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725: JANE NIGH

Jane Nigh

Si mes lecteurs savent que j’ai toujours grand plaisir à voir et revoir les films de Marilyn Monroe, ils savent aussi que je ne suis pas cliente de sa légende auto-façonnée de pauvre petite orpheline courageuse et maltraitée.

Dans cette légende, l’épisode de sa « découverte » dans une usine d’armement par un talent scout m’a toujours parue suspecte. Sur les fameuses photos d’usine, elle est déjà maquillée par Max Factor et partage à l’époque, dates faisant foi, un appartement avec sa bonne copine Shelley Winters à Hollywood!

Mais  vous vous en doutez, je n’ouvre pas une page consacrée à Jane Nigh pour démêler le vrai du faux dans le parcours de Marilyn Monroe. Lorsqu’elle sera en fin de vie sous l’emprise de l’alcool et des tranquillisants, elle s’en chargera parfaitement elle-même.

Cet étrange préambule a pourtant sa raison d’être ici, puisque si une jeune fille fut effectivement découverte dans une usine d’armement par un talent scout de la Century Fox qui en fit une blonde starlette, c’est miss Jane Nigh!

nigh-jane

La future découverte naît le 25 Février 1925 à…Hollywood! Elle est pour l’état civil Bonnie Lénora Nigh.

Jolie fille sans histoire, Bonnie est étudiante au collège de Long Beach lorsque l’Amérique entre en guerre. Elle quitte les bancs de l’école pour travailler comme sténodactylo dans une usine d’armement, là où effectivement elle sera découverte par un talent scout qui lui déclare: « Si vous voulez vraiment servir l’industrie américaine, servez celle du film, pas de l’aviation! » Miss Monroe en cet instant précis à suivi son mari monsieur Dougherty affecté sur l’île de Catalina!

La Century Fox qui raffole des blondes puisque Betty Grable et Alice Faye sont alors les deux mines d’or du studio lance son battage publicitaire habituel!

Elle est déjà élue « La première fille que les GI’s veulent voir lorsqu’ils rentreront au pays » alors qu’elle n’a tourné aucun film. La Fox la parachute dans  « Laura » d’Otto Preminger,une très fugace apparition, un courant d’air, histoire quand même de justifier le label d’actrice!

Il faut dire que le studio est très occupé. Betty Grable devient difficile , Gene Tierney l’a toujours été, June Haver n’a pas le succès escompté. Il s’agit également de convaincre Alice Faye de rester malgré l’arrivée de Linda Darnell en plein « lancement ». Tout comme cette autre blonde dont le studio vient de s’enticher: Barbara Lawrence!

Finalement c’est le producteur David Rose, ex mari de la légende Fanny Brice qui s’intéresse le plus à elle et devient son chevalier servant hollywoodien. Mais Jane a qui le studio laisse décidément beaucoup de temps libre fréquente également beaucoup Huntington Hartford II. Lorsque l’acteur Lew Ayres sera démobilisé, elle sera « La première fille qu’il aura vue après la guerre ».

Jane Nigh and Fine Stopping

Jane Nigh and Fine Stopping

Quelle n’est donc pas la surprise de tout ce beau monde lorsque la belle s’enfuit pour épouser Victor Cutler, un dirigeant de la MGM! Le mariage durera trois mois et la Century Fox n’est pas contente! On y aimerait en effet que les actrices aient un peu plus de tenue et Barbara Lawrence ne vaut guère mieux!

Depuis toujours le studio rêve d’avoir sous contrat de « grandes dames » comme celles de la MGM ou de la Paramount! Ah Norma Shearer, Hedy Lamarr, Carole Lombard, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Greer Garson!

Mais depuis Clara Bow, leurs vedettes maison n’ont jamais eu l’élégance comme dénominateur commun!

Alors forcément le tapage de ces dames énerve un peu! Marilyn Monroe, Joan Collins, Diana Dors et Jayne Mansfield feront définitivement déborder la coupe!

Jane de son côté, mal vue par un studio qui lui fait tourner n’importe quoi, s’ennuie et se fiance officiellement avec l’architecte très en vogue John Lindsay qui nonobstant la fait de très bien gagner sa vie s’apprête à hériter d’une fortune colossale! Mais prudente, Jane Nigh a également fait la conquête de Claude Cartier. Claude Cartier, comme on l’aura compris, de la célèbre dynastie de diamantaires!

Hélas pour la Century Fox, June Nigh n’en a pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs, avec cette fois le concours inattendu d’une autre blonde du studio: Diana Lynn!

Diana a mis le grappin sur le beau John Lindsay, sans doute lassé d’attendre le bon vouloir de Jane; et celle-ci pour ne pas être la dinde de la farce, on a sa dignité, a jeté son dévolu sur Bob Neal, fiancé éconduit de la charmante Diana!

On s’arrache les cheveux au studio, on se frotte les mains dans les gazettes, Jane déclare être dévastée de chagrin le jour où Diana Lyn devient madame Lindsay et envoie bouler Bob Neal en signe de bonne foi!

C’en est trop, le studio résilie son contrat!

Libre et sans attaches professionnelles comme sentimentales, Jane déclare, sans doute un peu tard « Je connais peut-être 1% de tous les hommes à qui on m’a dit liée! Tout ca c’est bobard de journalistes! je suis le genre de fille qui rentre le soir épuisée du studio et préfère rester à la maison à lire un bon livre! » Puis elle ajoutait « Et quand bien même je n’ai pas le choix, il n’y a pas un seul homme présentable à Hollywood! »

ou « Comment se faire des centaines d’ennemis influents en deux phrases par Jane Nigh!

Les journalistes, en particulier, traités de menteurs par l’actrice se désintéressèrent de ses faits et gestes et ne relayèrent même pas sa liaison avec Scott Brady et Dan Dailey ou son hospitalisation.

Etrangement, malgré sa présence rare aux écrans, Jane Nigh a un réel public! Ses fans réclament des films avec elle en vedette, et qu’un magazine mette sa photo en couverture et les ventes montent en flèche!

On essaiera donc de satisfaire tout le monde en lui offrant des rôles plus consistants bien qu’épouvantablement stéréotypés dans quelques westerns de série B comme il s’en tourne des milliers à Hollywood.

Jane de son côté avait compris depuis belle lurette qu’Hollywood ne serait pas pour elle le tremplin vers la gloire et la fortune. Elle s’était diversifiée en enregistrant un premier disque de chansons. le succès avait été suffisant pour qu’on lui propose une tournée en Corée pour distraire les militaires américains. Elle devance donc Marilyn Monroe dans l’emploi.

Puis, rentrée au pays, la télévision lui offre un contrat absolument mirobolant que personne n’aurait refusé. Jane s’engouffre, elle ne refera plus jamais de cinéma après son retour de Corée en 1952 et deviendra une grande vedette de la télévision américaine dix ans durant.

Mais à l’heure de son retour, Jane a d’autres chats à fouetter! Elle est rentrée au bras du beau lieutenant John E. Baker. Le couple se marie à Las Vegas, Jane annonce renoncer à sa carrière au cinéma. le couple Baker s’installe dans un ranch à la campagne et compte bien y couler des jours paisibles ave leurs enfants.

Jane travaille pour la télévision et tient un rôle récurrent dans le feuilleton « Big Town ». Un énorme succès.

Lorsqu’elle découvre qu’elle attend un heureux évènement, elle renonce sans hésiter à son rôle qui échoit à Beverly Tyler.

Malheureusement, le 3 Novembre 1952, sa petite fille naît prématurément et ne vit que quelques heures. Jane est dévastée.

Le couple Baker surmonte son chagrin, si Jane tourne encore pour la télévision, elle déclare: « C’est par passion pour ce métier, aujourd’hui je ne me considère plus comme une actrice mais comme une femme au foyer. Mon mari et moi cultivons le coton, nous nous aimons, nous vivons heureux et si demain je ne devais plus tourner ca ne changerait rien dans ma vie! »

Les Baker avaient enfin eu un autre enfant, un fils en parfaite santé, John Christopher né le 2 Février 1954.

Une petite fille allait suivre: Stacy Jane née le 2 janvier 1955. Stacy naît elle aussi prématurément et devra rester hit semaines en couveuse entre la vie et la mort.

En 1959, nouveau coup de théâtre! Le couple Baker divorce! Jane déclare: « Quand il n’est ni à la chasse ni à la pêche ni ivre mort, il se souvient que j’existe! » Elle ne demande rien pour elle mais une pension alimentaire pour ses deux enfants que son mari refuse de lui donner!

C’est le moment où Jane Night pourrait, en jeune mère éplorée pourrait toucher les cœur des bien pensants, malheureusement, elle n’a rien de plus pressé que de se jeter au cou de Ted Jordan, l’ex de la strip-teaseuse Lili Saint Cyr!

Le 18 Mars 1963, Jane Nigh avait enfin obtenu sa pension alimentaire et se remariait avec un milliardaire, fabriquant de contreplaqué, Norma Davidson Jr. Le 19 Décembre de la même année, leur fille Julia Lee vient au monde.

Mais Davidson n’est pas que le père de sa fille, il est aussi un mari violent.

En Février 1964 ils divorcent, Jane reçoit deux millions de $ et une pension alimentaire confortable, en Juillet 1966 ils se pardonnent leurs offenses et se remarient.

2 mois et 17 jours plus tard ils sont à nouveau séparés. Ils se réconcilieront encore avant de se re-re-séparer en 1967.

Jane Nigh reviendra s’installer dans sa chère Californie natale et ouvrira un joaillerie qu’elle fera fructifier jusqu’en 1985. Elle n’avait pas été la tendre élue de Claude Cartier pour rien!

C’est dans une discrétion absolue qui ne lui ressemblait pas le moins du monde qu’elle s’éteint à 68 ans, foudroyée par une crise cardiaque le 5 Octobre 1993

Celine Colassin

Jane-Nigh

QUE VOIR?

1944: Laura: Avec Gene Tierney, Clifton Webb et Dana Andrews

1944: Something for the Boys: Avec Carmen Miranda et Vivian Blaine

1945: State Fair: Avec Jeanne Crain, Vivian Blaine et Dana Andrews

1947: Unconquered: Avec Paulette Goddard et Gary Cooper

1948: Give my Regards to Broadway: Avec Nancy Guild et Dan Dailey

1949: Red, Hot and Blue: Avec Betty Hutton, Victor Mature et June Havoc

1950: Capitain Carey USA: Avec Wanda Hendrix et Alan Ladd

1950: Country Fair: Avec Rory Calhoun

1952: Fort Osage: Avec Rod Cameron

1952: Rodeo: Avec John Archer

717: VRGINIA BRISSAC

virginia brissac

Quelle étrange carrière que celle de Virginia Brissac. Sans doute une des plus étranges carrières de toute l’histoire du film américain!

Virginia Alice Brissac naît à San José en Californie le 11 Juin 1883. Son père est un agent d’assurances et bientôt les Brissac vont quitter la Californie pour l’Illinois et s’installer à Chicago. C’est là qu’elle fournira ses armes en tant qu’actrice. Son physique délicat convient à merveille aux personnages souffreteux. Elle exploite le même « fond de commerce » que Lillian Gish. Mais Lillian vit à New-York, autant dire à Broadway et Mary Pickford va lui présenter Griffith.

Autant dire aussi que si Virginia Brissac est là bien avant Lillian et joue les vedettes à Chicago depuis 1902, Lillian Gish va la prendre de vitesse et la coiffer au poteau de la course à la gloire!

Virginia Brissac

Virginia est une vedette, mais une vedette de Chicago! Et être une vedette de Chicago c’est un peu comme être une élégante de Tourcoing!

Elle reste d’ailleurs curieuse des stars de son temps et bien qu’elle soit elle-même une célébrité, elle tient depuis l’enfance une collection d’autographes à laquelle elle tient comme à la prunelle de ses yeux.

Une anecdote à ce propos a traversé le temps et survécu au moins autant que le souvenir de Virginia elle-même. Encore petite fille elle avait fait une demande d’autographe à Rudyard Kipling. Le secrétariat de celui-ci lui avait répondu qu’elle devait fournir la preuve d’un versement de 2.50$ à un œuvre de bienfaisance de son choix pour recevoir l’autographe en question.

Elle était peut-être encore une enfant mais elle avait déjà la langue bien pendue. la réponse allait être célèbre et parvenir jusqu’à Kipling alors aux Indes. « Je ne suis qu’une petite fille avec 50 cents d’argent de poche par semaine, vous comprendrez donc que réunir la somme de 2.50 dollars m’ a pris du temps! Maintenant que c’est fait, j’attends l’autographe! »

Un autre des ces exploits personnel aurait lieu au départ des troupes pour la grande guerre. Prenant des risques inconsidérés pour photographier les navires de guerre au départ, elle tombe à la mer et ne doit sa survie qu’au courage d’un jeune engagé volontaire de 22 ans qui devint grâce à son imprudence un héros avant d’avoir quitté le pays!

Hormis ces hauts faits, Virginia continue sa carrière de vedette théâtrale. En 1905 sa gloire locale est suffisamment grande pour qu’elle emmène ses plus grands succès comme « L’Eventail de lady Windermere » en tournée, la ramenant ainsi dans sa Californie natale le temps de quelques représentations couronnées de succès. En Juillet 1906, Virginia convole avec un de ses partenaires l’acteur Eugène D. Mockbee. Mais si elle était une gloire du Chicago, il est une grande vedette de Washington et c’est là que le couple s’installe puisque Virginia a promis en se mariant fidélité et surtout obéissance. Le couple s’installe à Spokane et c’est là que Virginia devient maman le 28 Octobre 1907.

En 1912 elle divorce, et sa liberté reprise, elle part en tournée aux « Iles Hawaïennes » et devient une véritable star à…Honolulu! Partie pour quelques semaines  elle y restera deux ans et en reviendra au bras de John Griffith Wray. Futur directeur des studios MGM, Griffith Wray est alors acteur et metteur en scène et se passionne déjà pour le cinéma. Il s’essaie à la technique en filmant des courts métrages les jours de relâche, mettant Virginia en scène sur les plages d’Hawaï!

Rentrés à Chicago en Janvier 1914, ils se marieront en Californie le 29 Juin 1915 . Griffith Wray adoptera officiellement l’enfant de Virginia né de son permier mariage. Plus tard, devenu Ardel Wray, bon sang ne sachant mentir, il deviendra célèbre comme scénariste spécialisé dans le cinéma d’épouvante!

Ce second mariage se défera en 1927 et en 1929, John Griffith Wray décède à 48 ans.

Etrangement, après son divorce, Virginia Brissac renonce à sa carrière d’actrice. la cinquantaine se profile à l’horizon, elle estime le temps venu de passer à autre chose après une carrière bien remplie, ignorant alors que sa carrière va…seulement commencer!

Virginia a rencontré le jeune et très beau Russ Columbo. Avec un physique ravageur digne de Rudolph Valentino ou Ramon Navarro, ce virtuose au violon est devenu chanteur avant de devenir acteur et se faire pâmer toutes les américaines, âges et statuts sociaux confondus.

Virginia avec qui il s’entend comme larrons en foire devient sa secrétaire. Columbo est déjà très célèbre, c’est pour lui qu’on invente le terme de « crooner ». Dans la presse on ne parle que de ses flamboyantes liaisons avec Greta Garbo, Lupe Velez ou Pola Negri. Tout est faux, il est dans la vie l’amoureux transi de la jeune actrice Dorothy Dell. Mais le 8 Juin 1934, Dorothy se tue en voiture. Elle n’avait que 19 ans et Russ Columbo est dévasté. Virginia le convainc de sortir du marasme où il s’enlise et de reprendre le chemin du studio Columbia là où il est maintenant sous contrat.

C’est là qu’il va faire la rencontre de la sublime et fantasque Carole Lombard qui pour ses beaux yeux envoie George Raft soi-même sur les roses!  Ces deux-là décident de se marier après la fin du tournage du film en cours de Carole et le début du prochain tournage de Russ. Le 2 Septembre 1934, Carole Lombard est au studio et trépigne en comptant les minutes. Elle doit rejoindre Russ pour dîner et a déjà mis son cher Travis Banton, son créateur préféré sur le coup, il faut qu’elle soit sublime. Elle l’ignore encore, mais elle ne reverra jamais Russ Columbo.

Celui-ci passe la journée chez son ami le photographe Lansing Brown qui possède la plus complète collection privée d’armes à feu anciennes à Hollywood. Or, Columbo aura dans son prochain film une scène de duel. Lansing Brown lui montre pas mal de vieilles pétoires et la manière de s’en servir. Ce sera l’accident. Tenant négligemment un pistolet en main, le photographe craque une allumette pour allumer sa pipe. La flamme s’approcha trop près de l’arme le coup partit, la balle ricocha sur une table et atteignit Russ Columbo.  Elle se logea dans le cerveau après avoir traversé l’œil. Les choses allèrent si vite que Lansing Brown se demanda ce qui se passait lorsqu’il vit son ami glisser lentement de sa chaise et tomber inanimé sur le sol face contre terre.  Il avait cru que la balle s’était logée dans la table et que Columbo avait eu si peur qu’il s’était évanoui. Il riait encore lorsqu’il vit le sang couler et crut encore un instant que son ami s’était blessé en tombant.

Russ Columbo mourut à l’hôpital après six heures d’une opération désespérée. Il avait vingt six ans.

Carole Lombard fut littéralement anéantie et c’est Virginia Brissac qui dut reconnaître le corps de Russ Columbo à la morgue.

La mère de Russ Colombo qui vénérait son fils était elle-même à l’hôpital au moment du drame où elle se remettait péniblement d’une grave crise cardiaque. Il était certain que la nouvelle de la mort de son fils serait fatale à la vieille dame. Virginia Brissac se sentait tout à fait incapable de lui annoncer la nouvelle et plus encore d’avoir sa mort sur la conscience. Elle mit alors sur pieds un stratagème avec la complicité de Carole Lombard et les frères et sœurs de Russ. La vielle dame sera tenue dans l’ignorance de la mort de son fils adoré jusqu’à sa propre mort en…1944. Carole l’aura à son tour précédée dans la tombe. La vieille dame avait sur sa cheminée une photo montage du mariage de Carole avec Russ Columbo. Et si la vieille dame ne voyait forcément plus son fils, elle l’entendait à la radio et l’avait même au téléphone!

Qui s’étonnera encore après cela que Virginia Brissac ait engendré un scénariste spécialisé dans le macabre?

Restée à Hollywood dans ces circonstances dramatiques, Virginia avait forcé le respect de tous et en 1935 on lui demanda, presque comme un service, pour dépanner, de tenir un très court rôle dans « Honeymoon Limited », une série B de chez Monogram Pictures.

Personne ne pouvait imaginer alors, et certainement pas elle-même que c’était là le premier jalon d’une carrière tout simplement phénoménale qui allait durer vingt ans. Elle allait même, qui aurait cru cela, tâter de la télévision et se retrouver avec Lucille Ball en personne dans « I Love Lucy »!

Elle aurait son baroud d’honneur en étant la grand’mère de James Dean dans « Rebel Without a Cause », film qu’elle avait accepté dira-elle pour être avec James Dean à l’écran. James qui lui rappelait si furieusement Russ Columbo sur qui elle avait veillé par delà la mort. Comment pouvait-elle imaginer qu’un fois encore la mort allait faucher. Un jeune homme de 23 ans.

Toujours sensible aux climats exotiques, elle s’éteindra de sa belle mort sous le chaud soleil du Nouveau Mexique à 96 ans fêtés un mois plus tôt. C’était le 26 Juillet 1979

Celine Colassin

virginia brissac

QUE VOIR?

1913: Hawaïan Love: (court métrage) Avec James Dillon

1913: The Shark God: (court métrage)Avec James Dillon

1935: Honeymoon Limited: Avec Irène Hervey et Neil Hamilton

1935: Three Goldfathers: Avec Irène Hervey, Chester Morris et Lewis Stone

1936: The Song of a Nation (court métrage) Avec Donald Woods

1936: Murder by an Aristocrat: Avec Marguerite Churchill et Lyle Talbot

1936: Two Against the World: Avec Beverly Roberts et Humphrey Bogart

1936: Love Letters of a Star: Avec Polly Rowles et Henri Hunter

1937: Idol of the Crowds: Avec  Sheila Bromley et John Wayne

1937: Stolen Holiday: Avec Kay Francis et Claude Rains

1937: White Bondage: Avec Jean Muir et Gordon Oliver

1937: Artists & Models: Avec Ida Lupino et Jack Benny

1938: Secret of a Nurse: Avec Helen Mack et Edmund Lowe

1938: Up the River: Avec Phyllis Brooks et Tony Martin

1938: Young Dr Kildare: Avec Lew Ayres et Lionel Barrymore

1939: I Stole a Million: Avec Claire Trevor et George Raft

1939: Jesse James: Avec Nancy Kelly, Tyrone Power et Peter Fonda

1939: Stop, Look and Love: Avec Jean Rogers et William Frawley

1939: Destry Rides Again: Avec Marlène Dietrich et James Stewart

1939: Dark Victory: Avec Bette Davis, Humphrey Bogart et George Brent

1940: Little Old New-York: Avec Alice Faye et Fred McMurray

1940: Wagons Westward: Avec Anita Louise et Chester Morris

1940: The House Across the Bay: Avec Joan Bennett et George Raft

1940: All This, and Heaven Too: Avec Bette Davis et Charles Boyer

1940: Remember the Night: Avec Barbara Stanwyck et Fred McMurray

1940: The Ghost Breakers: Avec Paulette Goddard et Bob Hope

1940: Strike Up the Band: Avec Judy Garland et Mickey Rooney

1940: Alias the Deacon: Avec Peggy Moran et Bob Burns

1941: The Nurse’s Secret: Avec Lee Patrick

1941: They Died with Their Boots On: Avec Olivia de Havilland et Errol Flynn

1941: Washington Melodrama: Avec Ann Rutherford et Frank Morgan

1941: The Little Foxes: Avec Bette Davis et Teresa Wright

1941: Dressed to Kill: Avec Mary Beth Hugues et Lloyd Nolan

1941: Unfinished Business: Avec Irène Dunne et Robert Montgomery

1942: Lady Gangster: Avec Faye Emerson et Julie Bishop

1942: The Mummy’s Tomb: Avec Elyse Knox et Dick Foran

1942: Star Spangled Rhythm: Avec Betty Hutton, Bob Hope et Bing Crosby

1942: Take a Letter, Darling: Avec Rosalind Russell et Fred McMurray

1943: Shadow of a Doubt: Avec Teresa Wright et Joseph Cotten

1943: Moonlight in Vermont: Avec Gloria Jean et Ray Malone

1944: Song of the Open Road: Avec Bonita Granville, W.C. Fields et Edgar Bergen

1945: The Scarlet Clue: Avec Sidney Toler

1945: Why Girls Leave Home: Avec Lola Lane

1945: The Dolly Sisters: Avec Betty Grable et June Haver

1945: State Fair: Avec Jeanne Crain et Dana Andrews

1945: Bewitched: Avec Phyllis Thaxter et Edmund Gwenn

1945: Night Club Girl: Avec Vivian Austin

1945 :A Tree Grows in Brooklyn: Avec Dorothy McGuire et Joan Blondell

1946: Sister Kenny: Avec Rosalind Russell

1947: Capitain from Castille: Avec Jean Peters et Tyrone Power

1947: Monsieur Verdoux: Avec Charles Chaplin

1947: Pursued: Avec Teresa Wright et Robert Mitchum

1947: Secret Beyond the Door: Avec Joan Bennett et Michael Redgrave

1948: The Snake Pitt: Avec Olivia de Havilland

1948: Old Los Angeles: Avec Katherine Macleod et John Carroll

1949: The Last Bandit: Avec Lorna Gray et Bill Eliott

1950: No Man of Her Own: Avec Barbara Stanwyck et John Lund

1951:Three Guys Named Mike: Avec Jane Wyman et Van Johnson

1951: Flame of Araby: Avec Maureen O’hara et Jeff Chandler

1951: Operation Pacific: Avec Patricia Neal et John Wayne

1952 Woman of the North Country: Avec Ruth Hussey, John Agar et Rod Cameron

1952: Bugles in the Afternoon: Avec Helena Carter et Ray Milland

1953: Fair Wind to Java: Avec Vera Ralston et Fred McMurray

1953: All I Desire: Avec Barbara Stanwyck et Richard Carlson

1953: Bandits of Corsica: Avec Paula Raymond et Richard Greene

1953: Meet me at the Fair: Avec Diana Lynn et Dan Dailey

1954: About Mrs Leslie: Avec Shirley Booth et Robert Ryan

1954: Exécutive Suite: Avec Barbara Stanwyck, Shelley Winters et William Holden

1954: Phantom of the rue Morgue: Avec Patricia Medina, Karl Malden et Claude Dauphin

1954: Pa et Ma Kettle at Home: Avec Marjorie Main et Percy Kilbride

1955: Rebel Without a Cause: Avec James Dean, Natalie Wood et Sal Mineo

                       

 

 

711: ELLEN CORBY

Ellen Corby

Le nom d’Ellen Corby ne nous évoque pas grand-chose, à nous, européens, cinéphiles ou non.

Et ce, bien Ellen Corby ait été nommée aux Oscars pour son second rôle dans « Remember Mama » en 1949. La statuette lui échappa au profit de Claire Trevor, sensationnelle il est vrai, dans  »Key Largo ».

Cette méconnaissance vient essentiellement du fait que non seulement Ellen a débuté sa carrière d’actrice bien tard, la quarantaine avait sonné, mais ses hautes heures de gloire seront télévisée.

Ellen tiendra un rôle récurrent dans la série  » La Famille des Collines » durant neuf ans. Elle sera nommée six fois aux Emmy Awards pour ce rôle et elle l’emportera trois fois!

Ellen Hansen vient au monde le 3 Juin 1911 dans sa bonne ville de Racine dans le Wisconsin. Dès le lycée elle s’était intéressée au théâtre et elle avait même laissé sa famille qui vivait maintenant à Philadelphie pour faire une saison avec une troupe de théâtre amateur qui s’était dégotté un contrat d’été à Atlantic City.

L’expérience ne lui déplut pas du tout bien qu’on ne lui ait jamais proposé quoi que ce soit d’intéressant à faire sur scène. Alors tant qu’elle y était, autant aller directement là où tout se passe! Et chacun sait que ce n’est pas à Atlantic city, c’est à Hollywood!

Sans expérience probante, sans recommandations et surtout sans l’indispensable beauté qui seule peut ouvrir les portes des studios même aux incompétentes, Ellen qui sera toujours une très avisée personne se dirige plutôt vers un emploi de script girl et se fait engager à la RKO qui la place sur le série humoristique « Our Gang » C’est ainsi qu’elle verra un jour une débutante tétanisée d’effroi à l’idée même de jouer une scène ou on ne la verrait même pas! Il lui suffisait simplement de donner des tickets de cinéma à des enfants, avec un peu de chance on verrait quand même sa main mais qu’importe, Ellen crut qu’elle allait en mourir sur place. Ce jour là elle ne se fit aucune illusion sur le potentiel d’Ava Gardner!

Ellen devenue script, un métier qui contre tout attente lui plaît puisque le travail de la script est de tout surveiller et donc de se mêler de tout va découvrir un à un tous les rouages du cinéma hollywoodien.

Elle va aussi découvrir sur le plateau de « Our Gang » son futur mari Francis Corby qui met quelques épisodes en scène. Ils se marieront en 1934, divorceront 10 ans plus tard. Ils n’auront pas d’enfant mais c’est sous son nom de femme mariée qu’Ellen sera créditée pour la première fois au générique d’un film, même si étrangement, lorsque ce bonheur lui arrive, elle est déjà divorcée depuis un an!

Bientôt elle réussira à placer ses scénarii au studio, tenant son rôle de script sur le plateau des films qu’elle a écrits et jouant elle-même des petits bouts de rôle par-ci par -là, histoire de gagner du temps! Ellen est sur place, elle connaît le personnage et l’intrigue puisque le tout est sorti de son imagination, pas la peine de faire mourir d’effroi une Ava Gardner de plus pour une ligne à dire ou une vache à traire!

Rien de bien palpitant, mais c’est son métier et elle le fait bien, elle le fera douze années avec le même enthousiasme et pour se distraire suivra des cours de théâtre après ses journées au studio.

Créditée pour la première fois en 1945 pour un rôle encore minuscule, elle est nommée aux Oscars en 1948. Pour avoir été longue à démarrer, 14 ans depuis son arrivée à Hollywood, la carrière d’Ellen n’en était que plus fulgurante!

En un tour de main, presque de passe-passe, elle se positionnait comme une incontournable dans les rôles de gentilles dames. Elle joue les voisines serviables,  les gentilles mamans avant les gentilles grand’mères et excelle encore un peu plus quand ses personnages sont un tantinet « piqués »!

Pour avoir débutés dans de sombres westerns noir et blanc de chez RKO dont la trace s’est parfois perdue, Hollywood se fait pardonner en lui offrant des rôles, souvent modestes, certes mais dans des films de prestige à la distribution solide. C’est ainsi que, toujours curieuse elle peut comparer les qualités et les défauts d’Olivia de Havilland avec sa sœur Joan Fontaine en leur donnant à chacune la réplique, mais qu’elle la donnera aussi à des stars aussi prestigieuses qu’Elizabeth Taylor, Irène Dunne, Humphrey Bogart, Glenn Ford, William Holden, Myrna Loy, Joan Crawford, Audrey Hepburn, Ginger Rogers, Rosalind Russell, Lucille Ball, Cary Grant, James Stewart,  Bette Davis, Robert Mitchum et même Jerry Lewis!

ellen corby

Et si elle n’atteint pas le prestige de Spring Byington, Beulah Bondi, Jane Darwell ou de Anne Revere, elle leur dame quand même quelques pions! Incontournable durant toute la décennie des castings de prestige même si elle n’a souvent qu’une seule scène à défendre, elle s’engouffre à la télévision dès le début des années 50 pour une carrière absolument sidérante! Elle est de toutes les émissions de tous les programmes et surtout de tous les succès! Parfois elle s’offre une petite escapade nostalgique vers Hollywood pour un film. Attirée soit par l’envie de découvrir de nouveaux partenaires avec qui elle n’a jamais travaillé comme Frank Sinatra ou Doris Day . Soit pour le plaisir de travailler à nouveau avec ses vielles copines telles Eleanor Parker, Joan Crawford, Olivia de Havilland ou Bette Davis!

Mais le cinéma ne sera plus qu’une exceptionnelle distraction pour cette créature de télévision.

Et comme je le disais au début de cet article, sa véritable gloire lui viendra d’un rôle de gentille grand’mère dans la série  » La Famille des Collines ». En 1976, alors qu’elle savoure enfin une véritable gloire qu’elle attendait depuis plus de 40 ans, elle est frappée d’un accident vasculaire cérébral qui la diminue fortement. Le tournage de sa série est en plein désarroi, il faut réécrire dare-dare les épisodes et il est hors de question de faire croire à sa mort, le public n’aurait jamais accepté une telle infamie! Tuer sa grand’mère adorée! Et puis quoi encore? Et on fit bien de ne pas l’occire purement et simplement, car Ellen récupèrera l’essentiel de ses facultés et reviendra honorer son rôle! On évitera les déplacements, on réduira son texte au minimum et finalement quelqu’un aura l’idée de génie de faire de son personnage la victime d’un accident cérébral diminuant ses facultés! Où allait-on chercher tout ca?

On ne reverra plus Helen Corby au cinéma. mais elle continuera son petit bonhomme de chemin à la télévision où elle tournera jusqu’en…1997! Certes, elle n’y tient pas des rôles d’écuyères de cirque mais elle est bel et bien là. Fragile, certes, mais parfaite et surtout tant aimée.

Elle se résous à la maison de retraite après un dernier téléfilm où elle avait comme il se doit joué les grand’mères cacochymes mais compréhensives envers la jeunesse.

Evidemment, après toute une vie passée dans les studios, la retraite ne pouvait que lui être d’un ennui abyssal. Heureusement, elle ne le subira que peu. Elle s’éteint paisiblement dans sa 87ème année le 14 Avril 1999.

Celine Colassin

Ellen Corby

QUE VOIR?

1933: Rafter Romance: Avec Ginger Rogers et Norman Foster

1933: Sons of the Desert: Avec Mae Bush, Laurel et Hardy

1946: From this Day Forward: Avec Joan Fontaine

1946: Sister Kenny: Avec Rosalind Russell

1946: The Dark Corner: Avec Lucille Ball et William Bendix

1946: Lover Come Back: Avec Lucille Ball et George Brent

1946: The Locked: Avec Laraine Day et Robert Mitchum

1946: It’s a Wonderful Life: Avec Donna Reed et James Stewart

1947: The Bachelor and the Bobby-Soxe: Avec Myrna Loy, Cary Grant et Shirley Temple

1947: Beat the Band: Avec Frances Langford

1947: Railroaded: Avec Sheila Ryan et John Ierland

1947: Born to Kill: Avec Claire Trevor et Lawrence Tierney

1947: They Won’t Believe Me: Avec Susan Hayward et Jane Greer

1947: The Long Night: Avec Barbara Bel Geddes et Henri Fonda

1947: Cry Wolf: Avec Barbara Stanwyck et Errol Flynn

1947: Forever Amber: Avec Linda Darnell et Cornel Wilde

1948: Strike It Rich: Avec Bonita Granville et Rod Cameron

1948: I Remember Mama: Avec Irène Dunne et Barbara Bel Geddes

1949: The Judge Steps Out: Avec Ann Sothern

1949: A Woman Secret’s: Avec Maureen O’hara et Gloria Grahame

1949: Little Women: Avec June Allyson, Elizabeth Taylor et Peter Lawford

1949: Mighty Joe Young: Avec Terry Moore

1949: Madame Bovary: Avec Jennifer Jones et Louis Jourdan

1950: Capitain China: Avec Gail Russell et John Payne

1950: Caged: Avec Eleanor Parker et Agnès Moorhead

1950: The Gunfighter: Avec Helen Westcott et Gregory Peck

1950: Peggy: Avec Diana Lyn et Charlotte Greenwood

1951: Angels in the Outfield: Avec Janet Leigh

1951: Goodbye My Fancy: Avec Joan Crawford et Robert Young

1951: Here Comes the Groom: Avec Jane Wyman et Bing Crosby

1951: The Sea Hornet: Avec Adèle Mara et Rod Cameron

1952: The Big Trees: Avec Patrice Wymore et Kirk Douglas

1952: Monsoon: Avec Ursula Thiess et Diana Douglas

1952: Fearless Fagan: Avec Janet Leigh et Keenan Wynn

1953: Woman They Almost Lynched: Avec Audrey Totter et Joan Leslie

1953: Shane: Avec Jean Arthur et Alan Ladd

1953:A Lion Is in the Streets: Avec Barbara Hale, James Cagney et Anne Francis

1954: Untamed Heiress: Avec Judy Canova

1954: Sabrina: Avec Audrey Hepburn, Humphrey Bogart et William Holden

1954: About Mrs Leslie: Avec Shirley Booth et Robert Ryan

1954: Susan Slept Here: Avec Debbie Reynolds, Anne Francis et Dick Powell

1955: Illegal: Avec Nina Foch, Jayne Mansfield et Edward G. Robinson

1956: Stagecoach for Fury: Avec Mari Blanchard, Forrest Tucker et Wallace Ford

1956: Slightly Scarlet: Avec Rhonda Fleming, Arlène Dahl et John Payne

1956: The Go-Getter: Avec Beverly Garland

1957: God is My Partner: Avec Marion Ross et Walter Brennan

1957: All Mine to Give: Avec Glynis Johns et Cameron Mitchell

1957: The Seventh Sin: Avec Eleanor Parker, Bill Travers et George Sanders

1958: As Youg as We Are: Avec Pippa Scott et Robert Harland

1958: Vertigo: Avec Kim Novak et James Stewart

1960: Visit to a Small Planet: Avec Jerry Lewis

1961: Pocketful of Miracles: Avec Bette Davis, Hope Lange et Glenn Ford

1963: The Caretakers: Avec Joan Crawford et Robert Stack

1963: 4 For Texas: Avec Anita Ekberg, Ursula Andress, Frank Sinatra et Dean Martin

1964: Hush…Hush, Sweet Charlotte: Avec Bette Davis, Olivia de Havilland et Joseph Cotten

1964: The Strangler: Avec Diane Sayer et Victor Buono

1966: The Ghost and Mr. Chicken: Avec Joan Stanley et Don Knotts

1966: The Glass Bottom Boat: Avec Doris Day et Rod Taylor

1967: The Gnome-Mobile: Avec Karen Dotrice et Walter Brennan

1969: Angel in my Pocket: Avec Andy Griffith

1971: Support Your Local Gunfighter: Avec Suzanne Pleshette et James Gardner

1972: Napoléon and Samantha: Avec Jodie Foster et Michael Douglas

698: BEULAH BONDI

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Beulah Bondi est une incontournable des seconds rôles hollywoodiens à qui il convient d’ouvrir ces pages. Peut-être même y a-il longtemps que cela aurait dû être fait.

Que puis je plaider pour ma défense?

Que l’absolue discrétion dont fit preuve toute sa vie durant miss Beulah Bondi, la grande prêtresse du second rôle me prive de matière a faire un article vraiment digne. Non de sa gloire, mais de sa réputation.

Durant toute sa carrière, miss Bondi arriva au studios, connaissant son texte sur le bout des doigts.

Dès que les habilleuses, les coiffeurs et les maquilleurs la libéraient, elle arrivait sur le plateau, souvent pour y être la mère de James Stewart, jouait ses scènes, donnait le meilleur d’elle-même. Puis, son travail de la journée terminé, elle  faisait le trajet dans l’autre sens, repassant par les mains des habilleuses des coiffeurs et des maquilleurs pour défaire ce qui avait été fait. Puis elle rentrait chez, elle, du moins le présume-on. Elle rentrait dans son mystère.

beulah bondi

Miss Beulah Bondi n’était pas mariée, elle ne le sera jamais. elle n’avait pas d’enfants, elle n’en aura jamais.

On ne lui connait ni scandale ni péché mignon. Tout ce qu’il faut savoir de miss Bondi est là, semble-il. Sur l’écran!

Le 3 Mai 1888 Beulah Bondy naît à Valparaiso.

Valparaiso Indiana, pas Valparaiso Chili.

Elle n’a que huit ans lorsqu’elle se risque sur la scène pour la première fois dans le rôle du petit Lord Fauntleroy. Rôle de petit garçon, certes mais souvent confié à des petites filles telle Mary Pickford. Le petit lord est délicat!

Il y a plusieurs années qu’elle se taille un joli succès personnel à Broadway lorsqu’elle est invitée à Hollywood en 1931. Non parce qu’elle défraie la chronique, non parce que sa beauté fait tourner les têtes les plus solidement vissées, non parce qu’elle connaît des triomphes personnels inouïs.

Simplement, parce que la pièce où elle se produit vient d’être rachetée avec toute sa distribution pour être portée à l’écran.

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La méthode peut nous sembler bien étrange. mais en 1931, elle est on ne peut plus normale.

le cinéma vient de se mettre à parler, quelques unes des plus somptueuses stars de l’écran se sont faites excommunier par le micro. On manque de personnel! Hollywood regorge d’acteurs et de beautés sublimes, pas de comédiens et de voix bien placées.

Or le paradoxe est que le parlant a privé Hollywood de bon nombre d’acteurs mais le public en revanche se presse comme jamais aux portes des cinémas pour « entendre ». En bref il faut faire plus de films avec moins de gens!

Ajoutons à cela que les sujets en préparation étaient destinés à être montrés, pas à être entendus!

Donc on ne manquait pas que d’acteurs, on manquait de rôles adaptés à la nouvelle technique révolutionnaire et passionnante qu’était le son.

Alors si à Broadway il y a des pièces intéressantes à dire et une distribution d’acteurs connaissant leurs rôles sur le bout des doigts, Hollywood achète le tout!

Voici donc Beulah faisant partie du lot! Elle arrive à Hollywood dans une indifférence complète, on a, comme on l’a vu bien d’autres chats à fouetter, et puis Beulah a 42 ans!

Voici donc Beulah sous contrat, ce n’est pas plus mal, on a toujours besoin d’actrices pouvant jouer les gentilles mamans ou les vielles villes revêches ou doucement cinglées!

Hollywood ne pouvait pas alors imaginer ce qui l’attendait!

Le public allait s’enticher de Beulah et la réclamer!

Bientôt les plus prestigieux metteurs en scène ne jureront plus que par elle et la réclameront dès qu’ils le pourront. Parmi eux, King Vidor, le premier à l’avoir dirigée au cinéma.

Mais aussi Clarence Brown, William Wyler et Frank Capra. Ni Marlène Dietrich ni Greta Garbo ne peuvent en dire autant. Plus tard ce sera au tour d’Anthony Mann.

Elle devient la maman officielle de James Stewart au cinéma, elle le sera quatre fois. Non parce que l’acteur l’exige mais parce que le public ne tolèrerait pas que l’on distribue le rôle à une autre actrice!

Ell fera également beaucoup d’usage à Joan Crawford, Barbara Stanwyck, Sylvia Sydney, Fred McMurray et Debbie Reynolds!

Il faut dire que Beulah excelle dans les rôles bienveillants dont le plus bel exemple est peut-être sa directrice d’orphelinat préposée aux adoptions dans « Penny Sérénade » avec Cary Grant et Irène Dunne.

Lorsque l’Amérique entre en guerre et qu’Hollywood dans son élan patriotique enquête pour savoir quelles actrices les valeureux soldats ont envie de voir à l’écran durant leurs permissions, le nom de Beulah Bondi, a la stupéfaction générale viendra s’aligner au côté des noms de Betty Grable, Alice Faye, Ginger Rogers, Carole Landis, Veronica Lake, Lana Turner et Rita Hayworth!

Il va bien falloir l’admettre, le public adore Beulah Bondi et il va falloir lui confier de bons rôles, des rôles plus importants. Si Mary Pickford avait été la petite fiancée de l’Amérique pendant la guerre 14-18, Beulah Bondi sera la maman chérie de l’Amérique pendant la guerre suivante!

Elle est plus que cela encore, elle est le visage de la famille américaine et des valeurs de la nation. Beulah Bondi est le visage du patriotisme.

Ne va-on pas lui confier un premier rôle dans un film taillé sur mesures intitulé « Le Capitaine est une dame »? Succès qui aura des suites telles que  »Elle aussi, c’est un soldat! »

C’est une prouesse étourdissante si on se souvient que Beulah est venue à Hollywood parce que l’on s’intéressait à la pièce qu’elle jouait et non à elle! Les scènes qu’elle avait jouées dans « The Painted Veil » avec Greta Garbo avaient été coupées sans scrupules. Hollywood ne s’aviserait plus jamais de commettre un tel sacrilège!

Les années 40 furent définitivement ses années les plus prospères… Du moins au cinéma!

Car dès 1950, Beulah s’intéresse de très près à la télévision. Et la télévision, il va s’en dire s’intéresse encore plus à elle. Elle est déjà follement aimée du public, maintenant qu’on peut la recevoir dans son salon par le biais du petit écran elle est littéralement idolâtrée!

Elle s’amuse donc à revenir de temps à autre au cinéma, sans doute pour des raisons de prestige lorsque John Farrow ou Delmer Dave la supplient. Après avoir tourné avec Garbo, avec Crawford, elle découvre Lana Turner avant Diana Dors et Debbie Reynolds!

En 1961 elle fête ses 30 ans de carrière et le nombre de ses films devenus des classiques donne le tournis à tout cinéphile digne de ce nom!

Beulah se résous à ralentir le rythme à un film par an, il faut dire qu’elle a allègrement dépassé le cap des soixante dix ans! Mais si elle s’éloigne peu à peu du grand écran, tirant sa révérence définitive en 1963, elle tourne avec allégresse pour la télévision jusqu’en 1976…Elle a 87 ans!

Elle tournerait peut-être encore avec autant d’enthousiasme à 120 ans passé si elle n’avait pas été victime de l’accident le plus bête qui soit!

En Janvier 1981, elle trébuche sur son chat dans sa cuisine. la chute est brutale, elle a des côtes cassées et un poumon perforé. C’est ce qui cause sa fin le 11 Janvier 1981 à l’âge de 91 ans bien tassés.

Beulah qui avait toujours été d’une discrétion absolue sur sa vie privée entendait bien qu’il en reste ainsi après sa mort. Ni hommages, ni fleurs ni couronnes, elle ne voulut même pas de tombe et ses cendres furent dispersées dans le Pacifique comme elle l’avait exigé dans ses dernières volontés

Beulah Bondi

QUE VOIR?

1931: Street Scène: Avec Sylvia Sydney et Estelle Taylor

1932: Rain: Avec Joan Crawford

1934: The Painted Veil: Avec Greta Garbo, George Brent et Herbert Marshall

1934: Finishing School: Avec Frances Dee, Ginger Rogers et Billie Burke

1934: Ready for Love: Avec Ida Lupino et Richard Arlen

1935: The Good Fairy: Avec Margaret Sullavan et Herbert Marshall

1936: The Gorgeous Hussy: Avec Joan Crawford, Robert Taylor et Lionel Barrymore

1936:The Trail of the Lonesome Pine: Avec Sylvia Sydney, Henri Fonda et Fred McMurray

1936: The Moon’s Our Home: Avec Margaret Sullavan et Henri Fonda

1938: The Buccaneer: Avec Franciska Gaal, Fredric March et Margot Grahame

1939: Mr Smith Goes to Washington: Avec James Stewart et Jean Arthur

1940: Remember the Night: Avec Barbara Stanwyck et Fred McMurray

1940: The Capitain is a Lady: Avec Virginia Grey et Charles Coburn

1941: Penny sérénade: Avec Irène Dunne et Cary Grant

1941:The Shepherd of the Hills: Avec Betty Field et John Wayne

1943: Tonight we Raid Calais avec Annabella et John Sutton

1944: She’s a Soldier Too : Avec Nina Foch

1944: I Love a Soldier: Avec Paulette Goddard et Sonny Tuft

1944: Our Hearts Where Young and Gay: Avec Diana Lynn, Gail Russell et Dorothy Gish

1944: The Very Thought of You: Avec Eleanor Parker

1944: And Now, Tomorrow: Avec Loretta Young, Susan Hayward et Alan Ladd

1946: It’s A Wonderful Life: Avec James Stewart et Donna Reed

1946: Sister Kenny: Avec Rosalind Russell

1947: High Conquest: Avec Anna Lee et Gilbert Roland

1948: The Snake Pit: Avec Olivia de Havilland

1949: The Life of Riley: Avec Rosemary DeCamp et William Bendix

1950: The Furies: Avec Barbara Stanwyck

1952: Lone Star: Avec Ava Gardner et Clark Gable

1953: Latin Lovers: Avec Lana Turner et Ricardo Montalban

1954: Track of the Cat: Avec Robert Mitchum, Tab Hunter, Diana Lynn et Teresa Wright

1956: Back From Eternity: Avec Anita Ekberg et Robert Ryan

1957: The Unholy Wife: Avec Diana Dors et Rod Steiger

1959: A Summer Place: Avec Sandra Dee et Dorothy McGuire

1959: The Big Fischerman: Avec Susan Kohner, Martha Hyer et Howard Keel

1961: Tammy, Tell me True: Avec Sandra Dee et John Gavin

1962: The Wonderful World of the Brothers Grimm: Avec Claire Bloom et Laurence Harvey

1963: Tammy and the Doctor: Avec Sandra Dee et Peter Fonda

667: JUDI DENCH

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De trouver le nom de Judi Dench parmi mes étoiles filantes va, je n’en doute pas, en faire bondir plus d’un.

Je peux certes le comprendre mais je peux aussi le justifier. Tout d’abord, quel que soit le prestige de miss Dench, ce n’est pas celui de Marilyn Monroe, Brigitte Bardot ou Sophia Loren. Ensuite, ce blog se limite aux actrices du XXème siècle.

Or il se trouve que miss Dench devenue une inséparable de James Bond a surtout pris du galon dans le siècle suivant, c’est à dire le nôtre. Dans les années qui précédèrent le 1 Janvier 2001, miss Dench était déjà une grande dame, certes, mais une grande dame du théâtre.

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Notre héroïne du jour vient au monde le 9 Décembre 1934, la même année que Brigitte Bardot et Sophia Loren déjà citées. Elle naît sous le patronyme de Judith Olivia Dench.

L’heureuse naissance a lieu en Angleterre, à Heworth, proche banlieue de la ville d’York dans le Yorkshire. Et ceci bien que les parents de Judi, Reginald et Eleonora soient irlandais.  Ils se sont rencontrés sur les bancs de la fac de médecine à Dublin.

Dès l’enfance, Judi que le théâtre passionna dès le temps du biberon ou peu s’en faut, aura des liens indirects avec le théâtre. Son père a de nombreux acteurs dans sa clientèle de médecin et sa mère est devenue costumière au théâtre municipal d’York.

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On ne fera donc aucune objection à ce que la jeune fille suive une formation d’actrice, formation qui lui permettra d’intégrer la très prestigieuse « Royal Shakespeare Company ».

Servante de Shakespeare, c’est pourtant sur un tout autre registre qu’elle devient une actrice célèbre, et ce presque du jour au lendemain. C’est elle qui crée le personnage de Sally Bowles sur scène dans la comédie musicale « Cabaret » et si quelques critiques un peu acerbes déclarèrent: « Après tout il n’est écrit nulle part que Sally Bowles chante juste et bien!« , le succès sera colossal. Nous sommes en 1968, l’année suivante, la pièce sera portée à l’écran.

judi dench dans cabaret

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Mais hélas pour Judy, le rôle de Sally ira comme on le sait à Liza Minelli, rôle sur lequel l’actrice bâtira sa gloire et lui vaudra outre un oscar, un prestige définitif.

A l’heure où Liza Minnelli s’empare du rôle de Sally Bowles, Judi Dench a déjà fait beaucoup de télévision et tâté du cinéma. Elle a débuté en fanfare en tenant dès 1959 le rôle titre de la série télévisée « Hilda Lessways » au petit écran et a enchaîné les tournages télévisés cinq ans durant avant de débuter au grand écran.

C’était dans « The Third Secret » en 1964 avec le beau Stephen Boyd et Richard Attenborough. Elle n’avait certes encore qu’un petit rôle, les vedettes féminines de la chose étant Diane Cilento (Madame James Bond Connery à la ville) et Paméla Franklin.

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Judi Dench réintègre ensuite son cher théâtre et reprend son incessant travail à la télévision. Quelques films, de ci de là, mais rien qui ne bouleverse le box office sur l’île de sa majesté la reine des buveurs de thé.

Il faut attendre 1985 pour un nouveau succès, celui de « Chambre avec Vue » de James Ivory. Mais là encore, si le film fait une très belle carrière internationale, Judi Dench n’en est pas la star, ni même le second rôle féminin. La place est occupée par une autre actrice qu’elle a déjà trouvée plus d’une fois et retrouvera encore sur son chemin: Maggie Smith.

Non seulement Judi Dench n’a jamais fait du cinéma sa priorité dans son plan de carrière, ce qui fait d’elle une actrice difficile à distribuer dans des films puisqu’elle est sans cesse occupée ailleurs; mais au rayon des grandes dames anglaises, elle n’est pas seule.

Vanessa Redgrave et surtout Maggie Smith sont bien plus célèbres et populaires qu’elle et ont déjà été sanctifiées par Hollywood dès les années 60. Dès qu’il y a un rôle dans le genre « first lady », C’est d’abord à Maggie qu’on le propose, ensuite à Vanessa et puis enfin, seulement, peut-être à Judi. Sans compter qu’Helen Mirren est venue s’ajouter à la liste des prestigieuses et a distancé Judi à la course hollywoodienne.

Il faudra presque un miracle pour changer la donne ou tout du moins faire de Judi Dench l’égale en prestige de ses illustres consœurs.

Le miracle aura lieu, il s’appellera James Bond.

En 1995,  avec Golden Eye,Judi Dench intègre le casting récurrent de la très prestigieuse série. Elle devient M, elle devient « la patronne », la big boss du plus célèbre agent secret du monde!

Judi Dench touche à la gloire mondiale après avoir fêté ses 60 ans!

Elle devient une incontournable des « blockbusters » hollywoodiens, toujours avec Maggie Smith et Helen Mirren, Vanessa Redgrave ayant pris ses distances avec le métier de grande dame.

Depuis 1995, Judi Dench met les bouchées doubles et aligne les rôles dans les films les plus prestigieux mis en chantier par Hollywood à son intention entre deux James Bond. Avec toujours et comme il se doit, une immense prédilection pour tout ce qui touche, de près ou de loin, à son cher Shakespeare.

Ce n’est évidemment pas un hasard si en 1999 elle était couronnée aux Oscars pour son second rôle dans « Shakespeare in Love ». Elle avait déjà été nommée en 1998, elle le sera encore en 2001. 2002, 2006 et 2007.

On le voit, pour miss Dench, le nouveau siècle est cinématographiquement bien plus profitable que le précédent!

Celine Colassin

Judi Dench

QUE VOIR?

1964: The Third Secret: Avec Diane Cilento, Pamela Franklin et Stephen Boyd.

1965: Four in the Morning: Avec Ann Lynn

1965: A Study in Terror: Avec Barbara Windsor et Adrienne Corri

1968: Le Songe d’une Nuit d’Été: Avec Diana Rigg et Helen Mirren

1974: Luther avec Stacy Keach

1985: Whetherby: Avec Vanessa Redgrave et Ian Holm

1985: A Room with a View: Avec Helena Bonham Carter et Maggie Smith

1988: A Handful of Dust: Avec Kristin Scott Thomas et Rupert Graves

1989: Henri V: Avec Richard Branagh

1996: Hamlet: Avec Julie Christie et Richard Branagh et Gérard Depardieu

1997: Tomorrow Never Dies: Avec Pierce Brosnan

1997: Mrs Brown: Avec Billy Connolly

1998: Shakespeare in Love: Avec Gwyneth Paltrow et Joseph Fiennes

1999: The World is not Enough: Avec Pierce Brosnan et Sophie Marceau

1999: Tea with Mussolini: Avec Cher, Maggie Smith et Joan Plowright

2000: Chocolat: Avec Juliette Binoche

2001: Iris: Avec Jim Broadbent et Kate Winslet

2002: Die Another Day: Avec Pierce Brosnan et Halle Berry

2002: The Importance of Being Earnest: Avec Reese Witherspoon et Rupert Everett

2004: Ladies in Lavender: Avec Maggie Smith

2005: Mrs Henderson Presents: Avec Bob Hoskins

2005: Pride and Prejudice: Avec Keira Knightley

2006: Casino Royale: Avec Daniel Craig et Eva Green

2006: Notes on a Scandal: Avec Cate Blanchett

2009: Nine: Avec Daniel Day Lewis

2011: Jane Eyre: Avec Mia Wasikowska

2011: J.Edgar: Avec Leonardo di Caprio et Naomi Watts

2011: My Week with Marilyn: Avec Michelle Williams

2011: Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides: Avec Johnny Depp et Penelope Cruz

2012: Run for your Wife: Avec Denise van Outen

2012: Skyfall: Avec Daniel Craig et Naomie Harris

2013: Philomena: Avec Steve Coogan

2015: The Second Best Exotic Marigold Hotel: Avec Maggie Smith

660: MURIEL PAVLOW

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C’est le 27 Juin 1921 , des amours d’un russe et d’une française que naît à Leigh, dans le Kent, la petite Muriel Lillian Pavlow.

Une mère venue du pays de Corneille et de Molière, un père venu du pays de Tchekhov pour s’aimer au pays de Shakespeare, voilà les augures qui prédestinèrent à la vocation théâtrale de cette ravissante jeune demoiselle.

Une passion précoce, à 13 ans elle avait déjà réussi à se faufiler dans la distribution d’un film de Gracie Fields! « Sing as We Go ».

A 16 ans elle tournait dans l’ombre de la très allurale Marcelle Chantal et tâtait de cette chose nouvelle appelée « télévision »!

Très sérieusement formée à la rude école du théâtre comme le veut la tradition anglaise qui ne badine pas avec la formation théâtrale, la jeune Muriel aurait pu devenir et rester une servante des grands auteurs nationaux.

Mais lorsque l’on naît en 1921, on a dix-huit ans en 1939, l’âge de toutes les furies et de toutes les passions. Muriel aura une guerre à disposition pour y exprimer toute sa flamme. La demoiselle avait commencé sa carrière, remarquée par John Gielgud, mais dans une nation menacée, elle sera la première à s’engager dans l’ENSA , l’équivalent anglais du théâtre aux armées américain.

On a beau être une actrice, on n’en est pas moi patriote! Et qui de plus est, une patriote à la volonté farouche et au courage sans compromis! Courage et…énergie!

C’est durant cette maudite guerre qu’elle trouve le temps de faire ses véritables débuts d’actrice au grand écran et c’est en 1941 qu’elle épouse celui qui restera l’homme de sa vie: l’acteur Derek Farr de 9 ans son aîné. Ils s’étaient rencontrés sur le plateau du film « Quiet Marriage », un titre prémonitoire qui leur allait comme un gant!  45 ans d’amour, 39 ans d’union avant que Derek ne la laisse veuve en 1986. S’ils ne s’étaient pas mariés immédiatement mais seulement six ans après leur rencontre, c’est que Derek devait d’abord divorcer de Carol Lynn qu’il avait épousée deux ans seulement avant de rencontrer Muriel!

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Muriel Pavlow va durant toutes les années 50 être une jeune vedette anglaise très populaire, tenant le type de rôles que l’on confie à Janet Leigh à Hollywood. A cette différence près que Muriel se produit régulièrement dans l’ombre d’autres stars telles que Phyllis Calvert, Margaret Lockwood, Juliette Greco ou Kay Kendall à qui elle donnera la réplique à trois reprises. Et soyons justes, qu’elle précède parfois à l’affiche!

C’est dans les bras de Dirk Bogarde qu’elle connaîtra ses plus grands succès personnels grâce à la série des « Toubib » alors follement populaire en Angleterre même si aujourd’hui ce succès nous dépasse complètement.

Muriel Pavlow sera de deux épisodes, ce qui lui en fait un de plus que Brigitte Bardot ou Mylène Demongeot

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Dirk Bogarde et Muriel Pavlow

En 1961 après « Murder She Said » où l’excellentissime Margaret Rutherford était une non moins inénarrable  miss Marple; Muriel Pavlow fête ses 40 ans et…Quitte le grand écran! Elle se produira dorénavant à la télévision.

Décision tenue irrévocable jusqu’en…2009 soit 48 ans d’absence au cinéma avant un court retour dans  » Glorious 39″.

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QUE VOIR?

1934: Sing as we Go: Avec Gracie Fields et John Loder

1937: A Romance in Flanders: Avec Marcelle Chantal et Paul Cavanagh

1941: Quiet Wedding: Avec Margaret Lockwood et Derek Farr

1946: Night Boat to Dublin: Avec Robert Newton et Herbert Lom

1947: The Shop at Sly Corner : Avec Derek Farr et Diana Dors

1952: It’s Started in Paradise: Avec Jane Hylton, Kay Kendall et Ian Hunter

1953: The Net: Avec Phyllis Calvert et James Donald

1954: Toubib in the House: Avec Dirk Bogarde et Kay Kendall

1955: Simon and Laura: Avec Kay Kendall et Peter Finch

1957: Toubib at Large: Avec Dirk Bogarde

1958: Rooney: Avec John Gershon

1959: Whirlpool: Avec Juliette Greco et O.W. Fisher

1961: Murder She Said: Avec Margaret Rutherford et James Robertson Justice

2009: Glorious 39: Avec Romola Garai, Julie Christie, Jenny Agutter et Christopher Lee

 

657: CAROLE LANDIS

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Aborder le destin de Carole Landis dans ces pages c’est aborder l’épineux chapitres des morts mystérieuses d’Hollywood.

Et si tout peut sembler évident « vu de loin », lorsque l’on décortique un peu les faits, très vite le mystère s’installe et le doute plane. Je ne suis certes pas la seule à m’interroger. Plus de soixante ans après les faits, la famille de la jeune vedette trop tôt disparue, à seulement vingt neuf ans, continue de s’interroger sur cette mort mystérieuse.

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Mais commençons par le début, un bien triste début.

Le 1 Janvier 1919,  » Le jour où tout le monde a la gueule de bois » commentera-elle plus tard, Frances Lillian Mary Ridste vient au monde à Fairchild dans le Wisconsin.

Si elle vient au monde le premier jour de la première année de paix mondiale et qu’elle est déjà si belle que tout le monde la surnomme « The Baby Doll », la vie de la future Carole Landis ne s’annonce pas rose pour autant.

Ses parents, Alfred et Clara ont déjà quatre enfants à nourir et ils ne sont guère riches.

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Laurent, Dorothy, Lewis et Jérôme la précèdent en ce bas monde et il n’y a que dix mois d’écart entre le petit Jérôme et Frances. Hélas le petit Jérôme mourra à 17 mois après avoir été accidentellement ébouillanté.

Ce drame survient dans un couple déjà en crise, Alfred est persuadé que « Baby Doll » n’est pas sa fille mais bien celle de l’amant de Clara.

En 1920, Alfred et Clara divorcent. Elle reste seule avec ses quatre enfants, elle déménagera pour la Californie. A San Diego d’abord puis elle se fixera à San Bernadino.

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Clara qui a trouvé à louer une maison minuscule dans une banlieue pauvre travaille d’arrache pied pour assurer tout le confort possible à ses enfants. Souvent absente, les plus grands surveillent les plus petits et Dorothy nourrira une véritable adoration pour la petite Frances. Les deux sœurs entretiendront toujours une relation fusionnelle. Sinon, la petite Frances s’amuse avec les autres enfants du quartier, noirs pour la plupart.

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Carole Landis et un de ses chers chiens

Lorsqu’elle découvrira qu’Hollywood est une ville épouvantablement raciste, elle en sera aussi sidérée que si des martiens étaient venus patauger dans sa piscine pour le week-end!

Sa grande passion dès qu’elle mit son petit museau dehors, c’est à dire dès ses premiers pas, fut de venir au secours des animaux perdus. Une passion qui ne la quittera jamais, devenue star de cinéma, Carole Landis vivra toujours avec une incroyable ménagerie de chiens, de chats et d’oiseaux et même un singe dont le confort et le bien être passera toujours avant le sien.

En 1924 un nouveau deuil frappe la famille. Le petit Alfred est tué par balle par un de ses camarades d’école qui avait trouvé « Un flingue comme dans les films ». Un flingue chargé. L’accident bête qui détruit deux vies, l’une avec la mort l’autre avec le remord.

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La petite fille qu’est encore Frances se réfugie alors dans un monde de secours pour échapper à la misère qu’est déjà sa vie. Ce monde de secours c’est le cinéma. Et sa grande passion ce sera Carole Lombard que la petite fille va adorer plus que tout. Bientôt elle ne rêve que de cinéma et considère l’école comme une véritable guigne, avec des notes désastreuses elle désespère tous ses instituteurs, il n’y a qu’en sport qu’elle se montrera brillante.

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Qui croirait d’ailleurs que la glamour girl hollywoodienne fut lanceuse au base ball dans l’équipe de son collège? Elle voulut même former une équipe de footballeuses, mais la directrice du collège trouva cela indécent et interdit l’initiative.

Déjà antiraciste depuis le berceau, cette nouvelle sottise fera d’elle une authentique féministe!

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En 1926, Frances a sept ans. Elle assiste avec sa famille à un concours d’amateurs, un « crochet », dont la mode fait déjà rage et connaît aujourd’hui, grâce à la télévision, un regain sans précédent.

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Soudain à la stupéfaction générale elle se met à hurler du fond de la salle  »Moi aussi je veux chanter! » Et sans attendre la permission de qui que ce soit, monte sur la scène et pousse la chansonnette. Evidemment tout le monde applaudit cette petite fille jolie comme un cœur…Sauf sa maman. « J’étais trop sidérée » déclarera-elle plus tard.

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Après ce premier exploit plutôt inattendu, la petite Frances décrète qu’elle fera du cinéma. Dorénavant, chaque fois que la famille aura des ennuis ou un coup dur, elle haussera les épaules et laissera tomber « Bah, ne vous en faites pas, bientôt je ferai du cinéma et tout ça n’aura plus d’importance! »

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En 1931, elle a 12 ans et s’inscrit en cachette de sa mère dans des concours de beauté. Elle finit quatrième au premier et gagne une paire de bas. Elle fait deuxième au second et rafle un radiateur électrique! Si elle avait pu facilement planquer la paire de bas, le radiateur électrique est plus compromettant. La ruse est découverte et sa mère annule toutes ses autres inscriptions. « Une petite fille de 12 ans! Vous n’avez pas honte? » Clame-elle aux organisateurs des concours complètement sidérés

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Evidemment, cette intervention maternelle est contrariante! Mais la future Carole a son plan! Elle deviendra serveuse. Oui, car dans les films qui font fureur à l’époque, on voit souvent des gros bonnets du cinéma repérer une serveuse anonyme dans un restaurant et faire d’elles Constance Bennett!

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Car pour elle le cinéma c’est ce qu’elle voit dans les films! On est repérée par un homme puissant, il fait découvrir au monde que vous êtes merveilleuse et vous avez des fourrures, des diamants, une énorme limousine et une villa avec piscine pour recevoir Carole Lombard devenue votre meilleure copine!

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Ca n’a rien de bien chinois, mais pour que maman ne vienne pas une fois de plus contrecarer ses plans, Frances se libère de sa tutelle en s’enfuyant à Yuma en Arizona avec le fils des voisins, le beau Irving Wheeler pour l’épouser. Il a 19 ans, nous sommes en 1934, le 14 Janvier très exactement, Frances a 15 ans depuis…13 jours!

Ce qu’elle n’avait pas prévu c’est que maman épouvantée ferait purement et simplement annuler le mariage!

Frances est rapatriée manu-militari et retourne sur les bancs de l’école!

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Et ce que maman n’avait pas prévu c’est que sa fille déjà plus fûtée que ses professeurs ne veulent bien l’admettre n’en resterait pas là! Elle s’en ouvre à son père qui trop content  de contrarier son ex épouse donne, lui, son consentement!

Frances et Irving se remarient une seconde fois le 25 Août de la même année!

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Très exactement un mois plus tard, la jeune mariée se querelle avec son tendre époux lors d’une ballade au clair de lune en amoureux et elle retourne chez maman!

Laquelle maman trop contente d’avoir le dernier mot l’expédie à l’école dès le lendemain matin!

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Finalement, mère et filles trouvent un accord, Frances a droit de travailler en dehors des heures de cours. Aussitôt elle met à exécution son plan de « future vedette ». Elle devient ouvreuse, serveuse, vendeuse mais aucun ponte ne la remarque! Et on s’en doute elle n’est pas du genre patient. Et puis elle a beau être dernière de classe, elle finit par se dire que peut-être, les grands magnats d’Hollywood ne prennent pas forcément leurs repas dans les gargotes de San Bernardo!

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Dès qu’elle réussit à amasser 100$ elle saute dans un bus Greyhound et part tenter sa chance comme chanteuse. Qu’elle n’ait aucune formation vocale ne lui semble pas être un détail digne d’être relevé!

Le ticket de bus coûte 17$ le reste c’est pour devenir blonde et tenir jusqu’à un engagement, deux ou trois jours maximum lui semble le pire des extrêmes avant de se produire sur scène. C’est Frances qui monta dans le bus, c’est Carole Landis qui en descendit. Il y avait longtemps qu’elle savait qu’elle ferait carrière sous le plus beau prénom du monde à ses yeux, elle voulait un patronyme qui commence par L comme son idole, elle trouva Landis dans l’annuaire du téléphone de la gare routière.

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Son inébranlable témérité et sa foi inconditionnelle en elle-même lui donneront raison! Certes elle n’est qu’à San Francisco et pas encore à Hollywood et si elle se produit sur scène, ce n’est pas celle du Cirio’s ou du Stork Club! D’ailleurs ce n’est pas grâce à son tour de chant qu’elle se fera admirer mais parce qu’elle danse le Hula!

On peut s’étonner aujourd’hui que l’aspirante actrice ait choisi San Francisco plutôt que de se rendre directement à Hollywood. La première raison qui me paraît la plus plausible est qu’en ces temps de censure toute puissante, de codes de moralité, et de commérages de plus en plus malveillants, il était notoire que les gens les plus en vue du cinéma, vivant à Hollywood comme des poissons rouges dans des bocaux avaient coutume depuis les années dix d’aller se payer du bon temps à San Francisco où on leur fichait la paix  plutôt que de rester à Hollywood où ils étaient épiés et jugés sans relâche.

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Si Carole Landis comptait sur une « rencontre » pour mettre le pied dans l’univers du cinéma, elle avait mille fois plus de chance en se produisant dans un night club à San Francisco que partout ailleurs au monde. Son choix est d’une imparable évidence. Ensuite, il n’est pas impossible qu’elle ait déjà jalonné des rendez-vous et des auditions avant de prendre la route. Ce qui expliquerait qu’elle ait décroché un emploi dès son arrivée.

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On a beaucoup fait de Carole Landis une sorte d’écervelée impulsive, mais sa vie entière prouve le contraire. Elle était pugnace et résolue en plus d’être intelligente et plutôt fine mouche.

Ce fameux départ précipité est à mes yeux la première erreur de jugement et de réflexion sur le parcours de la belle actrice. La preuve en est que si ce départ avait été réellement précipité et irréfléchi, elle serait effectivement allée jusqu’à Hollywood, le ticket ne lui aurait coûté que 3$ de plus.

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Son escale à San Francisco ne s’explique que par une minutieuse préparation en amont de cette « fuite vers la gloire ».

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Plus tard des rumeurs de prostitution entacheront cette période de la vie de l’actrice. Mais si nombre de stars hollywoodienne ont été suspectées d’étreintes monnayées et qu’on a eu aucun mal à le prouver pour des stars de l’envergure de Joan Crawford ou Marilyn Monroe , rien n’a jamais permis d’étayer cette thèse à propos de Carole Landis.

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Lorsqu’elle aura à nouveau 150$ devant elle, après une tournée à Santa Cruz avec l’orchestre de Carl Ravazza, elle quitte San Francisco pour Hollywood et s’installe dans un apparentement plutôt modeste dans un quartier guère mieux fréquenté que tous ceux qu’elle a connus jusqu’alors. Bientôt ses parents réconciliés viendront s’y installer avec elle sans se remarier pour autant.

Et rien n’interdit de penser que son arrivée à Hollywood a été préparée avec autant de minutie, sinon plus que son arrivée à San Francisco.

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Nous sommes en 1936, maintenant aidée de ses parents, sa mère se fait appeler madame Landis, Carole court les auditions, obtient quelques figurations et le reste du temps prend toutes les leçons possibles de chant, de danse et bien sûr d’art dramatique.

C’est au cours du tournage d’une comédie musicale où elle est perdue dans le chorus qu’elle fait la connaissance de l’illustre et séduisant (malgré leurs 25 ans de différence d’âge) Busby Berkeley, le réalisateur roi des chorégraphes au style terriblement sophistiqué.

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Carole Landis avec un autre chorégraphe: Don Lopez

Lorsque Carole fait sa connaissance, Berkeley est au cœur d’un retentissant scandale qui passionne l’Amérique entière. Responsable d’un accident de voiture ayant coûté la vie de deux personnes, suspecté d’avoir perdu le contrôle de sa voiture en état d’ivresse, il comparaît au tribunal sur une civière, inculpé pour homicide. Il y aura trois retentissants procès avant son acquittement.

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Carole Landis et son petit singe

Réellement entiché de la belle Carole,  il y aura un projet de mariage, c’est lui qui lui met le pied à l’étrier. C’est le moment que choisit le mari de Carole pour se radiner à Hollywood pour « surveiller » son épouse! Après avoir été figurant avec Carole sur le film de Mervyn Leroy: « The King and the Chorus Girl », il intente un procès en détournement d’affection à Busby Berkeley. Celui-ci déjà en pleine tourmente judiciaire n’a pas besoin d’un nouveau scandale et préfère rompre avec Carole.

Wheeler demande 250.000$ de dommages et intérêt à Berkeley et se heurte à Carole au tribunal:  » Quelle affection? je n’ai pas vu cet homme depuis 1934 et maintenant il s’en prend à me relations professionnelles! »

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Carole outrée, divorce argumentant une cruauté mentale extrême!

Le 13 Mai 1937, elle est enfin actrice sous contrat chez Warner, un contrat négocié par Busby en personne à 50$ par semaine. Ca peut nous paraître dérisoire aujourd’hui mais à l’époque c’est très bien payé, un ouvrier américain est loin d’en gagner autant, quant aux femmes, n’en parlons même pas. Carole gagne dix fois plus qu’une secrétaire de direction.

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Elle déclare être fille unique née à Chicago en 1916! C’est là qu’elle aura sa première véritable amie en la personne d’une autre jeune starlette débutante, Diana Lewis qui deviendra plus tard madame William Powell. C’est elle qui offrira à Carole le premier bijou de sa vie: une petite croix en or qu’elle portera toute sa vie.

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Il est aussi intéressant de rappeler que la jeune starlette Carole Landis avait également convaincu Mervyn Leroy de son fort potentiel. Et qui sait ce qu’il serait advenu de sa carrière s’il n’avait pas rencontré cette autre starlette nommée Lana Turner. Carole et Lana étaient toutes les deux figurantes dans « A Star is Born », elles débutent donc en même temps. Mervyn Leroy prendra Lana Turner sous contrat, le premier du genre à lier une actrice à une metteur en scène et l’imposera à la MGM. Lana deviendra une des stars les plus puissantes de sa génération et je suis bien certaine qu’elle a, bien involontairement du reste, damé le pion à Carole Landis.

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Carole ou Lana? Une réelle similitude.

Bientôt les deux actrices auront la même blonde allure sophistiquée et joueront sur les mêmes arguments de charme. Il n’est pas rare aujourd’hui de trouver des photos de Carole glissées par erreur dans des articles ou des ouvrages consacrés à Lana.

Après un an à végéter chez Warner, Carole Landis va signer chez Republic et ce nouveau contrat ne sera guère plus fructueux que le précédent. Le 3 Juin 1939, Carole est enfin divorcée et elle a un agent qui prend sa carrière en mains.

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En cette année 1939 et malgré les menaces de guerre de plus en plus assourdissantes, Hollywood met en chantier quelques films des plus importants et les plus prestigieux de son histoire. C’est avec 1950 l’année la plus fertile en chef d’œuvres inoubliables. Les castings sont au cœur de toutes les conversations, les colonnes des journaux sont pleines  de luttes sans merci d’actrices bataillant pour l’obtention d’un rôle, c’est presque une mode lancée avec le casting pour le rôle de Scarlett O’hara!

Carole se lance dans la bataille et briguant elle aussi un rôle dans un film de Cecil B. DeMille pourtant grand amateur de brunes. Elle réussit à se propulser jusque dans son bureau et lui joue une scène pour le convaincre d’au moins lui faire passer un bout d’essai!

Sa démarche sera concluante et Carole Landis récolte un succès foudroyant dans « One Million B.C. » Carole Landis est enfin lancée après plusieurs années à végéter dans les méandres les plus obscurs des studios les moins réputés.

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A sa complète stupéfaction elle reçoit sa première lettre de fan et dans la foulée se fait retoucher le nez et s’astreint à un régime draconien qui aura pour effet de lui donner une des tailles les plus fines d’Hollywood et accessoirement mettre son imposante poitrine très en valeur. Toujours dans la foulée elle s’installe dans une élégante maison de Westwood.

Le 4 Juillet 1940, désormais vedette, Carole Landis se remarie avec Willis Hunt jr. Très mondain, très milliardaire et accessoirement courtier en yachts, le couple convole à Las Vegas après seulement trois semaines de cour assidue.

En Septembre ils sont séparés, en Novembre ils sont divorcés.

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Elle est alors prise sous contrat par Darryl Zanuck à la 20 Th Century Fox. Il est évident pour tout le monde qu’il s’agit là d’une promotion canapé. C’est dans les habitudes du monsieur qui adore pourtant les brunes pour ses nuits, mais les blondes pour son studio. Il n’a pas vécu de plus grand malheur dans sa vie que de ne pas posséder Jean Harlow au moins le temps d’un film. Son studio a sous contrat sa propre blonde numéro un: Alice Faye que Zanuck n’a jamais appréciée et sa blonde numéro deux Betty Grable qui n’est guère conciliante.

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Carole Landis a, dit-on ses faveurs, mais parce qu’elle aurait refusé certaines « fantaisies », elle est éradiquée du casting de « Blood and Sand ». Encore une fois, même si Carole Landis eut une liaison avec Zanuck, il convient de remettre l’église au milieu du village hollywoodien. D’abord si Carole fut envisagée un court moment pour le rôle elle refusa catégoriquement de se teindre les cheveux en noir geais et il n’en fut plus question. Elle refusera également « Belle Star » ce qui permettra à Gene Tierney de faire ses débuts.

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Rita Hayworth obtient alors le rôle dans « Blood and Sand » à la faveur d’un échange commercial avec la Columbia mais surtout parce qu’elle est espagnole comme le personnage de Dona Sol de Muires.

Zanuck avait d’abord tenté d’obtenir Hedy Lamarr à la MGM mais fidèle à son habitude celle-ci demandait une somme astronomique qui équivalait en résumé à « Donnez-moi le studio et je fais le film »

Ensuite, Zanuck est déjà très en affaire avec la très brune Linda Darnell, autre vedette féminine du film! Rita Hayworth est une évidence pour ce rôle et la Century Fox est là d’abord et avant tout pour faire des films qui marchent et qui rapporteront de l’argent. le canapé de monsieur Zanuck passe après! Et si dans les archives du studio on ne trouve rien concernant Carole Landis dans un rôle d’Espagnole, on y découvre que Carole aurait dû tourner « Niagara » elle y aurait tenu le rôle de Rose Loomis dont Marilyn Monroe fera ses choux gras douze ans plus tard!

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Et puis encore, après son second divorce, Carole Landis n’est pas une femme esseulée, loin s’en faut, c’est sa période « Hollywood by Night » et elle s’affichera beaucoup avec César Romero qu’elle adore,  Spencer Tracy, Charles Boyer, Victor Mature, Burgess Meredith, Charles Chaplin, Mickey Rooney, Pat De Cicco, l’ex mari de Thelma Todd, Robert Stack,Oleg Cassini, Franchot Tone, Cary Grant, Anatole Litvak, Bob Topping le futur mari de Lana Turner ou l’élégant George Montgomery.

Carole Landis est une star et au début de 1942, elle change officiellement de patronyme et devient Carole Landis pour l’état civil.

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Mais la guerre est inéluctable, Bientôt Hollywood tout entier va vivre sous la bannière étoilée du patriotisme et accessoirement tourner plus de films que jamais! Bette Davis crée la « Hollywood Canteen » et si Marlène Dietrich s’y précipite, Carole Landis l’a devancée! Si dans la presse on imagine une rivalité entre elle et Betty Grable pour savoir qui a les plus belles jambes du monde, et même si les deux stars se détestent cordialement, Carole s’en fiche bien! Elles seront trois fois à l’affiche d’un même film et manqueront de s’étriper lorsqu’elles ont des scènes en commun!

Evidemment elle ne sera jamais, (comme Alice Faye et Betty Grable d’ailleurs), de ces actrices susceptibles d’intéresser l’académie des Oscars. Mais contrairement aux deux actrices précitées, Carole aune très solide réputation d’élégance et a même eu les honneurs du très prestigieux magazine VOGUE.

On fera donc appel à elle, non pour recevoir un Oscar mais pour en remettre un. C’est ce soir là que l’élastique de sa petite culotte cède et que le tout tombe sur ses chevilles devant une assistance médusée!

Elle est un des premiers membres de comité de la victoire d’Hollywood et vend des obligations à la pelle comme Dorothy Lamour, Carole Lombard et même Mary Pickford qui reprend du service comme en 1914!

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En Octobre de la même année, flanquée de ses trois copines Kay Francis, Martha Raye et Mitzi Myfair elle part en tournée aux armées! Les Bermudes d’abord puis l’Irlande du Nord, L’Angleterre, l’Afrique, partout ces dames se donnent en spectacle pour divertir les troupes! Le 8 Janvier 1943, à Alger, elles échappent de justesse à deux attentats dans la même journée! C’est durant cette tournée qu’elle tombe follement amoureuse de Thomas Wallace, un fringuant militaire qui deviendra son troisième mari.

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Le 14 Mars 1943, elle rentre aux Etats-Unis et se voit deux fois couronnée: pour être « La fille ayant fait le plus pour l’effort de guerre « et « La Femme la mieux habillée de l’année »!

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Le Saturday Evening Post lui commande une série d’articles racontant ses aventures au front. Carole se lance dans la rédaction de « Four Jills in a Jeep ». C’est un triomphe et l’histoire est portée à l’écran avec les quatre mêmes protagonistes, Carole jouant son propose rôle sans toutefois retrouver le succès de la publication.

Chose amusante, Betty Grable fait partie des « attractions » de « Four Jills in a Jeep »! Jolie revanche pour Carole de voir tourner son ennemie-rivale dans un film qu’elle a écrit et dont elle a le premier rôle!

C’est la première fois dans l’histoire qu’une actrice écrit sur sa propre vie et s’incarne elle-même à l’écran. Plus tard ce sera le tour d’Audie Murphy chez ces messieurs.

En Juin 1944, Carole est repartie dans sa tournée mondiale pour divertir les troupes, elle est cette fois accompagnée de Jack Benny. mais déjà affaiblie par une maladie contractée dans le Pacifique sud, elle manque de mourir lorsqu’elle est frappée de paludisme et souffre d’une pneumonie en Nouvelle Guinée. Sauvée in extremis, Carole Landis ne recouvra jamais complètement la santé.

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En Octobre 1944, Alors qu’elle est encore convalescente, elle se sépare de Thomas Wallace.

En Janvier 1945, Carole Landis encore affaiblie a malgré tout retrouvé son panache de star d’Hollywood. Elle a l’occasion de faire ses débuts à Broadway dans « The Lady Say Yes » mais la pièce est éreintée. 78 représentations seulement, même si Carole s’en sort avec les honneurs.

Le 19 Juillet 1945, Carole est officiellement divorcée pour la troisième fois; Elle commente: « S’il n’y avait pas eu la tourment de la guerre et les dangers de mort qui nous poussaient à vivre vite, nous ne nous serions probablement jamais mariés car nous aurions eu le temps d’apprendre à nous connaitre » Thomas Wallace, plus laconique déclarera: « Je n’avais pas pensé que ce mariage ferait de moi monsieur Landis! »

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Carole Landis ne s’appesantira pas outre mesure sur ce nouveau divorce. Quatre mois plus tard, elle se remariait pour la quatrième fois. Le nouvel élu de son cœur: Horace Schmidlapp, milliardaire et accessoirement producteur. Carole semble alors heureuse et déterminée à mieux gérer sa vie et sa carrière.

Elle est belle, elle est célèbre, elle est riche à 24 ans, elle souhaite maintenant s’accomplir, être reconnue comme une véritable actrice et non plus seulement comme un « glamour girl », et bien sûr fonder une famille. Un mariage stable et des enfants sont son nouveau but.

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Pourtant, c’est à ce moment là que sa vie va prendre une spirale infernale, une spirale qui lui sera fatale.

Tout avait pourtant bien commencé. Carole et Horace  s’aimaient sincèrement, ils étaient partis pour une lune de miel qui allait durer près d’un an, Carole avait rempli son contrat à la Century Fox et se laissait un peu désirer à Hollywood. Le couple avait acheté une superbe villa à Pacific Palissades au nom de Carol, c’était un cadeau, et elle était toute à la joie de la décorer, une de ses grandes passions.

Mais quand ils rentrent à Hollywood en Novembre 1946, ce n’est pas pour une affaire de rideaux mais parce que Carole doit être hospitalisée d’urgence. Les séquelles de ses maladies exotiques contractées dans le pacifique Sud. Non seulement ses douleurs au ventre sont inhumaines mais elle craint que ses chances de maternité soient définitivement compromises. Ce sera le cas.

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En Juillet 1947, encore fragile, elle rencontre l’acteur Anglais Rex Harrison et en tombe follement amoureuse. Passion on ne peut plus réciproque.

Ils sont mariés chacun de leur côté, elle avec Horace et lui avec la belle actrice allemande Lilli Palmer.

Carole Landis s’est confiée à Horace, c’est elle qui la première reprend ses esprits. Ils vivent toujours dans la même maison mais chacun occupe désormais une chambre différente parmi les treize chambres de la luxueuse villa.

Carole se déclare alors insatisfaite de ce que lui propose Hollywood et gagne l’Angleterre où elle est terriblement admirée depuis ses exploits durant la guerre. Elle s’exile à Londres pour six mois, le temps d’y tourner deux films et surtout s’éloigner de Rex Harrison.

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Pus tard on dira que Carole harcelait Rex Harrison pour qu’il divorce de Lilli. Or, non seulement elle ne lui demande rien mais elle prend le parti de s’éloigner. Les Harrison ont un jeune fils, Carole ne sera pas la briseuse de famille. Quant aux proches de Carole ils affirmèrent que Rex Harrison s’était jetée sur elle comme un requin sur une cuisse de poulet! Que c’est littéralement harcelée qu’elle avait fui pour Londres.

Or, Carole partie, Harrison somme littéralement ses agents de lui trouver un rôle dans un film ou une pièce à Londres.

Lilli Palmer n’est pas dupe et ne l’a jamais été. Elle est une des femmes les plus avisées de son siècle et de plus elle connaît parfaitement son mari. Elle a été au courant de sa passion pour Carole dès la première fois où il s’est absenté de leur maison sous un quelconque prétexte, ne rentrant que tard dans la nuit.

Lorsque Rex Harrison réussit à trouver un engagement à Londres pour y rejoindre Carole, Lilli Palmer décide de l’accompagner leur jeune fils sous le bras!

Malgré la présence de sa femme et de son fils, Harrison revoit Carole et ils passent plusieurs week-ends à Plymouth. Lilli invite Horace à se joindre à eux!

Evidemment, la presse s’empare de l’affaire et le tollé est colossal. Rex Harrison déclare: « Bien sûr que je suis amoureux de miss Landis! Vous connaissez un homme qui ne le soit pas? Mais elle est surtout une excellente amie de ma femme » Seule Lilli restera ostensiblement muette, se contentant de toiser ceux qui abordent le sujet devant elle d’un haussement de sourcil méprisant.

Pourtant, lorsque tout ce beau monde rentre en Amérique après le séjour londonien, Carole lance une procédure de divorce et Rex Harrison annonce à Lilli Palmer sa décision de la quitter pour épouser Carole.

Consciente non seulement d’avoir été ridiculisée en niant les évidences et que c’est bien son mari qui poursuit Carole de ses assiduités et non le contraire, Lilli part bouder à New-York.

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Le 4 Juillet 1948, comme le veut la tradition, un grand pique-nique est organisé pour la fête nationale à Hollywood et nombre de stars y participent, cela fait partie de leurs obligations professionnelles.

Carole Landis y assiste avec quelques amis qui l’ont retrouvée chez elle pour une petite réunion au bord de la piscine avant de venir au pique-nique. Elle avait prévenu ceux-ci qu’à une certaine heure ils devraient s’éclipser car elle avait rendez-vous avec Rex.

Elle porte un corsage clair, une simple jupe à carreaux et des sandales plates. La tenue idéale pour un pique-nique. Le couple Harrison est là lui aussi

A partir de cet instant tous les témoignages seront contradictoires.

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Le lendemain Carole Landis était retrouvée morte d’une surdose de barbituriques. Elle avait laissé une note à sa mère dont le texte a été maintes fois publié, mais fait étrange, elle laissait également une note à sa secrétaire pour qu’elle n’oublie pas le rendez-vous chez le vétérinaire pour un de ses chers chats souffrant de la patte.

Plus étrange encore, la veille elle avait littéralement dévalisé les boutiques dans une véritable fringale de shopping.

Le 7 Juillet 1948,  deux jours après la mort de Carole, Rex Harrison et Lilli Palmer sont dans la tourmente et donnent une conférence de presse pour affirmer leur bonheur conjugal sans nuage et démentir une fois pour toutes les rumeurs de liaison entre Rex et Carole. Alors que quelques mois plus tôt ils ne s’en cachaient qu’à peine.

Deux comédiens au chômage et fans inconditionnels de Carole Landis, Robert Love et Daniel Harris, apprenant le suicide de Carole leur idole louèrent son courage de s’être suicidée se jetèrent du haut d’un cinquième étage.

Carole Landis est inhumée le samedi 10 Juillet.

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Il y eut enquête, une enquête qui conclut rapidement au suicide, Rex Harrison fut interrogé et déclara qu’il avait quitté Carole chez elle en début de soirée, ils avaient bu un dernier verre et parlé lui de sa pièce, elle de son envie de retourner en Angleterre. Questionné sur les raisons qui auraient pu pousser l’actrice à ce geste fatal, il évoqua des problèmes financiers et effectivement l’actrice n’avait plus que 400$ sur son compte personnel à l’heure de son décès. On occulte alors le fait que Carole avait mis sa villa de 13 chambres en vente et qu’elle pouvait en espérer une somme énorme.

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Et puis, c’était oublier un peu vite qu’elle était femme de milliardaire, un milliardaire avec lequel elle s’était réconciliée et dans la foulée elle avait interrompu la procédure de divorce.

Le 10 Juillet 1948, Carole Landis escortée de milliers de fans était inhumée au Forest Law de Glendale. Le couple Harrison assiste à la cérémonie. Le cercueil de Carole Landis faillit être renversé dans la bousculade, sa mère s’évanouit et après l’inhumation, ses fans vont se disputer les fleurs dans une scène odieuse. Les Harrison en avaient profité pour s’éclipser fort à propos. Lilli Palmer était en bleu, elle avait avec beaucoup de tact évité le noir pour les funérailles de la maîtresse officielle de son mari

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Et puis, peu à peu, l’oubli se fit, ou plus exactement un certain oubli, car nombreux étaient ceux qui sentaient confusément que cette mort était bien louche.

Il faudra attendre un demi siècle pour pouvoir recouper des éléments qui éclairent la fin de Carole Landis d’une autre lumière et qui sait, dévoilera peut-être un jour une autre vérité.

En 1948, si la thèse du suicide est si facilement accréditée, c’est que l’actrice est une habituée des tentatives de suicide. Elle-même en parlait comme d’une chose tout à fait normale, déclarant même un jour: « Je roulais seule la nuit, j’avais décidé de me suicider en me jetant en voiture du haut d’une falaise, mais un petit chat perdu a traversé devant ma voiture et je n’ai plus eu qu’une seule idée: le récupérer et l’adopter« .

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Aujourd’hui ce que l’on appelle « chantage au suicide » était une chose plus courante à l’époque, surtout chez les actrices habituées à interpréter les grandes passions amoureuses. Même Marlène Dietrich aboya un jour au visage de von Sternberg: « Je te préviens! Si tu oses inviter cette Leni Riefenstahl, je me suicide devant tout le monde! » Leni vint, Marlène posa pour les photographes avec elle! Il était bien vu à l’époque de rouler très vite, fumer comme un pompier, de s’enivrer, de se marier dix fois, de porter de la fourrure et de ponctuer sa vie sentimentale de quelques tentatives de suicides de préférence spectaculaires. Après tout, on n’avait pas encore la télévision!

Que Carole Landis en ait commis plusieurs pour des motifs divers ne fait pas d’elle une névrosée mais seulement une femme de son temps et surtout de son milieu.

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Ensuite il demeure évident que Rex Harrison était plus amoureux de Carole que l’inverse malgré une légende tenace qui perdure et clame le contraire. Le jour fatidique du 4 Juillet 1948, n’ avait-il pas fallu à l’actrice une valise pour lui rendre toutes ses lettres d’amour? Un des seuls faits corroborés par tous les témoins sauf par…le couple Harrison.

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Car la version des faits officielle de l’époque est celle-ci:

Le 4 Juillet, Carole Landis a invité des amis pour une petite causerie bronzette au bord de sa piscine . Elle les a ensuite priés de dégager car elle attendait Rex Harrison. Rex est venu, ils ont grignoté du poulet froid et une tarte au citron qu’avait préparée Carole. Ils ont parlé théâtre, pris un dernier verre et Rex est parti chez des amis proches voisins de Carole. Se sont-ils disputés ou pas, on l’ignore. L’actrice a toutefois flanqué toutes les lettres , les photos et les cadeaux de Rex Harrison dans une valise et est allée à pieds déposer ladite valise devant la porte des amis chez qui Rex se trouvait. Elle est ensuite rentrée chez elle, a rédigé trois notes: une pour le chat, une pour sa mère une pour Rex. Elle a ensuite absorbé une dose cinq fois mortelle de barbituriques et a tourné en rond dans sa salle de bains jusqu’à ce que la mort la surprenne et qu’elle s’écroule la tête dans l’armoire de toilette. Qu’un de ses manteaux de vison soit jeté sur une chaise dans sa chambre accrédite le fait qu’elle soit allée à pieds déposer la fameuse valise puisque la nuit était effectivement très fraîche.

On oublie là qu’elle est chaussée de nu-pieds.

Harrison quant à lui était rentré sagement chez lui vers 22heures fait corroboré par sa fidèle épouse Lilli Palmer qui n’a pas fait mention de valise.

Rex Harrison reconnaîtra seulement avoir eu connaissance de la note à son intention et l’avoir faite détruire par ses avocats.

Affaire classée.

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Four Jill in a Jeep, un des grands moments de la vie de Carole Landis

Mais venons en à ce qui se passa un demi siècle après la fin prématurée de la blonde actrice.

Lilli Palmer eut l’idée comme bien d’autres actrices de publier ses mémoires. Il était impensable pour elle de faire l’impasse sur Carole Landis, Ces pages là seraient lues en premier. Elle s’en tint donc fidèlement à sa version de l’époque.  C’est ce qu’elle avait clairement décidé une fois pour toute et elle entrera dans la mort sans jamais changer sa version des faits d’un iota.

Mais ce qu’elle ne pouvait pas savoir, c’est que son ancienne voisine et amie de l’époque, Esther Williams, elle aussi plongée, c’est le cas de le dire, dans la rédaction de ses mémoires lirait son livre.

Et qu’au chapitre concernant Carole Landis après avoir fait un bond de trois mètres, elle crierait au mensonge et donnerait sa version des faits.

Et si l’ancienne sirène olympique Esther Williams qui, nullement concernée à l’époque ne fut pas interrogée réagit avec tant de véhémence autoritaire, c’est que Lilli Palmer l’impliquait purement et simplement.

En recoupant tous les témoignages, voici ce dont on peut à peu près être sûrs.

En ce fameux jour de pique-nique du 4 Juillet 1948, Rex Harrison est très probablement passé chez Carole Landis. On sait que c’est lui qui était très épris et non l’inverse comme on l’a pourtant tellement dit et écrit. Après sa visite, elle a mis toutes ses lettres dans une valise et rapportées chez les amis où il se trouvait. On est sûrs aujourd’hui que lorsqu’il en prendra possession, il les brûlera toutes.

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Carole Landis est allée à ce fameux pique-nique.

Pique-nique qui n’existe purement et simplement pas dans la première version des faits.

Rex Harrison est lui-aussi au pique-nique avec Lilli Palmer.

Il semble qu’il y ait eu une scène entre Rex et Carole et c’est Rex Harrison qui va la ramener chez elle. Devant Esther Williams il vint prévenir Lilli que Carole était souffrante, les séquelles de sa maladie, encore, et qu’en gentleman il la ramenait chez elle.  On ne la reverra pas vivante.

Et selon Esther, dix minutes plus tôt, Carole Landis en parfaite santé s’amusait beaucoup.

Lilli restée plantée là trouva refuge auprès d’Esther Williams sa voisine venue seule.

A la fin du pique-nique, personne n’ayant revu Rex Harrison, Lilli rentra chez elle avec Esther dans sa voiture. Elles sont voisines et amies, Lilli invite Esther chez elle pour une petite causerie à bâtons rompus au coin du feu (ce qui confirme la fraîcheur exceptionnelle des nuits de Juillet 1948 en Californie).

Et c’est parce que le jour se lève qu’Esther réalise qu’elles ont passé la nuit à papoter. Elle quitte alors Lilli et rentre chez elle en passant par les jardins. Il est alors bien évident que Rex Harrison n’était pas rentré avant Lilli et qu’il n’est pas rentré durant toute la nuit où Esther Williams était présente dans la maison.

D’autres versions font partir Esther à deux heure du matin ce qui permet de faire revenir Rex Harrison chez lui avec sa compromettante valise dès deux heures cinq!

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Or dans ses mémoires, oubliant qu’Esther était avec elle ou comptant sur sa discrétion, Lilli affirme que Rex est rentré vers 22 heures. Rex Harrison aurait laissé selon la version officielle Carole chez elle en fort bonne santé et serait rentré à la maison après un dernier verre avec ses amis voisins de Carole pour retrouver Lilli avec qui il avait passé le reste de la soirée et la nuit.

Le lendemain matin, pris d’un étrange pressentiment, il serait retourné chez Carole et l’aurait trouvée morte. Elle avait laissé trois lettres (et non deux) dont une pour lui. Celle-là disparut.

Lilli confirma la version de Rex mais, on l’a vu…pas Esther Williams !

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Carole Landis ne plaisante pas! Durant al guerre elle a appris à tirer et même à piloter des avions!

Ensuite Rex Harrison mit plusieurs heures après être arrivé chez Carole Landis le matin du 5 Juillet avant d’appeler la police et ne s’en expliqua jamais. D’autant qu’il précise qu’à son arrivée, Carole vivait encore, qu’il avait senti une faible pulsion en prenant son pouls.

Et puis encore, il y aura l’indiscrétion des photos de Carole décédée qui se retrouveront dans la presse. On y voit la défunte habillée de son corsage blanc, de sa jupe à carreaux et de ses sandales plates qu’elle portait au pique-nique, recroquevillée dans un coin de la salle de bains, la tête contre une armoire.

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Carole Landis est entrée dans la mort, les détectives enquêtent

Or lorsque l’on choisit de se donner la mort, après avoir rédigé ses dernières volontés c’est à dire un petit mot pour le chat, n’est-il pas logique de faire sa toilette, enfiler son plus beau pyjama et attendre sa fin confortablement installée dans son lit au lieu de s’effondrer entre deux armoires de salle de bains dans ses vêtements de la veille? Sa coiffure très sophistiquée n’est absolument pas dérangée le moins du monde, ce qui signifie clairement que l’actrice ne s’est pas couchée un seul instant lors de cette nuit fatale.

Carole Landis fut trouvée, figée par la mort dans ce qui semble être un dernier geste pour se relever. Il ne s’agit pas là de spéculations mais de photos.

En 1948,  l’émotion passée, l’opinion fut que si Carole Landis avait voulu mourir pour Rex Harrison, il était normal qu’elle soit morte. Et puis n’y avait-il pas cette note laissée à sa mère?

C’était bien entendu occulter le fait que Clara, la mère de Carole, avait déclaré « J’ai déjà lu ce billet d’adieu, il ne date pas d’aujourd’hui! » Chose qui est facile à croire en observant les copies qui ont été faites du billet en question, on voit clairement qu’il a été plié en six et que les plis sont très marqués dans le papier ce qui veut dire que le billet est ancien  et a été de toute évidence manipulé plusieurs fois.

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La lettre d’adieu de Carole Landis à sa mère. Est-ce bien là un document qui vient d’être écrit? Il est évident qu’il a déjà été maintes fois manipulé, ceci ajouté au fait que Carole Landis était aussi soigneuse que Joan Crawford!

Cette attitude désinvolte face à son aspect devant la mort est d’autant plus invraisemblable de la part d’une « glamour girl » hollywoodienne qu’elle le serait déjà du commun des mortels.

Et puis il y avait le trousseau de clés de Carole Landis dont personne ne parle jamais. L’armoire devant laquelle on la retrouve effondrée fermait à clé. Le trousseau de Carole est sur la serrure. Qu’allait-elle y mettre ou y chercher, qu’y manque-il? Pourquoi alors qu’elle choisit d’entrer dans la mort en blouse et en jupe à carreaux la retrouve-on effondrée la tête sur son coffret à bijoux qui n’a rien à faire dans la salle de bains?

L’actrice semble avoir été fauchée alors qu’elle vaquait à quelques occupations comme de mettre de l’ordre dans ses tiroirs!

Le couple Harrison resta soudé jusqu’en 1957, mais les spéculations les plus folles s’échevelèrent sur la mystérieuse mort de Carole Landis et les détails qui faisaient finalement pencher la balance des observateurs vers la version du meurtre plutôt que du suicide s’accumulèrent. Elles se ravivèrent avec le témoignage formel d’Esther Williams.

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La chambre de Carole Landis depuis la porte d’entrée. A l’avant plan, bien en évidence sur la coiffeuse, les flacons vides, sur la chaise son vison sur lequel clairement quelqu’un s’est assis

Quelle que soit la version choisie sur l’emploi du temps de Rex Harrison en cette nuit fatidique, rien ne tenait la route. A commencer par la folle passion de Carole pour Rex Harrison puisque non seulement elle l’avait quitté mais que l’acteur Turhan Bey lui avait succédé dans sa vie.

S’il avait sagement passé la nuit chez lui et rejoint Carole le matin, pourquoi ces heures entre son arrivée et sa décision d’appeler la police ? On sait qu’il a appelé plusieurs fois au domicile de Carole très tôt le matin du 5 Juillet et lorsque la bonne tirée de son sommeil lui répondit que Carole n’était pas encore levée il lui répondit  » Allez voir, je crois qu’elle est morte » Quelques secondes plus tard il était devant la porte! Puis au lieu d’appeler une ambulance il cherche dans l’agenda de Carole l’adresse de son médecin traitant afin d’éviter un scandale! Il appellera même son studio avant d’appeler les secours.

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S’il avait passé la nuit chez Carole comme l’affirme Esther Williams comment expliquer que la jeune
femme se soit donné la mort en sa présence ? L’autopsie révéla que Carole Landis était morte depuis au moins dix heures à l’arrivée de la police, ce qui porte son décès à la veille au soir. Les esprits s’échauffèrent,  il y eut même ceux qui se souvinrent que Lilli Palmer, la boche, l’épouse bafouée avait fait sa médecine. Pourquoi n’aurait-elle pas versé la dose de seconal  dans le verre de Carole Landis ? Elles étaient au même pique-nique !

La RKO choisit de se séparer de Rex Harrison au plus tôt et le couple quitta Hollywood pour New-York où Broadway les attendait.

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Et tout compte fait, que Carole Landis soit montrée comme une femme qui avait tout et qui se suicide par amour pour un anglais prétentieux marié à une boche n’aida pas à ce que faire la vérité sur sa fin soit une priorité. L’Amérique de 1948 pleure encore ses morts, soigne ses blessés et espère encore ses disparus. Comment cette actrice qui avait symbolisé le courage de la nation face au combat osait-elle se supprimer et se substituer à dieu pour reprendre la vie trop dorée qu’il lui avait donnée alors que tant de courageux jeunes gens qui ne demandaient qu’à vivre avaient été fauchés si cruellement par les compatriotes de sa rivale amoureuse!

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Il y aura bientôt 70 ans que Carole Landis a quitté ce monde de bien étrange manière, les protagonistes et les témoins s’en sont allés à leur tour et j’ai bien peur pour la famille de Carole que la vérité ne soit jamais faite.

Etrangement, sa fin étrange et prématurée fait que son souvenir perdure alors que tant d’étoiles plus brillantes  qu’elle en son temps ont sombré dans l’oubli.

Evidemment, ce n’est pas moi qui vais faire la lumière sur cette étrange affaire. A l’heure des faits,  en 1948, ma propre mère n’est encore qu’une petite fille de dix ans. Quant à moi je vis sur un autre continent. Je n’ai guère que des documents photographiques et des articles de presse  d’époque et postérieurs aux faits pour me faire ma pauvre opinion lointaine.

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Evidemment, j’ai ma petite idée qui n’est pas plus idiote qu’une autre et la voici.

Tout d’abord le patriotisme était une des grandes constantes de Carole Landis. Alors peut-on imaginer que cette actrice qui s’était tellement démenée pour la victoire au point d’y laisser irrémédiablement sa santé soit restée en ce jour de liesse et de fête nationale sagement chez elle à cuire une tarte en attendant l’éventuel passage de Rex Harrison? J’en doute! Surtout qu’avoir préparé du poulet froid et une tarte fait plutôt penser à un repas pour un pique-nique et non à un dîner aux chandelles en amoureux passionnés.

Je penche donc en effet sérieusement pour la thèse de sa présence au pique-nique du 4 Juillet.

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J’imagine très bien Carole Landis recevoir ses amis au bord de sa piscine en les avertissant du passage de Rex Harrison.

Il lui  a fait déjà beaucoup de promesses pourquoi pas celle de l’accompagner à ce fameux pique-nique?

Ca n’aurait rien eu de scandaleux, d’autant que son épouse est Allemande et que la guerre est finie depuis seulement trois ans, est-ce bien la place de Lilli Palmer?

Voilà donc Carole Landis qui prépare son poulet froid et sa tarte au citron pour le pique-nique.

Ne voyant pas Rex Harrison arriver elle s’y rend et a la surprise d’y trouver Harrison avec son épouse allemande. Après une courte scène dont il y a des témoins, Harrison raccompagne Carole Landis chez elle.

Après une scène intra muros, Harrison part chez ses amis, Carole entasse ses affaires dans une valise et va la déposer devant la porte de ses amis en question. Elle rentre chez elle et pourrait même mettre en place sa grande scène du suicide, elle l’a déjà fait et a toujours été sauvée par l’arrivée de quelqu’un.

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Elle griffonne donc ses billets, en tout cas celui pour le chat, et sachant que Rex Harrison est quelques maisons plus loin et ne va pas manquer de rappliquer dès qu’il trouvera la fameuse valise, elle peut absorber ses pilules sans véritable risque.  A ceci près que le produit qu’elle ingère n’est pas un somnifère banal mais un traitement pour ses crises de douleurs abdominales. Carole Landis avale on le sait une dose cinq fois mortelle d’une médication à laquelle elle n’avait encore jamais touché. On peut appuyer cette théorie avec les trois flacons vides qui trônent très en évidence sur la commode de sa chambre à côté du vison jeté sur une chaise, c’est forcément la première chose que l’on verra en entrant dans la pièce. En outre, Carole Landis n’a strictement aucune contusion sur le corps, il est donc évident qu’elle n’ a pas absorbé les médicaments  de force.

Mais s’il s’agit d’un simulacre de suicide, pourquoi avaler autant de pilules et se mettre en danger?

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Il ne reste plus qu’à comprendre ce qu’à fait Rex Harrison et pour cela il faudrait savoir ce qu’il a fait de son étrange nuit. Il n’était pas chez lui, il n’a pas dormi chez ses amis personne ne l’a vu où que ce soit.

Se peut-il que trouvant Carole Landis déjà dans un état crépusculaire il ait choisi de la laisser mourir et ait attendu sa fin avant de se manifester et d’appeler les secours?

Imaginer cette solution fait froid dans le dos. mais si aujourd’hui évoquer Rex Harrison c’est évoquer le charmant professeur Higgins de « My Fair Lady ». C’est oublier un peu vite que non seulement il fit pleurer Audrey Hepburn tous les jours du tournage mais l’acteur était connu et haï de tous comme un homme prétentieux, égocentrique et sans la moindre notion de respect ou d’empathie pour qui que ce soit à commencer par les femmes. Il avait d’ailleurs une marotte qui était d’avoir une relation avec une épouse, une ex femme et une maîtresse en même temps. Sa quatrième épouse Rachel Roberts se donnera la mort. A sa propre mort à l’âge de 82 ans, alors qu’on se demande où organiser le service funèbre, un plaisantin qui le connaissait bien proposa d’organiser la cérémonie dans une cabine téléphonique. « Si c’est pour accueillir les gens qui l’aiment ce sera largement suffisant comme espace pour accueillir tout le monde! »

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Quant à son grand amour pour Kay Kendall emportée par une leucémie et qui fit verser tant de larmes, oublie-on que l’acteur avait interdit aux médecins d’avertir Kay Kendall de son état et par conséquence…la priver de tout traitement quel qu’il soit. Et qu’il avait obtenu le divorce de Lilli Palmer pour épouser Kay malade avec la promesse de se remarier ensuite. Evidemment Lilli en fut pour ses frais.

Carole Landis quant à elle n’exauça jamais son rêve de petite fille. Elle ne rencontra jamais Carole Lombard

Qui saura?

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1936: Gold Diggers 1937: Avec Joan Blondell et Dick Powell

1937: A Star is Born: Avec Janet Gaynor et Fredric March

1937: Alcatraz Island: Avec Ann Sheridan et John Litel

1937: Over the Goal: Avec June Travis et William Hopper

1937: The Adventurous Blonde: Avec Glenda Farrell

1938: Women Are Like That: Avec Kay Francis et Pat O’Brien

1938: Four’s a Crowd: Avec Olivia de Havilland, Rosalind Russell et Errol Flynn

1938: Gold Diggers in Paris: Avec Rosemary Lane et Rudy Vallée

1938: Men Are Such Fools: Avec Priscilla Lane, Wayne Morris et Humphrey Bogart

1938: When Where You Born: Avec Margaret Lindsay, Lola Lane et Anna May Wong

1938: The Adventures of Robin Hood: Avec Olivia de Havilland et Errol Flynn

1939: Daredevils on the Red Circle: Avec Bruce Bennett et Charles Quigley

1940: Turnabout: Avec Adolphe Menjou

1941: Dance Hall: Avec César Romero

1941: Moon Over Miami: Avec Betty Grable, Don Ameche et Robert Cummings

1941: I Wake Up Screaming: Avec Betty Grable et Victor Mature

1941: Cadet Girl: Avec George Montgomery

1942: My Gal Sal: Avec Rita Hayworth et Victor Mature

1942: It Happened in Flatbush: Avec Lloyd Nolan

1942: Manila Calling: Avec Lloyd Nolan et Cornel Wilde

1942: Orchestra Wives: Avec Ann Rutherford et Glenn Miller

1943: Wintertime: Avec Sonja Henie, César Romero et Cornel Wilde

1944: Four Jills in a Jeep: Avec Kay Francis, Martha Raye et Mitzi Myfair

1944: Secret Command: Avec Pat O’Brien et Chester Morris

1945: Having Wonderful Crime: Avec Pat O’Brien et George Murphy

1947: Out of Blue: Avec George Brent et Virginia Mayo

1948: Noose: Avec Joseph Calleia

1948: Brass Monkey: Avec Herbert Lom, Terry-Thomas et Carrol Lewis

624: TERESA WRIGHT

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Teresa Wright est une actrice qui fut tellement en avance sur son temps qu’elle en rata peut-être une carrière brillant entre toutes.

Le 27 Octobre 1918 on se prépare à fêter l’armistice de la « grande guerre », dite aussi la « der des der » et à Harlem, New-York, Martha et Arthur Wright fêtent la naissance de leur petite Muriel Teresa.

Cette félicité ne durera pas car Martha et Arthur se sépareront alors que Teresa est encore très jeune et c’est à Maplewood dans le New-Jersey qu’elle grandira.

C’est là qu’un soir, la sage collégienne qu’elle était devenue eut la permission d’aller au théâtre applaudir la star Helen Hayes en tournée. Elle avait dix-huit ans. Cet évènement relativement banal sera pourtant le détonateur d’une passion qu’elle gardera chevillée au cœur jusqu’à son dernier souffle. Dès cet instant, elle sut qu’elle serait actrice et en attendant il fut hors de question qu’un seul spectacle de collège ne se déroule sans elle!

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En 1938 elle a vingt ans, ses études sont terminées et elle gagne New-York attirée comme une alouette par les lumières de Broadway. Elle ne trouvera guère qu’un emploi de doublure pour Martha Scott qui joue alors « Our Town » au théâtre Henri Miller, aujourd’hui devenu le théâtre Stephen Sondheim. Rien de bien palpitant si ce n’est le départ de Martha Scott pour Hollywood!

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Teresa reprit le rôle et le miracle survint. Un de ces miracles qui n’existent que dans les comédies musicales. Son spectacle suivant « Life with Father » va connaître un succès foudroyant. La pièce tiendra l’affiche sept ans, un record toujours inégalé pour un spectacle non musical à Broadway. Un succès tel que Samuel Goldwyn, de passage à New-York vint voir la pièce, histoire de juger de l’intérêt d’en acheter les droits pour en faire un film. mais plus que la pièce de Clarence Day jr. C’est Teresa qui le subjugua littéralement. Inutile de dire que Teresa ne jouera pas la pièce sept ans. Un an après l’ouverture, elle débutait à Hollywood. Elle avait en poche un contrat de cinq ans, un des plus étranges jamais signés à la MGM.

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Il était de bon ton pour les acteurs de Broadway de mépriser Hollywood et sa publicité. Ils avaient une sorte de « supériorité intellectuelle » très condescendante vis à vis de ce système trop « commercial » à leurs yeux. Et ceci n’empêchant pas une joyeuse contradiction dès que ces messieurs dames étaient conviés…A Hollywood, contrat, dollars, piscines et Cadillac à l’appui!

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Teresa Wright ne faisait pas exception à la règle et elle fit le plus sérieusement du monde spécifier noir et blanc et en toutes lettres sur ledit contrat d’amusantes clauses telles que:

« Miss Wright ne posera pas avec un bonnet de fausse fourrure à longues oreilles de lapin pour Pâques

Miss Wright ne posera pas avec des dindes mortes pour Thanksgiving

Miss Wright ne posera pas dans de la fausse neige en singeant une chute de ski

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Il y en avait une dizaine comme cela, toutes du même acabit et qui dénotent assez de son état d’esprit en arrivant à Hollywood. Goldwyn prit-il ces  restrictions contractuelles exigées par sa nouvelle recrue pour des enfantillages, je l’ignore, mais quoi qu’il en soit il fit d’elle la fille d’Herbert Marshall et de Bette Davis empruntée pour l’occasion à la Warner dans « Little Foxes ». Miss Davis profita d’être hors de son studio pour donner sa pleine mesure, se créant un personnage digne d’une sorcière Disney, le masque blafard, la lèvre tranchante comme un coup de lame de rasoir et la tête surmontée d’une coiffure toute en hauteur et bouclettes digne de la fiancée de Frankenstein! Le film fit un succès colossal et immédiat! Il battit les records d’affluence pour un premier jour de projection et les critiques se pâmèrent « Vous allez adorer ce film mais il ne vous réconciliera pas avec le genre humain » « Un film entièrement fait de coups de poignards dans le dos »

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Une pluie de nominations aux Oscars s’abattit sur « Little Foxes » et Tersa Wright en faisait partie. Le film rentra hélas complètement bredouille, Bette Davis fut évincée par Joan Fontaine paranoïaque à souhait dans « Soupçon » et c’est Mary Astor qui souffla l’Oscar à Teresa Wright et Patricia Collinge, toutes deux nommées pour le même film dans le même catégorie.

Sans doute le contrat de Teresa spécifiait-il que « Miss Wright ne se confondra pas en remerciements émus et sirupeux parce qu’on lui offre une statuette dorée d’une laideur assez rare »

La nouvelle venue, nommée d’emblée pour sa première apparition à l’écran va pourtant se fendre d’une prouesse assez rare elle aussi! L’année suivante elle est nommée deux fois! En qualité de meilleure actrice pour son rôle dans « The Pride of the Yankees », Oscar qui cette fois lui est raflé par Greer Garson qui jouait sa belle-mère dans « Mrs Minivers ». Mais qu’à cela ne tienne, Teresa était également nommée en second rôle pour avoir joué…La belle-fille de Greer Garson dans ce même « Mrs Minivers » et cette fois fut la bonne!

Teresa Wright emporte l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle sous les nez dépités de Susan Peters, Agnès Moorhead et Dame May Witty!

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Dans la foulée de cette année 1942 qui lui fut si profitable, Teresa Wright avait épousé le romancier et scénariste Niven Busch de 15 ans son aîné et avec qui elle restera mariée dix ans. Le couple s’était rencontré sur le tournage de « Pride of the Yankees », film sur le base ball et non un western comme son titre pourrait le laisser supposer!

Le couple aura deux enfants: Terrence né en 1944 et Mary Kelly née en 1947. Niven Bush a également deux fils d’un précédent mariage: Peter et Tony pour qui elle sera une belle-mère parfaite.

Il lui aura fallu deux ans à peine pour atteindre les sommets les plus absolus. William Wyler qui l’avait dirigée pour ses débuts dans « Little Foxes » ne tarit pas d’éloges et essaie de l’avoir dans ses distributions chaque fois qu’il le peut. Bientôt c’est Alfred Hitchcock qui loue sa grande intelligence, peut-être l’actrice la plus intelligente qu’il a dirigée dit-il. Ici une petite pensée émue en souvenir de la tête qu’a dû faire Joan Fontaine!

Durant près d’une décennie, Teresa Wright va rester une actrice de premier plan à Hollywood malgré une grave opération qui la maintiendra de longs mois éloignée des écrans. Revenue le temps d’un film avec Gary Cooper, elle s’éloigna de nouveau, pour cause de maternité cette fois.

De nouveau à pied d’œuvre, la Metro la prête encore, cette fois à la Paramount pour deux films avec Ray Milland. mais encore une fois la rythme effréné des deux tournages épuise ses forces et elle est à nouveau alitée plusieurs mois. Elle n’est donc pas une star très fiable pour le studio puisque sa santé l’oblige à de très longes absences ce qui rend difficile la planification d’un plan de carrière et même d’un plan de travail pour un studio qui fonctionne comme une usine dont les acteurs sont des rouages

Elle ne deviendra jamais une star. La faute, d’ailleurs lui en incombe probablement. Très impliquée dans la profondeur psychologique de ses personnages, elle est une des premières, quinze ans avant Marilyn Monroe à vouloir être une actrice intellectuelle et libre de ses choix. Captivée par le rôle que son mari écrit pour elle dans « Purchase », tout ce qu’on lui propose lui semble d’une fadeur lassante et elle est également une des premières à accepter des seconds rôles si elle les juge valables. C’est ce qui lui permet de briller dans « The Best Years of Our Lives » , excellent film et très bon rôle, mais où les noms de Myrna Loy et Virginia Mayo précèdent le sien sur l’affiche.

Elle est aussi une actrice qui n’a que fiche du glamour hollywoodien pourtant indispensable. Elle est déjà oscarisée lorsqu’à la fin d’un dîner officiel, un des producteurs de la MGM qui a passé la soirée assis à côté d’elle a table lui dit en guise d’au revoir « J’ai passé une délicieuse soirée, vous êtes une femme à la conversation enchanteresse et en plus vous avez un petit quelque chose de Teresa Wright! »

Lorsqu’elle est prêtée à la RKO pour « Les Plus Belles Années de notre Vie » on lui a réservé un place de parking juste devant l’escalier qui mène à sa loge. Mais lorsque Teresa s’y gare, elle se fait rabrouer par un garde qui éructe « Vous ne savez pas lire? Vous ne voyez pas que cette place est strictement réservée à miss Teresa Wright? Débarrassez les lieux tout de suite et que je ne vous y reprenne pas, il y a assez de place pour se garer dans la rue! »

A force d’envoyer bouler Samuel Goldwyn, le torchon finit par brûler entre l’actrice et son studio. En 1948 son contrat est rompu. Goldwyn déclare qu’il a besoin d’un « minimum de coopération chez ses acteurs et ses actrices pour gérer un studio« . Teresa répond: « Monsieur Goldwyn m’a très bien payée pour tourner dans ses films mais pour une actrice l’argent n’est pas tout! Je me fiche de perdre mes 5.000$ hebdomadaires et j’annonce ici que je suis prête à tourner pour bien moins cher qu’auparavant si le rôle en vaut la peine! »

Résultat, au lieu de ses 125.000$ par film, elle doit attendre deux ans avant de tourner « The Men » pour 20.000$!

A l’aube des années 50, le cinéma indépendant n’existe pas à Hollywood et tous les plus grands talents sont sous contrat et ravis de l’être dans les principaux studios. Teresa Wright est en fait la première actrice hollywoodienne du cinéma indépendant qui n’existe pas encore. Elle sera dès lors confinée dans des films bien plus médiocres que ceux qu’elle avait tournés durant sa période MGM et même si ses prestations sont toujours saluées, les films sont des fours. Bientôt l’actrice se réfugiera à la télévision et malgré sa soif de perfection elle finira dans « Bonanza », « Mannix » , « Murder she Wrote »ou « La Croisière s’amuse »!

En 1959, Teresa se remarie pour la seconde fois, avec le dramaturge Robert Anderson. Le couple divorcera en 1978 mais restera lié jusqu’à la mort. C’est lui qui incitera Teresa à regagner Broadway où elle glanera ses plus prestigieux lauriers à partir des années 60.

Teresa Wright a réussi le plus beau suicide artistique de toute l’histoire de Hollywood! Le temps passant, elle se laissera vieillir sans beaucoup de complaisance, la simple idée de masquer ses cheveux gris lui semblait le comble de la science fiction! Elle retrouva Broadway où elle fut acclamée comme elle le méritait. Et puis enfin le cinéma va se libérer des studios qui finissent par disparaître, Teresa Wright assiste à leur agonie et leur survit. La vielle dame qu’elle est devenue pourra enfin jouer les mamies pour des cinéastes comme Francis Ford Coppola ou James Ivory.

Le temps passant, Teresa Wright se retira, certes, mais jamais tout à fait. Elle s’installa dans une jolie propriété du Connecticut. Elle deviendra une alerte grand’mère et quelle ne sera pas sa fierté d’avoir un petit fils, Jonah qui produira les films du cinéaste très engagé Darren Aronofsky!

Une dernière anecdote émaille la carrière de cette actrice aussi excellente qu’atypique: Alors qu’elle avait été la vedette féminine de « Pride of the Yankees » avec Gary Cooper en 1942, elle n’avait jamais vu un match de base-ball de sa vie et ne savait même pas avec exactitude ce que c’était!

En 1998, Jonah accompagne sa grand’mère de 82 ans au Yankee Stadium où elle donne le coup d’envoi de la nouvelle saison. Pour elle c’est une découverte et elle se passionnera pour le base ball comme n’importe quel gamin américain jusqu’au dernier de ses jours!

Il viendra par un triste matin, le 6 Mars 2005 où une crise cardiaque emporte Teresa Wright dans sa chère maison du Connecticut. Elle avait 86 ans et s’éteignait heureuse.

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QUE VOIR?

1941: The Little Foxes: Avec Bette Davis et Herbert Marshall

1942: Mrs Minivers: Avec Greer Garson et Walter Pidgeon

1942: Pride of the Yankees: Avec Gary Cooper

1943: Shadow of a Doubt: Avec Joseph Cotten

1944: Casanova Brown: Avec Gary Cooper

1946: The Best Years of Our Lives: Avec Myrna Loy, Fredric March et Dana Andrews

1947: The Imperfect Lady: Avec Ray Milland

1947: The Trouble with Women: Avec Ray Milland

1947: Pursued: Avec Robert Mitchum

1950: The Men: Avec Marlon Brando

1952: The Steel Trap: Avec Joseph Cotten

1952: Something to Live For: Avec Joan Fontaine et Ray Milland

1952: California Conquest: Avec Cornel Wilde

1953: Count the Hours: Avec Macdonald Carey, Dolores Moran et Adèle Mara

1954: Track of the Cat: Avec Diana Lynn, Robert Mitchum et Tab Hunter

1956: The Search for Bridey Murphy: Avec Louis Hayward

1957: Escapade in Japan: Avec Cameron Mitchell

1958: The Restless Years: Avec John Saxon, Sandra Dee et Margaret Lindsay

1969: Hail, Hero!: Avec Michael Douglas, Arthur Kennedy et Peter Strauss

1969: The Happy Ending: Avec Jean Simmons et Shirley Jones

1977: Roseland: Avec Lou Jacobi

1980: Somewhere in Time: Avec Jane Seymour et Christopher Reeves

1988: The Price of Passion: Avec Diane Keaton et Liam Neeson

1997: The Rainmaker: Avec Claire Danes et Matt Damon

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Si le nom de Diana Lynn reste à jamais lié à la grande histoire du cinéma américain malgré la brièveté de sa carrière, c’est grâce à son rôle de petite peste jalouse de Ginger Rogers grimée en adolescente dans « Uniformes et Jupons Courts ». Ginger, actrice redoutable et alors au sommet de sa gloire comme de son art et de sa beauté est brillantissime dans un rôle taillé sur mesures pour elle. Elle devra pourtant batailler ferme pour exister dans les scènes qu’elle partage avec Diana Lynn qui n’ a pourtant qu’un rôle conventionnnel et des répliques assorties! Ajoutons que la surprise fut d’autant plus complète que c’était le premier vrai rôle de Diana!

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La future Diana Lynn naît le 7 Octobre 1926 à Los Angeles sous le patronyme de Dolores Marie Loher. C’est sous son partnonyme officiel qu’elle débutera chez Paramount. La jeune fille est une enfant prodige. pianiste soliste elle s’est produite très jeune en concert et a partipé dès l’âge de 13 ans à plusieurs films en tant que musicienne.

Mais ce ravissant minois au nez mutin et la mine espiègle hantant les plus grands studios hollywoodiens ses partitions sous le bras ne pouvait guère échapper aux sens toujours en éveil des dénicheurs de talents.

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Elle va donc, dès 1942, faire partie de cette « nouvelle vague » hollywoodienne générée par la guerre en Europe qui va bientôt priver le cinéma de ses héros qui iont jouer à la guerre « pour de vrai »

Ce sera le régne des trop jeunes ou des réformés, le régne de Peter Lawford ou Tom Drake et bien entendu de quelques jolies demoiselles de leur âge pour leur donner la réplique comme June Allyson, Elizabeth Taylor et Diana Lynn.

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Ce petit coup de pouce bien involontaire du destin dans ces carrières d’acteurs et d’actrices qui se seraient bien passés d’une guerre mondiale pour faire leur preuves aura son revers

Le cinéma américain des années de guerre est un cinéma patriote et bon enfant destiné à distraire le soldat au front et sa fiancée restée au pays. L’ére n’est pas aux films d’auteurs torturés. On joue on danse on chante on fait les pitres et on séduit Dorothy Lamour, Véronica Lake et Betty Grable. Le mot d’ordre c’est distraire et comme la formule rapportera plus d’argent que jamais, elle durera bien plus longtemps que les hostilités mondiales.

Diana comme tant d’autres tournera nombre de films sans intérêts où elle donnera même la réplique au singe Bonzo dont le nom précédait le sien au générique! Ce qui n’avait pas empêché Diana, il faut bien le reconnaître de donner la réplique à quelques mâles pointures humaines de son époque dont Ray Milland, Fred MacMurray, Rock Hudson, Burt Lancaster, Glenn Ford, Robert Cummings et quelques autres tel Ronald Reagan.

Un autre handicap pour Diana Lynn était une ressemblance criante avec Janet Leigh dont l’asenscion fut plus rapide que la sienne et qui était une actrice plus complète car si elle ne jouait pas du piano elle dansait magnifiquement, ce qui à Hollywood se porte mieux.

Diana connaîtra son premier petit revers de la gloire lors d’un week-end à Palm Springs. Voyant un joli sweater dans une vitrine, elle entre dans la boutique et la vendeuse qui la reconnaît immédiatement lui demande 80$ pour le sweater ce qui est énorme. Rentrée sans le pull qui lui faisait envie, toute éberluée des prix pratiqués à Palm Springs, elle raconte l’anecdote à sa mère.  Celle-ci lui répond « La vendeuse t’a sûrement reconnue! J’y vais! » Elle reviendra triomphante avec le sweater payé…15$

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La jeune actrce avait également trouvé un mari en la personne de John C. Lindsay dont elle divorça en 1953.

Un mariage qui avait il faut bien le dire fait son petit tapage! John Lindsay, architecte très en vogue étant de surcroît l’héritier d’une fortune colossale à venir. Or, monsieur Lindsay était le très officiel fiancé d’une  autre actrice: la blonde Jane Nigh qui s’affichait ouvertement avec Claude Cartier , le fils de l’illustre diamantaire à ses heures perdues. Diana de son côté était la fiancée relativement officielle de Bob Neal.

Or, avec une soudaineté  assez surprenante, Diana devenait la fiancée de monsieur Lindsay, Jane Nigh pour ne pas être en reste mettait le grappin sur Bob Neal! Echange de bons procédés jusqu’au mariage de Diana avec John Lindsay, jour fatidique où Jane Nigh l’accusa d’avoir brisé sa vie, mettant au moins trois semaines à se consoler!

En 1956, Diana Lynn se remariait avec un éditeur New-Yorkais, Mortimer Hall. Et s’il y avait maintenant plus de dix ans qu’elle tournait régulièrement à Hollywood, elle ne trouvait pas dans le matériau qu’on lui proposait le film qui aurait pu faire d’elle une star au lieu de la « vedette appréciée » qu’elle était. Elle avait même songé à reprendre sa carrière de soliste et enregistré quelques morceaux pour Capitol.

Mariée à un homme dont la vie était à New-York, elle quitta Hollywood sans regrets et n’aura qu’à s’en féliciter. Son mariage tiendra jusqu’à ce que la mort sépare les tourtereaux, ils auront eu quatre beaux enfants, et cerise sur le gâteau, si le cinéma se faisait à Hollywood, la télévision se faisait à New-York et Diana Lynn y sera présente et comblée durant près de trente belles années de succès télévisés

On ne l’avait plus vue au cinéma depuis « The Kentuckien » sorti en 1955, elle tournerait pour la télévision jusqu’en 1971.

En cette même année 1971, Diana Lynn a fêté ses 45 ans lorsqu’Hollywood se rappelle à son bon souvenir et lui propose de revenir pour un film dont le scénario et le rôle qu’on lui réserve l’enchantent.

l’actrice hésite. Il y a son mari, ses enfants et puis son agence de voyage qu’elle a ouverte et dont elle s’occupe elle-même quand elle ne tourne pas. Mais sa famille l’incite à accepter. Après tout ce n’est que quelques semaines d’absence, ce serait l’occasion de terminer sa carrière Hollywoodienne en beauté ou qui sait poser le jalon d’une nouvelle carrière de femme mature. Et puis surtout elle en a tellement envie.

Diana Lynn prit dont l’avion pour Hollywood, toute à la joie de son film à venir. Elle ignorait que non seulement elle ne le tournerait pas mais qu’elle ne reverrait plus jamais ni New-York ni les siens.

Quelques jours après son arrivée à Los Angeles, Diana Lynn est frappée d’un accident vascuaire cérébral massif et décède sans avoir repris connaissance après neuf jours de coma. Elle n’avait que 45 ans et laissait quatre enfants derrière elle.

C’était le 13 Décembre 1971

Quelques semaines après sa mort, la télévision diffusait le dernier téléfilm qu’elle avait tourné « Company of Killers » avec Van Johnson et l’acteur qui avait présidé à son premier triomphe Ray Milland

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QUE VOIR?

1939: They Shall Have Music (comme pianiste) avec Andrea Leeds et Joel MacCrea

1941: The Hard Boiled Canari: Avec Susanna Foster, Margaret Lindsay et Allan jones

1942: The Major and the Minor (Uniformes et Jupons courts) Avec Ginger Rogers et Ray Milland

1943: Paramount Victory Short No. T2-4: The Aldrich Family Gets in the Scrap (Court métrage)

1943: Henry Aldrich Gets Glamour: Avec Diana Lynn et Jimmy Lyndon

1944: And the Angels Sings (Quatre flirts et un Coeur) : Avec Dorothy Lamour et Betty Hutton

1944: The Miracle of Morgan’s Creek: Avec Betty Hutton et Eddie Bracken

1944: Our Hearts were Young and Gay: Avec Gail Russell et Dorothy Gish

1945: Duffy’s Tavern: Avec Betty Hutton, Gail Russell et Bing Crosby

1947: Variety Girl: Avec Mary Hatcher

1948: Texas, Brooklyn and Heaven: Avec Guy Madisson

1948: Ruthless: Avec Zachary Scott et Louis Hayward

1949: My Friend Irma: Avec Marie Wilson, Dean Martin et Jerry Lewis

1950: Paid in Full: Avec Lizabeth Scott et Robert Cummins

1950: My Friend Irma Goes West: Avec Marie Wilson, Dean Martin et Jerry Lewis

1950: Peggy: Avec Rock Hudson, Charles Coburn et Charlotte Greenwood

1950: Rogues of Sherwood Forest: Avec John Derek

1951: Bedtime for Bonzo: Avec Ronald Reagan

1953: Plunder of the Sun: Avec Glenn Ford et Patricia Medina

1953: Meet Me at the Fair (Le Joyeux Charlatan): Avec Dan Dailey

1954: Track of the Cat: Avec Tab Hunter, Robert Mitchum et Teresa Wright

1955: The Kentuckian: Avec Burt Lancaster

1955: An Annapolis Story: Avec John Derek

1955: You’re Never Too Young (Martin et lewis au collège) : Avec Jerry Lewis et Dean Martin

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