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725: JANE NIGH

Jane Nigh

Si mes lecteurs savent que j’ai toujours grand plaisir à voir et revoir les films de Marilyn Monroe, ils savent aussi que je ne suis pas cliente de sa légende auto-façonnée de pauvre petite orpheline courageuse et maltraitée.

Dans cette légende, l’épisode de sa « découverte » dans une usine d’armement par un talent scout m’a toujours parue suspecte. Sur les fameuses photos d’usine, elle est déjà maquillée par Max Factor et partage à l’époque, dates faisant foi, un appartement avec sa bonne copine Shelley Winters à Hollywood!

Mais  vous vous en doutez, je n’ouvre pas une page consacrée à Jane Nigh pour démêler le vrai du faux dans le parcours de Marilyn Monroe. Lorsqu’elle sera en fin de vie sous l’emprise de l’alcool et des tranquillisants, elle s’en chargera parfaitement elle-même.

Cet étrange préambule a pourtant sa raison d’être ici, puisque si une jeune fille fut effectivement découverte dans une usine d’armement par un talent scout de la Century Fox qui en fit une blonde starlette, c’est miss Jane Nigh!

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La future découverte naît le 25 Février 1925 à…Hollywood! Elle est pour l’état civil Bonnie Lénora Nigh.

Jolie fille sans histoire, Bonnie est étudiante au collège de Long Beach lorsque l’Amérique entre en guerre. Elle quitte les bancs de l’école pour travailler comme sténodactylo dans une usine d’armement, là où effectivement elle sera découverte par un talent scout qui lui déclare: « Si vous voulez vraiment servir l’industrie américaine, servez celle du film, pas de l’aviation! » Miss Monroe en cet instant précis à suivi son mari monsieur Dougherty affecté sur l’île de Catalina!

La Century Fox qui raffole des blondes puisque Betty Grable et Alice Faye sont alors les deux mines d’or du studio lance son battage publicitaire habituel!

Elle est déjà élue « La première fille que les GI’s veulent voir lorsqu’ils rentreront au pays » alors qu’elle n’a tourné aucun film. La Fox la parachute dans  « Laura » d’Otto Preminger,une très fugace apparition, un courant d’air, histoire quand même de justifier le label d’actrice!

Il faut dire que le studio est très occupé. Betty Grable devient difficile , Gene Tierney l’a toujours été, June Haver n’a pas le succès escompté. Il s’agit également de convaincre Alice Faye de rester malgré l’arrivée de Linda Darnell en plein « lancement ». Tout comme cette autre blonde dont le studio vient de s’enticher: Barbara Lawrence!

Finalement c’est le producteur David Rose, ex mari de la légende Fanny Brice qui s’intéresse le plus à elle et devient son chevalier servant hollywoodien. Mais Jane a qui le studio laisse décidément beaucoup de temps libre fréquente également beaucoup Huntington Hartford II. Lorsque l’acteur Lew Ayres sera démobilisé, elle sera « La première fille qu’il aura vue après la guerre ».

Jane Nigh and Fine Stopping

Jane Nigh and Fine Stopping

Quelle n’est donc pas la surprise de tout ce beau monde lorsque la belle s’enfuit pour épouser Victor Cutler, un dirigeant de la MGM! Le mariage durera trois mois et la Century Fox n’est pas contente! On y aimerait en effet que les actrices aient un peu plus de tenue et Barbara Lawrence ne vaut guère mieux!

Depuis toujours le studio rêve d’avoir sous contrat de « grandes dames » comme celles de la MGM ou de la Paramount! Ah Norma Shearer, Hedy Lamarr, Carole Lombard, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Greer Garson!

Mais depuis Clara Bow, leurs vedettes maison n’ont jamais eu l’élégance comme dénominateur commun!

Alors forcément le tapage de ces dames énerve un peu! Marilyn Monroe, Joan Collins, Diana Dors et Jayne Mansfield feront définitivement déborder la coupe!

Jane de son côté, mal vue par un studio qui lui fait tourner n’importe quoi, s’ennuie et se fiance officiellement avec l’architecte très en vogue John Lindsay qui nonobstant la fait de très bien gagner sa vie s’apprête à hériter d’une fortune colossale! Mais prudente, Jane Nigh a également fait la conquête de Claude Cartier. Claude Cartier, comme on l’aura compris, de la célèbre dynastie de diamantaires!

Hélas pour la Century Fox, June Nigh n’en a pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs, avec cette fois le concours inattendu d’une autre blonde du studio: Diana Lynn!

Diana a mis le grappin sur le beau John Lindsay, sans doute lassé d’attendre le bon vouloir de Jane; et celle-ci pour ne pas être la dinde de la farce, on a sa dignité, a jeté son dévolu sur Bob Neal, fiancé éconduit de la charmante Diana!

On s’arrache les cheveux au studio, on se frotte les mains dans les gazettes, Jane déclare être dévastée de chagrin le jour où Diana Lyn devient madame Lindsay et envoie bouler Bob Neal en signe de bonne foi!

C’en est trop, le studio résilie son contrat!

Libre et sans attaches professionnelles comme sentimentales, Jane déclare, sans doute un peu tard « Je connais peut-être 1% de tous les hommes à qui on m’a dit liée! Tout ca c’est bobard de journalistes! je suis le genre de fille qui rentre le soir épuisée du studio et préfère rester à la maison à lire un bon livre! » Puis elle ajoutait « Et quand bien même je n’ai pas le choix, il n’y a pas un seul homme présentable à Hollywood! »

ou « Comment se faire des centaines d’ennemis influents en deux phrases par Jane Nigh!

Les journalistes, en particulier, traités de menteurs par l’actrice se désintéressèrent de ses faits et gestes et ne relayèrent même pas sa liaison avec Scott Brady et Dan Dailey ou son hospitalisation.

Etrangement, malgré sa présence rare aux écrans, Jane Nigh a un réel public! Ses fans réclament des films avec elle en vedette, et qu’un magazine mette sa photo en couverture et les ventes montent en flèche!

On essaiera donc de satisfaire tout le monde en lui offrant des rôles plus consistants bien qu’épouvantablement stéréotypés dans quelques westerns de série B comme il s’en tourne des milliers à Hollywood.

Jane de son côté avait compris depuis belle lurette qu’Hollywood ne serait pas pour elle le tremplin vers la gloire et la fortune. Elle s’était diversifiée en enregistrant un premier disque de chansons. le succès avait été suffisant pour qu’on lui propose une tournée en Corée pour distraire les militaires américains. Elle devance donc Marilyn Monroe dans l’emploi.

Puis, rentrée au pays, la télévision lui offre un contrat absolument mirobolant que personne n’aurait refusé. Jane s’engouffre, elle ne refera plus jamais de cinéma après son retour de Corée en 1952 et deviendra une grande vedette de la télévision américaine dix ans durant.

Mais à l’heure de son retour, Jane a d’autres chats à fouetter! Elle est rentrée au bras du beau lieutenant John E. Baker. Le couple se marie à Las Vegas, Jane annonce renoncer à sa carrière au cinéma. le couple Baker s’installe dans un ranch à la campagne et compte bien y couler des jours paisibles ave leurs enfants.

Jane travaille pour la télévision et tient un rôle récurrent dans le feuilleton « Big Town ». Un énorme succès.

Lorsqu’elle découvre qu’elle attend un heureux évènement, elle renonce sans hésiter à son rôle qui échoit à Beverly Tyler.

Malheureusement, le 3 Novembre 1952, sa petite fille naît prématurément et ne vit que quelques heures. Jane est dévastée.

Le couple Baker surmonte son chagrin, si Jane tourne encore pour la télévision, elle déclare: « C’est par passion pour ce métier, aujourd’hui je ne me considère plus comme une actrice mais comme une femme au foyer. Mon mari et moi cultivons le coton, nous nous aimons, nous vivons heureux et si demain je ne devais plus tourner ca ne changerait rien dans ma vie! »

Les Baker avaient enfin eu un autre enfant, un fils en parfaite santé, John Christopher né le 2 Février 1954.

Une petite fille allait suivre: Stacy Jane née le 2 janvier 1955. Stacy naît elle aussi prématurément et devra rester hit semaines en couveuse entre la vie et la mort.

En 1959, nouveau coup de théâtre! Le couple Baker divorce! Jane déclare: « Quand il n’est ni à la chasse ni à la pêche ni ivre mort, il se souvient que j’existe! » Elle ne demande rien pour elle mais une pension alimentaire pour ses deux enfants que son mari refuse de lui donner!

C’est le moment où Jane Night pourrait, en jeune mère éplorée pourrait toucher les cœur des bien pensants, malheureusement, elle n’a rien de plus pressé que de se jeter au cou de Ted Jordan, l’ex de la strip-teaseuse Lili Saint Cyr!

Le 18 Mars 1963, Jane Nigh avait enfin obtenu sa pension alimentaire et se remariait avec un milliardaire, fabriquant de contreplaqué, Norma Davidson Jr. Le 19 Décembre de la même année, leur fille Julia Lee vient au monde.

Mais Davidson n’est pas que le père de sa fille, il est aussi un mari violent.

En Février 1964 ils divorcent, Jane reçoit deux millions de $ et une pension alimentaire confortable, en Juillet 1966 ils se pardonnent leurs offenses et se remarient.

2 mois et 17 jours plus tard ils sont à nouveau séparés. Ils se réconcilieront encore avant de se re-re-séparer en 1967.

Jane Nigh reviendra s’installer dans sa chère Californie natale et ouvrira un joaillerie qu’elle fera fructifier jusqu’en 1985. Elle n’avait pas été la tendre élue de Claude Cartier pour rien!

C’est dans une discrétion absolue qui ne lui ressemblait pas le moins du monde qu’elle s’éteint à 68 ans, foudroyée par une crise cardiaque le 5 Octobre 1993

Celine Colassin

Jane-Nigh

QUE VOIR?

1944: Laura: Avec Gene Tierney, Clifton Webb et Dana Andrews

1944: Something for the Boys: Avec Carmen Miranda et Vivian Blaine

1945: State Fair: Avec Jeanne Crain, Vivian Blaine et Dana Andrews

1947: Unconquered: Avec Paulette Goddard et Gary Cooper

1948: Give my Regards to Broadway: Avec Nancy Guild et Dan Dailey

1949: Red, Hot and Blue: Avec Betty Hutton, Victor Mature et June Havoc

1950: Capitain Carey USA: Avec Wanda Hendrix et Alan Ladd

1950: Country Fair: Avec Rory Calhoun

1952: Fort Osage: Avec Rod Cameron

1952: Rodeo: Avec John Archer

706: GLENDA FARELL

Glenda Farrell

Ah! quel patronyme parfait pour se lancer à la conquête de la gloire hollywoodienne!

Glenda Farrell! Ca claque comme un nom de star sublime! Rita Hayworth ou Lana Turner auraient pu s’appeler Glenda  Farrell! Ce ne sera malheureusement pas suffisant pour que la postérité retienne ce nom tellement évocateur. C’est bien dommage, car Glenda Farrell méritait autant sinon plus que toute autre  la pérennité du souvenir ému ou ébloui.

L’actrice ne s’est pas contentée de briller au cinéma mais elle a inventé un nouveau type de femme et de personnage qui n’existait pas avant elle.

Celui de la « working girl » qui creuse son trou dans un milieu d’hommes et s’y fait respecter pour ses qualités professionnelles malgré ses longues jambes et ses curieux chapeaux. La femme qui travaille, galère, trempe sa chemise, réfléchit et finit toujours par gagner la partie non sans avoir ponctué toute ses phrases d’un trait sarcastique! Et bien sûr, son mâle environnement déteint un peu sur elle, elle fume, elle boit, rentre tard, joue aux courses et ose les plaisanteries risquées!

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Avant Glenda Farrell ce nouveau type féminin au cinéma n’existait tout simplement pas. D’autres actrices s’engouffreront dans le créneau et c’est paradoxalement deux autres actrices qui laisseront leur empreinte dans le genre: Ruth Hussey et Eve Arden. De très grandes stars enfin viendront se frotter à ce type de rôles: Rosalind Russell, Ginger Rogers, Katharine Hepburn et même Bette Davis!

Mais en son temps, Glenda était bien la reine du genre et elle était si célèbre que les scénaristes avaient beau jeu de préciser dans leurs textes « Elle entre, c’est une Glenda Farrell » Tout était dit, tout le monde avait compris!

Glenda Farrell

Mais commençons par le début!

Glenda Farrell est née le 30 Juin 1901 (et non 1904) à Enid en Oklahoma. Elle aura deux frères: Richard et Gene. C’est une petite fille espiègle, intelligente, débrouillarde et armée d’une volonté de fer malgré son jeune âge. C’est déjà tout son personnage en somme!

Glenda veut être actrice et elle le sera. Ses parents la « laissent faire » à condition que cette passion ne nuise pas à ses performances scolaires. C’est ainsi qu’à 7 ans elle sera déjà la petite Eva dans une version théâtrale de « La Case de l’Oncle Tom ». Elle jouera avec plusieurs compagnies théâtrales de passage jusqu’à ce qu’elle gagne enfin Broadway avec l’une d’elles au début des années 20. Au milieu de la décennie elle est devenue une actrice connue et récolte de bonnes critiques. En 1928, Hollywood est avide d’actrices sachant parler puisque le cinéma en fait maintenant autant, « The jazz Singer » est sorti l’année précédente. C’est la studio First National qui lui propose un contrat après quelques essais muets et new-yorkais.

Débarquée sous le soleil californien en 1928, la belle de l’Oklahoma passera chez Warner en 1930 et  sera distribuée entre Edward G Robinson et Douglas Fairbanks jr. dans « Little Caesar ». Un premier rôle, un succès énorme, Glenda est lancée. Elle tournera vingt films en 1933!

Elle fait l’unanimité chez Warner à tous les nivaux « Glenda Farrell est une actrice incroyable, elle adore son métier et donne des performances inouïes même quand elle est de dos ou même hors champ! »

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Résumé comme ça, le parcours de Glenda Farrell a l’air d’une promenade idyllique sur un chemin bordé de rosiers en fleurs. Or, rien n’est plus faux. En 1921, la très jeune Glenda, elle avait 17 ans, était tombée follement amoureuse d’un jeune acteur lui aussi débutant inconnu et aspirant à la gloire: Thomas Richards.

Le couple s’était marié et bientôt, un petit Tommy était venu couronner leur union. Glenda était follement heureuse, mais elle se souvient qu’ils étaient alors si pauvres qu’elle découpait les langes de son petit garçon dans de vieux sacs de farine. Les débuts furent durs. Bien trop pour Thomas Richards qui peu à peu va sombrer dans la dépression puis dans l’alcool. Glenda ne pourra rien pour l’aider. D’autant que lorsqu’il est ivre, son mari devient violent et qu’elle craint pour la sécurité de leur petit garçon. Thomas Richards ne sera jamais un acteur célèbre et travaillera à Hollywood comme monteur.

glenda farrell

En 1937, Glenda qui est maintenant une des « first lady » de la Warner, hérite du rôle qui va faire sa légende. Celui de Torchy Blaine. Torchy Blaine, journaliste caustique sachant débiter 400 mots en 40 secondes, arrimée à sa machine à écrire, clope au bec chapeau de travers.

« Un exercice de haute volée pour moi qui ne fume pas et ne sais pas taper à la machine! »  plaisante l’actrice.

Torchy Blaine va passionner le public et devenir un « sérial » à succès. Jane Wyman elle-même se risquera dans le rôle lorsque Glenda y renoncera en 1940.

Hollywood et le public se sont entichés de l’actrice et de son personnage. Glenda et Torchy fascinent et font rire. Il faut dire qu’il y a de quoi. Glenda est une femme aussi intéressante que son personnage et la presse va se régaler de ses photos avec son chat siamois à lunettes. « Voir ce pauvre animal complètement miro se cogner dans tous les meubles me fendait le cœur! Maintenant avec ses lunettes il est parfaitement heureux! Je suis ravie d’avoir eu l’idée même si j’avais d’abord pensé à un casque! »

Glenda Farrell et Frankie son siamois à lunettes!

Glenda Farrell et Frankie son siamois à lunettes!

Elle forme également un team à succès avec une autre star du studio: Miss Joan Blondell. Ces deux-là réunies à l’écran enchantent le public. Elles tourneront quatre films ensemble, quatre triomphes!

Joan Blondell-Glenda Farrell un team de choc, ici dans "Les Princesses de Kansas City"

Joan Blondell-Glenda Farrell un team de choc, ici dans « Les Princesses de Kansas City »

Mais en 1940 il va se passer plusieurs choses décisives pour Glenda Farrell. Son contrat à la Warner expire et elle se demande si elle a envie de continuer ces tournages à la chaîne dignes d’une usine à haut rendement.

Elle aimerait mettre la pédale douce car comme elle le dit elle-même « Le travail au cinéma est moins gratifiant qu’au théâtre pour une actrice car vous n’avez aucun pouvoir sur le résultat final présenté au public, c’est le travail de toute une équipe ». Et logique avec elle-même, elle ne renouvela pas son contrat et regagna Broadway. Ce qui ne veut pas dire qu’elle abandonna le cinéma pour autant! On la reverra encore, épisodiquement il est vrai, 30 ans durant!

Et puis elle avait rencontré celui qui deviendrait son second mari, le docteur Henri Ross qu’elle épouserait en 1941. Henri Ross est médecin aux armées et directement attaché au staff du général Eisenhower.

Glenda retournera donc au théâtre, retrouvera Broadway et puisqu’elle est à New-York, fief absolu de la télévision elle s’y engouffre et décroche un Emmy Award en 1963 .

En 1969 elle triomphe à Broadway dans « 40 Carats » lorsqu’elle est diagnostiquée souffrant d’un cancer au poumon « Moi qui n’ai jamais fumé! C’était bien la peine! »

Elle était toujours une véritable star et follement populaire, ayant traversé les époques et les styles avec beaucoup d’efficacité et de discernement puisqu’on l’avait vue donner la réplique à Dorothy Lamour et Kim Novak avant Tippi Hedren, Elvis Presley et Jerry Lewis!

Elle tiendra son rôle dans « 40 Carats » jusqu’à ce que ses forces la trahissent. Elle doit renoncer en 1970 et s’éteint chez elle à New-York le 1 Mai 1971. Elle sera inhumée au cimetière militaire de West Point où son mari la rejoindra dans la tombe en 1991.

Tommy Garrel, le fils adoré de Glenda avait lui aussi embrassé la carrière d’acteur et même s’il ne sera jamais une grande star, il connaîtra de jolis succès personnels dans plus de 80 films. Il s’éteint en 2004 et avait donné quatre petits enfants à Glenda.

Celine Colassin

Glenda Farrell

QUE VOIR?

1928: Lucky Boy: Avec Gwen Lee et George Jessel

1931: Little Caesar: Avec Edward . Robinson et Douglas Fairbanks Jr.

1932: Scandal for Sale: Avec Rose Hobart et Charles Brickford

1933: Mystery of the Wax Museum: Avec Fay Wray et Lionel Atwill

1933: Man’s Castle: Avec Loretta Young et Spencer Tracy

1933: Gambling Ship: Avec Benita Hume et Cary Grant

1933: Lady for a Day: Avec May Robson et Warren William

1934: Kansas City Princess: Avec Joan Blondell et Robert Armstrong

1934: Heat Lightning: Avec Ann Dvorak et Aline McMahon

1935: Gold Diggers of 1935: Avec Gloria Stuart et Dick Powell

1936: Snowed Under: Avec George Brent et Geneviève Tobin

1936: Here Comes Carter: Avec Ross Alexander, Anna Neagle et Iris Adrian

1936: Gold Diggers of 1937: Avec Joan Blondell

1937: You Live and Learn: Avec Claude Hulbert

1937: Hollywood Hôtel: Avec Louella Parsons, Lola et Rosemary Lane

1938: Exposed: Avec Otto Kruger

1938: Torchy Gets Her Man: Avec Barton MacLane

1939: Torchy Blane in Chinatown: Avec Barton MacLane

1939: Torchy Runs for Mayor: Avec Barton MacLane

1943: Klondike Kate: Avec Ann Savage et Tom Neal

1948: Lulu Belle: Avec Dorothy Lamour et Robert Montgomery

1948: Mary Lou: Avec Joan Barton et Robert Lowery

1952: Apache War Smoke: Avec Gilbert Roland

1953: Girls in the Night: Avec Joyce Holden

1954: Susan Slept Here: Avec Debbie Reynolds, Anne Francis et Dick Powell

1954: Secret of the Incas: Avec Nicole Maurey et Charlton Heston

1955: The Girl in the Red Velvet Swing: Avec Joan Collins et Ray Milland

1959: Middle of the Night: Avec Kim Novak et Fredric March

1964: Kissin Cousin’s: Avec Elvis Presley

1964: The Disorderly Ordery: Avec Jerry Lewis

1970: Tiger by the Trail: Avec Tippi Hedren et Christopher George

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

678: VIKKI DOUGAN

dougan vikki

S’il est une actrice qui « tourna le dos à la gloire » au sens propre du terme, c’est bien Vikki Dougan!

En plein milieu des années 50 où la mode chez les actrices était aux bustes opulents, il n’y en avait que pour Jayne Mansfield,  Elizabeth Taylor, Jane Russell, Anita Ekberg, Marilyn Monroe, Sophia Loren, Mamie van Doren, Gina Lollobrigida et quelques autres divinités du balconnet gâtées par la nature. Audrey Hepburn et Lauren Bacall faisaient office de révolutionnaires aux yeux de certains pour oser s’afficher avec le buste menu. Aux yeux de certains autres elles faisaient même figure d’erreurs de la nature! C’est dire l’impact du bonnet D dans les années 50.

dougan vikki

Et puis surgit Vikki Dougan, lors d’une party ou d’un festival que l’histoire n’a pas retenu puisqu’une révolution éclatait! Cette starlette inconnue portait une robe fourreau prête à craquer mais fermée jusqu’au cou. Et pour cause. Son décollette plongeant était dans le dos et descendait aussi bas que la décence ne le permettait déjà plus tout à fait. L’effet fut sidérant! Le très sérieux LIFE magazine la suivit dans la rue alors qu’elle portait un de ses décolletés dorsaux qui étaient devenus célèbres du jour au lendemain.  Il s’agissait de photographier et comptabiliser les troupeaux d’admirateurs ébahis d’admiration survoltée qui la suivaient.

vikki dougan

La jeune starlette, fière de son effet allait faire de son dos non seulement sa marque de fabrique, son identité artistique et l’étendard de sa sensualité mais le nec le plus ultra, certes auto proclamé de la nouvelle tendance érotique au cinéma.

Elle n’hésitait d’ailleurs pas à déclarer: « Mes seins sont normaux, que voulez vous que je fasse? Aujourd’hui il faut qu’ils soient véritablement disproportionnés pour que les photographes s’intéressent à vous. Alors comme j’ai un joli dos, j’en profite! »

vikki dougan

La future Vikki Dougan naît sous le patronyme d’Edith Tooker en 1929 à Brooklyn. Ses parents, Wilber et Marie ne sont pas riches et vivent chez les parents de Marie: Thomas et Edith Dougan.

Edith grandit donc dans l’affection de quatre adules au lieu de deux et considérée comme la merveilleuse petite princesse de la famille. Il faut dire que la petite Edith est une enfant très sage doublée d’une petite fille absolument ravissante. Elle est si belle qu’à 11 ans elle décroche son premier contrat dans une agence de mannequins spécialisée dans le ‘teen-age »

La petite Edith fut elle grisée par ses premier spas dans l’univers de la mode? Je l’ignore, mais à force d’entendre vanter sa beauté dont elle ne doutera scrupuleusement jamais, elle aurait d’ailleurs eu bien tort, elles ‘inscrit le plus naturellement du monde à un concours de beauté qu’elle gagne haut la main alors qu’elle n’a que 16 ans! Elle sera disqualifiée, le concours tant interdit aux mineures.

La jeune petite personne doit dont trouver un nouveau biais pour pouvoir « commencer sa carrière » comme elle l’entend sans que ni papa, ni maman, ni personne n’y trouve rien à redire!

En avisée jeune femme, elle trouve la solution idéale en épousant dès 1946 William Symons, propriétaire d’un  studio photo new-yorkais!

C’est ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups! Deux ans plus tard, devenue Vikki Dougan, elle est un des mannequins les mieux cotés et surtout les mieux payés de la côte est.

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On peut d’ailleurs trouver dommage en revoyant ses photos de mode qu’elle se soit engluée ensuite dans un comportement de starlette tapageuse car sa beauté féline préfigure celle d’Elsa Martinelli ou d’Anna Maria Pierangeli. Quant à son élégance féline et racée est tout à fait incontestable. Alors , peut-être qu’avec un peu moins de tapage et plus de discernement…

Vikki inaugure les années 50 avec une procédure de divorce longue et compliquée qui lui empoisonner la vie trois longues années durant.

A l’époque, Vikki n’ a plus guère besoin de la tutelle d’u mari pour se débrouiller dans la vie! Ses photos s’affichent partout, elle est scandaleusement payée et est même devenue l’image de la marque de cosmétiques Cutex. Après voir divorcé au Mexique, elle s’est installée en Floride et vit à Miami Beach.

Au début de l’année 1953, elle fait le rencontre fortuite d’un agent d’acteurs alors très réputé, Louis Shurr.

Persuadé qu’elle a tout pour faire une superstar d’Hollywood il la convainc de le laisser prendre sa carrière en mains. Celle qui gagne alors en deux jours le salaire d’un an d’un ouvrier de chez Ford accepte sans être autrement convaincue.

C’est Louis Shurr qui a l’idée de la faire apparaître pour la première fois dans une robe au décolleté dorsal insensé et encore jamais vu! Nous sommes en 1953 à Las Vegas, l’effet est inouï, c’est la pagaille à Hollywood qui s’attend à une « guerre des dos ». Anita Ekberg choisira ce type de décolleté pour être présentée à…La reine d’Angleterre!

Mais en ce printemps 1954, lorsque son agent la présente à la presse avec sa robe révolutionnaire, contrairement à ce qu’il imaginait, les grands studios hollywoodiens ne se sont pas jetés aux pieds de Vikki Dougan avec des contrats mirifiques. Par contre, un des milliardaires les plus en vue se précipite pour la couvrir d’or et de diamants: Porfirio Rubirosa, lequel vient de distribuer des Jaguar blanches décapotables à Lana Turner, Zsa-Zsa Gabor et Kim Novak!

vikki dougan

Rubirosa la présentera à quelques uns de ses amis dont Edgar Hoover ou le producteur Sam Spiegel, ce qui est plus intéressant pour Vikki. Au cinéma pourtant, personne ne s’intéresse à la ravissante demoiselle qui se contente de devenir « Miss General Electric 1954″.

Vikki Dougan  est alors dans une impasse. Son agent l’a présentée à la presse comme une actrice et a fait d’elle une curiosité exotique. En plus de ses décolletés, il lui fera fumer la pipe en public et porter un bandeau noir de pirate sur l’œil. Ces extravagances lui ferment les portes des agences de mannequins habituées à plus de retenue et de distinction. Mais la belle s’en fiche, pour l’instant elle roucoule dans les bras de Frank Sinatra! Ce sera ensuite au tour de Vince Edwards puis de Steve Cochran.

En 1956, elle met le grappin sur l’ex mari de Leslie Caron, le milliardaire George Hormel et débute enfin au cinéma, un petit rôle dans un film d’aventures en noir et blanc dont la vedette n’est autre…Qu’Anita Ekberg!

vikki dougan

Vikki Dougan l’ignore encore, mais sa carrière au cinéma qui débute enfin en 1956 sera virtuellement terminée en 1959 si on excepte ses prestations télévisées et deux ultimes petits rôles au cinéma en 1963 et 1967.

Mais en attendant, elle va mettre un point d’honneur à paraître à toutes les premières, à tous les festivals avec ses fameuses « robes décolletées dans le dos » mais surtout avec toute une panoplie de milliardaires, de célébrités et d’ex maris de stars de cinéma pendus à son bras ravissant.

Après l’ex mari de Leslie Caron elle a jeté son dévolu sur  James Hanson , autre milliardaire qui fut lui, très officiellement fiancé à Audrey Hepburn. Vient ensuite le tour d’un autre richissime qu’elle a trouvé toute seule: William Kerrigan. Nous verrons ensuite en sa galante compagnie Steve Crane, ex mari de Martine Carol et de Lana Turner, d’Arthur Loewy jr. qui lui fit beaucoup d’usage à Joan Collins.

Et comme la MGM ne se précipite toujours pas pour lui offrir un contrat, c’est John Wayne qui lui en propose un pour la lier à sa maison de production BATJAC, comme il l’a fait avec Anita Ekberg.

vikki dougan

Vikki fête l’évènement en tombant amoureuse du jeune acteur Skip Ward! Le pauvre ignore alors qu’elle est officiellement fiancée à l’acteur Lance Fuller! Dans cette farandole de décolletés et de richissimes fiancés, John Wayne abandonne son contrat au bout d’un an sans l’avoir faite tourner. Vikki s’en étonne au bras de Théodore Tillinghast III.

Nous sommes en 1957, Hollywood qui s’est beaucoup amusé de Jayne Mansfield qui  faisait automatiquement craquer ses bikinis dès qu’un photographe apparaissait et des décolletés de Vikki Dougan ne peut pas éternellement rire des mêmes choses. La FOX renvoie Jayne Mansfield à ses foyers et la presse commence à en avoir raz-le bol des robes dos nu de Vikki Dougan. Un jour elle peut lire « Vikki Dougan, cousue dans l’éternelle même robe est la femme la plus mal coiffée du monde, on dirait qu’elle a lancé une touffe de cheveux en l’air et qu’elle a couru dessous.

Elle se fera blonde, posera nue pour Playboy, fera des procès à ceux qui publient ses photos, rien n’y fera. L’intérêt pour les exhibitions dorsales de Vikki est définitivement passé.

Tout le monde s’en est rendu compte, sauf elle et quelques richissimes messieurs. On revoit son dos coquin flanqué de Baby Pignatari, le fantasque milliardaire brésilien grand amateur de beautés hollywoodiennes.

La farandole masculine se poursuit avec John Drew Barrymore, Ted Jordan fraîchement séparé de la strip-teaseuse Lili Saint Cyr et même George Raft! C’est au bras de celui-ci qu’elle s’offusque lorsqu’elle apprend que Lance Fuller l’a quittée pour Janet Day! De désespoir elle entrera en analyse et voudra jouer Marie-Madeleine au cinéma!

Après s’être consolée avec Art Adelman et le fils de Mervyn Leroy elle annonce ses fiançailles  avec Jimmy Sweeney, ancienne star du football qui tente alors de ce recycler au cinéma, fort d’un physique avantageux.

C’était le 29 Août 1960. Le 30 Septembre elle épouse l’élu de son cœur , portant une simple robe de mariée en vichy copiée sur celle de Brigitte Bardot et le dos couvert.

On espéra alors sans trop y croire que Vikki Dougan rangerait ses sempiternels décolletés et son troupeau de milliardaires mais dès 1962 on la retrouvait avec Fernando Parra dont Kim Novak s’était lassée.

En Janvier 1963 elle divorce et pose nue, son mari l’aurait dépouillée de toutes ses économies. Le tribunal des divorces lui accordera la somme mirobolante d’un dollar par mois en guise de pension alimentaire!

Vikki Dougan tournera encore un peu, portera encore quelques décolletés, pour la tradition. Il y aura d’autres milliardaires d’autres célébrités. mais il y aura aussi Mai 68, la nouvelle vague, la pop le mouvement hippie, la guerre du Viêtnam, le MLF, le meurtre de Sharon Tate. Si tout cela ne concerne pas Vikki Dougan,  cela bouleverse en profondeur  les mentalités, la société, l’image de la femme et bien sûr le cinéma.

Vikki Dougan n’avait pas 40 ans lorsque plus personne ne songerait à la faire tourner s’inquiéter d’elle, de ses milliardaires ou de ses omoplates. Elle faisait partie d’un passé révolu, d’un genre éradiqué, celui de la scandaleuse et si belle croqueuse d’amants et de diamants.

vikki dougan

En fut-elle aigrie, en tint-elle une amère rancune?

Que nenni! L’alerte octogénaire qu’elle est aujourd’hui, certes épaissie par les ans, vit toujours à Beverly Hills, et comme sa principale rivale de ses heures de gloire Mamie van Doren, elle ne déteste pas encore, de temps à autre, traverser le cercle de lumière hollywoodien. Le visage lisse et parfait, entouré des lourdes boucles rousses de sa perruque tombant en cascade sur ses rondes épaules, la retraitée du scandale sourit à la presse et reprend la pose « comme au bon vieux temps » puisque, n’est-ce pas, le décolleté est toujours là!

Celine Colassin

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QUE VOIR?

Filmographie complète

1956: Back From Eternity: Avec Anita Ekberg, Robert Ryan et Rod Steiger

1956: The Great Man: Avec Julie London, José Ferrer et Keenan Wynn

1958: The Tunnel of Love: Avec Doris Day, Richard Widmark et Gig Young

1959: The Rebel Set: Avec Kathleen Crowley et Gregg Palmer

1959: Here Come the Jets: Avec Lyn Thomas et Steve Brodie

1963: Hootenanny Hoot: Avec Ruta Lee et Peter Breck

1967: Hôtel: Avec Catherine Spaak et Rod Taylor

655: MARIANNE STONE

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La vie de Marianne Stone ressemble à un petit conte de fées anglais aux rouages et aux péripéties parfaitement huilées. Un conte de fée dont l’héroïne se serait lancé le pari d’être l’actrice anglaise avec le plus grand nombre de films sur son curriculum vitae!

Pari réussi puisque Marianne Stone figure dans le livre des records à ce titre!

Elle en a tourné plus de deux cents même si parfois elle ne fait que passer sans rien dire!

Ce qui n’empêchera pas quelques apparitions d’anthologie!

Marianne Stone naît Mary Haydon Stone, le 23 Août 1922 à Londres. Issue d’un milieu modeste, elle bénéfice d’une bourse pour entrer à la Royal Academy of Dramatic arts où elle va se lier d’amitié pour la vie avec un certain Richard Attenborough. La carrière de son si cher ami des jeunes années décollera de manière fulgurante et il ne se fera pas faute de recommander sa copine Marianne à ses réalisateurs. Ce qui fait d’elle l’actrice ayant donné le plus souvent la réplique à Sir Richard!

Marianne Stone qui fait partie de ces femmes chrysalides devenues jolis papillons avec la maturité débute au théâtre en 1943 et jouera presque sans relâche jusqu’à la fin de la guerre. Et durant cette période où elle fit preuve de beaucoup de talent mais aussi de témérité puisque Londres flambait sous les bombes, elle s’avoua très étonnée d’avoir toujours d’excellentes critiques de Peter Noble, et ce, même si elle ne disait qu’une ligne dans un spectacle.

Elle souhaita donc le rencontrer et se retrouva face à un jeune journalise ému comme un collégien car il était tombé amoureux de Marianne dès qu’il l’avait vue pour la première fois sur scène.

Marianne et Peter vont former alors un couple de joyeux lurons, toujours flanqués avec les Attenborough, animant après leurs performances théâtrales les joyeuses nuits du tout Londres enfin débarrassé des velléités guerrières des Allemands.

Mariés en 1947, (il avait fallu attendre que Marianne en ait fini avec les deux pièces qu’elle jouait en alternance) L’illustre Herbert Lom fut leur témoin. Ils allaient former un couple uni que seule la mort pourra séparer et ils seront les parents de deux filles, Kara et Katrina.

Avec le mariage et les enfants, ils sortirent moins, mais leurs fêtes maintenant données à la maison d’Abbey Alley où ils reçoivent leurs nombreux amis sont aussi célèbres que leurs sorties échevelées d’autrefois. La réputation de bon vivant et joyeux viveur de Peter Noble précèdera toujours sa réputation de journaliste!

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On peut toujours venir sonner à l’improviste chez les Noble, et on est sûr d’y rencontrer les Attenborough, bien sûr, Herbert Lom, mais aussi Joan Crawford, Lana Turner, Sean Connery ou Roger Moore, Elizabeth Taylor ou…Paul McCartney! Ce sont des amis et la maison d’Abbey Valley fera plus d’une fois concurrence au Savoy lorsqu’il s’agira d’héberger des stars hollywoodiennes en tournage ou en villégiature à Londres!

Quant à Marianne, c’est parce qu’elle a maintenant un mari et une petite famille qu’elle va privilégier le cinéma au théâtre. Les après-midi de tournage aux studios de Pinewood sont bien moins contraignantes que les  soirées de représentations théâtrales et leurs longues répétitions.

Et comme Marianne et Peter connaissent tout le monde, les engagements ne manquent pas, surtout que Marianne est toujours disponible pour dépanner les amis, même pour un petit rôle sans envergure.

Mais elle laissera malgré tout une empreinte indélébile dans le paysage du cinéma international. Très proche de la famille Kubrick, Stanley l’invite à rejoindre le tournage de « Lolita ». C’est elle qui arrive au bal avec Peter Sellers avec des airs de Juliette Gréco et perchée sur des talons aiguilles de douze centimètres pour faire une démonstration de « danse intellectuelle » Que du bonheur pour le public mais aussi pour Marianne qui donnait la réplique à une de ses meilleures copines Shelley Winters!

Marianne Stone avait un don inné pour la comédie et le public se régalait de ses apparitions toujours excellentes, même et surtout lorsqu’elles étaient muettes. Le meilleur exemple en est peut-être son apparition en journaliste à la conférence de presse que donne Marlon Brando dans « La Comtesse de Hong-Kong » de Chaplin. Un petit bijou! A noter que sa créature de « Lolita » est elle aussi muette comme une borne.

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Marianne Stone et Peter Sellers dans Lolita

Marianne Stone va donc surfer à la fois sur la vague des superproductions internationales de prestige, sur la vague de l’humour avec entre autres son personnage récurrent dans les série des « Carry On » et bien entendu la vague des films d’horreurs dont la Hammer va se faire une spécialité durant près de deux décennies et dont elle deviendra une des habituées.

Inutile de dire qu’elle s’était engouffrée avec délectation à la télévision où la rapidité des tournages lui convenait encore mieux qu’au cinéma!

Marianne Stone finit par devenir une véritable icône et bientôt l’apercevoir dans un film ou une émission Tv devient un sport national pour admirateurs avertis. Et à l’heure où j’écris ces lignes, il existe des forums très fréquentés sur internet qui n’ont pas d’autre but que de découvrir de nouvelles apparitions de Marianne Stone dans un film encore non référencié dans son incroyable filmographie.

Marianne n’est hélas plus des nôtres pour apprécier à sa juste valeur ce savoureux résultat dû à toute une vie au service du théâtre, du cinéma et de la télévision.

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Ringo Starr et Marianne Stone

Après 50 années d’un mariage réussit, Peter Noble l’avait laissée veuve en 1997.

Elle avait renoncé à sa carrière en 1989 malgré les incessantes propositions qui ne cessaient de pleuvoir sur sa tête. Le temps avait passé et Marianne était fatiguée, Peter vieillissait.

Le public en fut un peu estomaqué, elle était encore tellement resplendissante, comment pouvait-elle envisager sa retraite. C’est que Marianne Stone pour n’avoir pas été une ravissante jeune fille était devenue une femme resplendissante et pour tout dire sensationnelle au fil du temps. Et si elle se retirait à 77 ans ce qui est quand même raisonnable, elle en paraissait vingt-cinq de moins!

Marianne Stone s’est éteinte dans son Londres adoré, entourée de ses deux filles et de son seul petit fils le 21 Décembre 2009 à l’âge vénérable de 87 ans.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1943: Miss London: Avec Evelyn Dall, Jean Kent et Anne Shelton

1947: When the Bough Breaks: Avec Patricia Roc et Rosamund John

1949: Marry Me: Avec Susan Shaw et Derek Bond

1949: A Boy, a Girl and a Bike: Avec Honor Blackman et Diana Dors

1951: The Magic Box: Avec Maria Schell, Richard Attenborough et Robert Donat

1951: High Treason: Avec Joan Hickson et Liam Redmond

1953: A Day to Remember: Avec Joan Rice, Odile Versois et Stanley Holloway

1953: 36 Hours: Avec Elise Albin et Dan Duryea

1954: Dance, Little Lady: Avec Mai Zetterling et Terence Morgan

1954: The Gay Dog: Avec Petula Clark et Wilfred Pickles

1954: The Crowded Day: Avec Joan Rice et John Gregson

1954: You Know What Sailors Are!: Avec Sarah Lawson, Dora Bryan et Akim Tamiroff

1954: The Runaway Bus: Avec Margaret Rutherford, Belinda Lee, Lisa Gastoni et Petula Clark

1954: Beautiful Stranger: Avec Ginger Rogers et Herbert Lom

1954: Mad About Men: Avec Glynis Johns, Margaret Rutherford et Anne Crawford

1954: The Good Die Young: Avec Gloria Grahame, Laurence Harvey, Joan Collins et Richard Basehart

1955: Bardados Quest: Avec Delphi Lawrence et Tom Conway

1955: The Quatermass Xperiment: Avec Margia Dean, Lionel Jeffries et Brian Donlevy

1956: The Intimate Stranger: Avec Mary Murphy, Constance Cummings et Richard Basehart

1956: Private’s Progress: Avec Sally Miles, Terry Thomas et Dennis Price

1956: Person Unknow (court métrage) Avec Nancy Becket et Edgar Lustgarten

1957: Woman in a Dressing Gown: Avec Sylvia Syms et Yvonne Mitchell

1957: Brothers in Law: Avec Jill Adams, Richard Attenborough et Terry Thomas

1957: Thunder over Tangier: Avec Lisa Gastoni et Robert Hutton

1957: Hell Drivers: Avec Peggy Cummings, Herbert Lom et Stanley Baker

1958: A Night to Remember: Avec Honor Blackman et Kenneth Moore

1959: The 39 Steps: Avec Taina Elg, Kenneth Moore et Brenda de Brazie

1959: No Trees in the Street: Avec Sylvia Syms et Herbert Lom

1959: Jack the Ripper: Avec Lee Patterson

1960: The Angry Silence: Avec Anna-Maria Pierangeli, Richard Attenborough et Michael Craig

1961: The Frightened City: Avec Yvonne Romain, Sean Connery et Herbert Lom

1962: Gigsaw: Avec Yolande Donlan et Moira Redmond

1962: Lolita: Avec Shelley Winters et Peter Sellers

1962: The Wild and the Willing: Avec Virginia Maksell et Ian MacShane

1963: Paranoiac: Avec Jeanette Scott, Oliver Reed et Liliane Brousse

1963: Ladies Who Do: Avec Peggy Mount et Robert Morley

1963: The Victors: Avec Mélina Mercouri, George Hamilton et Jeanne Moreau

1964: The Beauty Jungle: Avec Jeanette Scott et Ian Hendry

1964: A Hard Day’s Night: Avec les Beatles

1965: Hysteria: Avec Jennifer Jayne et Robert Webber

1966: The Wrong Box: Avec Michael Caine, John Mills et Ralph Richardson

1967: The Long Duel: Avec Charlotte Rampling, Yul Brynner Imogen Hassall et Trevor Howard

1967: A Countess From Hong-Kong: Avec Sophia Loren et Marlon Brando

1968: The Bliss of Mrs Blossom: Avec Shirley MacLaine et Richard Attenborough

1968: Baby Love: Avec Linda Hayden et Diana Dors

1969: Oh! What a Lovely War: Avec Dirk Bogarde

1970: Insence for the Damned: Avec Peter Cushing et Patrick MacNee

1971: Countess Dracula: Avec Ingrid Pitt et Lesley Ann Dawn

1972: All Coppers Are: Avec Julia Foster et Martin Potter

1973: The Vault of Horror: Avec Glynis Johns et Terry Thomas

1974: Confessions of a Window Cleaner: Avec Robin Askwith et Sheila White

1974: Craze: Avec Diana Dors, Jack Palance et Julie Ege.

1977: Confessions from a Holiday Camp: Avec Robin Askwith et Sheila White

1981: Cry of the Penguins: Avec Hayley Mills et John Hurt

1985: Déjà Vu: Avec Jaclyn Smith et Shelley Winters

1986: Terry on the Fence: Avec Tracey Ann Morris et Jack MacNicholl

644: JUDY GEESON

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C’est le 10 septembre 1948 que Judith Amanda Geeson vient au monde à Arundel dans le Sussex.

Deux ans plus tard c’est sa petite sœur Sally Louise qui viendra compléter la famille Geeson.

Nous ne sommes pas dans une famille de milliardaires mais les Geeson sont loin d’êtres pauvres. Le père de famille est l’éditeur d’un vénérable journal qui fête son siècle d’existence à la naissance de Judy: Le National Coal Board.

A peine extirpée des dentelles de son berceau, la petite Judy clama qu’elle voulait être actrice. On trouva cela mignon, on la laissa prendre des cours de théâtre en parallèle de l’école et bien entendu Sally voulut en faire autant. On laissait également les deux bambines répondre aux annonces pour les castings enfants, ça ne coûtait rien et ça les amusait tant.

Résultat: Judy débutait à la télévision à 14 ans!

Elle va devenir une vedette teenager du petit écran très appréciée du public grâce à un rôle récurrent dans une série à succès  »Emergency Ward 10″. Ce succès lui ouvre les portes du cinéma où elle débute l’année suivante dans « Wings of Mystery ». Film où elle débute dans un premier rôle.

Et si vous avez la chance de revoir ce film aujourd’hui, vous ne pourrez pas manquer de faire le parallèle entre la Judy Geeson de 15 ans avec la Jodie Foster du même âge.

Le succès fut au rendez-vous, mais héla son ne met pas tous les jours des films en chantiers pour des héroïnes de 15 ans. Si Judy tourne pour la télévision à un rythme tel qu’il pourrait passer pour de l’acharnement, on attendra 1967 et ses 19 ans pour la revoir au cinéma, mais attention!

Judy est la vedette féminine de « To Sir With Love » face à Sidney Poitiers. C’est un des premiers films mettant en scène un professeur dévoué arrivant à faire d’une classe difficile une association d’élèves studieux et bien élevés. C’est aussi un des meilleurs et non seulement le succès fut colossal mais la chanson du film fut le « hit » numéro un de l’année 1967!

Judy était lancée, elle était au moins la nouvelle Sandra Dee, étiquette qu’on n’eut guère le temps de lui coller car après avoir donné la réplique à Joan Crawford et Diana Dors, elle tourna entièrement nue dès son film suivant!

« Here We Go Round the Mulbeery Bush » est une de ces « comédies jeunes et dans le vent » comme le cinéma en produit à la pelle en cette fin des années 60, histoire d’apprivoiser une nouvelle jeunesse à coup de mini jupes, de musique pop et de couleurs très flashy! Judy s’y balade telle que la nature l’a faite dans l’onde pute et cristalline des rivières telle une Eve au bain.

Le scandale qui aurait pu être grand ne fut pas. Le public qui vit le film n’était pas pour s’effaroucher d’une aussi ravissante plastique et pour être champêtre, l’exhibition n’en était certes pas anodine mais dans la course à la liberté, elle fut démodée en trois semaines!

A l’évidence les temps changeaient et on peut se permettre une petite pensée nostalgique en pensant au tollé que provoqua le chaste calendrier de miss Monroe.

On pourrait en avoir une autre au souvenir de « L’Affaire Ingrid Bergman » qui faillit faire exploser la terre en 1950 alors qu’en 1969, Judy Geeson, à peine rhabillée, s’étant fourrée dans le même genre de situation ne récolta strictement aucun commentaire!

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La charmante Judy tourne « Auto-Stop Girl » avec le couple très officiellement marié depuis dix ans Rod Steiger et Claire Bloom; Le pitch du film précisait que  » Judy, 19 ans enlève Rod Steiger 43 ans à Claire Bloom 37 ans »

La situation se reproduisit très fidèlement dans la réalité.

Le couple divorcerait, Claire Bloom se remarierait avec Hillard Elkins, le producteur de la très sulfureuse comédie musicale « Ô Calcutta », Rod et Judy ne feront qu’un petit bout de route ensemble.

Judy Geeson sera la compagne du scénariste Sean Kenny jusqu’à son décès en 1973, foudroyé par une hémorragie cérébrale à seulement 43 ans. Ensuite elle retrouvera Barry Evans qui avait été son partenaire dans  »  Here We Go Round the Mulbeery Bush ».

Elle épousera en 1985 le réalisateur Kristoffer Tabori, mais Judy semble-il peu faite pour le mariage, le couple divorcera en 1989.

Le temps ayant passé, Judy Geeson n’est plus la teenager dont raffolaient les téléspectateurs anglais. Elle n’est plus la jeune effrontée de ses débuts, mais elle reste une actrice très sollicitée et très active. En 2012 elle terminait le tournage de « Lords of Salem », fêtant par la même occasion ses 50 ans de carrière.

Une carrière bien fournie même si ses plus grands exploits sont des exploits télévisé, la belle ayant participé à une kyrielle absolument stupéfiante de séries cultes dont voici quelques titres en vrac: Charmed, Monsters, Agence tous Risques, Mad About You, Star Treck,  Gilmore Girls, Arabesque, Hôtel, La Croisière s’amuse, Le Retour du Saint MacGyver et j’en passe!

C’est d’ailleurs, souhaitons-le, loin d’être fini!

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1963: Wings of Mystery: Avec Hennie Scott et Patrick Jordan.

1967: To Sir, With Love: Avec Sidney Poitiers

1967: Bersek (Le Cercle de Sang): Avec Joan Crawford et Diana Dors

1968: Here We Go Round the Mulbeery Bush: Avec Barry Evans

1968: Prudence and the Pill: Avec Deborah Kerr et David Niven

1968: Hammerhead: Avec Vince Edwards

1969: Auto-Stop Girl: Avec Claire Bloom et Rod Steiger

1969: Two Gentlemen Sharing: Avec Robin Phillips

1970: The Executioner: Avec Joan Collins et George Peppard

1971: 10, Rillington Place: Avec Richard Attenborough

1974: Hændeligt Uheld: Avec Roy Dotrice

1974: Percy’s Progress: Avec Elke Sommer et Leigh Lawson

1975: Brannigan: Avec John Wayne et Richard Attenborough

1976: The Eagle has Landed: Avec Michael Caine et Donald Sutherland

1979: Dominique: Avec Jean Simmons et Clift Robertson

1981: Inseminoïd: Avec Jennifer Ashley et Robin Clarke

1993: Young Goodman Brown: Avec Tom Shell

1999: The Duke: Avec Courtnee Draper et John Neville

2012: Lords of Salem: Avec Sheri Moon Zombi

 

619: YVETTE MIMIEUX

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Yvette Mimieux surgit sur les écrans avec une telle fraîcheur, une telle jeunesse, une telle beauté et un tel talent qu’il est sidérant qu’elle ne soit pas devenue une des plus grandes stars du monde en quelques instants!

Yvette méritait mille fois une carrière de prestige ou au moins égales à celles de Sandra Dee ou Hayley Mills. Et malgré la battage médiatique fait autour de stars telles que Raquel Welch ou Ursula Andress, Yvette était peut-être bien la seule véritable révélation de sa génération.

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Mais peut-être que le cinéma n’est pas le seul responsable du rendez-vous raté entre Yvette et la gloire.

Yvette vient au monde à Los Angeles le 8 Janvier 1942. Sa maman est française, ce qui explique son prénom, son papa est mexicain, ce qui explique son second prénom: Carmen.

La ravissante Yvette ne sera jamais suffisamment célèbre pour que les gazettes et les échotières en tout genre se penchent sur son enfance sa famille, sa vie son œuvre. Ou peut-être est-ce elle qui ne sera jamais suffisamment bavarde ou avide de confidences.

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On ne connaîtra que son étrange rancœur vis à vis d’Inger Stevens qu’elle déteste et qui le lui rend bien. Un soir où elles se croisent dans un night club hollywoodien elle se lancent des bordées d’injures qui sidérèrent toute l’assistance!

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Hormis cette étrange aversion, on sait que la demoiselle à la beauté diaphane rêvait de cinéma, comme toutes les jeunes filles de Los Angeles et qu’elle avait même participé à un des innombrables concours de beauté dont la mode avait fini par faire partie des mœurs californiennes.

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Yvette n’était pas de ces créatures pulpeuses dont la tendance fait rage en cette année 1957. Sa beauté fragile et son regard mélancolique auraient plutôt donné envie de la nourrir ou de l’adopter que d ‘épingler sa photo en bikini dans une caserne de pompiers. Mais enfin, le premier prix du concours c’était une apparition dans le prochain film d’Elvis Presley. Peut-on résister à pareille aubaine quand on a 15 ans en 1957?

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Il semblerait que les quatre finalistes du concours soient proposées au jugement avisé d’Elvis soi-même et que le king n’ait pas retenu Yvette, elle ne sera pas figurante dans « Jailhouse Rock »

Ses débuts au cinéma prendront un détour assez inattendu. Elle qui est née à deux pas des studios débute dans « A Certain Smile » alors qu’elle était en voyage à…Paris, là où les extérieurs du film se tournent.

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Rentrée en Amérique, Yvette fera ses débuts à la télévision et se trouve en fort bonne place pour anticiper un nouveau phénomène de société qui « couve » en cette fin des années 60. Depuis l’avènement de Frank Sinatra, Hollywood a découvert l’intérêt financier qu’il y a à plaire aux « Teenagers ». Avec Elvis on tourne des films destinés à leur plaire, surtout aux filles, mais maintenant on mijote des films qui plairaient tout aussi bien aux garçons! Des films avec des acteurs teenagers eux aussi, avec plein de jolies filles, et de beaux garçons confrontées aux problèmes spécifiques de leur âge, à savoir la sexualité, la sexualité et la sexualité et bien entendu avec plein de chansons à la mode!

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Nous sommes en 1960, Yvette a décroché un rôle de jeune fille du futur sa baladant en mini robe rose dans « La Machine à Explorer le temps » avec cet air ravissant mais désabusé « revenu de tout » qu’aime afficher sa génération. Elle est ensuite choisie pour un des principaux rôles de « Where the Boys Are ». Un film d’un nouveau genre qui va pulvériser tous les records! Le « Beach Party film ». Elle est le personnage dramatique de l’intrigue, la ravissante qui croit aux belles promesses des jolis garçons en vacances et accepte de « coucher ». Le tout pendant que Paula Prentiss se coltine un nigaud, que Connie Francis qui deviendra une star planétaire grâce au film ne trouve rien à se mettre sous le jupon et que Dolorès Hart ferre un beau milliardaire avec un yacht! On est quand même à Hollywood!

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Toute la distribution du film va atteindre des sommets de popularité, en commençant par Connie, bien sûr mais aussi Paula Prentiss, Dolorès Hart, George Hamilton et bien entendu Yvette Mimieux qui non seulement était ravissante en diable mais avait le seul rôle valable du film!

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Sacrée vedette, Yvette Mimieux voit les rôles et les contrats pleuvoir sur son crâne délicat. En 1962 Hollywood enterre Marilyn mais l’Italie se réjouit! « Enfin Yvette Mimieux est arrivée en Italie où elle est venue rejoindre Rossano Brazzi et Olivia de Havilland pour son film « Light in the Piazza« .

Film où elle aura George Hamilton pour partenaire. Film où elle est époustouflante dans un rôle disons-le tout à fait indéfendable de pin-up attardée mentale à la suite d’un coup de sabot de cheval et que sa mère Olivia de Havilland essaie de caser avec George Hamilton qui ne s’est rendu compte de rien!

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Alors pourquoi Yvette, après de tels débuts ne devint-elle pas la star numéro un du box office? Quelques mauvais films, quelques échecs, des actrices plus ambitieuses qu’elles comme Ann Margret, Jane Fonda ou Natalie Wood qui prennent beaucoup de place dans une industrie qui amorce une crise existentielle?

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L’actrice estampillée vedette dans un genre de film qui se démode déjà, il n’en faudrait pas plus pour freiner une carrière hollywoodienne. Mais Yvette Mimieux ajoutera encore l’exil européen à la débâcle américaine. Au cours de l’un de ses fréquents séjours parisiens, elle rencontre le réalisateur Serge Bourguignon. Serge Bourguignon est alors osacrisé pour son film « Les Dimanches de Ville d’Avray » et Yvette restera longtemps sa compagne.

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En 1969, il lui offrira un rôle digne de son talent dans « The Picasso Sommer » avec Albert Finney. Le couple s’était un peu brouillé en 1966, Serge préparait « A Cœur Joie » avec Brigitte Bardot, Yvette s’était un peu consolée avec John Derek fraîchement abandonné par Ursula Andress!

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Mais ce film résonne comme le glas de leur histoire, bientôt Yvette Mimieux deviendra la quatrième épouse du réalisateur mythique Stanley Donen. Le couple se marie en 1972, ils divorceront en 1985 mais resteront les meilleurs amis du monde. L’année suivante, Yvette se remarie avec monsieur Howard F. Ruby.

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L’actrice tournera jusqu’en 1992. De moins en moins présente au cinéma, elle est très active à la télévision. mais après le tournage du téléfilm « Lady Boss » sur un scénario de Jackie Collins, elle renonce à sa carrière.

Olivia de Havilland avec Yvette

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Le temps passant avait fait de la frêle jeune fille de 1962 une femme belle et distinguée, abordant les types de rôles dont se délectaient Lee Remick ou Joanne Woodward et dont la beauté restera pour nous inaltérable.

Yvette Mimieux ne fut pas la plus grande star du monde, sa carrière n’est pas la plus éblouissante de toutes même si elle n’a pas à en rougir.

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Elle est une actrice chère à mon cœur car à mes yeux elle symbolise avec la française Jeanne Valérie toute la fraicheur dont le cinéma est capable. Car on a beau être cinéphile invétérée, on n’a pas envie des sortilèges sophistiqués de Joan Crawford  tous les jours.

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Alors « Where the Boys Are » et « Light on the Piazza » n’ont peut-être pas révolutionné la pensée universelle mais j’aime à les revoir et les revoir encore.

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Aujourd’hui le cinéma est triste, misérabiliste et nombriliste, il n’ a plus ni cœur ni poésie et répète les même poncifs de trentenaires en crise jusqu’à en être redondant et ennuyeux.

Alors, chère Yvette, vous n’avez peut-être pas brillé longtemps, mais vous êtes quand même le dernier éclat du cinéma.

Celine Colassin.

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QUE VOIR?

1958: A Certain Smile: Avec Christine Carère, Joan Fontaine et Rossano Brazzi

1960: Platinum High School: Avec Terry Moore et Mickey Rooney

1960: The Time Machine: Avec Rod Taylor

1960: Where the Boys Are: Avec Dolorès Hart, Paula Prentiss et Connie Francis

1962: Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse: Avec Ingrid Thulin, Glenn Ford, Charles Boyer

1962: The Wonderful World of the Brothers Grimm: Avec Laurence Harvey et Claire Bloom

1962: Light in the Piazza: Avec George Hamilton et Olivia de Havilland

1963: Diamond Head (Le Seigneur d’Hawaï): Avec Charlton Heston et Georges Chakiris

1965: La Récompense: Avec Max von Sydow et Efrem Zimbalist

1967: Monkeys Go Home: Avec Maurice Chevalier et Dean Jones

1968: The Mercenaries (Le Dernier Train du Katanga) Avec Rod Taylor, Jim Brown et Olivier Despax

1969: The Picasso Summer: Avec Albert Finney

1972: Skyjacked: Avec Charlton Heston et James Brolin

1975: Journey Into Fear: Avec Sam Waterston et Zero Mostel

1976: Jackson Country Jail (La Prison du Viol) Avec Tommy Lee Jones

1979: The Black Hole: Avec Anthony Perkins, Maximilian Shell et Ernest Borgnine

1981: Circle of Power: Avec Christopher Allport (la dernière apparition au cinéma d’Yvette Mimieux)

 

575 JILL SAINT JOHN

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Jill Saint John fut un jour piquée par une étrange mouche hollywoodienne et elle décida qu’elle deviendrait l’archétype de la superstar absolue!

Elle ne se déplaçait plus sur Rodeo Drive que dans sa nouvelle Mercedes 300sl flambant neuve, la même que Cary Grant et Sophia Loren. A moins bien sûr qu’elle ne promène son éléphant « Baby » dans les rues de Beverly Hills. Et un jour où elle demandait chez Harry Winston : »Mais où est votre nouvelle collection de bijoux »? » On lui répondit « Chez vous, mademoiselle Saint John! » Adorant la mode des pantalons collants au moins autant que celle des voitures de sport européennes et des rivières de diamants, elle en acheta deux cent paires d’un coup!

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La jeune fille sachant quand même que l’on ne peut pas réussir à Hollywood sans un minimum de travail elle se faisait projeter tous les films de son idole Kay Kendall dans son cinéma privé en déclarant, mutine: »Je ne copie pas, je m’inspire! Kay fut la meilleure actrice du monde et je m’impreigne de ses sortilèges de comédienne. Elle avait le talent, la beauté et la classe, Moi, pour la classe je suis encore un peu trop jeune »

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Jill Saint John avait en effet beauté et talent en suffisance pour réussir à Hollywood, mais il y aurait deux bâtons dans les roues de son carrosse doré:Tout d’abord en fait de parangon de glamour elle fut surtout le parangon de ce que l Amérique des années soixante pouvait avoir de plus vulgaire et de plus criard. Toujours chapeautée de perruques rousse d’une flamboyance et d’un alambiqué à faire paraître Ann Margrett normale, voire distinguée à côté d’elle.

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Elle ne porte que des couleurs saturées avec une prédilection pour le jaune, le vert acidulé et l’orange vif qui sont d’un effet saisissant avec sa moumoute crêpée couleur carotte reflets mercurochrome. Tartinée de maquillage avec des faux cils longs et épais aussi gracieux que le cric de sa Mercedes, Elle est  couverte de bimbeloterie comme un sapin de noël; En bref,  elle a l’ait de sortir d’un cauchemar ethylique d’Elvis Presley.

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Et puis, encore et surtout, elle arrivait trop tard. Bien trop tard.

Tout avait pourtant si  bien commencé.

Jill Arlyn Oppenheim naît à Los Angeles le 19 Août 1940; et naître à los Angeles pour une future star Hollywoodienne ca rapproche vachement plus que le Maryland! D’ailleurs mademoiselle Oppenheim sera étudiante à l’Hollywood High School.

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Les parents de Jill sont restaurateurs et la petite fille aura la permission de s’inscrire dans des agences de castings pour enfants à condition bien entendu d’être bien sage et de bien travailler à l’école.

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A six ans elle débuta à la radio, à neuf à la télévision et à onze au cinéma, ravissante petite bambine brunette à la moue espiègle qui ravissait les spectateurs comme le faisait si bien la petite Natalie Wood de deux ans son aînée. Elle est encore créditée sous son véritable paronyme de Jill Oppenheim.

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Mais si Natalie menait déjà une carrière de vraie professionnelle faisant vivre sa famille et agissant comme un vrai chef d’entreprise, Jill, plus frivole s’enfuyait à 16 ans avec un très beau garçon de 22. Non seulement l’élu de son coeur est très beau mais il est l’héritier d’une fortune colossale on s’enfuit donc et on se marie à Yuma en Arizona le 23 Mai 1957!

Le 3 Juin 1958 on divorce.

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Jill bien entendu continue à tourner, mais si Natalie Wood est déjà une superstar, véritable égérie de sa génération, notre héroïne trépigne au fond des génériques. Elle est alors toujours cette fraîche et ravissante brune telle que la nature l’a faite et elle se remarie bientôt avec un autre milliardaire, Lance Reventlow le 24 Mars 1960. Lance qui n’est autre que le fils unique de Barbara Hutton, la femme la plus riche du monde qui  donne à son fils un million de dollars par an d’argent de poche.

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Lance n’a jamais eu la moindre velléité de travailleur ni même d’investisseur. Sans aucun repère masculin si ce n’est Cary Grant qui fut un des éphémères époux de Barbara et aime Lance comme son propre fils. Il se laisse vivre et même si comme l’affirme sa jeune épouse « Il est un garçon charmant, cultivé et plein d’égards malgré sa fortune » sa seule ambition de carrière c’est l’héritage de sa mère qui fera de lui un homme colassalement riche. »

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Héritage dont il ne verra jamais le moindre cent. Lance précède sa mère dans la tombe, tué dans un accident d’avion en 1972; il avait 34 ans.

Mais en attendant, la richissime épouse de Lance affirme encore: »Mon mari n’ayant ni le besoin ni l’envie de travailler, c’est moi qui vais le faire, il n’est pas bon pour un couple de rester toute la journée l’un sur l’autre« .

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Ce qui ne les empêchera pas de divorcer le 30 Octobre 1963 après moins de trois ans de mariage et malgré les précieux principes énoncés par Jill.

Ils resteront bons amis et Jill sera atterrée par cette fin précoce. Bien plus tard elle rédigera un bouquin de cuisine qu’elle dédicaca à sa mémoire.

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Si la jeune Jill Oppenheim devint un peu célèbre dès 1949, il faudra attendre 1958 pour que Jill Saint John ait enfin des rôles un peu sérieux à défendre au cinéma. Et encore, dans les ombres bien mieux distribuées de Vivien Leigh, Jennifer Jones, Elizabeth Montgomery, Elke Sommers, Edie Adams, vedettes des films où on croise la jolie Jill.

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Sa carrière au cinéma sera d’ailleurs bien étrange. Jill Saint John est célèbre et jouit pleinement d’un statut de star atisé encore par ses photos dans Playboy ou ses liaisons très médiatisées avec Frank Sinatra, Peter Lawford ou Sean Connery. Elle va hélas longtemps végéter dans des seconds rôles et si on avait pu croire qu’elle atteindrait enfin aux rôles assortis à son prestige après son strip tease dans « The Oscar », il faut attendre 1971 pour qu’enfin elle touche à l’immortalité cinématographique en devenant la James Bond Girl de « Diamonds are Forever ». film qui marque le déclin instantané de sa carrière au cinéma!

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La presse s’affolait durant le tournage du film à cause de la liaison de Jill St John avec Sean Connery, lequel était attendu en Hollande par Linda Christian délaissée un temps parmi les tulipes, le temps du film.

Jill ne s’exprima guère sur le sujet, trop occupée à livrer une guerre sans merci aux producteurs.

Après avoir signé pour le rôle bine que le scénario comportant une scène de nu très explicite, elle refusa de la tourner! La production fit alors appel à une sculpturale doublure qui s’acquitta de la tâche.

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Jill, alors exigea une somme faramineuse pour autoriser la production à diffuser la scène en question. Motif: « J’ai refusé de tourner cette scène mais les gens croiront que je l’ai fait, ce qui revient au même ».

Et comme la production n’obtempérait pas assez vite, elle leur flanqua son contrat sous le nez. Jill St John était dans son droit le plus absolu, la scène fut définitivement abandonnée.

Le producteur lui déclara: « Vous êtes sans doute à Hollywood la femme qui lit le mieux ses contrats! »

Ce à quoi elle lui répondit « Mes ex maris auraient pu vous le dire tout de suite! »

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Très présente à la télévision, s’embarquant quatre fois sur le paquebot de « La Croisière s’amuse », elle atterit dans toutes les séries possibles, depuis « Magnum » à « Matt Houston » et aligne les téléfilms sans plus jamais retrouver de grand rôle au cinéma. Sa carrière, après avoir ressemblé à celle d’Ann Margret ou de Jayne Mansfield ressemble à celle de Joan Collins à qui elle finit d’ailleurs par ressembler physiquement avant de ressembler à celle de Stephnie Powers avec qui elle partage désormais le gôut du brushing crêpé!

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Jill s’était remariée en 1967 avec le crooner Jack Jones dont la version de « Bessame Mucho » hante ma mémoire et elle divorça de ce dernier en 1969.

Après une liaison avec Jack Nicholson, elle retrouva son cher ami Robert Wagner qu’elle avait rencontré dès 1959.

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A la mort de Natalie Wood elle succèdera dans la vie de Robert Wagner à la star défunte mais le couple ne convolera qu’en 1990, Jill Saint John ne tenant sans doute pas à s’empêter  dans le mystère et le scandale qui entourèrent la fin de Natalie Wood.

Depuis 2002 Jill St John semble avoir raccroché ses ambitions d’actrice mais en conserve tous les flamboyants accessoires!

On ne se refait pas!

Celine Colassin.

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QUE VOIR?

1958: Summer Love: Avec Molly Bee et John Saxon

1959: The Remarkable Mr. Pennypacker: Avec Dorothy MacGuire et Clifton Webb

1959: Holiday for Lovers: Avec Jane Wyman, Clifton Webb et Carol Lynley

1961: The Roman Spring of Mrs Stone: Avec Vivien Leigh et Warren Beatty

1962: Tender is the Night: Avec Jennifer Jones, Joan Fontaine et Jason Robarts

1963: Who’s Been Sleeping in my Bed? Avec Elizabeth Montgomery, Dean Martin et Martin Balsam

1963: Who’s Minding the Store: Avec Jerry Lewis

1965: The Liquidator: Avec Trevor Howard et Rod Taylor

1966: The Oscar: Avec Elke Sommers et Stephen Boyd

1967: Tony Rome: Avec Frank Sinatra

1967: Banning (Les Portes Closes): Avec Robert Wagner

1971: Diamonds are Forever: Avec Sean Connery

1973: Screaming Target (Pour la Peau d’une Garce) Avec Oliver Reed

1982: The Concrete Jungle: Avec Barbara Luna

1998: Something to Belive In: Avec Maria Pittilo et William Macnamara

2002: The Calling (Man of Faith): Avec Faye Dunaway, Robert Wagner et Damian Chapa

2002: The Trip: Avec Larry Sullivan, Steve Braun et Alexis Arquette

 

541: CLAIRE KELLY

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Claire Kelly reste un véritable « cas » dans l’histoire des beautés hollywoodiennes! Si elle fut célèbre, sous contrat avec les plus prestigieux studios et tourna dans des films de prestige, Elle dut les heures les plus éblouissantes de sa gloire à un évènement mondain qui ne la concernait en rien: le mariage de Grace Kelly.

Lorsqu’à Hollywood on comprit que non seulement Monaco n’était pas Morocco, que Grace ne devenait pas musulmane dans un harem mais ne reviendrait quand même jamais au cinéma , il y eut les irréductibles tels Hitchcock, Cary Grant et Frank Sinatra qui jurèrent de la ramener bientôt aux écrans et ceux qui se mirent à chercher sa « remplaçante ».

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Or ils ne cherchèrent même pas, ils décrétèrent  d’emblée que le trône laissé vacant par Grace revenait de droit selon une implacable évidence à Claire Kelly et à personne d’autre! Est-ce ce patronyme commun qui influença ce vote unanime, je l’ignore.

Quoi qu’il en soit, les photos du mariage monégasque firent place dans les gazettes à celles de la nouvelle Kelly qui n’était plus Grâce mais Claire!

Cette succession programmée laissa la principale concernée complètement sidérée, mais l’affaire virait au véritable phénomène de société qui resta pourtant…sans suite!

Personne ne succéda à Grace Kelly.

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Le 15 Mars 1934 Claire Ann Green naît à San Francisco. Ses parents sont de riches éleveurs de bétail et Claire connaîra une enfance heureuse et dorée avant d’aller parfaire ses bonnes manières dans de stricts collèges du New Jersey.

La jeune fille grandissant en âge mais surtout en beauté tâta du théâtre au collège, devint mannequin alors qu’elle était en vacances à Miami, posa pour quelques publicités qui l’amenèrent à la télévision où elle devint hôtesse sur le talk show de l’hilarissime George DeWitt et dès qu’elle eut un agent, celui-ci lui organisa un test chez MGM.

Nous étions en 1951 et Claire, sans doute grisée par la tournure des choses épousa George DeWitt, alias George J.Florentin.

Très vite Claire est l’heureuse maman d’un petit garçon, Nicholas Christopher qui naît en Septembre, puis d’un second, George Anthony qui vient au monde en 1954. Entre ses deux maternités, Claire pose pour une impressionnante collection de « covers » et défraie la chronique avec les incessantes querelles matriomniales qui font le quotidien de son couple et celui de la presse locale par le même occasion! La MGM n’a rigoureusement rien à lui faire faire et elle devra attendre que Bob Cummings l’invite sur son show tv pour se montrer à nouveau à l’écran en…1955!

Entretemps la tragédie l’avait frappée de plein fouet!

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En Novembre 1954, George Anthony a deux mois à peine, la famille est en vacances à Miami et reçoit à dîner le boxeur Pep Willie. L’ancien champion poids plume ne se sépare jamais de son cocker Duc. Nicholas, le fils aîné des DeWitt n’a que trois ans et taquine un peu trop le chien qui le mord à la lèvre. Le petit garçon est emmené aux urgences, il faudra vingt-cinq points de suture, on décide de l’anesthésier. Hélas le petit Nicholas fait une réaction allergique à l’anesthésie et meurt le 6 Novembre 1954 après avoir combattu trois jours et trois nuits dans un poumon d’acier.

Claire Kelly est anéantie et sombre dans une profonde dépression qui va durer près d’un an.

Le public est sincèrement désolé du triste sort qui s’acharne sur la belle Claire et on admire Bob Cummings de l’inviter dans son show pour la sortir de la terrible dépression qui l’accable. Tout le monde sera alors complètement stupéfié de découvrir que la belle désespérée a repris du poil de la bête non grâce à son travail à la télévision, mais plutôt grâce au beau Lance Reventlow qui n’est autre que le fils de la richissime Barbara Hutton!

Claire se sépare de son mari, gagne New-York où son travail à la TV la réclame et se fait recruter par les plus prestigieuses agences de mannequins du moment! Lance passe sa vie à lui téléphoner à un point tel que Barbara Hutton pourtant l’heureuse propriétaire d’une des plus colossales fortunes du monde s’épouvante du montant des factures de téléphone de son fils!

Claire demande le divorce et l’obtient ainsi que la garde de son fils, déclarant à la presse: « A la télévision George DeWitt est un comique exraordinaire, mais à la maison j’attends toujours qu’il me fasse sourire! »

Dès son divorce prononcé, les quandidats à la sucession sentimentale de George, Elvis Presley et le prince Ali Khan en tête, se jetèrent à ses pieds mais Claire les envoya sur les roses, se fendant d’une autre déclaration à propos d’Elvis: « La vie ne m’a pas épargnée, j’ai subi la mort d’un enfant et un divorce difficile, je ne vais pas me distraire avec un gamin! ». Le prince Ali sera qualifié de  » trop godiche »!  plus tard Frank Sinatra aura plus de chance!

En attendant Frankie, il y aura le très amusant épisode Nikki Hilton! Le jeune héritier milliardaire, débarassé d’Elizabeth Taylor et de Joan Collins tombe sous le charme de Claire et celle-ci a même le bonheur de plaire au patriarche Conrad Hilton qui la trouve d’une parfaite distinction, allant jusqu’à l’inviter dans le fief famillial d’Arrowhead Lake pour un week-end « en famille ». Hélas on sait que l’alcool rendait Nikki Hilton aussi abruti que violent et lorsqu’il s’avisa de manquer de respect à Claire en la qualifiant de « poule de luxe » il prit une belle râclée devant papa éberlué!

Pour la première fois, en 1956, elle débute au cinéma dans « The Best Things in Life are Free », une comédie musicale tournée à New-York avec Dan Dailey et Sheree North où Claire ne fait hélas que vaguement se trémousser derrière la danseuse Barrie Chase. Appelons sa performance une « figuration très agitée »!

Vient ensuite l’épisode Frank Sinatra durant lequel ces deux-là se prélassent à Palm Springs loin de la foule curieuse et déchaînée. C’est là que la surprend l’épisode » nouvelle Grace Kelly » La MGM s’empresse de lui trouver des rôles, et tant pis si elle rechigne à s’initier à la plongée sous marine pour « Underwater Warrior », il faut vendre la nouvelle Grace Kelly.

Mais celle-ci est moins docile que la précédente! Il suffit que Frank Sinatra l’appelle et elle saute dans un avion ou dans sa Cadillac pour le rejoindre à Las Vegas!

Dès 1956, la carrière de Claire Kelly est sur une très bonne voie et elle est déclarée la « plus sensationnelle découverte faite par Hollywood depuis Rita Hayworth » ce qui n’est pas rien!

Pour le bien de leur petit garçon elle a repris des relations cordiales avec son ex mari George DeWitt mais alors même qu’elle songe à se remarier avec lui il lui présente sa fiancée, la bombe italienne Silvana Pampanini! Claire s’offusque et se jette à la tête de l’acteur Perry Lopez; la situation tourne à l’aigre et George De Witt quitte la ville en emmenant leur fils sans le consentement de Claire qui met toutes les polices du continent à ses trousses!

DeWitt réagit en publiant la liste de tous les amants de Claire qu’elle aurait présentés à leur fils comme leur « futur papa » mais mal lui en prit car Frank Sinatra y figurait en bonne place et d’un simple coup de fil il refroidit définitivement les fureurs de George DeWitt qui, couvert de sueur froide se voyait déjà enterré quelque part dans le désert du Nevada!

Mais le travail de sape morale qu’avait effecué DeWitt fit pencher la balance de la justice en sa faveur et il obtint la garde de leur fils à cause de la vie bien trop dissolue de Claire pour faire une bonne mère aux yeux de la loi.

Une nouvelle fois elle s’effondra et il fallut pour qu’elle retrouve le sourire que Perry Lopez la demande en mariage le soir de Noël 1959 avec une ensorcelante bague en diamants.

Ils se marièrent le 27 ars 1960, mais ce mariage ne dura guère plus qu’un feu de paille. En 1961, Claire était déjà libre de se remarier dès le 21 Octobre avec Robert Alan Kenaston, fils qu’avait eu l’actrice Billie Dove avec un richissime banquier dont Robert est maintenant l’héritier.

En Juillet 1963 elle divorçait de nouveau après avoir donné le jour à Robert Jr né le 1 Juin 1962.

Claire Kelly ne sera jamais une star mais elle se remariera encore avec un ultime milliardaire, Robert Murphy.

Le  Juillet 1998 elle s’éteignait à Palm Springs où elle avait été tant heureuse avec Frank Sinatra.

Claire Kelly n’avait que 64 ans.

Sa carrière malgré tout ce tapage et sa beauté sensationnelle n’avait jamais vraiment décollé même si elle se montra périodiquement jusqu’en 1972.

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QUE VOIR?

1956:The Best Things in Life are Free: Avec Sheree North, Dan Dailey et Barrie Chase

1958: Snowfire: Avec Don et Molly Macgowan

1958: Party Girl: Avec Cyd Charisse et Robert Taylor

1958: The Badlanders: Avec Kathy Jurado, Alan Ladd et Ernest Borgnine

1959: The Underwater Warrior: Avec Dan Dailey

1959: Ask Any Girl: Avec Shirley MacLaine, Gig Young et David Niven

1965: The Loved One: Avec Anjanette Comer et Dana Andrews

1967: A Guide for the Married Man: Avec Inger Stevens et Walter Mattaw

1972: Straight on Till Morning: Avec Rita Tushingham

540: EVA GABOR

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Lorsque l’on prononce le nom des Gabor, il va sans dire que l’on pense immédiatement à la délicieuse, la fabuleuse, la glamourissime croqueuse de diamants et de maris Zsa Zsa Gabor et que l’on aurait tendance à faire une bien injuste impasse sur sa jeune soeur Eva.

Ce qui est d’ailleurs particulièrement navrant puisque nonobstant le fait qu’Eva n’a rien à envier à Zsa-Zsa, c’est elle qui ouvrit la porte d’Hollywood à sa prestigieuse sœur. Elle y mena une carrière bien plus prolifique et elle avait peut-être un atout supplémentaire sur la célèbre bourrasque de scandale blond: un véritable talent!

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Eva est la cadette des trois sœurs Gabor. Magda a cinq ans et Sari, la future Zsa-Zsa trois au moment de l’heureuse naissance. Née comme ses soeurs à Budapest, Eva voit le jour le 11 Février 1919. Son père Vilmos est un militaire de carrière, sa mère Angelina Jolie est très belle, tout simplement. Celà suffit, avec ses trois filles à remplir sa vie.

Mais si Angelina est très belle, elle est aussi très juive, et bientôt, dans l’ex empire Austro-Hongrois cela va devenir non seulement contre indiqué, mais carrément très dangereux.

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Si on était pas peu fière de sa beauté chez les Gabor, on savait aussi l’importance des têtes bien pleines en plus d’être bien faites! l’éducation sera sévère et très complète pour les trois soeurs, Magda parlera onze langues et Sari-Zsa-Zsa ira parfaire sa stricte éducation dans les plus collet montés des collèges suisses telle une Gene Tierney!

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Les trois soeurs Gabor, très tôt fascinées par le statut de femmes mariées étaient toutes légitimement casées lorsque la guerre éclata!

Magda avait rejoint les rangs de la noblesse polonaise, Sari était à Ankara, mariée à un des proches de l’Ataturk et Eva avait épousé en Juin 1939 un médecin ostéopathe, Eric Valdeman Drimmer. L’ostéopathie science du corps très en avance sur son époque lui avait valu d’être appelé à Hollywood pour y triturer les précieux ossements de la divine Greta Garbo soi-même!

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Eva débarqua donc à Hollywood avec son mari et fut conquise d’emblée! la liberté affichée par les femmes dans la cité du cinéma avait de quoi éberluer une jeune demoiselle éduquée sous des principes mis au goût du jour par Sissi impératrice! A Hollywood, c’est Mae West, Greta Garbo, Marlène Dietrich et Carole Lombard qui fixent les régles! Il n’y a pas à dire, c’est autre chose! D’ailleurs, dès le 6 Mars 1942, Eva divorçe afin d’avoir toute lattitude pour profiter de cette liberté inespérée! Elle argumenta que son cher mari lui refusait les joies de la maternité mais oublia complètement ses instincts maternels avec ses maris suivants!

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Elle était entretemps devenue actrice, c’est le studio Paramount qui le premier s’était rué sur cette fabulesue créature à la plastique sensationnelle malgré sa petite taille et aux manières parfaites! Dès 1941 on l’avait « testée », mais pas question pour une Gabor de vendre des cigarettes dans un night club entre deux fusillades de gangsters, non! Eva débutait dans un premier rôle face à Richard Arlen! On a sa dignité!

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Mais si les soeurs Gabor eurent d’emblée la réputation de têtes folles noyées dans le champagne rosé, la réalité était bien différente. Dès que la menace nazie fut bien réelle, Eva et le mari de Magda, diplomate de son état, réussirent à faire venir Angelina Jolie en Amérique et dans la foulée réussirent à sauver pas moins de 240 familles juives. Malheureusement, les parents de Jolie refusèrent de quitter leur chère Budapest, ils vécurent toute la guerre terrés sous leur maison et moururent sous les décombres du bombardement allié qui anéantit tout leur quartier.

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En 1943, Eva épousait un expert en placements financiers, Charles Isaacs, alors même que Zsa-Zsa mettait le grappin sur Conrad Hilton, mais en 1949 un deuxième divorce mettait fin à cette union dont les résultats, sans doute, ne furent pas à la hauteur des espérances d’Eva.

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Avec les années 50 commencent les années de règne des soeurs Gabor à Hollywood. Elles deviennent des incontournables de la vie mondaine locale. Toujours flanquées aux bras des milliardaires les plus en vue, elles ne paraissent qu’en Rolls-Royce, follement blondes, couvertes de diamants et de fourrures et malgré ce qu’il en coûte de les inviter à dîner, personne ne rechigne sur l’investissement car elles font de la moindre phrase du style « j’ai faim » ou « Où sont les toilettes? » un trait d’esprit si drôle et si raffiné que le lendemain la presse les rapporte à ses lecteurs éblouis. En un mot comme en cent, sortir une Gabor, ça en jette et ce n’est pas à la portée du premier quidam venu.

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Comme Zsa-Zsa, Eva Gabor ne tiendra que peu de premiers rôles, mais elle symbolise tellement le glamour hollywoodien et la chercheuse d’or pourvue de tact mais non de scrupules qu’elle apparaît dans des productions très prestigieuses comme « La Dernière fois que j’ai vu Paris » où elle est la rivale d’Elizabeth Taylor soi-même. Dans les gazettes on se régale de ses tocades pour Glenn Ford, Tyrone Power ou Frank Sinatra.

Mais Eva est à la fois moins tapageuse et plus travailleuse que son illustre soeur. Dès 1949 elle se rue à la télévision et ne quitte plus les plateaux jusqu’en 1994, quelques mois à peine avant son décès! Elle est terriblement présente sur le petit écran et aura même son propre show télévisé. C’est d’ailleurs à la télévision qu’elle doit d’entrer dans la postérité avec le feuilleton « Green Acres » qui sera pour elle ce que sera Dynasty pour Joan Collins: la plus fabuleuse perle de sa couronne pourtant prestigieuse.

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Eva se remaria une troisième fois, avec un chirurgien esthétique, John Williams Erbert, le 8 Avril 1956, comme elle allait vers ses 40 ans on la jugea prudente et avisée, mais le mariage fut bref, le 20 Mars 1957 elle divorçait du roi du bistouri.

Le 4 Octobre 1959, elle se maria pour la quatrième fois à Las Vegas avec un fabriquant de tissus, Richard Brown qui lui offrit une bague en diamants tellement époustouflante qu’Elizabeth Taylor frôla la jaunisse!

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Eva aura la curieuse surprise de voir sa bague mise en vente, elle ne s’était pas apperçue qu’on lui avait volée!  Ses bijoux avaient déjà bien moins d’importance que ses chers animaux et sa très luxueuse villa ressemblait de plus en plus à une arche de Noé pour toutous toilettés.

Le quatrième mari passa à la trappe après lui avoir fait quand même beaucoup d’usage car ils divorcèrent en 1973.

La même année elle épousait un vétéran de l’aéropostale, Frank Gard Jamerson qui mettra dans la corbeille de mariage ses quatres enfants, permettant ainsi à Eva de jouer les belles-mères pour une dizaine d’années, le couple divorçait en 1983.

Eva travaillait sans relâche pour la télévision, elle faisait fortune dans le commerce de perruques et devenait peu à peu une des plus farouches égéries de la protection animale, entrant à la maison blanche comme chez elle si d’aventure Ronald Reagan n’obéissait pas immédiatement à une de ses demandes qui avaient tout d’un ordre, souvent relayé par Doris Day, l’autre cauchemar de Reagan!

Mais en 1995, alors qu’elle s’apprête à fêter ses 80 ans, le destin rattrappe Eva Gabor. Elle fait une mauvaise chute dans la baignoire de son hôtel au Mexique où elle passe ses vacances et ne s’en remettra pas. Sa santé décline rapidement et elle décède chez elle le 4 juillet 1995 endeuillant la fête nationale américaine.

A l’heure de sa mort, Angelina Jolie sa mère est toujours de ce monde. Magda et Zsa-Zsa décident de lui cacher la triste nouvelle et deux ans durant vont lui donner régulièrement des nouvelles d’Eva comme si elle était toujours de ce monde, heureuse et en parfaite santé.

Angelina décède en 1997, le 1 Avril comme une très mauvaise blague. En Juin c’est Magda qui tire sa révérence définitive, laissant Zsa-Zsa seule et désemparée.

La tête la plus solidement vissée d’Hollywood va se montrer fragile et influençable après la perte des siens. Victime d’un mari escroc et d’un accident de voiture qui la laisse invalide, Zsa Zsa ne cesse d’agoniser à l’approche de son centième anniversaire. Aux dernières nouvelles son lamentable mari l’avait spoliée de sa fortune, tentait de vendre sa maison, interdisait à sa fille de la visiter et négiciait la future dépouille de Zsa-Zsa, déjà amputée d’une jambe afin de l’exposer nue et empaillée dans un musée après sa mort.

La fin d’un régne.

Pour retrouver Zsa-Zsa: http://cinevedettelasuite.unblog.fr/a-propos/143-zsa-zsa-gabor-lenjoleuse/

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QUE VOIR?

1941: Forced Landing: Avec Richard Arlen

1941: Pacific Blackout: Avec Martha o’Driscoll et Robert Preston

1952: Love Island: Avec Paul Valentine

1954: The Last Time I Saw Paris: Avec Elizabeth Taylor, Van Johnson et Donna Reed

1955: Artists and Models: Avec Shirley MacLaine, Anita Ekberg, Jerry Lewis et Dean Martin

1957: My Man Godfrey: Avec June Allyson, Martha Hyer et David Niven

1957: The Truth About Women: Avec Julie Harris, Laurence Harvey et Mai Zetterling

1959: It’s Started with a Kiss: Avec Debbie Reynolds et Glenn Ford

1963: A New Kind of Love: Avec Joanne Woodward et Paul Newman

1987: The Princess Academy: Avec Lou Léonard

 

519: DAWN ADDAMS

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L’histoire des actrices d’Hollywood et d’ailleurs foisonne de destins incroyablement bousculés.

Mais à tout prendre, ne pourrait-on pas se demander si Dawn Addams ne fut pas la championne du genre? Une championne hors catégorie! Une championne invaincue et…invincible! Car qui pourrait faire mieux? (Ou pire?)

Cette capiteuse demoiselle vient au monde le 21 Septembre 1930 à Felixtowe en Angleterre. Fille du capitaine d’aviation James Ramage Addams et de son épouse Ethel. La petite fille est baptisée Victoria Dawn Addams.

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Le métier de son père fera d’elle une véritable itinérante! La famille ne reste jamais en place et déménage aux gré des missions paternelles! Il faudra quatorze collèges différents à la jeune fille pour terminer ses études secondaires, aussi bien à Londres, qu’en Californie, à Rio ou à Calcutta.

C’est d’ailleurs à Calcutta que sa maman décède. Son père trop occupé avec son travail confie alors la jeune Victoria à ses grands parents. Ses premières heures de stabilité géographique, et peut-être les seules de sa vie, alors qu’elle n’est pas encore une adolescente.

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Depuis un certain temps, elle rêve de devenir une actrice mais n’a pas encore eu le courage d’en parler à son père.

Or, aubaine, en 1942, son père ce héros, de passage en Californie pour les nécessités de la guerre rencontre et épouse l’actrice Arline Juge (Dont il divorcera en 1945 après l’avoir très peu vue!)

Victoria Dawn s’écria « Chic Alors! Moi aussi je veux devenir une actrice! » Elle avait douze ans et se fit expédier illico à Rio pour s’y calmer un peu les nerfs!

On la reverra sur le sol natal britannique en 1951, âge ou monsieur Addams père n’avait plus rien à lui dire Elle était majeure!

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Mais la demoiselle devenue fabuleusement jolie n’avait pas renoncé à ses velléités d’actrice! Elle avait un agent et avait fait ses débuts au Théâtre en perdant son premier prénom.

Nous étions en 1951, le nec le plus ultra de la beauté féminine était alors représenté par Elizabeth Taylor, or l’agent de Dawn trouvait précisément que sa cliente ressemblait à Liz comme deux perles fines. Tout le monde s’accorda sur la ressemblance avec Elizabeth Taylor (Sauf moi qui, rétrospectivement il est vrai, trouve que Dawn Addams ressemble plutôt à Jennifer Jones!)

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Il restait un petit rôle de jolie fille à distribuer dans un film que tournait Ray Milland avec Nancy Davis et Jean Hagen. La nouvelle Elizabeth Taylor fut engagée et enchaîna immédiatement avec un autre film dont Walter Pidgeon et Ann Harding étaient cette fois les vedettes.

La MGM envoya un contrat et un billet de première sur un paquebot, Dawn Addams était attendue à Hollywood et se fit parachuter sur le plateau de « Chantons sous la Pluie » pour voir ce qu’elle donnait en couleurs. On lui fabriqua une romance avec Peter Lawford pour faire parler d’elle. Les traditions étaient respectées.

Dawn, contrairement à Elizabeth Tatylor et Joan Collins ses compatriotes ne se départissait pas de son accent anglais, ce qui la mettait d’emblée en compétition pour tous les rôles d’Anglaises qui se présentaient C’est ainsi qu’elle sera du casting de « Limelight », le film que prépare Charlie Chaplin en 1952. Chaplin tomba littéralement en admiration devant Dawn, Oona son épouse lui emboîta le pas et le couple se mit à adorer Dawn Addams. La production par contre lui préféra Claire Bloom et l’imposa à Chaplin pour le rôle.

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Dawn avec Oona et Charles Chaplin

Dawn Addams ne fit pas le film mais l’amitié qui la lia au couple Chaplin dura pour le reste de leur vie. Charlot promit à Dawn qu’elle ferait un film avec lui et elle sera son ultime partenaire à l’écran dans « Un Roi à New-York » en 1957.

Dawn Addams devient donc une part intégrante du « tout hollywood ». Intime de Shelley Winters ou de Zsa-Zsa Gabor, Elle a une relation avec le couturier Oleg Cassini ce qui la place sur un pied d’égalité avec Grace Kelly et Gene Tierney . La presse s’amuse beaucoup lorsque la robe qu’il crée pour qu’elle assiste à la première des « Neiges du Kilimanjaro » se déchire complètement!

Sa carrière prend enfin du galon en 1953 avec « The Moon is Blue » avec William Holden, David Niven et Maggie MacNamara. le sujet du film fait scandale: la virginité de Dawn!

Le succès du film et son rôle sulfureux font d’elle une des actrices « sexy » du cinéma américain et il faut dorénavant une scène avec Dawn en petite tenue dans ses films. La tête de Chaplin prié d’ajouter une scène à son film pour dénuder son actrice! (Dawn sera surprise dans sa salle de bains)!

Dawn Addams, grâce à son enfance itinérante prend l’avion comme d’autres le métro, et le lieu géographique d’un tournage n’entre jamais dans ses critères de sélection! C’est ainsi qu’elle tourne à Hollywood, joue à Broadway et accepte des films en Angleterre, en Allemagne, en France et en Italie!

Elle est d’ailleurs en pleine « Lova Affair » avec l’acteur français Claude Dauphin, et parce qu’il a loupé un rendez-vous, Dawn grimpe dans le « Los Angeles-Paris via New-York » pour lui demander une explication en face à face au pied de la tour Eiffel! Non mais!

Un mois plus tard Dauphin prend l’avion pour Hollywood où l’attend un film chez Warner, Dawn n’est pas là, elle est à Rome!

Et c’est au cours de ce voyage qu’elle va faire la connaissance du prince Massimo et que son destin va basculer à jamais.

Le couple entame une longue romance ultra médiatisée, pensez donc! Un prince italien et la star d’Hollywood si facilement déshabillée!

Après l’inévitable chassé croisé avec les paparazzi et les déclarations contradictoires à la presse, le 29 Avril 1954, Dawn Addams devient princesse de Roccasecca de Volsques. Oona et Charlie sont bien entendu à ses côtés lors de la très distinguée cérémonie.

N’oublions pas que le mariage monégasque de Grace Kelly n’a pas encore eu lieu, Dawn monopolise toutes les premières pages des magasines « people »

Ah comme on aime les photos de la princesse dans son château aux portes de Rome où elle reçoit à dîner Gina Lollobrigida sa meilleure amie italienne, Ah comme elle est belle au volant de sa rutilante Lancia décapotable rouge ou dans son boudoir tendu de toile de Jouy.

Et sous les photos de conte de fée toujours la même légende: « Par amour, Dawn Addams abandonne le cinéma ». Ce qui n’empêche pas leurs altesses d’arriver fins bourrés l’une comme l’autre à des réceptions ou à en venir aux mains dans les restaurants les plus guindés de Rome!

Le 10 Janvier 1955, un petit prince vient couronner cette union, le petit Stefano Massimo est né. A Londres! Dawn prévoyante, trouvant les lois italiennes misogynes préfère que son fils soit de nationalité anglaise. Noblesse italienne ou pas. La chose ne plut pas!

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Et comme le conjoint frustré manifestait lui aussi un peu trop de velléités machistes, Dawn refit du cinéma, se déshabilla comme toujours et ses photos en tenues très légères inondèrent la presse! La petite culotte de princesse, ca fait vendre! Même si aujourd’hui les photos de Dawn pourraient illustrer une tombola de patronnage!

Le statut de Dawn Addams devient très particulier en cette fin des années 50. D’un côté elle est une reine de la jet set, princesse aux manières exquises vivant dans un château, amie des plus grands et tournant pour Chaplin, et d’un autre côté on l’affuble d’une perruque rousse pour qu’elle vienne montrer ses seins dans un film de Brigitte Bardot  »Voulez-vous Danser avec Moi » , remplaçant au pied levé Sylvia Solar emportée par une leucémie.

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Dawn dans « Voulez-vous Danser avec Moi?

En Novembre 1958, le couple Massimo se sépare officiellement et le conte de fées tourne à l’histoire navrante.

Dawn s’envole pour le festival du film de Moscou où elle est reçue comme une déesse puis s’installe à Paris, renonçant au château italien.

Dawn tourne des films, son mari dont elle ne peut divorcer puisque le divorce est interdit en Italie la traite de tous les noms et jubile lorrsque Dawn perd le contrôle de sa voiture de sport sur la Côte d’Azur où elle tourne un film, l’accusant d’être ivre au volant et de déshonorer sa galerie d’ancêtres! (Alors que lui-même s’affiche avec une chanteuse de night club, Dana Boni, et loue le château desdits ancêtres pour qu’on y tourne des films d’horreur!)

Le public avait suivi de minute en minute cette saga sentimentale entre l’actrice et le prince, il y mit son grain de sel! Une guerre faillit éclater entre les Italiens qui vilipendaient Dawn en l’accusant d’abandonner sa famille et son enfant pour ses ambitions d’actrice et de vouloir ravir le petit prince à son père pour en faire un « petit anglais » Et dans les journaux anglais, c’est le prince qui était traîné dans la boue.

Dawn se défendait comme elle le pouvait, alimentant hélas le conflit international « Il est faux de dire que la justice italienne m’interdit de porter le nom et le titre de mon mari, si je ne le fais pas c’est que je préfère m’appeler Dawn Addams »!

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La situation matrimoniale mettra 13 ans à se résoudre. 13 ans de batailles juridiques et personnelles dont le public ne perdra pas une miette, gavé jusqu’à l’écoeurement des rebondissement sans cesse plus picaresques de toute l’affaire dont l’enjeu est le petit Stefano.

En 1959,  Stefano, alors très provisoirement à la garde de son père tombe gravement malade et Dawn est exceptionnellement autorisée à le voir en dehors des périodes de vacances. Elle sort de la visite tellement ébranlée qu’il faut l’hospitaliser et que ses médecins craignent pour son équilibre mental si elle reste séparée de son petit garçon. Chaque fois que le prince consent après moult palabres à lui laisser voir son fils, la visite tourne au pugilat et Dawn se fait jeter dehors comme un chien, tétanisée, incapable de reprendre le volant ni même de marcher jusqu’à sa voiture.

Elle doit attendre 1962 pour que son fils qui a maintenant 7 ans puisse passer des vacances avec elle à Londres. Elle va tout tenter pour le garder et même supplier la reine! Le prince hurle au kidnapping et fait saisir tous les biens de Dawn restés en Italie dont une villa qu’elle avait achetée pour pouvoir visiter son fils au château sans devoir y séjourner! Soulignons que lorsque l’acte d’achat de ladite villa fut signé, le prince, feignant de l’ignorer déclara à la presse: « Je me suis mal conduit avec Dawn, je fais faire de nombreuses transformations au château afin qu’une aile soit complètement indépendante pour elle, elle y séjournera quand elle voudra et ainsi elle verra Stefano, nous sommes las l’un et l’autre de ces va et viens perpétuels »

L’été 1962, la presse se régale de la situation rocambolesque de cette famille! Dawn « craignant que son mari ne profite des vacances pour kidnapper son petit garçon » les passe à bord d’un yacht en Mediterrannée. Tête du mari qui en cette période avait la garde officielle de l’enfant! Les journalises, pris dans ce tourbillon juridique et spectaculaire n’avaient plus le temps de suivre! Dawn, rétorqua: « Je ne m’isole pas à cause de mon mari mais à cause de ces imbéciles de paparazzi qui ont pourri mes vacances avec mon fils l’année passée! »

Durant une des innombrables visites du couple aux tribunaux, en l’occurrence celui de Rome, le juge eut l’idée de soumettre les deux belligérants aux bons soins du professeur Sabatucci, spécialise en psychologie faisant l’admiration de ses pairs et jouissant de la confiance des tribunaux. L’éminent devant trancher avec toute sa science et décider de qui, du père ou de la mère était le plus équilibré et donc le plus apte à garantir l’éducation d’un jeune enfant. Le pauvre homme, de guerre lasse décréta que tout compte fait, il valait encore mieux confier l’enfant à un collège où il serait interne. Les deux parents présents se levèrent d’un bond, haranguèrent ce pauvre professeur qui fut unanimement traité de nullité, exigeant que ce minable diagnostic fut invalidé. le pauvre homme se tournant alors vers la cour d’un air las qui signifiait clairement « vous voyez que j’ai raison! »

Un seul petit dérivatif pour Dawn en 1963 où elle se fait pousser dans la piscine d’Alain Delon à Hollywood, entraînant Virna Lisi dans sa chute, laquelle ne se remit jamais de l’outrage fait à sa mise en plis et Christian Jacque tombant lui aussi à l’eau, sans doute par sollicitude.

Malgré l’insistance de Chaplin, elle n’obtiendra pas de rôle dans « La Comtesse de Hong-Kong ». Pour Hollywood elle est finie, le tumulte de sa vie privée a , comme pour Jayne Mansfield, pris le pas sur sa réputation d’actrice.

Mais à Londres elle est une star et la télévision la réclame sans cesse, elle sera une habituée du « Saint » face à Roger Moore en Simon Templar!

En 1966 le combat Addams-Massimo est loin d’être terminé, on en est encore à envoyer les inventaires des biens confisqués à Dawn à la presse pour se plaindre qu’il manque trois potiches et deux chaises de cuisine!

C’est alors que Dawn met en Mars 1966 un autre petit garçon au monde, Shawn Noël Patrick Addams , tenant l’identié du père secrète.

Bien entendu le prince fait un scandale et Dawn se fait voler tous ses bijoux, ce qui n’a rien a voir mais arrive en même temps!

Alors que Dawn annonce que le père du petit Shawn est son ami Michael Howard, un industriel italien prétend être le père et exige que l’enfant lui soit confié!

La mort mettra tout le monde d’accord. Le 11 Novembre 1966, le petit Shawn est très malade. Le bébé de six mois est atteint d’une bronchite pneumonique et entre dans des convulsions, il décèdera dans les bras de sa maman pendant le trajet en ambulance vers l’hôpital.

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Le soir même, elle est en scène avec Michael Howard et après le spectacle le public leur octroie une standing ovation.

L’année suivante elle se produit, toujours avec Michael Howard sur le paquebot France. Le prince Massimo est peu à peu débouté de toutes ses procédures à l’encontre de l’actrice Ses biens lui sont rétrocédés et elle achète un magnifique manoir sur l’île de Malte.

En 1973, elle n’est libre de voir son fils Stefano quand et comme elle le veut que depuis deux ans lorsqu’il lui annonce son intention de se marier à dix-huit ans tout juste.

Le prince hurle comme à son habitude, Dawn qui aurait tant voulu avoir son fils encore un peu à ses côtés consent, déclarant dans les réunions au sommet qui réunissent les deux familles, les Massimo et les Foxwell: »Nos enfants sont très jeunes mais ils s’aiment, celà seul compte »

En Septembre 1974 elle épouse un homme d’affaires aujourd’hui rentier Jimmy White.

Le couple coule des jours heureux à Malte, Dawn prend moins d’avions mais elle en prend encore énormément!

En 1985 on la sait en Floride, soignée pour le cancer du poumon qui a frappé l’invétérée fumeuse.

Durant le traitement elle tombe dans le coma et reste inconsciente trois semaines. Puis, réveillée elle demande à être rapatriée à Londres pour y mourir. Encore un avion. Un dernier.

Le 7 Mai 1985 elle s’éteint, à Londres comme elle l’avait souhaité.

Dawn Addams n’avait que 54 ans mais quelle importance? Elle avait vécu cent vies.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1951: Night into Morning: Avec Nancy Davis, Jean Hagen et Ray Milland

1951: The Unknow Man: Avec Walter Pidgeon et Ann Harding

1952: Singin in the Rain: Avec Debbie Reynolds et Gene Kelly

1953: Young Bess: Avec Jean Simmons, Deborah Kerr et Stewart Granger

1953: The Moon is Blue: Avec Mercedes MacCambridge, William Holden et David Niven

1953: The Robe: Avec Jean Simmons, Victor Mature et Richard Burton

1954: Mizar: Avec Franco Silva et Vic Damone

1954: Secrets d’Alcôve: Avec Vittorio de Sica

1954: Riders to the Stars: Avec Martha Hyer , William Lundigan et Herbert Marshall

1955: Il Quattro del Getto Tonante: Avec Tino Carraro et Massimo Girotti

1957: A King in New-York: Avec Charles Chaplin

1958: l’Ennemi Silencieux: Avec Laurence Harvey

1958: Il Mistero de la Pensione Edelweiss ( Sursis pour un vivant) Avec Henri Vidal et Lino Ventura

1958: Les Bateliers de la Volga: Avec John Derek et Elsa Martinelli

1959: L’Île du Bout du Monde: Avec Magali Noël et Rossana Podesta

1959: Secret Professionnel (Les Fruits du Péché): Avec Raymond Pellegrin

1959: Voulez-Vous Danser avec Moi? Avec Brigitte Bardot, Henri Vidal, Dario Moreno et Noël Roquevert

1961: Les Menteurs: Avec Jean Servais et Claude Brasseur

1961: Follow that Man: Avec Sidney Chaplin et Mark Baker

1962: L’Education Sentimentale: Avec Marie-José Nat, Jean-Claude Brialy et Michel Auclair

1963: Come Fly with Me: Avec Dolorès Hart et Pamela Tiffin

1964: La Tulipe Noire: Avec Virna Lisi et Alain Delon

1966: Where the Bullets Fly: Avec Tom Adams

1970: The Vampires Lovers: Avec Ingrid Pitt et Peter Cushing

1971: Sapho ou la Fureur d’Aimer: Avec Marina Vlady et Renaud Verley

1973: The Vault of Horror: Avec Terry Thomas, Michael Craig et Curd Jurgens

1969: Zeta One: Avec James Robertson Justice et Anna Gaël

 

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