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711: ELLEN CORBY

Ellen Corby

Le nom d’Ellen Corby ne nous évoque pas grand-chose, à nous, européens, cinéphiles ou non.

Et ce, bien Ellen Corby ait été nommée aux Oscars pour son second rôle dans « Remember Mama » en 1949. La statuette lui échappa au profit de Claire Trevor, sensationnelle il est vrai, dans  »Key Largo ».

Cette méconnaissance vient essentiellement du fait que non seulement Ellen a débuté sa carrière d’actrice bien tard, la quarantaine avait sonné, mais ses hautes heures de gloire seront télévisée.

Ellen tiendra un rôle récurrent dans la série  » La Famille des Collines » durant neuf ans. Elle sera nommée six fois aux Emmy Awards pour ce rôle et elle l’emportera trois fois!

Ellen Hansen vient au monde le 3 Juin 1911 dans sa bonne ville de Racine dans le Wisconsin. Dès le lycée elle s’était intéressée au théâtre et elle avait même laissé sa famille qui vivait maintenant à Philadelphie pour faire une saison avec une troupe de théâtre amateur qui s’était dégotté un contrat d’été à Atlantic City.

L’expérience ne lui déplut pas du tout bien qu’on ne lui ait jamais proposé quoi que ce soit d’intéressant à faire sur scène. Alors tant qu’elle y était, autant aller directement là où tout se passe! Et chacun sait que ce n’est pas à Atlantic city, c’est à Hollywood!

Sans expérience probante, sans recommandations et surtout sans l’indispensable beauté qui seule peut ouvrir les portes des studios même aux incompétentes, Ellen qui sera toujours une très avisée personne se dirige plutôt vers un emploi de script girl et se fait engager à la RKO qui la place sur le série humoristique « Our Gang » C’est ainsi qu’elle verra un jour une débutante tétanisée d’effroi à l’idée même de jouer une scène ou on ne la verrait même pas! Il lui suffisait simplement de donner des tickets de cinéma à des enfants, avec un peu de chance on verrait quand même sa main mais qu’importe, Ellen crut qu’elle allait en mourir sur place. Ce jour là elle ne se fit aucune illusion sur le potentiel d’Ava Gardner!

Ellen devenue script, un métier qui contre tout attente lui plaît puisque le travail de la script est de tout surveiller et donc de se mêler de tout va découvrir un à un tous les rouages du cinéma hollywoodien.

Elle va aussi découvrir sur le plateau de « Our Gang » son futur mari Francis Corby qui met quelques épisodes en scène. Ils se marieront en 1934, divorceront 10 ans plus tard. Ils n’auront pas d’enfant mais c’est sous son nom de femme mariée qu’Ellen sera créditée pour la première fois au générique d’un film, même si étrangement, lorsque ce bonheur lui arrive, elle est déjà divorcée depuis un an!

Bientôt elle réussira à placer ses scénarii au studio, tenant son rôle de script sur le plateau des films qu’elle a écrits et jouant elle-même des petits bouts de rôle par-ci par -là, histoire de gagner du temps! Ellen est sur place, elle connaît le personnage et l’intrigue puisque le tout est sorti de son imagination, pas la peine de faire mourir d’effroi une Ava Gardner de plus pour une ligne à dire ou une vache à traire!

Rien de bien palpitant, mais c’est son métier et elle le fait bien, elle le fera douze années avec le même enthousiasme et pour se distraire suivra des cours de théâtre après ses journées au studio.

Créditée pour la première fois en 1945 pour un rôle encore minuscule, elle est nommée aux Oscars en 1948. Pour avoir été longue à démarrer, 14 ans depuis son arrivée à Hollywood, la carrière d’Ellen n’en était que plus fulgurante!

En un tour de main, presque de passe-passe, elle se positionnait comme une incontournable dans les rôles de gentilles dames. Elle joue les voisines serviables,  les gentilles mamans avant les gentilles grand’mères et excelle encore un peu plus quand ses personnages sont un tantinet « piqués »!

Pour avoir débutés dans de sombres westerns noir et blanc de chez RKO dont la trace s’est parfois perdue, Hollywood se fait pardonner en lui offrant des rôles, souvent modestes, certes mais dans des films de prestige à la distribution solide. C’est ainsi que, toujours curieuse elle peut comparer les qualités et les défauts d’Olivia de Havilland avec sa sœur Joan Fontaine en leur donnant à chacune la réplique, mais qu’elle la donnera aussi à des stars aussi prestigieuses qu’Elizabeth Taylor, Irène Dunne, Humphrey Bogart, Glenn Ford, William Holden, Myrna Loy, Joan Crawford, Audrey Hepburn, Ginger Rogers, Rosalind Russell, Lucille Ball, Cary Grant, James Stewart,  Bette Davis, Robert Mitchum et même Jerry Lewis!

ellen corby

Et si elle n’atteint pas le prestige de Spring Byington, Beulah Bondi, Jane Darwell ou de Anne Revere, elle leur dame quand même quelques pions! Incontournable durant toute la décennie des castings de prestige même si elle n’a souvent qu’une seule scène à défendre, elle s’engouffre à la télévision dès le début des années 50 pour une carrière absolument sidérante! Elle est de toutes les émissions de tous les programmes et surtout de tous les succès! Parfois elle s’offre une petite escapade nostalgique vers Hollywood pour un film. Attirée soit par l’envie de découvrir de nouveaux partenaires avec qui elle n’a jamais travaillé comme Frank Sinatra ou Doris Day . Soit pour le plaisir de travailler à nouveau avec ses vielles copines telles Eleanor Parker, Joan Crawford, Olivia de Havilland ou Bette Davis!

Mais le cinéma ne sera plus qu’une exceptionnelle distraction pour cette créature de télévision.

Et comme je le disais au début de cet article, sa véritable gloire lui viendra d’un rôle de gentille grand’mère dans la série  » La Famille des Collines ». En 1976, alors qu’elle savoure enfin une véritable gloire qu’elle attendait depuis plus de 40 ans, elle est frappée d’un accident vasculaire cérébral qui la diminue fortement. Le tournage de sa série est en plein désarroi, il faut réécrire dare-dare les épisodes et il est hors de question de faire croire à sa mort, le public n’aurait jamais accepté une telle infamie! Tuer sa grand’mère adorée! Et puis quoi encore? Et on fit bien de ne pas l’occire purement et simplement, car Ellen récupèrera l’essentiel de ses facultés et reviendra honorer son rôle! On évitera les déplacements, on réduira son texte au minimum et finalement quelqu’un aura l’idée de génie de faire de son personnage la victime d’un accident cérébral diminuant ses facultés! Où allait-on chercher tout ca?

On ne reverra plus Helen Corby au cinéma. mais elle continuera son petit bonhomme de chemin à la télévision où elle tournera jusqu’en…1997! Certes, elle n’y tient pas des rôles d’écuyères de cirque mais elle est bel et bien là. Fragile, certes, mais parfaite et surtout tant aimée.

Elle se résous à la maison de retraite après un dernier téléfilm où elle avait comme il se doit joué les grand’mères cacochymes mais compréhensives envers la jeunesse.

Evidemment, après toute une vie passée dans les studios, la retraite ne pouvait que lui être d’un ennui abyssal. Heureusement, elle ne le subira que peu. Elle s’éteint paisiblement dans sa 87ème année le 14 Avril 1999.

Celine Colassin

Ellen Corby

QUE VOIR?

1933: Rafter Romance: Avec Ginger Rogers et Norman Foster

1933: Sons of the Desert: Avec Mae Bush, Laurel et Hardy

1946: From this Day Forward: Avec Joan Fontaine

1946: Sister Kenny: Avec Rosalind Russell

1946: The Dark Corner: Avec Lucille Ball et William Bendix

1946: Lover Come Back: Avec Lucille Ball et George Brent

1946: The Locked: Avec Laraine Day et Robert Mitchum

1946: It’s a Wonderful Life: Avec Donna Reed et James Stewart

1947: The Bachelor and the Bobby-Soxe: Avec Myrna Loy, Cary Grant et Shirley Temple

1947: Beat the Band: Avec Frances Langford

1947: Railroaded: Avec Sheila Ryan et John Ierland

1947: Born to Kill: Avec Claire Trevor et Lawrence Tierney

1947: They Won’t Believe Me: Avec Susan Hayward et Jane Greer

1947: The Long Night: Avec Barbara Bel Geddes et Henri Fonda

1947: Cry Wolf: Avec Barbara Stanwyck et Errol Flynn

1947: Forever Amber: Avec Linda Darnell et Cornel Wilde

1948: Strike It Rich: Avec Bonita Granville et Rod Cameron

1948: I Remember Mama: Avec Irène Dunne et Barbara Bel Geddes

1949: The Judge Steps Out: Avec Ann Sothern

1949: A Woman Secret’s: Avec Maureen O’hara et Gloria Grahame

1949: Little Women: Avec June Allyson, Elizabeth Taylor et Peter Lawford

1949: Mighty Joe Young: Avec Terry Moore

1949: Madame Bovary: Avec Jennifer Jones et Louis Jourdan

1950: Capitain China: Avec Gail Russell et John Payne

1950: Caged: Avec Eleanor Parker et Agnès Moorhead

1950: The Gunfighter: Avec Helen Westcott et Gregory Peck

1950: Peggy: Avec Diana Lyn et Charlotte Greenwood

1951: Angels in the Outfield: Avec Janet Leigh

1951: Goodbye My Fancy: Avec Joan Crawford et Robert Young

1951: Here Comes the Groom: Avec Jane Wyman et Bing Crosby

1951: The Sea Hornet: Avec Adèle Mara et Rod Cameron

1952: The Big Trees: Avec Patrice Wymore et Kirk Douglas

1952: Monsoon: Avec Ursula Thiess et Diana Douglas

1952: Fearless Fagan: Avec Janet Leigh et Keenan Wynn

1953: Woman They Almost Lynched: Avec Audrey Totter et Joan Leslie

1953: Shane: Avec Jean Arthur et Alan Ladd

1953:A Lion Is in the Streets: Avec Barbara Hale, James Cagney et Anne Francis

1954: Untamed Heiress: Avec Judy Canova

1954: Sabrina: Avec Audrey Hepburn, Humphrey Bogart et William Holden

1954: About Mrs Leslie: Avec Shirley Booth et Robert Ryan

1954: Susan Slept Here: Avec Debbie Reynolds, Anne Francis et Dick Powell

1955: Illegal: Avec Nina Foch, Jayne Mansfield et Edward G. Robinson

1956: Stagecoach for Fury: Avec Mari Blanchard, Forrest Tucker et Wallace Ford

1956: Slightly Scarlet: Avec Rhonda Fleming, Arlène Dahl et John Payne

1956: The Go-Getter: Avec Beverly Garland

1957: God is My Partner: Avec Marion Ross et Walter Brennan

1957: All Mine to Give: Avec Glynis Johns et Cameron Mitchell

1957: The Seventh Sin: Avec Eleanor Parker, Bill Travers et George Sanders

1958: As Youg as We Are: Avec Pippa Scott et Robert Harland

1958: Vertigo: Avec Kim Novak et James Stewart

1960: Visit to a Small Planet: Avec Jerry Lewis

1961: Pocketful of Miracles: Avec Bette Davis, Hope Lange et Glenn Ford

1963: The Caretakers: Avec Joan Crawford et Robert Stack

1963: 4 For Texas: Avec Anita Ekberg, Ursula Andress, Frank Sinatra et Dean Martin

1964: Hush…Hush, Sweet Charlotte: Avec Bette Davis, Olivia de Havilland et Joseph Cotten

1964: The Strangler: Avec Diane Sayer et Victor Buono

1966: The Ghost and Mr. Chicken: Avec Joan Stanley et Don Knotts

1966: The Glass Bottom Boat: Avec Doris Day et Rod Taylor

1967: The Gnome-Mobile: Avec Karen Dotrice et Walter Brennan

1969: Angel in my Pocket: Avec Andy Griffith

1971: Support Your Local Gunfighter: Avec Suzanne Pleshette et James Gardner

1972: Napoléon and Samantha: Avec Jodie Foster et Michael Douglas

677: BARBARA PEPPER

Barbara-Pepper

Consulter la filmographie de Barbara Pepper, alors que je suis bien loin d’avoir recensé tous ses films me donne le tournis! Je n’aurai pas assez du reste de ma vie pour tous les visionner…Alors qu’elle ait eu le temps de les tourner! Si j’ajoute à cela son incessante présence à la radio et sa carrière télévisée proprement sidérante, je préfère renoncer tout de suite en commençant par m’évanouir!

Barbara Pepper voit le jour le 31 Mai 1915 à New-York, sous le patronyme officiel de Marion Pepper.

On le sait, New-York, c’est aux yeux des jeunes filles se rêvant actrices, une ville qui se limite à un seul mot: Broadway! Elle n’est encore qu’adolescente, 16 ans, qu’elle court déjà les castings et les auditions. Malheureusement, elles sont des milliers à faire comme elle. Pour Barbara l’entrée des artistes reste désespérément porte close.

Qu’à cela ne tienne, elle s’attaque au cinéma! Autre entreprise risquée où ce ne sont plus des milliers de jeunes filles qui se bousculent au portillon de la gloire, mais des millions!

Elle aura dix-huit ans lorsqu’elle sera enfin recrutée pour le bataillon des « Goldwyn Girls ». La MGM ne demande pas grand chose  à ses Goldwyn Girls, a part faire partie des plus belles femmes du monde! Et accessoirement venir servir d’affriolant décor humain dans les films du studio.

Barbara-Pepper

Cette situation pout nous sembler aujourd’hui largement dérisoire mais à l’époque, les Goldwyn Girls gagent dix fois le salaire de l’Américain mâle moyen! Le studio, pour être le plus réputé d’Hollywood n’est est pas moins réputé pour la faiblesse de ses salaires. Les stars MGM sont moins bien payées que partout ailleurs. Si on compare donc la hauteur du salaire avec le travail fourni, les Goldwyn Girls sont proportionnellement bien mieux payées que les plus grandes stars du studio. On passe sa vie a prendre des leçons de chant de danse, de maintient, de bonnes manières, de cheval, de natation, parfois même d’art dramatique, mais ca c’est plus rare.

Le reste du temps on se fait coiffer maquiller, habiller et on attend en hésitant entre deux couleurs de décapotable dans le catalogue Cadillac!

Barbara Pepper intègre le prestigieux bataillon en 1933, elle voit de près Eddie Cantor et se fait une copine pour la vie d’une certaine Lucille Ball, elle aussi Goldwyn Girl de son état.

Barbara, comme c’est l’usage, se voit parachutée dans une kyrielle de films où elle ne fait qu’apparaître, toujours sublime, parfois même elle dit une petite phrase mais son nom n’est jamais cité au générique, à quoi bon. Après Eddie Cantor elle voit de près Greta Garbo et Constance Bennett, les deux stars les plus chères du monde!

Comme toute Goldwyn Girl, son contrat prévoit que si elle est bien sage, le studio fera progresser sa carrière jusqu’à lui donner la chance de faire ses preuves dans un film. Elle tient très beau rôle dans « Our Daily Bread » où King Vidor fait d’elle une Jean Harlow pour chômeurs. Puis ce sera « The Rogues’ Tavern » dont elle est la vedette en 1936. La même année, la RKO n’a pas hésité à la remettre sur les bancs de l’école dans « M’Liss »! Un personnage qui évoque furieusement une certaine Nacy Olson de « La petite maison dans la prairie »

Barbara-Pepper

Le film n’eut-il pas le succès escompté. Barbara n’avait-elle pas plu aux directeurs du studio, je l’ignore, mais dès son film suivant elle allait retrouver ses rôles « non crédités au générique ». Elle verrait d’autres superstars de très près comme Spencer Tracy, Jeanette McDonald, Irène Dunne, Joan Crawford, Norma Shearer, Ginger Rogers ou David Niven.

Il faudra qu’elle soit prêtée à d’autres studios comme la RKO pour qu’elle puisse prouver son incroyable talent! En 1937 dans « You Can’t Beat Love », un film épouvantablement convenu que Preston Foster et Joan Fontaine n’arrivent pas à rendre vaguement supportable, elle interprète une fille chargée de faire tomber un politicien dans un traquenard. Comme son personnage n’ a jamais fait ca mais n’y voit pas d’inconvénient, elle s’inspire de Mae West et copie sa démarche, ses intonations, sa gestuelle et même ses dialogues. Ses quelques scènes toutes spirituelles et divertissantes méritent à elle seule de visionner tout le pensum!

Parfois même, elle verra sous son nez s’envoler vers la gloire d’illustres inconnues comme Rita Hayworth, Gene Tierney, Ann Rutherford, Maria Montez; Jane Wyman ou Joan Fontaine a qui on donne toutes les chances alors qu’elle continue a jouer « la fille du téléphone », la « Blonde du saloon » ou la « cigarette girl ».

Barbara pourrai s’offusquer, se mettre en grève, faire un scandale, une grève de la faim, mais à quoi bon?

Lorsque l’Amérique entre en guerre, voilà dix ans qu’elle végète à servir la soupe aux stars les plus divinisées comme aux plus obscures débutantes. Mais le studio la sait bonne actrice et qui de plus est actrice fiable. Elle est magnifiquement payée pour faire un travail qu’elle aime dans un milieu où elle n’a que des amis.  Et puis après tout, en regard de la servitude des stars , son sort n’est-il pas, à tout prendre, plutôt enviable?

En 1943, Barbara dont l’activité n’ a pas faibli sans prendre plus de prestige pour autant rencontre enfin l’homme de sa vie en la personne de l’acteur Craig Reynolds! Californien d’origine, Craig Reynolds qui a huit ans de plus que Barbara a été un « espoir » chez Warner comme elle-même a été un « espoir » MGM. Il n’a pas démérité devant les caméras sans toutefois inquiéter John Wayne ou Humphrey Bogart.  Dès que l’Amérique entre en guerre il abandonne sa carrière pour partir au front.

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Il en reviendra indemne et décoré du « Purple Heart », la plus haute distinction militaire américaine pour sa bravoure. Il retrouve Barbara qu’il avait épousée avant de partir au combat et le couple aura deux enfants.

Mais le bonheur familial sera de courte durée. Craig Reynolds se tue en moto le 22 Octobre 1949 à l’âge de 42 ans. Barbara reste seule et dévastée de chagrin pour élever leurs deux enfants. C’est moins que jamais le moment de rechigner devant la faiblesse des rôles que lui offre Hollywood. Au contraire même. Barbara Pepper s’abrutit de travail maintenant qu’elle a charge d’âme.

Avec les années 50, la télévision se popularise et l’actrice s’y jette littéralement! On ne voit plus qu’elle! Et un heureux coup du sort fera de sa meilleure amie, la réputée irascible Lucille Ball, la femme la plus puissante de la télévision à la tête des studios Desilu. Barbara sera distribuée dans chaque programme produit par la Desilu.  » I Love Lucy », bien entendu, mais aussi « Les Incorruptibles », « Mannix » et tant d’autres.

Lucille ne voulait qu’elle pour incarner Ethel dans « I Love Lucy » mais la production refusa d’envisager Barbara à cause de son problème d’alcool. Au grand dam de Lucy, le rôle ira à Vivian Vance.

Son activité frôle l’exploit sportif et paradoxalement, sa popularité à la télévision lui vaut un tardif regain d’intérêt au cinéma. Barbara s’est arrondie avec le temps qui passe et sa nouvelle silhouette de matrone va lui ouvrir toutes les portes! Jerry Lewis en est fou et la veut dans tous ses films, Stanley Kramer l’adore, George Cukor ne peut plus s’en passer. Mais bien sûr on ne lui confie toujours que des seconds rôles! Elle n’est plus « La Blonde du Saloon », elle est « la grosse dame »

Seul le médecin traitant de Barbara n’apprécie pas cette nouvelle renommée.  Barbara a le cœur fragile, il l’avait déjà mise en garde à propos de son activité intense, il insiste maintenant sur l’importance de réduire cette surcharge pondérale qui lui fatigue le cœur.

Il aura hélas raison. Le 18 Juillet 1969, Barbara s’effondre ,terrassée par une crise cardiaque fatale. Elle avait fêté ses 54 ans deux mois plus tôt et venait encore de tourner avec son si cher ami Jerry Lewis.

barbara pepper

Celine Colassin

QUE VOIR?

1933: Roman Scandal: Avec Ruth Etting et Eddie Cantor

1934: Moulin Rouge: Avec Constance Bennett et Franchot Tone

1934: Our Daily Bread: Avec Karen Morley

1935: Double Crossed (court métrage): Avec Sterling Holloway

1935: Dante’s Inferno: Avec Claire Trevor et Spencer Tracy

1935: Anna Karénine et Fredric March

1935: Let ‘em Have It: Avec Virginia Bruce et Richard Arlen

1935: Waterfront Lady: Avec Ann Rutherford

1936: Taming the Wild: Avec Rod La Rocque et Maxine Doyle

1936: Dog Blight (court métrage): Avec Jack Norton et Maxine Jennings

1936: The Rogues’ Tavern: Avec Wallace Ford

1936: Show Boat: Avec Irène Dunne

1936: M’Liss: Avec Anne Shirley

1937: Music for Madame: Avec Joan Fontaine et Nino Martini

1937: The Outcasts of Poker Flat: Avec Jean Muir et Preston Foster

1937: Sea Devils: Avec Ida Lupino et Victor MacLagen

1937: You Can’t Beat Love: Avec Joan Fontaine et Preston Foster

1937: Too many Wives: Avec Anne Shirley et Gene Lockhart

1938: Strange Case of Dr. Meade: Avec Beverly Roberts et Jack Holt

1938: Hollywood Stadium Mystery: Avec Evelyn Venable et Neil Hamilton

1938: The Lady in the Morgue: Avec Patricia Ellis et Preston Foster

1938: Sweethearts: Avec Jeanette Macdonald et Nelson Eddy

1939: Women: Avec Norma Shearer, Joan Crawford et Rosalind Russell

1939: Bachelor Mother: Avec Ginger Rogers et David Niven

1939: Of Mice and Men: Avec Betty Field, Brugess Meredith et Lon Chaney jr.

1940: Sailor’s Lady: Avec Nancy Kelly, Joan Davis et Jon Hall

1940: Framed: Avec Constance Moore et Frank Albertson

1940: The Return of Frank James: Avec Gene Tierney et Henri Fonda

1940: Foreign Correspondent: Avec Laraine Day et Joel McCrea

1940: Women in War : Avec Wendy Barrie et Mae Clark

1941: Manpower: Avec Marlène Dietrich et Edward G. Robinson

1941: Out of the Fog: Avec Ida Lupino et John Garfield

1941: The Cow-boy and the Blonde: Avec Mary Beth Hugues et George Montgomery

1941: South of Tahiti: Avec Maria Montez et Broderick Crawford

1941: Birth of Blues: Avec Mary Martin et Bing Crosby

1942: Sappy Pappy (court métrage) Avec Marjorie Deanne et Andy Clyde

1943: Who’s Hugh? (court métrage) Avec Constance Worth et Hugh Herbert

1945: Trouble Chasers: Avec Gloria Marlen et Billy Gilbert

1949: The Crooked Way: Avec Ellen Drew et John Payne

1953: Inferno: Avec Rhonda Fleming et Robert Ryan

1953 I Love Lucy (images d’archives)

1954: Young at Heart: Avec Doris Day, Frank Sinatra et Gig Young

1954: A Star is Born: Avec Judy Garland et James Mason

1957: The D.I.: Avec Monica Lewis et Jack Webb

1958: Auntie Mame: Avec Rosalind Russell

1958: Rock-a-Bye Baby: Avec Jerry Lewis, Marilyn Maxwell et Connie Stevens

1960: The Bramble Bush: Avec Barbara Rush et Richard Burton

1960: Sex Kittens Go to collège: Avec Mamie van Doren et Mijanou Bardot

1962: The Music Man: Avec Shirley Jones et Robert Preston

1962: It’s Only Money: Avec Joan O’Brian et Jerry Lewis

1963: Who’s Minding the Store: Avec Jerry Lewis et Jill St John

1963: A Mad, Mad, Mad World: Avec Spencer Tracy et Ethel Meerman

1963: A Child is Waiting: Avec Judy Garland et Burt Lancaster

1964: Kiss Me Stupid: Avec Kim Novak et Dean Martin

1964: My Fair Lady: Avec Audrey Hepburn et Rex Harrison

1964: The Patsy: Avec Jerry Lewis et Ina Balin

1969: Hook, Line and Sinker: Avec Jerry Lewis et Peter Lawford

 

 

554: GERTRUDE ASTOR

 

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Si la brillance des étoiles du cinéma était en relation directe avec leur nombre de films tournés, alors la belle Gertrude Astor serait la plus grande star du monde! Elle tourna tant sur un demi siècle de carrière qu’il est impossible aujourd’hui de recenser de manière formelle la totalité de ses films, les plus courageux des entêtés se sont arrêtés à 250!

Pour ma part, j’ai découvert Gertrude dans « The Great Ziegfeld » où elle cancane pendant que Luise Rainer-Anna Held se produit sur scène, elle n’a qu’une seule phrase mais elle m’avait fait hurler de rire (comme chaque fois que je revois ce film). William Powell, alias Florenz Ziegfeld, pour « vendre » sa découverte Anna Held  fait croire que la star l’a ruiné en consommant « Twenty Gallions of Milk » par jour, non pour le boire mais pour s’y baigner.

Lorsqu’Anna chante « la petite tonkinoise », trois rombières cancanent dans la salle. L’une d’elle dit « Quel teint merveilleux! vous croyez vraiment que c’est à cause de ses bains de lait? » et Gertrude avec un teint d’huître pas fraîche: « Oh, evidemment, ma chère, c’est formidable, moi je le fais depuis des années! »

Dans « Topper » elle n’a également qu’une seule scène. Elle descend un escalier à l’entrée d’une boite de nuit, en robe du soir, un peu rombière mais portant beau. Cary Grant, invisible pour cause de décès lui pince les fesses. elle sursaute et minaude en gloussant à un figurant décontenancé « Oh! Vilain garçon! je vous ai vu vous savez » sur ce, le fantôme de Cary lui flanque une claque sur les fesses, une claque qui résonne jusqu’au troisième balcon! Et là elle se retourne, outrée vers le figurant médusé « Oh! Vraiment! Vous allez trop loin! grossier personnage! »

J’ai aussi toujours eu plaisir à croire, mais ceci est tout à fait personnel, que Gertrude avait servi de modèle à Jack Lemmon pour créer son travesti de « Certains l’aiment Chaud »

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Le 9 Novembre 1887, Gertrude Astor naît à Lakewood dans l’Ohio. Cette petite demoiselle sentant fourmiller depuis toujours dans ses jambes des envies de liberté trouve un premier emploi: Elle joue du trombonne dans un orchestre féminin qui se produit sur un bateau mouche!

Gertrude est une belle jeune fille blonde, mais elle est de ces beautés, grandes et altières chez qui on sent poindre la future matronne. Elle ne s’embarasse d’ailleurs que très peu de manières pincées et de deviser napperons de dentelles en prenant son thé le petit doigt relevé. Gertrude préfère une bonne bière et vous flanquer une bonne clauque dans le dos si la plaisanterie salace que vous lui raccontez en vaut la peine! Ensuite elle ira souffler dans son encombrant instrument qu’elle trimballe comme un cure-dents!

Partie en tournée avec son orchestre de filles, elle se fixe à New-York ou on lui a proposé un travail au cinéma.

Nous sommes en 1911, ce n’est pas encore l’aura prestigieuse des acteurs qui draine les foules vers les représentations du cinématographe dans les fêtes foraines, mais simplement la curiosité pour ce nouvel exploit technique!

Gertrude est choisie pour donner la réplique à Thomas Meighan, acteur complètement oublié aujourd’hui mais qui fut une véritable star à 10.000$ par semaine pour doner la réplique à Gloria Swanson! Mais l’homme est aussi un ancien soutier sur des cargos et la « solidité » de Gertrude face à lui fonctionne à merveille. Gertrude accepte à condition d’être citée la première au générique, plus tard elle aura honte de cette effronterie qui restera son seul caprice connu!

Pardoxalement, cette expérience ne la convainquit pas du tout! elle retourna à son trombonne et on ne la retrouvera au cinéma que quatre ans plus tard, en 1915, dans un second rôle dans l’ombre de Louise Vale dans « Sous Deux Drapeaux ». C’était la guerre, le cinéma était patriotique!

Et cette fois fut la bonne, si Gertrude Astor ne tourna que trois films en 1916, en 1917 elle en tourna vingt! Dont un avec Mae Murray en personne! Elle avait trouvé sa voie! Elle n’était pas faite pour jouer les grandes vaporeuses de premiers rôles mais plutôt les seconds couteaux très affutés!

En réalité, l’emploi de Gertrude au cinéma peut se résumer en une phrase qui la contient toute entière: « Elle précède Joan Blondell dans son emploi ».

Elle est toujours la « solide », la grande soeur,ou la putain au grand coeur, la  maquerelle débonnaire, l’infirmière autoritaire ou la pionnière mettant la main à la pâte, au chariot, à la traite, à  la pioche et à la carabine! Quelque soit la qualité du film ou elle se produit et quel que soit le prestige de l’actrice tenant le premier rôle, Gertude tire son épingle du jeu! Bientôt elle devient célèbre et adulée d’un public qui se délecte de sa truculence et de ses manières franches! Lorsque le studio Universal ouvre ses portes, elle est la première actrice à y être prise sous contrat!

Bientôt elle côtoie les plus illustres stars de son époque dont Gloria Swanson, Colleen Moore, Louise Brooks, Rudolph Valentino, Ruth Chatterton ou Mae Murray déjà citée. Sa suprématie dans les seconds rôles hauts en couleurs durera jusqu’à l’avènement du parlant ou, et paradoxalement puisque sa diction est parfaite, elle se voit reléguée dans des roles dont l’importance se réduit comme peau de chagrin jusqu’à devenir de simples figurations. Mais soyons justes, dans des films de haute volée comme « The Great Ziegfeld », « Women » ou « All About Eve ».

Dès 1932 il arrive qu’elle ne soit même plus créditée au générique. Elle tournera encore, pourtant! Durant 34 années bien remplies, finissant sa colossale carrière en 1966 à la télévision dans « My Mother, the Car », une de mes séries cultissimes ou Jerry van Dyke retrouve sa mère réincarnée en vieille Ford T doué de pouvoirs magiques! Décidément, même si je suis la seule à me souvenir d’elle, Gertrude Astor m’aura fait rire et rêver jusqu’au bout. Sa dernière aparition dans un film de cinéma fut dans « La Mélodie du Bonheur » où elle est une invitée lors d’une réception.

Gertrude s’éteint le 9 Novembre 1977 à Los Angeles dans une complète discrétion, celle qui convenait à cette nonagénaire peu avide de gloire, en somme.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1911: The Ne’re do Well: Avec Thomas Meighan

1915: Under Two Flags: Avec Louise Vale

1916: The Shadows of Suspicion: Avec Maud George et Lee Hill

1917: By Speshul Delivrery: Avec Zoe Rae et Val Paul

1917: Polly Redhead: Avec Elia Hall

1917: The Price of a Good Time: Avec Mildred Harris

1917: The Grey Ghost: Avec Priscilla Dean

1917: Bucking Broadway: Avec Molly Malone

1918: After the War: Avec Grace Cunard

1918: Mum’s the Word: Avec Lee Moran

1919: What am I a Bird?: Avec Mae Murray et Ralph Graves

1919: Destiny: Avec Dorothy Phillips

1920: Occasionally Yours: Avec Betty Bythe et Lew Coddy

1921: The Concert: Avec Myrtle Stedman et Lewis Stone

1922: Beyond the Rocks: Avec Gloria Swanson et Rudolph Valentino

1922: The Ninety and Nine: Avec Colleen Moore et Warner Baxter

1922: Skin Deep: Avec Florence Vidor

1923: The Six Fifty: Avec Renée Adorée

1923: The Wanters: Avec Marie Prévost et Norma Shearer

1924: Robes of Sin: Avec Sylvia Breamer

1924: All’s Swell on the Ocean: Avec Esther Ralston et Jack Dempsey

1925: Easy Money: Avec Cullen Landis, Mildred Harris et Mary Carr

1925: Satan in Sables: Avec Pauline Garon et Lowell Sherman

1925: Kentucky Bride: Avec Gertrude Astor

1926: Kiki: Avec Norma Thalmadge et Ronald Colman

1926: Sin Cargo: Avec Shirley Mason

1926: Wife Tamers: Avec Vivien Oakland et Lionel Barrymore

1926: The Cheerful Fraud: Avec Gertrude Olmstead et Reginald Denny

1929: Untamed: Avec Joan Crawford et Robert Montgomery

1936: The Boy Friend: Avec Marceline Day

1927: Uncle Tom’s Cabin: Avec Margarita Fischer

1927: Ginsberg the Great: Avec Audrey Ferris et George Jessel

1928: Hit of the Show: Avec Joe E. Brown et Gertrude Olmstead

1929: Two Weeks Off: Avec Dorothy MacKaill

1930: The Boss Order’s: Avec Addie MacPhail et Gene Morgan

1931: Come Clean: Avec Mae Bush et Laurel et Hardy

1932: Frisco Jenny: Avec Ruth Chatterton et Louis Calhern

1932: Hesitating Love (court métrage) Avec Louise Fazenda et Marie Prévost

1934: Guilty Parents: Avec John St. Polis, Jean Lacy et Robert Frazer

1935: Northen Frontier: Avec Eleanor Hunt et Kermit Maynard

1935: Broadway Melody of 1936: Avec Eleanor Powell, Robert Taylor et Jack Benny

1935: Honeymoon Limited: Avec Irène Hervey et Neil Hamilton

1936: The Milky Way: Avec Verree Teasdale Harold Lloyd et Adolphe Menjou

1936: Empty Saddles: Avec Louis Brooks et Buck Jones

1938: The Big Broadcast of 1938: Avec Martha Raye,  Dorothy Lamour, W.C. Fields et Bob Hope

1939: Women: Avec Norma Shearer et Joan Crawford

1942: Lady for a Night: Avec Joan Blondell et John Wayne

1943: Idaho: Avec Roy Rogers

1945: Guest Wife: Avec Claudette Colbert et Don Ameche

1946: Sister Kenny: Avec Rosalind Russell et Alexander Knox

1948: My Dear Secretary: Avec Laraine Day et Kirk Douglas

1948: Sitting Pretty: Avec Maureen O’hara, Robert Young et Clifton Webb (scène coupée)

1950: Montana: Avec Alexis Smith et Errol Flynn

1950: All About Eve: Avec Bette Davis et Gary Merril

1951: A Place in the Sun: Avec Elizabeth Taylor, Shelley Winters et Montgomery Clift

1951: Elopement: Avec Anne Francis et Clifton Webb

1953: Roar of the Crowd: Avec Helene Stanley et Howard Duff

1956: Calling Homicide: Avec Kathleen Case et Bill Elliott

1962: The Devil’s Hand: Avec Linda Chistian et Robert Alda

1962: The Man Who Shot Liberty Valance: Avec Vera Miles, John Wayne et James Stewart

1964: L’insubmersible Molly Brown: Avec Debbie Reynolds et Harve Presnell

1965: La Melodie du Bonheur: Avec Julie Andrews, Eleanor Parker et Christopher Plummer

 

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