found 4 matching posts pour 'estella blain'


616: JANE MARKEN

616: JANE MARKEN icone2

Le 13 Janvier 1895, la famille Crabbe est en joie! Leur petite Jeanne Berthe Adolphine est née!

Et dans cette aimable famille parisienne, on aurait été bien étonne si une cartomancienne de passage avait prédit que la petite vagissant dans son berceau deviendrait une des actrices incontournables du théâtre et du cinéma français du siècle à venir sous le pseudonyme de Jane Marken.

Et en lisant ces lignes on est en droit d’être aussi étonnés que les Crabbe! Jane Marken, ce n’est pas Brigitte Bardot! Certes, mais qui est Brigitte Bardot face à Jane Marken? Brigitte est sa fille dans « Le Trou Normand », le premier film de Brigitte et  elle est aussi Juliette, l’orpheline dévergondée que la dame Marken sort de l’orphelinat « à l’essai » dans « Et Dieu Créa la Femme », mais à part ça?

La jeune Jeanne rêva très tôt de théâtre, ce qui faisait se gondoler les invités dans les dîners de famille! Une actrice chez les Crabbe! Quelle idée saugrenue! Pourquoi pas une danseuse de cancan?

jane marken une partie de campagne

Alors, un soir, après un de ces fameux dîners, ne supportant plus d’être moquée, Jeanne quitta la table, telle Sarah Bernhard dans ses grands moments, puis revint un instant plus tard un livre à la main. Elle lut à l’assemblée un poème de Victor Hugo. Il régnait un silence de tombeau lorsqu’elle eut terminé sa lecture, et devant les yeux aussi écarquillés que les bouches étaient ouvertes, elle lança un « Et Alors? Et maintenant? »

C’était d’accord, Jeanne serait actrice!

s_aec04_-_cm_-_jane_marken_-_2_--206x300

Elle étudia donc l’art dramatique et fut engagée ensuite à l’Odéon où elle jouait les jeunes premières aidée en cela par un avantageux physique de poupée de porcelaine. L’Odéon avait sa très grande dame, Paule Andral. Paule était si proche de la grande Réjane que dans Paris on jasait, d’autant que Polaire et Colette n’étaient jamais bien loin et que Réjane avait installé Marcel Proust chez elle . Et Paule prit la ravissante mademoiselle Crabbe sous son aile! Avouons que l’on peut être plus mal parrainée dans vie! Marcel Proust, Réjane, Colette, Polaire et Paule Andral!

Jane Marken, fit dit-on courir le tout Paris en étant tout simplement divine dans « Le Mariage de Figaro » Elle était adorable et ses charmes d’une scandaleuse fraîcheur mirent en émoi le cœur de Jules Berry, acteur déjà célèbre.

Jane tomba alors follement amoureuse de l’un des personnages les plus fantasques de Paris, ledit Jules Berry, Marie Louis Jules Paulfichet pour l’état civil. L’acteur, de douze ans l’aîné de Jane la subjugua complètement comme il subjugua le public durant cinquante ans! La faconde, le culot et il faut bien dire le talent remplaçaient très avantageusement le physique de bellâtre chez l’acteur dont toutes les femmes étaient folles!

Il exigea de la jolie vedette dont il venait de faire la conquête qu’elle abandonne son métier pour n’être qu’à lui, ce qui signifiait à sa totale dévotion. Jane accepta, elle l’aimait. Tous les espoirs lui étaient pourtant permis, elle avait d’ailleurs tenu en 1916 un beau grand premier rôle au cinéma dans un film au titre suffisamment explicite: « La Source de Beauté »

Mais Jules Berry n’était pas un homme fantasque et déroutant qu’à la scène. La vie elle-même était pour lui un autre de ses théâtres, et peut-être bien son préféré. Fanatique des tapis verts, il perdait des sommes folles au jeu, plus tard il lui arrivera d’avoir quatre à cinq films à tourner pour combler le déficit de  son compte en banque, chose dont il se souciait comme d’une guigne.

Jane se contentait d’aller applaudir son divin seigneur et maître aux soirs de première, puis comme l’ennui la faisait grossir elle resta chez elle et grossit encore un peu plus. Un jour du début des années 30, il ne reste pas une seule boîte de sardines chez le couple. Jane est seule à la maison, face au vide abyssal du garde-manger. Son Jules est disparu depuis plusieurs jours. On sonne. Le cœur serré, sait-on jamais avec Jules, Jane ouvre. C’est la concierge qui monte le courrier. Et parmi les lettres enflammées d’admiratrices dans le même état, la facture de carrossier Delage chez qui l’acteur a commandé une décapotable dessinée pour lui et construite à un seul exemplaire.

Jane griffonna un mot qu’elle laissa sur la table de la cuisine « J’ai assez ri! », mit son manteau avant que les huissiers ne s’en emparent et fila à l’Odéon retrouver ses copines!

L’histoire avait quand même duré plus de dix ans et il n’y avait pas que la Delage qui avait mis le feu aux poudres! Jules Berry avait connu un succès foudroyant avec son premier film parlant. Il y donnait la réplique à Suzy Prim, le public les réclamait à corps et à cri, ils devenaient inséparables au cinéma, sur scène et dans la vie.

jane marken

Jane était fauchée, elle était trompée elle avait perdu sa beauté, sa réputation et douze ans de sa carrière à attendre le bon plaisir de l’ineffable! Elle s’était retirée en 1920, elle revient en 1932! Grâce à ses relations elle retrouve du travail mais elle n’a plus la jolie silhouette de petit trottin des années vingt. Elle a l’intelligence de forcer encore un peu la note et s’attaque au répertoire des matrones et des concierges. Répertoire où il n’est guère facile de briller.

Mais Jane Marken est une actrice de première force, frustrée d’une carrière qui lui est passée sous le nez et confrontée à Suzy Prim qui fait courir le tout Paris et aime tant jouer les grandes mondaines et à l’occasion, pourquoi pas, descendre le grand escalier des Folies Bergères!

Jane Marken a moins d’arguments, il faut qu’elle soit meilleure, elle le sera!

En 1933, Paule Andral la place sur un de ses films « Le Maître des Forges » dont Gaby Morlay est la vedette, Paule y joue sa mère, Jane Marken s’engouffre. L’année suivante elle joue la dévouée Prudence pendant qu’Yvonne Printemps crachote sa « Dame Aux Camélias ».

Les choses démarrent. Elles vont s’accélérer. Il faudra plus de dix ans, presque vingt pour que Jane Marken devienne une des actrices fétiches du cinéma français que s’arrachent les plus grands. Gabin et Fernandel en sont fous, Marcel Carné la vénère, elle fascine Jouvet, elle est l’idole de Fernand Gravey. Michèle Morgan et Simone Signoret se régalent à l’idée de jouer avec elle, elle sera la mère des deux!

Et bien sûr elle ne joue pas avec Jules Berry et avec Suzy Prim encore moins! Ainsi elle est des films de Carné mais pas dans « Le Jour se Lève », ni « Les Visiteurs du Soir » puisque Jules Berry y tient un rôle.

Tout le monde aime Jane Marken, et même vous qui lisez ces lignes, vous allez voir combien…vous aussi vous la connaissez et vous l’aimez,

Dans « Gueule d’Amour » elle est madame Cailloux la patronne du restaurant se peignant les ongles pour plaire aux militaires « au lieu de trancher le saucisson » et surtout plaire à « Gueule d’Amour-Gabin ».

Dans « Un grand amour de Beethoven » elle est la logeuse de Beethoven Harry Baur qui chante ses airs sans qu’il l’entende et lui paye son terme en lui lançant des œufs à la tête ce qui la fait hurler de rire.

Dans « Hôtel du Nord » elle est madame Lecouvreur, la patronne de l’hôtel qui recueille Annabella la jeune suicidaire après avoir recueilli un petit orphelin de la guerre d’Espagne.

Dans « Paradis Perdu » c’est elle la concierge qui veille sur la petite fille de Fernand Gravey, laquelle grandira pour devenir Micheline Presle.

Dans « Les Enfants du Paradis » elle est madame Hermine, la logeuse au cœur tendre « Oh! monsieur Frédéric! »

Dans « Copie Conforme » elle est la concierge qui donne les clés d’un appartement contre un compliment bien tourné de Louis Jouvet en livreur d’armoires.

Dans « Dédée d’Anvers » elle se prostitue avec beaucoup de bonne volonté. « Tu vas en ville? Ramène-moi un rouge à lèvres, le même que d’habitude, « Jeune Fille »…Une recharge, hein! J’ai le tube! »

Dans « La Marie du Port » elle est l’aubergiste qui, une nouvelle fois face à Gabin débine tous ses concitoyens le temps d’éplucher trois carottes avec le sourire entendu de ceux qui ne parlent jamais des autres.

Dans « Lady Paname », elle est l’épouse de Jouvet, encore lui, qui lui explique à son grand ravissement que s’il la trompe avec des jeunes filles c’est pour se rappeler sa beauté d’autrefois à laquelle il est fidèle.

Dans « Retour à la Vie », Elle est la gentille tante Berthe qui mouille des tonnes de mouchoirs devant l’état de morte vivante de sa soeur Emma rentrée de Dachau « Et ses genoux, ses pauvres genoux…Deux pics sous les draps » Elle pleurniche face à Bernard Blier. Déjà.

Dans « Caroline Chérie » elle est la « bonne nourrice » de Martine Carol qu’elle enverrait bien à la guillotine pour avoir été une petite fille capricieuse. « Je ne vous veux pas de mal mais c’est tout! »

Dans « Knock », elle est l’épouse du pauvre médecin de campagne qui cède son cabinet à…Louis Jouvet!

Dans « Le Trou Normand », je l’ai dit déjà, elle est la charcutière cupide du village et mère de Brigitte Bardot.

Dans « Chiens Perdus Sans Collier » elle retrouve Gabin, elle est une bonne dame de l’assistance publique qui minaude au nom des enfants en se mettant à la troisième personne « Oui, nous avons volé, une fois…Du chocolat…Nous avions faim! » et Gabin: « Arrêtez de dire nous c’est ridicule et en plus c’est bête et ca m’énerve« . Et elle, imperturbable: « Oui, nous allons rentre si monsieur le juge veut bien car nous n’avons pas beaucoup dormi ces jours-ci et nous sommes bien fatigués! ».

Dans « Et Dieu Créa la Femme » elle retrouve Brigitte Bardot qu’elle a sortie de l’orphelinat.

Dans « Pot Bouille » elle tient un rôle d’anthologie où elle explique à sa fille Dany Carrel comment « mettre le grappin » sur un mari. Et puis, a la fin d’un discour qui est un véritable mode d’emploi de la prostitution, elle lance à son mari, outrée: « Et vous, ne laissez pas traîner partout ce genre de lectures, il y a dans ces journaux des articles qui ne sont pas pour les jeunes filles! »

Dans « Le Miroir à Deux Faces », c’est elle qui passe une petite annonce matrimoniale pour caser sa fille laide Michèle Morgan avec l’instituteur Bourvil

Dans « Maxime » elle est Coco Naval, une cocotte sur le retour qui flanque la honte à Charles Boyer devant…Michèle Morgan.

Il y en a tant des films avec Jane Marken. Ils ne sont pas tous des chef d’œuvres même si dans sa carrière les chefs d’œuvres sont nombreux, mais son grand moment, son grand rôle, sa revanche sur la carrière avortée c’est Yves Allégret qui le lui offre dans « Manèges » où elle est la mère veule à souhait de Simone Signoret elle-même vulgaire à mourir.

Yves Allégret lui aussi adorait Jane Marken à un point tel que nombreux étaient ceux qui croyaient qu’elle était sa compagne de vie. Ils durent être bien perplexes en voyant Jane, Simone et Bernard Blier partenaires coup sur coup dans « Dédée d’Anvers » et « Manèges » deux films dirigés par Yves Allégret. Deux tournages où de leur aveu même ils ont ri comme des dingues du premier au dernier jour!

maneges-1949-08-g-300x220

Manèges

Au début des années 50, Jane Marken grâce aux deux films d’Allégret est vraiment une très grande vedette. Elle est très présente au théâtre et lorsqu’elle ne tourne pas elle est en tournée, toujours avec un succès. Elle est particulièrement adorée du public belge et passe régulièrement au théâtre du Vaudeville dans les galeries Saint Hubert de Bruxelles. Or, Jules Berry avait à ses débuts  signé un contrat de dix ans avec le théâtre des Galeries dans ces mêmes galeries Saint Hubert, les deux théâtres se font face à une centaine de mètres près. Jane Marken a la satisfaction de jouer « en face ». Le spectacle terminé, elle n’aime rien tant que d’aller manger des moules chez Léon à deux pas de là. C’est son péché mignon, son autre péché mignon étant d’avoir trouvé un petit chemin qui l’emmène directement rue des Bouchers sans devoir passer « devant le théâtre de l’autre »!

Jane Marken a peut-être raté une autre grande occasion de briller d’un éclat plus éblouissant dans les mémoires.

En 1936 elle a un rôle important dans « Une Partie de Campagne » de Jean Renoir. Le cinéaste s’inspire de l’œuvre de son père, le peintre Auguste Renoir pour une sorte de « Déjeuner sur l’herbe » impressionniste.  Jane, commerçante, en pique-nique du dimanche, y tance vertement sa fille Sylvia Bataille sur la conduite à tenir… avant de se laisser elle-même volontiers culbuter dans l’herbe folle par un beau aux moustaches en guidon de vélo.

Le film ne pouvait se tourner qu’en décors naturels, mais l’été 1936 pour être le premier été des congés payés n’en fut pas moins un des étés les plus pourris du siècle! La Marne sortit de son lit et en Septembre le film n’était pas fini. La pluie non plus. Chacun retourna à ses obligations professionnelles et le film ne fut jamais terminé. Il sera malgré tout monté près d’un demi siècle plus tard et le monde découvrit un chef d’œuvre absolu mais amputé de la moitié de son action.

09-510778-300x216

la partie de campagne

Sa carrière au cinéma commence dès 1912 avec « La Course aux Millions » où elle donne la réplique très muette à Maurice Luguet, le père d’André Luguet! Elle est la ravissante infirmière veillant sur les derniers soupirs d’un mourant riche à millions.

Elle se termine en 1964 avec « Patate » entre Jean Marais, Danielle Darrieux, Anne Vernon et…Sylvie Vartan!

Après ce film, Jane qui approche des 70 ans prend ses distances avec le cinéma, mais elle avait découvert la télévision en 1960 avec une adaptation de Cyrano de Bergerac où la belle Françoise Christophe jouait Roxanne et où elle était la duègne. L’expérience lui avait plu et après sa retraite de film, elle tourna encore deux séries pour la télévision « Les Aventures de Robinson Crusoé » et « L’Ami Fritz » avec Dominique Paturel.

La dame ensuite se retire discrètement, le public habitué à la retrouver régulièrement ne s’en inquiéta pas, s’attendant à la revoir tôt ou tard au détour d’un film. Un court entrefilet dans la presse du 1 Décembre 1976 apprenait sa mort à l’âge de 81 ans.

Plus tard on saura que sa fin fut solitaire. Jane Marken fut incinérée selon ses vœux et ses cendres placés dans le columbarium du père Lachaise. Ce reposoir à célébrités ne jugea pas utile de conserver ses cendres et s’en débarrassa. Jane Marken n’était pas assez touristique. Jane n’avait pas de famille qui puisse renouveler la concession et l’oubli se fit.

Celine Colassin

maneges_05-300x219

QUE VOIR?

1912: La Course aux Millions: Avec Maurice Luguet et René Navarre

1916: La Source de Beauté: Avec Léon Mathot

1919: Madame et son Filleul: Avec Fernande Albany et Louis Baron fils

1933: Le Maître des Forges: Avec Gaby Morlay et Paule Andral

1933: La Guerre des Valses: Avec Fernand Gravey, Madeleine Ozeray et Janine Crispin

1934: La Dame aux Camélias: Avec Yvonne Printemps et Pierre Fresnay

1935: Napoléon Bonaparte: Avec Albert Dieudonné, Gina Manès et Damia

1936: La Marmaille: Avec Florelle et Pierre Larquey

1936: Un grand amour de Beethoven: Avec Harry Baur, Annie Ducaux et Jany Holt

1936: Une Partie de Campagne: Avec Sylvia Bataille

1937: Gueule d’Amour: Avec Jean Gabin

1938: Hôtel du Nord: Avec Arletty, Annabella et Louis Jouvet

1938: Les Trois Valses: Avec Yvonne Printemps et Pierre Fresnay

1938: Remontons les Champs Elysées: Avec Sacha Guitry, Lucien Baroux et Jeanne Boitel

1940: Paradis Perdu: Avec Micheline Presle, Fernand Gravey et Elvire Popesco

1943: Adrien: Avec Fernandel et Paulette Dubost

1943: L’Eternel Retour: Avec Jean Maris et Madeleine Sologne

1943: Lumière d’Eté: Avec Madeleine Robinson et Pierre Brasseur

1944: Les Petites du Quai aux Fleurs: Avec Odette Joyeux, Louis Jourdan et Bernard Blier

1945: Falbalas: Avec Micheline Presle et Raymond Rouleau

1945: Les Enfants du Paradis: Avec Arletty et Pierre Brasseur

1946: Petrus: Avec Simone Simon et Fernandel

1946: Les Portes de la Nuit: Avec Nathalie Nattier, Yves Montand et Serge Reggiani

1946: Le Pays sans Etoiles: Avec Jany Holt et Gérard Philipe

1946: L’Idiot: Avec Edwige Feuillère et Gérard Philipe

1946: L’Homme au Chapeau Rond: Avec Raimu et Gisèle Casadesus.

1946: Nuits d’Alerte: Avec Hélène Perdrière et Roger Pigaut

1947: Le Beau Voyage: Avec Renée Saint Cyr et Pierre Richard Wilm

1947: Copie Conforme: Avec Louis Jouvet

1947: L’amour autour de la maison: Avec Maria Casarès et Pierre Brasseur

1948: Clochemerle: Avec Felix Oudart et Saturnin Fabre

1948: La Femme que j’ai Assassinée: Avec Micheline Francey et Charles Vanel

1948: Dédée d’Anvers: Avec Simone Signoret, Bernard Blier et Marcel Dalio

1949: Retour à la Vie: Avec Bernard Blier et Helena Manson

1949: Le Secret de Mayerling: Avec Dominique Blanchar, Jean Marais et Claude Farell

1950: Lady Paname: Avec Suzy Delair et Louis Jouvet

1950: Manèges: Avec Simone Signoret et Bernard Blier

1950: Ma Pomme: Avec Maurice Chevalier et Maurice Ronet

1950: Chéri: Avec Marcelle Chantal et Jean Desailly

1950: La Marie du Port: Avec Jean Gabin

1951: Boîte de Nuit: Avec Claudine Dupuis, Junie Astor et Alfred Rodes

1951: Knock: Avec Louis Jouvet et Jean Brochard

1951: Caroline Chérie: Avec Martine Carol

1951: Chacun Son Tour: Avec Michèle Philippe, Robert Lamoureux et Marthe Mercadier

1951: Dupont Barbès: Avec Madeleine Lebeau et Henri Vilbert

1952: Monsieur Taxi: Avec Michel Simon

1952: Le Trou Normand: Avec Brigitte Bardot et Bourvil

1953: Maternité Clandestine: Avec Dany Carrel et Dora Doll

1953: Capitaine Pantoufle: Avec Marthe Mercadier et François Perier

1955: Chiens Perdus sans Collier: Avec Jean Gabin

1956: Marie Antoinette Reine de France: Avec Michèle Morgan

1956: Et Dieu Créa la Femme: Avec Brigitte Bardot, Curd Jürgens et Jean Tissier

1956: Pitié pour les Vamps: Avec Viviane Romance et Giselle Pascal

1957: Pot Bouille: Avec Dany Carrel et Gérard Philipe

1957: Les Trois font la Paire: Avec Sophie Desmarets et Michel Simon

1957: L’Auberge en Folie: Avec Geneviève Kervine et Rudy Hirigoyen

1958: Le Miroir à Deux Faces: Avec Michèle Morgan et Bourvil

1958: Maxime: Avec Michèle Morgan et Charles Boyer

1959: Des Femmes Disparaissent: Avec Magali Noël, Estella Blain et Robert Hossein

1959: Ce Corps tant Désiré: Avec Belinda Lee, Dany Carrel, Daniel Gélin et Maurice Ronet

1964: La Bonne Soupe: Avec Annie Girardot et Marie Bell

1964: Patate: Avec Danielle Darrieux, Anne Vernon et Sylvie Vartan

 

517: SOPHIE DAUMIER

 

Le 24 Novembre 1934, la petite Elizabeth, Simone, Clémence Hugon vient au monde à Boulogne sur Mer. Plus tard elle deviendra Sophie Daumier, nom de jeune fille de sa mère.

Son père George est un compositeur et accessoirement directeur de l’école de musique.

Avec un tel lignage, la petite Elizabeth que tout le monde appelle Betty sent poindre en elle la vocation artistique familliale. Douée pour le dessin elle envisage les beaux arts mais se passionne aussi pour la danse qui finira par avoir sa préférence.

517: SOPHIE DAUMIER 07-532707-1200-205x300

Pour la petite demoiselle de la côte d’Opale, les choses iront très vite! Elle est élève à l’école de danse du théâtre du châtelet et réussit à partir en tournée avec la troupe pour danser le cancan alors qu’elle n’a que seize ans! Sur l’affiche elle deveint Betty Hugon, on n’imagine pas trop une Elizabeth lever la gambette!

Cette expérience sur les planches aura une grande incidence sur l’avenir de Betty puisque Betty il y a.

Elle a adoré être en scène et sent confusément qu’il y a entre elle et le public une sorte d’élan de sympathie joyeuse. Betty se sent bien.

sophie-daumier

Elle persévère. Dès son retour à Paris elle enchâine les cours de chant, les cours de comédie à ses cours de danse et décroche un passage à « La Nouvelle Eve », un des cabarets les plus courrus des années 50 en qualité de chanteuse fantaisiste! Betty Hugon devient alors Betty Laurent!

Après un passage au théâtre où elle triomphera dans « Patate » durant six ans avant que le rôle n’échoue (c’est le cas de le dire) à Sylvie Vartan  au cinéma elle débute au cinéma en 1956, très bien entourée dans « Paris Canaille »! A l’époque du triomphe de « Patate », le tout Paris avait fini par s’émouvoir pour cette jeune première qui devait refuser toutes les propositions qu’on lui faisait, prisonnière de son succès au théâtre, la pièce devint « Piège pour Sophie Daumier » pour quelques journalistes qui suivaient l’affaire de près

« Paris Canaille » Un petit film sans grande prétention mettant en vedettes Dany Robin, Daniel Gélin et la sulfureuse Tilda Thamar et où elle partage ses scènes avec Yoko Tani et Danick Patisson. Et si Pierre Gaspard Huit est à la mise en scène, le scénario est signé Cecil Saint Laurent qui fit tant pour la gloire de Martine Carol en écrivant Caroline Chérie.

Sa grande chance viendra l’année suivante. Elle est choisie pour être la fille d’Edwige Feuillère et Bernard Blier dans « Quand la femme s’en mêle », un « série noire » très raté mais où Sophie aura l’insigne honneur d’être la première amoureuse à l’écran du futur numéro un du cinéma: Alain Delon.

Delon qui débute en tombant amoureux d’elle et en lui offrant une glace à la framboise avant d’aller dézinguer vite fait un ou deux gangsters sur le trottoir d’en face!

daumier sophie

Sophie Daumier, puisque Sophie Daumier il y a, enchaîna quelques joyeux tournages, jeune première d’un cinéma populaire, noir et blanc et bon enfant.

En 1965, elle sera l’amoureuse de l’autre numéro un du cinéma français: Jean-Paul Belmondo dans « Par un Beau Matin d’Eté ». Entretemps elle avait connu un triomphe inouï en créant « Patate » la pièce de Marcel Achard. Malheureusement, elle ne reprendra pas son rôle à l’écran entre Jean Marais, Danielle Darrieux et Anne Vernon. Sylvie Vartan vient de créer « La Plus Belle pour aller Danser » L’Amérique s’en est entichée avant la France, la production lui offre le rôle.

Mais contre mauvaise fortune bon cœur, Sophie est quand même devenue une vedette de cinéma. Un cinéma où elle rivalisait avec Etchika Choureau,  Estella Blain, Mylène Demongeot, Dany Saval ou Danik Patisson qui jouaient sur les mêmes arguments qu’elle. Un cinéma qui avait crée Brigitte Bardot, avec qui Sophie partage presque une date de naissance, Brigitte est l’aînée de Sophie de deux mois mais aussi un certain physique à la moue boudeuse très dans l’air du temps.

SophieDaumierHeelsPool2

Un physique qui devient le symbole absolu de la beauté féminine et du sex appeal de cette fin des années 50! Bardot est le nouvel idéal féminin, Toutes les actrices s’engouffrent dans la spirale des sosies, de Catherine Deneuve à Mylène Demongeot jusqu’à Jane Fonda, Sophie suit le mouvement.

Quoi de plus naturel?

Si Brigitte est le symbole de son époque c’est qu’elle correspond à l’époque en question! Affichant une vie libre qui semble dissolue et qui ne fait que piétiner les conventions bourgeoises corsettées par Christan Dior! Le couturier aimait les tailles serrées, les jupes aux cheville et les caniches toilettés! Brigitte préfère vivre nue au soleil et répugne à se peigner elle-même!

La célébrité de Bardot est intersidérale! Chacun de ses faits et gestes provoque un scandale effarouché, mais gageons que si Sophie avait été aussi célèbre que BB en son temps, elle aurait tout aussi bien défrayé la chronique! Maman célibataire d’un petit Christian, elle a une liaison très médiatisée avec le rocker tout de cuir noir vêtu Vince Taylor entre deux tournages de comédies gentillettes! Ca a quand même une autre gueule que Catherine Deneuve avec Johnny Hallyday!

Après les années 50 vinrent les années 60

La nouvelle vague déboulonnait tout sur son passage, ringardisant le cinéma de Sophie.

Elle se fichait bien de savoir si Godard ou Lelouch allaient faire appel à elle! Elle avait son cher théâtre où elle servait Anouilh, elle restait sollicitée, elle avait son fils de 7 ans, nous étions en 1963, sur le plateau de »Dragées au Poivre », elle retrouvait un jeune acteur qu’elle avait déjà croisé au théâtre dans « Cyrano »: Guy Bedos!

Bedos faisait du rire son arme. Son humour cinglant émerveilla Sophie, ces deux là allaient devenir un des couples les plus en vue de la décennie.

sophie-daumier1

Ils se marient en 1965. C’est Sophie qui a souhaité légaliser leur relation et dans la foulée elle souhaite que Guy Bedos reconnaissa son fils Christian. L’auteur-acteur-humoriste est d’ailleurs étonné de cettte soudaine soif de respactabilité chez Sophie mais accepte pour faire plaisir à celle qu’il aime, qui est sa compagne dans la vie et sa partenaire sur scène. Mon cadeau de mariage plaisante-il!

Le couple Daumier-Bedos devient le team d’humoristes préféré des Français. Leur humour irrévérentieux qui n’épargne rien ni personne (N’est-ce pas Sophia Loren!) balaie la génération des Fernand Raynaud et ouvre la voie aux Coluche et autre Pierre Desproges.

Ils réussiront la prouesse inimaginable de voir un de leurs sketches « La Drague » sortir en 45 tours et passer en boîte de nuit tout en plafonnant en tête de tous les hit parades!

Evidemment, comme le cinéma français n’aime rien tant que de mettre des étiquettes aux gens, Sophie fut cataloguée « humoriste épouse Bedos » et les propositions se raréfièrent! Après l’ennui de la nouvelle vague, le cinéma français découvrait la morne platitude du cinéma pornotico-érotique, Sophie n’était pas Sylvia Kristel et se portait fort bien d’être « oubliée »!

Elle préfèrait collectionner les chaussures à semelles compensées aux couleurs criardes (qui feraient aujourd’hui l’admiration de Victoria Abril, je suis sûre qu’elle les échangerait contre un oeil ou un bras!), travailler avec Guy Bedos, s’occuper de son fils et taire le drame qui obscurcissait maintenant sa vie.

Depuis quelques temps, sa maman était malade, sa santé se dégradait en même temps que son mental se délabrait. Encore peu connue à l’époque, la maladie de Huntington fut finalement diagnostiquée. une maladie incurable, une maladie orpheline, une maladie génétique et…Une maladie héréditaire.

En 1977 elle divorce de Guy Bedos et Claude Sautet fait appel à ses services pour donner la réplique à Romy Schneider dans « Une Histoire Simple ».

Hélas la maladie la frappe à son tour. Peu à peu l’état de Sophie dégénère et après quelques années de lutte elle doit renoncer à toute activité puis à tout ce qui faisait sa vie.

Sophie Daumier va s’enfoncer dans la souffrance, dans une dégénérescence qui va durer près de vingt ans.

Guy Bedos la soutiendra tant qu’il le pourra.

En 1996, c’est son fils qui à son tour développe la maladie fatale héritée de sa mère et de sa grand’mère.

Sophie déjà ne le comprends plus.

Elle s’éteint la nuit du nouvel an 2004., elle avait eu 69 ans un mois plus tôt.

Son fils la suivra dans la tombe le 11 Décembre 2010 après 14 ans de calvaire sans espoir.

Celine Colassin

SophieDaumier

1956: Paris Canaille: Avec Dany Robin, Tilda Thamar et Daniel Gélin.

1956: Les Collégiennes: Avec Gaby Morlay et Catherine Deneuve

1957: A Pied, à Cheval ou en Voiture: Avec Noël-Noël et Denise Grey

1957: Quand la Femme s’en Mêle: Avec Edwige Feuillère, Alain Delon et Bernard Blier.

1958: A Pied, à Cheval et en Spoutnik: Avec Denise Grey, Noël-Noël et Francis Blanche

1958: Les Femmes sont Marrantes: Avec Micheline Presle et Yves Robert

1959: Bal de Nuit: Avec Pascale Audret

1961: Les Croulants se Portent Bien: Avec Nadia Gray, Fernand Gravey et Pierre Dux

1961: Amélie ou le Temps d’Aimer: Avec Marie-José Nat et Clotilde Joano

1962: Un Chien dans un jeu de Quilles: Avec Elke Sommer et Christian Marquant

1963: Dragées au Poivre: Avec Guy Bedos et Jean-Paul Belmondo

1963: Carambolages: Avec Louis de Funès et Jean-Claude Brialy

1964: L’Amour à la Mer: Avec Geneviève Thénier et Jean-Pierre Léaud.

1965: Par un Beau Matin d’Eté: Avec Jean-Paul Belmondo

1965: Pas de Caviar pout Tante Olga: Avec Dora Doll, Pierre Brasseur et Francis Blanche

1965: Cent Briques et des Tuiles: Avec Marie Laforêt et Sophie Dumier

1973: Pouce: Avec Guy Bedos

1977: Violette et François: Avec Isabelle Adjani et Jacques Dutronc

1978: Une Histoire Simple: Avec Romy Schneider et Bruno Cremer

1978: Freddy: Avec Pierre Doris et Jean Lefébvre

474: MARIE HELENE ARNAUD

474: MARIE HELENE ARNAUD 74091-14993518-m750x740-230x300

La fabuleusement belle Marie-Hélène Arnaud fut elle aussi une de ces fabuleuses beautés venues tout droit des défilés de mode et des couvertures de ELLE et de VOGUE pour hanter de leur charme gracile et distingué les écrans de cinéma.

marie helene arnaud

Ceci en un temps où l’élégance française n’était pas encore classée au rayon des interdits au profit du rap en cagoule et des moon boots au mois de Juillet.  En un mot comme en cent, en ces temps immémaoriaux où Britney Spears, Paris Hilton et lady Gaga n’auraient pas osé se montrer sous peine de se faire embarquer pour outrage! (quelle merveilleuse époque!)

74091-14993522--295x300

Marie Hélène naît le 24 Septembre 1934 au pays des cerises si cher au coeur de Jean-Jacques Rousseau qui aimait tant à y flâner, à Montmorency, à seulement 13 kms des portes de Paris. Ce Paris dont elle sera bientôt une des reines de l’élégance et de la beauté.

mariehelene_arnaud222

Que pourrait-on dire des jeunes années de la belle Marie Hélène? Rien, car elle se confia peu en un temps où les mannequins n’estimaient pas utile de répendre à travers le monde leurs conceptions politiciennes et autres causes sans lien direct avec leur apostolat de base, celui de l’élégance et de la beauté, quintessences humaines de l’univers du luxe.

0000074091-190572-7258534-_thumb2-217x300

Marie Hélène débuta comme « cover girl », gravit rapidement les échelons des podiums et fit un soir la conquête de mademoiselle Coco Chanel en personne qui vit en elle son idéal de femme réincarné. Elle fit d’elle sa muse, sa gloire et son étendard, n’hésitant pas, et dieu sait que ce n’était guère dans ses habitudes, de se pendre au cou de Marie Hélène, la tête fendue d’un sourire extatique et jovial devant un pareterre de journalistes ébaubis et de photographes ravis! Et pour tout dire, on jasa même un peu!

marie helene arnaud

La collaboration de Coco Chanel et de Marie France Arnaud mérite de rester à jamais brodées en lettres d’or dans les mémoires des amoureux de la mode.

016kv-231x300

Marie Hélène fixa a tout jamais dans l’univers le principe même de l’allure Chanel. A elles deux elles recréèrent la parisienne chic et idéale et définirent sans doute à jamais les diktats de l’élégance citadine.

Marie Hélène était sublime, elle devint glorieuse, et si Chanel la vénérait, Maie Hélène n’était pas fidèle et ne détestait pas servir les élégants intérêts de Guy Laroche, André Courrèges et surtout Jean Desses dont elle illustra la quintessence de la maison de couture. Le pauvre maintenant habille Renée Zellweger!

74091-14993523--252x300

La gloire de l’égérie de la mode française déborda des frontières et telle une envolée de tulle point d’esprit elle franchit les océans et finit en couverture de LIFE MAGAZINE dans une jolie robe tudor bouton d’or à pois blanc.

57life_mariehelenearnaud-220x300

Cette éblouissante entre toutes fascina le réalisateur André Hunnebelle qui préparait un film que l’on eut cru écrit pour elle: Mannequin de Paris »

Le réalisateur fut à ce point ravi de sa collaboration avec Marie-Hélène qu’il la rappela tant qu’il put et qu’elle trouverait encore le temps entre deux collections de tourner deux fois pour lui.

Mais pour la gracieuse Marie Hélène, le cinéma n’était qu’une sorte de loisir, de dilettante. Si en faire l’amuse, elle ne s’imagine pas actrice.

5009213502_bd97047798-220x300

L’élégance de son univers allait bientôt être fracassé à coups de pavés contestataires et le tailleur strict qui lui allait si bien et si cher au coeur de « mademoiselle » allait devenir aussi incongru que l’armure de Jeanne d’arc ou le menhir d’Obélix! Le flower power était né et s’il était libre il n’était pas gracieux.

Marie Hélène se retira alors dans un bruissement délicat et choisit de se reposer un peu. Elle fit bien car elle ignorait que sa vie serait courte.

dambier_arnaud-293x300

De constitution fragile, Marie Hélène Arnaud mourait de causes naturelles à seulement 52 ans fêtés 11 jours plus tôt, le 6 Octobre 1986.

Avec elle mourait sans doute a tout jamais le concept même de la « Parisienne » qui fit bien plus pour la gloire de la ville lumière que sa tour Eiffel, son louvre et son arc de triomphe réunis (Et que Carla Bruni qui à l’air à côté d’elle d’une brouette à côté d’un cygne!)

Celine Colassin.

008kb-257x300

QUE VOIR?

1956: Mannequin de Paris: Avec Madeleine Robinson et Ivan Desny

1957: Les Collégiennes: Avec Christine Carère, Estella Blain, Agnès Laurent, Gaby Morlay et Catherine Deneuve

1957: Ca Aussi c’est Paris (court métrage): Avec Jean Poiret et Michel Serrault

1958: Gigi: Avec Leslie Caron, Louis Jourdan et Maurice Chevalier

1964: Fantômas: Avec Mylène Demongeot, Jean Marais, Louis de Funès et Jacques Dynam

Marie-Helene-Arnaud-pour-Desses-1957

 

 

 

473: ESTELLA BLAIN

473: ESTELLA BLAIN 6041569432_676b00d584-205x300

La blonde et très belle Estella Blain est un des sombres destins qui traversent l’histoire du cinéma Français, éphémères et lumineuses phalènes vite foudroyées et vites oubliées. Estella la blonde aux yeux bleu caraïbe est une de ces beautés tragiques qui avait eu le tort de croire sans doute un peu trop fort aux mots « Je t’aime ».

La future Estella Blain naît le 30 Mars 1930 à Paris sous le patronyme de Micheline Estellat et rêvera très vite de cinéma. Non de gloire et de lauriers en diamants, mais de ces belles histoires d’amour alambiquées de sentiments exacerbés qui  font tant vibrer son coeur de jeune fille. Pour elle l’écran c’est le paradis des héros romantiques, virils et beaux qui sauvent les jeunes filles tendrement amoureuses après être sortis des draps de satin d’une quelconque vamp à la cigarette collée dans le rouge à lèvres « cerise du nord ».

Elle prendra sa vocation très au sérieux et deviendra une élève de René Simon qui fit tant pour Michèle Morgan et Martine Carol.

Lorsque l’on naît en 1930, on a vingt ans en 1950. C’est une nouvelle décennie qui commence, Gina Lollobrigida et Martine Carol explosent soudain, propulsées au sommet de la gloire en un seul film même s’il n’était pas le premier: « Fanfan la Tulipe » pour l’une et « Caroline Chérie » pour l’autre.

blain estella

Micheline rencontre alors le beau héros romantique de ses rêves, Gérard Blain de seulement six mois son cadet. Son bel amour pourrait être son exact opposé. Il a quitté l’école avant d’avoir son certificat d’école primaire, il quittera sa famille à 13 ans, fera de la résistance à peine sorti de l’enfance et grandira en rebelle et en marge de la société dont il dira « Je me sens en état de légitime défense face à elle ». C’est son physique de jeune loup sauvage qui le fera remarquer par Guillaume Radot, un metteur en scène débutant qui lui propse de faire un peu de figuration dans son film « Le Bal des Passants » en 1944. Dès lors il fera de temps en temps une figuration et mettra plus de dix ans à tenir un rôle important dans un film de prestige au cinéma, dans « Voici le Temps des Assassins » de Julien Duvivier où il est le meilleur ami de Jean Gabin restaurateur et amoureux de la rouée Danièle Delorme.

l’antithèse donc de Micheline, la sage étudiante bien proprette qui apprend consciencieusement un métier qu’il aborde en dilletante et dont il n’accepter jamais les règles, fussent-elles de Paris ou d’Hollywood!

Le couple se maria en 1953, c’étaient les vaches maigres mais Estella était heureuse, si heureuse que lorsqu’elle débutera au cinéma, dans les bras de Gérard Blain, en 1954, encore timide et fragile dans « Les Fruits Sauvages », elle se fera appeler Estella Blain, adoptant pour mener sa carrière le nom de celui qu’elle a « épousé pour la vie ». Les vedettes féminines des « Fruits Sauvages » étaient Evelyn Kerr et Nadine Basile, lauréate du prix Suzanne Bianchetti et qui pour être une vedette prometteuse n’avait aucune aptitude à jouer les « pin-up ». C’est elle qui jouera « Brioche » face à une Brigitte Bardot qui se moquera de son embonpoint dans « Le Trou Normand ».

Cannes01-296x300

C’est donc Estella, ses longs cheveux blonds flottant au vent, que la production choisira pour l’affiche du film.

Estella était belle, certes mais on lui reprocha un nez un peu trop « présent » et elle fut priée de se rendre chez le chirurgien esthétique le plus proche avec une photo de Martine Carol!

Ce ne fut pas la gloire pour autant et Estella végêta dans des films de consommation courante, fruits d’un cinéma que Gérard Blain s’était déjà mis à détester, préfigurant un courant de pensée qui allait donner naissance à la « nouvelle vague ».

En 1956 le couple divorçait, Estella restait seule avec son nouveau nez et ses mauvais films avant de rencontrer Michel Bonjean dont elle aura un petit garçon le 31 Août 1959, un petit garçon qui portera le nom de sa mère: Michel Blain Estellat.

A la fin de la décennie charnière du siècle, Estella avait été une starlette en vogue, hanté les festivals et les couvertures de magazines consacrés au cinéma. Puis Brigitte Bardot avait à son tour explosé et démodé d’un seul coup toutes les autres blondes du monde. Estella avait tourné des films souvent médiocres et s’était même exportée assez confidentiellement en Allemagne, en Italie et en Espagne. Gérard Blain s’était remarié avec Bernadette Lafont et était devenu le James Dean français.

6041022513_d5424e7096-209x300

Dans les années 60 on la verra moins encore et pour situer le peu d’intérêt de sa carrière, il suffit de savoir que son rôle le plus marquant fut celui de madame de Montespan dans « Angélique et le Roy », film entièrement dédié à la gloire et à la beauté de Michèle Mercier.

Estella fit de la télévision, du théâtre, bien entendu des films et même des disques.

Elle se consolait d’une carrière qui ne resssemblait guère à celle dont elle avait tant rêvé jadis avec l’amour passionné qu’elle avait pour son petit garçon.

Elle participera même à l’écriture d’une série télévisée à l’instar de Cecile Aubry où elle confiera le rôle principal à son petit Michel : »Michel au pays de l’Enfant Roi ». La série sera diffusée en 1972 et André Téchiné lui-même mettra la main à la mise en scène. le petit Michel prendra goût à la comédie et sera formé au cours Florent.

Noel007-300x288

Le temps passait, la gloire de Brigitte Bardot s’essouflait un peu, d’autres idoles hantaient maintenant les fantasmes du public . Elle savaient pour nom Romy Schneider et Mireille Darc, Estella toujours aussi belle restait obstinément sur les chemins de traverse de la gloire, elle ne bénéficiait même pas d’une réelle popularité qu’ont parfois des actrices de moindre prestige aux yeux des cinéastes mais chères au coeur du public comme Micheline Dax, Sophie Desmarets ou Rosy Varte.

On s’ntéressa vaguement à une liaison qu’elle eut avec un jeune acteur Turc, mais il était de plus en plus évident qu’Estella Blain faisait de moins en moins partie de l’actualité brûlante.

Peu à peu, l’actrice qui avait toujours été d’un tempérament mélancolique sombra en dépression elle ne quittait plus que très peu sa maison au bord de la mer à Port Vanvres. Michel avait grandi, il était devenu un homme, il avait sa vie, Estella se sentait épouvantablement seule, malheureuse, inutile.

les fêtes de fin d’année 1981 lui parurent encore plus insupportables que les autres années. Le 2 Janvier 1982, elle sortit de chez elle, marcha longtemps sur la plage déserte, s’assit sur le sable froid et fixa la mer. Lorsqu’elle en eut assez, elle sortit un revolver de son sac et se tira une balle dans la tête qui la tua sur le coup.

Estella mourait avant d’avoir fêté ses 52 ans et par un dernier pied de nez d’un destin cruel et facétieux, à l’heure de sa mort, la télévision diffusait une mini série qu’elle avait tournée quelques mois auparavant: « Son Meilleur Noël ».

Michel Blain Estrellat dirige aujourd’hui sa propre compagnie théâtrale en compagnie de son épouse Juliette.

« Pour d’autres informations sur Estella Blain vous pouvez aller sur le site de la Compagnie de Théâtre créée par son fils : www.compagnie-estella-blain.com »

Estella etait comme son nom : lumineuse et tellement belle ! je rêvais de lui ressembler : raté ! mais le souvenir radieu demeure. Corinne le Poulain, le 6 Mars 2012.

Celine Colassin

6070479902_8b2a2a6bfc-195x300

QUE VOIR?

1954: Les Fruits Sauvages: Avec Gérard Blain et Nadine Basile

1954: Escalier de Service: Avec Etchika Choureau

1957: Les Collégiennes: Avec Gaby Morlay, Agnès Laurent et Catherine Deneuve

1958: La Bonne Tisane: Avec Madeleine Robinson et Raymond Pellegrin

1959: Les Dragueurs: Avec Dany Robin et Jacques Charrier

1960: Colère Froide: Avec Harold Kay

1962: Tototruffa’62: Avec Toto

1965: Angélique et le Roy: Avec Michèle Mercier

1966: Miss Muerte: Avec Howard Vernon et Mabel Karr

1968: A Flea in her Ear (la puce à l’oreille): Avec Rachel Roberts, Rosemary Harry, Rex Harrisson et Louis Jourdan

1968: Vivre la Nuit Avec Catherine Jourdan et Jacques Perrin

1972: Le Franc Tireur: Avec Philippe Léotard

1974: Le Mouton Enragé: Avec Romy Schneider, Jane Birkin et Jean-Louis Trintignant

 

 

 

achacunsoncinema |
filmss |
dorian78 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | carolineriche
| utopia2012
| ddlstream