvrit les portes du cinéma français où après avoir été la partenaire de Jean Marais elle serait dirigée par Roger Vadim.

elsa martinelli

Sa photogénie et son élégance racée lui ouvrirent toutes grandes les portes de l’univers de la mode et Elsa devint une habituée des pages VOGUE ou HARPER’S BAZAAR. Elle allait faire pour le compte de Chanel la couverture de LIVE magazine  ce qui dut faire plaisir à Kirk Douglas qui avait anticipé l’évènement de neuf ans!

Durant toutes les années 60 et 70, Elsa Martinelli fut terriblement présente, folle de mode, jet setteuse infatiguable sa vie semblait faite de tournages de prestiges, vols longs couriers, réceptions mondaines, défilés haute couture où on la croisait tant sur les podiums qu’au premier rang des richissimes acheteuses.

Elsa devint comtesse en 1957 en épousant Franco Mancinelli Scotti di San Vito, père de sa fille Christiana qui vient au monde en 1958.

Le comte est très beau et n’a rien à envier aux jeunes premiers en vogue. la presse est folle de ce couple jeune beau riche et heureux. leur voyage de noces à Port Ercole en Toscane fait chavirer les cœurs et au mois de Juillet suivant ils y retourneront et le public  en sera tout aussi ravi. n ce régale en ce bel été de leur photos d’amoureux se promenant main dans la main dans le petit port ou jouant comme tous les amoureux du monde dans la Méditerranée plus bleue que d’habitude pour fêter ce bel amour.

elsa martinelli

Plus tard, Elsa deviendra l’épouse du photographe Willy Rizzo avec qui elle créera son entreprise de design mobilier. Entreprise qui fut considérée comme un caprice et qui finit par compter plus de 150 ouvriers. Il faut ici rendre à Cesar ce qui est à lui, Willy Rizzo s’était attanqué au design dès le milieu des années 60 et c’est Elsa qui vint le rejoindre pour lancer l’entreprise dont la production fit les délices de Brigitte Bardot mais aussi de Salvador Dali ce qui me semble gage de qualité comme de prestige lorsqu’un artiste de la trempe de Salvador Dali craque sur votre travail de designer et casse sa tirelire pour s’offir quelques pièces! C’est un peu comme si Picasso vous achetait un tableau!

Elsa-Martinelli

Elsa avait mis plusieurs années avant d’épouse Willy Rizzo, non que l’envie lui en manquât, mais elle attendait comme Sophia Loren et Vittorio de Sica le bon vouloir du tribunal ecclésiastique seul habilité à dénouer ce qui avait été noué devant dieu! Un jour qu’une journaliste lui demandait pourquoi elle n’était pas mariée avec Rizzo elle répondit: » C’est à l’Italie qu’il faut demander ça, pas à moi! »

elsa martinelli

Le couple Rizzo qui avait convolé en 1970 finit par divorcer et Elsa continua sa prestigieuse carrière d’actrcie et de mondaine internationale. Elle avait pourtant déclaré: « Tous les couples mariés doivent affronter un monstre sans pitié: l’habitude. Willy et moi avons nos chambres et nos salles de bains séparées. Lorsque nous avons envie de nous aimer ou simplement de nous voir, nous nous donnons rendez-vous chez nous, c’est tout à fait merveilleux et si tout le monde faisait comme nous, il y aurait bien moins de divorces! »

elsa martinelli

Dès la fin des années 70 elle délaissa sa carrière d’actrice même si on la verra encore à la télévision jusqu’au milieu des années 90. Et j’insiste sur le fait que c’est bien Elsa qui délaissa le cinéma et non l’inverse. Sous prétexte de libération sexuelle, la pornographie finissait pas envahir tous les écrans dans une sorte d’escalade à la nudité et aux pratiques sexuelles en gros plan.

elsa martinelli

Elsa qui avait été une femme libre avant la lettre, n’avait jamais eu que faire d’un soutien gorge et avait beaucoup posé pour l’objectif de charme de son ami Angelo Frontoni avait l’image d’une star très libérée.

elsa martinelli

Les propositions qui lui étaient faites étaient bien plus que scabreuses et l’actrice les goûtait fort peu. « Je n’ai rien à faire dans ce cinéma vulgaire et cru fait par des gens laids qui s’affichent nus au nez des gens avec beaucoup de complaisance. Si ce cinéma -là doit exister il est urgent de créer un circuit parallèle qui regroupera les amateurs du genre et permettra aux familles d’encore fréquenter les salles obscures sans rougir de honte »

elsa martinelli

Restée très belle on la revoyait à la cérémonie des Oscars en 2008 dans une robe fourreau rouge drapant sa gracieuse silhouette et perchée sur des talons aiguilles gigantissimes. Elsa Martinelli était belle, elle était discrète mais pas retraitée.

elsa martinelli

Sans doute posait-elle parfois un regard satisfait sur l’Ours d’or de la meilleure actrice que lui décerna le prestigieux festival de Berlin en 1956 qui doit trôner sur une création Willy Rizzo quelque part dans sa villa.

Elsa paie son tribut aux années 70!

Elsa paie son tribut aux années 70!

Peut-être passait-elle en coup de vent, sanglée dans le dernier trench Dior, masquée derrière ses lunettes noires revoir quelques autres pièces Willy Rizzo exposées au musée d’art moderne de New-York.

elsa martinelli

Je l’ignore. Mais quoi que fasse Elsa Martinelli, je sais qu’il était bien ainsi. La mort la surprendra dans sa 82ème année le 8 Juillet 2017.

C’était un samedi, un sombre samedi où le monde perdait un peu de son élégance et de sa lumière.

Celine Colassin

4120879309_bf5ab549cd

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QUE VOIR?

1954: Le Rouge et le Noir: Avec Danielle Darrieux, Gérard Philippe et Antonella Lualdi

1955: The Indian Fighter: Avec Kirk Douglas

1956: La risaia: Avec Michel Auclair et Folco Lulli

1956: Donatella: Avec Walter Chiari

1957: Manuela: Avec Trevor Howard et Donald Pleasance

1958: La Mina: Avec Antonio Cifariello

1959: Ciao, ciao bambina! Avec Antonio Cifariello et Lorella de Luca

1959: I battellieri del Volga Avec John Derek et Dawn Addams

1959: Tunisi Top Secret: Avec Raf Mattioli et Georgia Moll

1959: Costa Azzurra: Avec Rita Gam, Alberto Sordi et Georgia Moll

1959: La Notte Brava (Les garçons) Avec Laurent Terzieff, Jean-Claude Brialy et Franco Interlenghi.

1960: Il carro armato dell’8 settembre: Avec Dorian Gray, Yvonne Furneaux et Marisa Merlini

1960: I piaceri del sabato notte: Avec Jeanne Valérie et Maria Perschy

1960: Et Mourir de Plaisr: Avec Annette Stroyberg et Mel Ferrer

1960: Le Capitan: Avec Jean Marais et Bourvil

1960: Un amore a Roma: Avec Mylène Demongeot et Peter Baldwin

1961: La Menace: Avec Marie-José Nat et Robert Hossein

1962: Hatari: Avec John Wayne

1962: Le Proces: Avec Jeanne Moreau et Anthony Perkins

1962: The Pigeon That Took Rome: Avec Charlton Heston

1963: the V.L.P’s: Avec Orson Welles, Elizabeth Taylor, Richard Burton et Louis Jourdan

1964: De l’Amour: Avec Anna Karina et Michel Piccoli

1965: La decima Vittima: vec Ursula Andress et Mrcello Mastroianni

1965: Je vous Salue Mafia: Avec Eddie Constantine, Micheline Presle et Michel Lonsdale

1965: La Fabuleuse Aventure de Marco Polo: Avec Horst Bucholz et Orson Welles

1965: Un Milliard dans un Billiard: Avec Jean Seberg et Claude Rich

1965: L’Or du Duc: Avec Claude Rich et Pierre Brasseur

1966: Come imparai ad amare le donne: Avec Michèle Mercier et Nadia Gray

1967: Le Plus Vieux Métier du Monde: Avec Gastone Moschin

1967: Sept Fois Femme: Avec Shirley MacLaine et Lex Barker

1967: Maroc 7: Avec Cyd Charisse et Gene Barry

1967: Le Plus Vieux Métier du Monde: Avec Gastone Moschin

1968: Un dollaro per 7 vigliacchi: Avec Dustin Hoffman et Cesar Romero

1968: Manon 70: Avec Catherine Deneuve et Jean-Claude Brialy

1968: Candy: Avec Ewa Aulin, Richard Burton et Ringo Star

1969: Les Chemins de Katmandou: Avec Jane Birkin et Renaud Verley

1970: OSS 117 prend des Vacances: Avec Luc Meranda et Edwige Feuillère

1971: La Aracuana: Avec Victor Alcazar et Antonio Alfonso

1976: Garofano Rosso: Avec Marina Berti et Isa Barzizza

1990: Arriverderci Roma (Court Metrage) Avec Valentina Forte et Gordon Thomson

1993: Anni 90 Parte II: Avec Carol Alt et Christian de Sica

ELSA MARTINELLI dans VOGUE

mx-2600n_20110718_141323_0161sans-titre

562: JULIETTE COMPTON

562: JULIETTE COMPTON 2pkf53obt96tbo9fjuliettecompton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

S’il y a parmi mes étoiles filantes quelques destins que l’on pourrait qualifier de « classiques » pour les avoir déjà évoqués plusieurs fois avec peu de variantes, celui de Juliette Compton restera unique en son genre puisqu’Hollywood eut l’idée complètement saugrenue de faire de cette grande beauté la reine de…la contrefaçon!

Miss Juliette Compton naît le 3 Mai 1899 à Colombus en Géorgie. Débuts classiques pour cette beauté qui rêve de théâtre, tente la grande aventure New-Yorkaise et grimpe les échelons en montant sur les planches de Broadway jusqu’à la scène des « Ziegfeld Folies »!

On sait à quel point ce label « Ziegfeld » estampille les actrices « beauté fabuleuse » et avec quelle concupiscence le cinéma se penche sur leurs clichés promotionnels la bave au coin des bobines!

tumblr_lmr8xm5BWc1qbrdf3o1_500juliettecompton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Américain standard n’a jamais eu les moyens de s’offrir une place pour assister à cette délectation visuelle réservée à des milliardaires bienheureux. Mais la réputation érotico-sulfureuse de ces dames que l’on disait nues s’était répandue jusqu’en des confins invraisemblables où l’on aurait été bien incapable de situer New-York sur une carte! Le fantasme allait bon train à travers le monde et le cinéma ne se faisait pas faute de profiter de cette publicité gratuite qui…Ne pouvait guère servir à Ziegfeld puisqu’elle titillait les envies d’un public qui n’aurait jamais les moyens d’être le sien.

Miss Compton a 25 ans lorsqu’elle fait pour la première fois don de sa beauté à un metteur en scène de cinéma. C’est Bertram Phillips qui la dirige dans « Her Redemption ». Un film policier sans grande ambition si ce n’est de proposer de nouvelles têtes au public et voir ce que celà donne! La « vedette » de la chose est Queenie Thomas, une actrice qui besogne devant les caméras depuis 1918 et dont l’histoire de septième art ne retiendra rien ou si peu. La véritable « attraction » de « Her Redemption » c’est bien la Ziegfeld Girl Juliette Compton!

juliette compton

Juliette passa semble-il le « test « avec brio car dorénavant elle tournera plusieurs films par an et dès 1926 elle est tête d’affiche, portant seule sur ses belles épaules toute la responsabilité du succès car on ne lui donne pour partenaire que des nouveaux « bellâtres » à tester et jamais de ces acteurs qui font déjà se pâmer les midinettes comme Valentino ou Niels Asher.

Elle passera avec beaucoup de chic et de glamour la fatale étape du parlant et se verra bientôt honorée d’un contrat chez Paramout!

C’est au service de ce studio qu’elle va vivre l’étape la plus étrange de sa carrière. Greta Garbo règne alors en reine absolue sur le cinéma, sur Hollywood et sur la MGM. la Paramount enrage et je ne sais qui s’avisant un jour que Juliette Compton avait dans le regard cette sorte de langueur suédoise et désabusée sous la paupière lourde comme la divine soi-même, le studio n’hésita pas à faire de son actrice le sosie parfait de Greta!

47n2i73igp6m742pjuliettecompton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais comme le disait elle-meme Greta la principale intéressée: »Il n’y aura jamais qu’une seule Greta Garbo, c’est moi, car j’ai quelque chose que les autres n’ont pas, moi je suis un peu détraquée! »

Paramount se le tint pour dit, d’ailleurs ils avaient fait venir à grands frais une nouvelle bombe, germanique, cette fois, une certaine Marlène Dietrich.

Celle-ci fut bien mieux traitée que Juliette, on la distribua d’emblée dans un film de prestige taillé sur mesure pour son auguste personne et dans les bras de Gary Cooper. Ce fut « Morocco » qui valut d’emblée une gloire absolue à son actrice avec une nomination aux Oscars à la clé. Quant à Juliette, le studio Paramout, bon prince, la distribua aussi dans le film et omit de la mentionner au générique, comme c’est bête!

Le film terminé, tant qu’on y était, on singea Juliette en Marlène après l’avoir singée en Greta!

qndz6roaspm2aopzjuliettecompton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’actrice toute à ces mutations physiques trouva le temps de devenir madame James Bartram en 1931 . Ephémère mari dont elle se séparerait cinq ans plus tard pour ne songer à divorcer qu’en 1942.

La Paramount ne délaissait pas Juliette pour autant, elle tourna quand même sept films en 1931 et partagera l’affiche avec quelques grands noms dont Marlène et Gary déjà cités mais aussi Joan Crawford, Ann Harding, Robert Montgomery, Sylvia Sydner, Billie Burke,  Ruth Chatterton, Robert Donat, Marion Davies ou Laurence Olivier qui aura le triste privilège de lui donner sa dernière réplique en 1941 dans « That Lady Hamilton » qu’il joue avec son épouse Vivien Leigh dans le rôle titre. Elle est soumise comme tant d’autres au régime « premer rôle dans de petits films, second rôle dans de grands films ». Un des « systèmes » les plus inébranlables d’Hollywood.

Lorsque le contrat Paramount viendra à  terme, Juliette s’en ira chez MGM le sancutaire de la divine Greta.

C’est à Londres qu’elle tourne son ultime film « That Lady Hamilton ».

La guerre terminée on ne revit pas Juliette Compton. Elle était rentrée en Californie dont elle aimait le climat et les orages. C’est là qu’elle s’éteindra le 19 mars 1989 à l’âge de 89 ans. Moins de deux mois plus tard elle serait morte nonagénaire!

xdajar98ejvara8djuliettecompton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QUE VOIR?

1924: Her Redemption: Avec Queenie Thomas

1926: Nell Gwyn: Avec Dorothy Gish

1926: White Heat: Avec Wyndham Standing et Vesta Sylva

1926: The Woman Tempted: Avec Warwick Ward et Nina Vanna

1930: Ladies of Leisure: Avec Barbara Stanwyck, Ralph Graves et Marie Prevost

1930: Morocco: Avec Marlène Dietrich et Gary Cooper

1930: Anybody’s Woman: Avec Ruth Chatterton, Clive Brook et Paul Lukas

1931: Unfaithful: Avec Ruth Chatterton et Paul Lukas

1931: Compromised: Avec Rose Hobart et Ben Lyon

1931: Husband’s Holiday: Avec Vivienne Osborne et Clive Brook

1932: Westward Passage: Avec Ann Harding et Laurence Olivier

1932: The Man Called Back: Avec Doris Kenyon et Conrad Nagel

1932: Strangers in Love: Avec Kay Francis et Fredric March

1933: Peg O’My Heart: Avec Marion Davies

1934: Le Comte de Monte Cristo: Avec Elissa Landi et Robert Donat

1934: Behold my Wife: Avec Sylvia Sydney et Gene Raymond

1935: No More Ladies: Avec Joan Crawford et Robert Montgomery

1940: Irène: Avec Anna Neagle et Ray Milland

1941: That Hamilton Woman: Avec Vivien Leigh et Laurence Olivier

484: MARIE ELINE

 

484: MARIE ELINE MarieEline

Je vous propose aujourd’hui une véritable petite curiosité mais qui a tout à fait sa place dans mon panthéon d’étoiles filantes puisque celle-ci ne brilla que quatre ans, mais rendons-lui cette justice, elle tourna cent films durant ces quatre ans!

La petite Marie Eline vint au monde à Milwaukee le 27 Février 1902, et hormis qu’elle ait eu une soeur, Grace, c’est tout ce que je sais de cette charmante enfant! Plus les étoiles filent vite, moins elles laissent de traces, c’est bien connu!

En ce début de siècle où le cinématographe est encore une curiosité technique plus qu’un mode d’expression, le public va très vite se passionner pour deux phénomènes: les histoires de miséreux qui se résolvant à coups de tartes à la crème et de coups de pieds aux fesses, et les sordides drames mettant en scène les déboires innomables auxquels sont soumis de pauvres orphelins! Les héros de littérature populaire de l’époque étaient d’ailleurs souvent eux-mêmes en bas âge puisque l’on raffolait d ‘Oliver Twist, Jane Eyre, les deux Orphelines, Peter Pan ou autres Tom Sawyer! D’ailleurs Marie Eline jouera aussi souvent des rôles de garçons que de filles, on n’était pas regardant!

La recette pour obtenir un succès filmé était simple: prenez l’enfant d’une mère mourante mais bonne, confiez le à une vieille tante très maigre ou un viel oncle très gros qui le martyriseront à loisir dès le jour de l’enterrement de la pauvre maman et ce jusqu’à ce qu’il soit sauvé in extrémis par un miracle quelconque et le public est aux anges! parfois l’enfant aura un chien, cette variante plaît aussi beaucoup! Imaginez, l’enfant injustement jeté hors du taudis par l’oncle obèse qui veut pour lui tout seul la soupe fumante cuisinée par la tante maigre. l’enfant pleure dans l’escalier sombre, son cabot revient avec un vieil os pourri après avoir fait les poubelles et voyant son petit maître désespéré, il laisse tomber le nonos à ses pieds. A la séquence suivante le méchant gros boucher à moustaches, en ayant marre de voir ses poubelles dévastées par le cabot, le fait saisir par la fourrière. l’enfant fait alors tout pour sauver son compagnon mais ca ne marche pas jusqu’à ce qu’il traverse sans regarder et se fasse cogner par une auto. Celle d’une dame très riche et très belle qui l’adopte, sauve le chien et fait arrêter la maigre et le gros qui vont en prison! (Ce rôle de dame riche est souvent dévolu à la belle Muriel Ostriche)

Ce genre de choses eut non seulement un succès fou mais la vie dure! On en retrouvera encore des versions jusqu’à la fin des années 30 et des grands noms du cinéma débuteront dans ces horipeaux d’orphelines à qui on fait toutes les misères du monde dont Lilian Gish, Janet Gaynor et surtout Mary Pickford la grande prêtresse du genre.

D.W. Fields haïssait ces enfants martyrs et leurs chiens plus que tout, mais Mae West les vénérait et avait débuté en « baby Mae ».

En ce qui concerne Marie Eline, j’ignore par quel biais elle atterit sur pellicule en 1910, mais elle connut un succès foudroyant, les foules se ruaient pour la voir se faire molester injustement et se faire jeter dans la cave à charbon pendant que l’on jetait sa poupée au feu!

mediums_nemesis1

Marie Eline en action!

Elle ne fut pas une actrice, elle fut une usine à faire couler les larmes! 25 films par an!

Et puis la petite fille gandit, elle eut 14 ans, elle était en âge de se défendre et de jeter des coups de pieds dans les tibias du gros tonton, on la flanqua dans la cave au charbon, pour de bon!

Marie Eline se volatilisa dans les méandres de l’oubli et lorsqu’elle s’éteignit, le 3 Janvier 1981, un peu plus d’un mois avant de fêter ses 79 ans, personne ne s’en soucia, personne ne fut ému et personne ne lui rendit hommage.

C’est que voyez-vous, si ses films n’étaient pas perdus c’est qu’ils étaient oubliés, se souvenait-on même qu’ils avaient existé? Et quand bien même, le public qui l’avait tant aimée l’avait précédée dans la tombe.

Marie Eline ouvrit la voie à Mary Pickford, Mary Pickford l’ouvrit à Shirley Temple qui fut, reconnaissons-le mieux traitée.

Celine Colassin

marie-eline

QUE VOIR?

1910: The Girls of the Ghetto: Avec Anna Rosemond

1910: Jane Eyre: Avec Gloria Gallop et Frank Hall Crane

1911: The Missing Heir: Avec Marguerite Snow

1911: Cupid the Conqueror: Avec Marguerite Snow

1911: The Stepmother: Avec Katherine Horn et Marguerite Snow

1911: The Charity of the Poor: Avec William Russell

1911: The Old Curiosity Shop: Avec Frank Hall Crane et Marguerite Snow

1912: Cross Your Heart: Avec Helen Badgley et Marguerite Snow

1912: But the Greatest of thes is Charity: Avec Marguerite Snow et James Cruze

1912: On The Storke of Five: Avec William Russell

1912: The Star of the Slide Show: Avec Bertha Blanchard

1912: Her Ladyship’s Page: Avec Florence La Badie.

1913: Cupid’s Lieutenant: Avec Muriel Ostriche et Boyd Marshall

1913: Flood Tide: Avec Muriel Ostriche et Eugène Moore

1913: The Changeling: Avec Mrs Lawrence Marston

1913: The Runaway: Avec Helen Badgley

1913: The Message to Headquarters: Avec James Cruze et Florence La Badie

1913: The Dove in the Eagle’s Nest: Avec Marguerite Snow et James Cruze

1914: A Circumstantial Nurse: Avec Muriel Ostriche et Boyd Marshall

 

 

12

achacunsoncinema |
filmss |
dorian78 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | carolineriche
| utopia2012
| ddlstream