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SANDRA MILO

sandra milo

Sandra Milo est, n’ayons pas peur des mots, à la fois un cas à part et…Un cas tout court. Le public se souvient d’elle en blonde hypersexuée et complètement perchée dans l’univers de Federico Fellini.

Que c’est réducteur.

Sandra Milo vient au monde sous le patronyme de Salvatrice Elena Greco. Nous sommes le 11 mars 1933 et nous sommes à Tunis. Ce qui fait un point commun à Sandra Milo et Claudia Cardinale que d’être des Italiennes de Tunisie.

On ne sait pas grand-chose des débuts de Sandra. A commencer par les circonstances de son retour en Italie.

On la découvre en accorte brunette au cinéma, papillonnant entre d’autres beautés autour d’Alberto Sordi dans « Le Célibataire ». Nous sommes en 1955. Dans 4 ans, Sandra sera devenue une star que les plus illustres réalisateurs s’arrachent. En Italie bien sûr avec Luigi Zampa, Federico Fellini, Sergio Corbucci et Roberto Rossellini mais aussi en France. Aux heures les plus chaudes de sa notoriété italienne, Sandra Milo s’impose dans le cinéma d’André Cayatte, Edouard Molinaro, Michel Boisrond, Claude Autant-Lara ou Claude Sautet.

Et s’il en est pour douter du prestige de Sandra, qui à part elle peut se vanter d’avoir été la partenaire d’Alain Delon, de Jean-Paul Belmondo, de Lino Ventura, de Bourvil, de Brigitte Bardot, de Michèle Morgan ou de Martine Carol ? Personne à ma connaissance.

Sandra Milo

De la brune piquante, assistante du chirurgien Gérard Oury dans « Le miroir à deux faces », elle passe à la blonde capiteuse et peu farouche se régalant au marché noir de l’occupation dans « Le chemin des écoliers ».

Sandra qui sait faire preuve d’une grande justesse et d’un sens de la composition assez sensationnel est en passe de devenir une véritable star des années 60 prête à talonner Sophia et Claudia. Et que lui importe de ne pas tenir les premiers rôles dans ses films, elle trouve à se régaler dans les seconds. Après tout, elle sait être tout à fait sensationnelle sans même dire un mot. Elle est soucieuse de perpétrer à la ville un personnage de cinéma comme le font Lana Turner, Gina Lollobrigida, Martina Carol ou Marilyn Monroe. Sandra, plus comédienne que vedette n’hésite pas à se montrer laide, vulgaire ou stupide. Peut-être même que le risque qu’implique certains personnages pour son image idéale l’a incitée à les accepter.

Malheureusement, L’éclectisme et la liberté de Sandra Milo vont jouer contre elle dans un cinéma qui s’apprête à connaître ses plus grands bouleversements.

sandra milo

Les années 60 sont les années « nouvelle vague » qui fait la part belle au jeunisme et à l’amateurisme. On ne déniche plus les actrices au conservatoire mais aux rayons des grands magasins. Sandra est une comédienne bien trop aguerrie pour un jeune Lelouch pour un jeune Truffaut. En outre elle véhicule une image de blonde platinée qui va se démoder aussi vite que les manteaux de vison tourmaline et les Cadillac roses.

sandra milo

En outre encore, elle est pour le cinéma français une actrice italienne et pour l’Italie elle est « LA » Milo…Qui tourne en France.

Comble de tout, Sandra n’est liée à aucun producteur, elle n’a pas de puissant mari comme Silvana Mangano, Sophia Loren ou Claudia Cardinale pour l’imposer.

Tout cela ajouté au cinéma français qui change et au cinéma italien qui vit ses dernières heures avant que son âge d’or ne s’envole comme un courant d’air dans un studio désaffecté de Cinecitta.

sandra milo

On a coutume de dire que Sandra Milo avait abandonné sa carrière au milieu des années 60 pour se consacrer à sa famille. Comme si au fond, le cinéma n’avait été qu’un aimable divertissement pour jeune femme en attente de mari.

Or rien n’est plus faux. Même si Sandra ne trouve plus de rôles dans des films inoubliables c’est qu’il n’y a plus de films inoubliables ou si peu. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne tourne plus pour autant. Quant à prendre sa carrière par-dessus la jambe, là encore c’est faux.

Surfant sur le triomphe du film de Fellini « Juliette des Esprits », elle s’était envolée pour les USA à la fin de l’année 1965. Elle s’était posée à New-York et y apprenait l’anglais à l’école Berlitz. Les journalistes affolés étaient sur sa piste et trouvèrent que son professeur ressemblait fort à Jacques Charrier. Questionné sur le talent de sa belle élève en anglais il fit cette excellente réponse « Je n’en ai pas la moindre idée, elle ne parle qu’avec les mains ! »

sandra milo

Sandra ne s’attarda pas en Amérique, il n’est même pas certain qu’elle ait fait le voyage de New-York jusqu’à la Côte Ouest. Mais c’est que voyez-vous, les major Company renonçaient aux contrats à long terme. Ce qui voulait dire que Sandra aurait dû repartir à zéro dans un pays où elle n’avait aucun contact, aucun appui, aucune perspective et ne maîtrisait même pas la langue. L’engouement pour le film de Fellini n’allait pas être éternel. Alors Sandra rentra chez elle. Comment aurait-elle pu faire autrement ? L’Italie la portait au triomphe avec une comédie signée Dino Risi où elle avait le premier rôle ! « L’ombrellone ». On lui proposait un film à sketches avec Michèle Mercier et la télévision lui faisait les yeux doux.

Alors ? N’être personne à l’étranger ou une star à la maison ? Qui hésiterait ?

Milo-sandra

Sandra allait en effet se marier. Elle allait même se marier deux fois. Avec Moris Ergas d’abord avec qui elle aura une fille Deborah. Puis avec Ottavio De Lollis avec qui elle aura deux enfants. Ciro et Azzurra.

Le temps passant, Sandra qui ne s’était jamais régalée de publicité resta présente mais toujours discrète, ce qui fit dire à quelques bêtas qu’elle s’était retirée.

milo sandra

C’est d’autant plus faux qu’à 88 ans, Sandra Milo, toujours blonde, toujours délicieuse posa nue, sa pudeur judicieusement camouflée par des draps immaculés. « Non, je ne suis pas ridicule ! » S’exclamait Sandra. Exaspérée par un dernier tabou du siècle passé toujours en vigueur et même plus que jamais. Aujourd’hui toutes les libertés se gagnent, toutes les identités, tous les genres sont égaux en droit. Sauf les femmes qui n’ont pas le droit de se montrer vieillies, priées de ne plus se montrer comme si les ans qui passent bonifiaient les hommes et avilissait les femmes.

Vive Sandra Milo.

Celine Colassin

sandra milo

QUE VOIR ?

1955 : Le célibataire : Avec Alberto Sordi

1956 : Les Week-ends de Néron : Avec Brigitte Bardot et Gloria Swanson

1956 : Helena et les hommes : Avec Ingrid Bergman

1956 : Moglie e buoi : Avec Gino Cervi et Walter Chiari

1957 : Les aventures d’Arsène Lupin : Avec Robert Lamoureux

1958 : Toto nella luna : Avec Sylva Koscina, Toto et Ugo Tognazzi

1958 : Le miroir à deux faces : Avec Michèle Morgan et Gérard Oury

1959 : Un témoin dans la ville : Avec Lino Ventura

1959 : Le chemin des écoliers : Avec Alain Delon et Lino Ventura

1959 :  Il generale Della Rovere : Avec Vittorio de Sica

1959 : La jument verte : Avec Valérie Lagrange et Bourvil

1960 : Classe tous risques : Avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo

1960 : Adua et ses compagnes : Avec Emmanuelle Riva et Simone Signoret

1961 : Vanina Vanini : Avec Martine Carol et Laurent Terzieff

1963 : Il giorno più corto : Avec Annie Girardot, Toto et Gino Cervi

1963 : 8 ½ Avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale et Anouk Aimée

1963 : Méfiez-vous mesdames : Avec Danielle Darrieux et Michèle Morgan

1964 : Frenesia dell estate : Avec Vittorio Gassman et Michèle Mercier

1964 : Un monsieur de compagnie : Avec Jean-Pierre Cassel et Catherine Deneuve

1964 : Ah les belles familles ! Avec Jean Rochefort

1965 : Juliette des Esprits : Avec Giulietta Masina

1967 : Bang-Bang Kid : Avec Guy Madison

1968 : T’ammazzo!… Raccomandati a Dio : Avec Georges Hilton et John Ierland

1979 : Aldo fait ses classes : Avec Silvia Dionisio et Aldo Maccione

1995 : Camirieri : Avec Paolo Villaggio

2003 : Un cœur ailleurs : Avec Vanessa Incontrada et Giancarlo Giannini

2010 : Alta infedeltà : Avec Pino Insengo

2014 : Con tutto l’amore che ho : Avec Cristel Carrisi

2018 : Un nemico che ti vuole bene : Avec Diego Abatantuono

2021 : Un dragon en forme de nuage : Avec Bérénice Bejo et Alex Lutz

 

 

 

MURIEL PAVLOW

muriel pavlow

C’est le 27 Juin 1921 , des amours d’un russe et d’une française que naît à Leigh, dans le Kent, la petite Muriel Lilian Pavlow. Une mère venue du pays de Corneille et de Molière, un père venu du pays de Tchekhov pour s’aimer au pays de Shakespeare, voilà les augures qui prédestinèrent à la vocation théâtrale de cette ravissante jeune demoiselle. Une passion précoce, à 13 ans elle avait déjà réussi à se faufiler dans la distribution d’un film de Gracie Fields! « Sing as We Go ».

A 16 ans elle tournait dans l’ombre de la très allurale Marcelle Chantal et tâtait de cette chose nouvelle appelée « télévision »!

Très sérieusement formée à la rude école du théâtre comme le veut la tradition anglaise qui ne badine pas avec la formation théâtrale, la jeune Muriel aurait pu devenir et rester une servante des grands auteurs nationaux. Mais lorsque l’on naît en 1921, on a dix-huit ans en 1939, l’âge de toutes les furies et de toutes les passions. Muriel aura une guerre à disposition pour y exprimer toute sa flamme. La demoiselle avait commencé sa carrière, remarquée par John Gielgud, mais dans une nation menacée, elle sera la première à s’engager dans l’ENSA , l’équivalent anglais du théâtre aux armées américain.

On a beau être une actrice, on n’en est pas moi patriote! Et qui de plus est, une patriote à la volonté farouche et au courage sans compromis! Courage et…énergie!

muriel pavlow

C’est durant cette maudite guerre qu’elle trouve le temps de faire ses véritables débuts d’actrice au grand écran et c’est en 1941 qu’elle épouse celui qui restera l’homme de sa vie: l’acteur Derek Farr de 9 ans son aîné. Ils s’étaient rencontrés sur le plateau du film « Quiet Marriage », un titre prémonitoire qui leur allait comme un gant!  45 ans d’amour, 39 ans d’union avant que Derek ne la laisse veuve en 1986. S’ils ne s’étaient pas mariés immédiatement mais seulement six ans après leur rencontre, c’est que Derek devait d’abord divorcer de Carol Lynn qu’il avait épousée deux ans seulement avant de rencontrer Muriel!

Muriel Pavlow va durant toutes les années 50 être une jeune vedette anglaise très populaire, tenant le type de rôles que l’on confie à Janet Leigh à Hollywood. A cette différence près que Muriel se produit régulièrement dans l’ombre d’autres stars telles que Phyllis Calvert, Margaret Lockwood, Juliette Greco ou Kay Kendall à qui elle donnera la réplique à trois reprises. Et soyons justes, qu’elle précède parfois à l’affiche!

C’est dans les bras de Dirk Bogarde qu’elle connaîtra ses plus grands succès personnels grâce à la série des « Toubib » alors follement populaire en Angleterre même si aujourd’hui ce succès nous dépasse complètement. Muriel Pavlow sera de deux épisodes, ce qui lui en fait un de plus que Brigitte Bardot ou Mylène Demongeot. En 1961 après « Murder She Said » où l’excellentissime Margaret Rutherford était une non moins inénarrable miss Marple, Muriel Pavlow fête ses 40 ans et…Quitte le grand écran! Elle se produira dorénavant à la télévision.

Décision tenue irrévocable jusqu’en…2009 soit 48 ans d’absence au cinéma avant un court retour dans  » Glorious 39″.

Muriel s’est éteinte dans sa 97ème année le 19 janvier 2019

Celine Colassin

muriel-pavlow

QUE VOIR?

1934: Sing as we Go: Avec Gracie Fields et John Loder

1937: A Romance in Flanders: Avec Marcelle Chantal et Paul Cavanagh

1941: Quiet Wedding: Avec Margaret Lockwood et Derek Farr

1946: Night Boat to Dublin: Avec Robert Newton et Herbert Lom

1947: The Shop at Sly Corner : Avec Derek Farr et Diana Dors

1952: It’s Started in Paradise: Avec Jane Hylton, Kay Kendall et Ian Hunter

1953: The Net: Avec Phyllis Calvert et James Donald

1954: Toubib in the House: Avec Dirk Bogarde et Kay Kendall

1955: Simon and Laura: Avec Kay Kendall et Peter Finch

1956:  Reach for the sky: Avec Kenneth More

1957: Toubib at Large: Avec Dirk Bogarde

1958: Rooney: Avec John Gershon

1959: Whirlpool: Avec Juliette Greco et O.W. Fisher

1961: Murder She Said: Avec Margaret Rutherford et James Robertson Justice

2009: Glorious 39: Avec Romola Garai, Julie Christie, Jenny Agutter et Christopher Lee

 

 

MARIANNE STONE

stone marianne

La vie de Marianne Stone ressemble à un petit conte de fées anglais aux rouages et aux péripéties parfaitement huilées. Un conte de fée dont l’héroïne se serait lancé le pari d’être l’actrice anglaise avec le plus grand nombre de films sur son curriculum vitae! Pari réussi puisque Marianne Stone figure dans le livre des records à ce titre! Elle en a tourné plus de deux cents même si parfois elle ne fait que passer sans rien dire!

Ce qui n’empêchera pas quelques apparitions d’anthologie!

Marianne Stone naît Mary Haydon Stone, le 23 Août 1922 à Londres. Issue d’un milieu modeste, elle bénéfice d’une bourse pour entrer à la Royal Academy of Dramatic arts où elle va se lier d’amitié pour la vie avec un certain Richard Attenborough. La carrière de son si cher ami des jeunes années décollera de manière fulgurante et il ne se fera pas faute de recommander sa copine Marianne à ses réalisateurs. Ce qui fait d’elle l’actrice ayant donné le plus souvent la réplique à Sir Richard! Marianne Stone qui fait partie de ces femmes chrysalides devenues jolis papillons avec la maturité débute au théâtre en 1943 et jouera presque sans relâche jusqu’à la fin de la guerre. Et durant cette période où elle fit preuve de beaucoup de talent mais aussi de témérité puisque Londres flambait sous les bombes, elle s’avoua très étonnée d’avoir toujours d’excellentes critiques de Peter Noble, et ce, même si elle ne disait qu’une ligne dans un spectacle.

marianne stone

Elle souhaita donc le rencontrer et se retrouva face à un jeune journalise ému comme un collégien car il était tombé amoureux de Marianne dès qu’il l’avait vue pour la première fois sur scène. Marianne et Peter vont former alors un couple de joyeux lurons, toujours flanqués avec les Attenborough, animant après leurs performances théâtrales les joyeuses nuits du tout Londres enfin débarrassé des velléités guerrières des Allemands.

Ils sont enfin mariés en 1947. Il avait fallu attendre que Marianne en ait fini avec les deux pièces qu’elle jouait en alternance.  L’illustre Herbert Lom fut leur témoin. Ils allaient former un couple uni que seule la mort pourra séparer et ils seront les parents de deux filles, Kara et Katrina. Avec le mariage et les enfants, ils sortirent moins. Mais leurs fêtes maintenant données à la maison d’Abbey Alley où ils reçoivent leurs nombreux amis sont aussi célèbres que leurs sorties échevelées d’autrefois. La réputation de bon vivant et joyeux viveur de Peter Noble précèdera toujours sa réputation de journaliste! On peut toujours venir sonner à l’improviste chez les Noble, et on est sûr d’y rencontrer les Attenborough, bien sûr, Herbert Lom évidemment, mais aussi Joan Crawford, Lana Turner, Sean Connery ou Roger Moore, Elizabeth Taylor ou…Paul McCartney! Ce sont des amis et la maison d’Abbey Valley fera plus d’une fois concurrence au Savoy lorsqu’il s’agira d’héberger des stars hollywoodiennes en tournage ou en villégiature à Londres!

marianne stone

Quant à Marianne, c’est parce qu’elle a maintenant un mari et une petite famille qu’elle va privilégier le cinéma au théâtre. Les après-midi de tournage aux studios de Pinewood sont bien moins contraignantes que les  soirées de représentations théâtrales et leurs longues répétitions. Et comme Marianne et Peter connaissent tout le monde, les engagements ne manquent pas. Surtout que Marianne est toujours disponible pour dépanner les amis, même pour un petit rôle sans envergure.

Mais elle laissera malgré tout une empreinte indélébile dans le paysage du cinéma international. Très proche de la famille Kubrick, Stanley l’invite à rejoindre le tournage de « Lolita ». C’est elle qui arrive au bal avec Peter Sellers avec des airs de Juliette Gréco et perchée sur des talons aiguilles de douze centimètres pour faire une démonstration de « danse intellectuelle » Que du bonheur pour le public mais aussi pour Marianne qui donnait la réplique à une de ses meilleures copines Shelley Winters!

marianne stone et peter SEllers

Marianne Stone avait un don inné pour la comédie et le public se régalait de ses apparitions toujours excellentes. Même et surtout lorsqu’elles étaient muettes. Le meilleur exemple en est peut-être son apparition en journaliste à la conférence de presse que donne Marlon Brando dans « La Comtesse de Hong-Kong » de Chaplin. Un petit bijou! A noter que sa créature de « Lolita » est elle aussi muette qu’une borne.

Marianne Stone va donc surfer à la fois sur la vague des superproductions internationales de prestige, sur la vague de l’humour avec entre autres son personnage récurrent dans les série des « Carry On » et bien entendu la vague des films d’horreurs dont la Hammer va se faire une spécialité durant près de deux décennies et dont elle deviendra une des habituées. Inutile de dire qu’elle s’était engouffrée avec délectation à la télévision où la rapidité des tournages lui convenait encore mieux qu’au cinéma!

Marianne Stone finit par devenir une véritable icône et bientôt l’apercevoir dans un film ou une émission Tv devient un sport national pour admirateurs avertis. Et à l’heure où j’écris ces lignes, il existe des forums très fréquentés sur internet qui n’ont pas d’autre but que de découvrir de nouvelles apparitions de Marianne Stone dans un film encore non référencié dans son incroyable filmographie. Je viens de « tomber dessus » tout à fait par hasard dans « Peine Capitale » où elle est une des gardiennes de prison en charge de la condamnée à mort Diana Dors

Marianne n’est hélas plus des nôtres pour apprécier à sa juste valeur ce savoureux résultat dû à toute une vie au service du théâtre, du cinéma et de la télévision. Après 50 années d’un mariage réussit, Peter Noble l’avait laissée veuve en 1997. Elle avait renoncé à sa carrière en 1989 malgré les incessantes propositions qui ne cessaient de pleuvoir sur sa tête. Le temps avait passé et Marianne était fatiguée, Peter vieillissait.

Ringo Starr et Marianne Stone

Ringo Starr et Marianne Stone

Le public en fut un peu estomaqué, elle était encore tellement resplendissante, comment pouvait-elle envisager sa retraite. C’est que Marianne Stone pour n’avoir pas été une ravissante jeune fille était devenue une femme resplendissante et pour tout dire sensationnelle au fil du temps. Et si elle se retirait à 77 ans ce qui est quand même raisonnable, elle en paraissait vingt-cinq de moins!

Marianne Stone s’est éteinte dans son Londres adoré, entourée de ses deux filles et de son seul petit fils le 21 Décembre 2009 à l’âge vénérable de 87 ans.

Celine Colassin

marianne stone

QUE VOIR?

1943: Miss London: Avec Evelyn Dall, Jean Kent et Anne Shelton

1947: When the Bough Breaks: Avec Patricia Roc et Rosamund John

1949: Marry Me: Avec Susan Shaw et Derek Bond

1949: A Boy, a Girl and a Bike: Avec Honor Blackman et Diana Dors

1951: The Magic Box: Avec Maria Schell, Richard Attenborough et Robert Donat

1951: High Treason: Avec Joan Hickson et Liam Redmond

1953: A Day to Remember: Avec Joan Rice, Odile Versois et Stanley Holloway

1953: 36 Hours: Avec Elise Albin et Dan Duryea

1954: Dance, Little Lady: Avec Mai Zetterling et Terence Morgan

1954: The Gay Dog: Avec Petula Clark et Wilfred Pickles

1954: The Crowded Day: Avec Joan Rice et John Gregson

1954: You Know What Sailors Are!: Avec Sarah Lawson, Dora Bryan et Akim Tamiroff

1954: The Runaway Bus: Avec Margaret Rutherford, Belinda Lee, Lisa Gastoni et Petula Clark

1954: Beautiful Stranger: Avec Ginger Rogers et Herbert Lom

1954: Mad About Men: Avec Glynis Johns, Margaret Rutherford et Anne Crawford

1954: The Good Die Young: Avec Gloria Grahame, Laurence Harvey, Joan Collins et Richard Basehart

1955: Bardados Quest: Avec Delphi Lawrence et Tom Conway

1955: The Quatermass Xperiment: Avec Margia Dean, Lionel Jeffries et Brian Donlevy

1956: The Intimate Stranger: Avec Mary Murphy, Constance Cummings et Richard Basehart

1956: Private’s Progress: Avec Sally Miles, Terry Thomas et Dennis Price

1956: Yield to the Night: Avec Diana Dors

1956: Person Unknow (court métrage) Avec Nancy Becket et Edgar Lustgarten

1957: Woman in a Dressing Gown: Avec Sylvia Syms et Yvonne Mitchell

1957: Brothers in Law: Avec Jill Adams, Richard Attenborough et Terry Thomas

1957: Thunder over Tangier: Avec Lisa Gastoni et Robert Hutton

1957: Hell Drivers: Avec Peggy Cummings, Herbert Lom et Stanley Baker

1958: A Night to Remember: Avec Honor Blackman et Kenneth Moore

1959: The 39 Steps: Avec Taina Elg, Kenneth Moore et Brenda de Brazie

1959: No Trees in the Street: Avec Sylvia Syms et Herbert Lom

1959: Jack the Ripper: Avec Lee Patterson

1960: The Angry Silence: Avec Anna-Maria Pierangeli, Richard Attenborough et Michael Craig

1961: The Frightened City: Avec Yvonne Romain, Sean Connery et Herbert Lom

1962: Gigsaw: Avec Yolande Donlan et Moira Redmond

1962: Lolita: Avec Shelley Winters et Peter Sellers

1962: The Wild and the Willing: Avec Virginia Maksell et Ian MacShane

1963: Paranoiac: Avec Jeanette Scott, Oliver Reed et Liliane Brousse

1963: Ladies Who Do: Avec Peggy Mount et Robert Morley

1963: The Victors: Avec Mélina Mercouri, George Hamilton et Jeanne Moreau

1964: The Beauty Jungle: Avec Jeanette Scott et Ian Hendry

1964: A Hard Day’s Night: Avec les Beatles

1965: Hysteria: Avec Jennifer Jayne et Robert Webber

1966: The Wrong Box: Avec Michael Caine, John Mills et Ralph Richardson

1967: The Long Duel: Avec Charlotte Rampling, Yul Brynner Imogen Hassall et Trevor Howard

1967: A Countess From Hong-Kong: Avec Sophia Loren et Marlon Brando

1968: The Bliss of Mrs Blossom: Avec Shirley MacLaine et Richard Attenborough

1968: Baby Love: Avec Linda Hayden et Diana Dors

1969: Oh! What a Lovely War: Avec Dirk Bogarde

1970: Insence for the Damned: Avec Peter Cushing et Patrick MacNee

1971: Countess Dracula: Avec Ingrid Pitt et Lesley Ann Dawn

1972: All Coppers Are: Avec Julia Foster et Martin Potter

1973: The Vault of Horror: Avec Glynis Johns et Terry Thomas

1974: Confessions of a Window Cleaner: Avec Robin Askwith et Sheila White

1974: Craze: Avec Diana Dors, Jack Palance et Julie Ege.

1977: Confessions from a Holiday Camp: Avec Robin Askwith et Sheila White

1981: Cry of the Penguins: Avec Hayley Mills et John Hurt

1985: Déjà Vu: Avec Jaclyn Smith et Shelley Winters

1986: Terry on the Fence: Avec Tracey Ann Morris et Jack MacNicholl

 

RITA CADILLAC

rita cadillac

Dans les années 50, le public masculin qui éprouvait la nostalgie de ses premiers émois adolescents devant les photos de Viviane Romance eut pour les effeuilleuses des cabarets de Pigalle à la fois  beaucoup d’indulgence et d’intérêt. Ces dames, naviguant entre gangsters, boas de plumes, mambo et rififi en jupe fendue et talons aiguilles devinrent une figure incontournable du film français noir et blanc. Dès qu’il y a un policier et un truand, il y a Pigalle et sa strip-teaseuse! Le personnage, il faut bien le dire est très intéressant. Le film s’agrémente d’une créature au physique forcément explosif, peu avare de ses charmes, capable du plus grand amour dévot pour son jules comme des plus basses trahisons. Si elles ne sont pas « descendues » à la fin du film,  (on a sa petite morale) c’est qu’elles sont coupables et vont en prison! Jamais en tous cas elles ne deviennent mères de familles. Leur statut s’est malgré tout amélioré. De leur trottoir d’avant guerre, elles sont montées sur les scènes d’après. Pour se déshabiller en poussant la chansonnette, certes, mais quand même…Y’a progrès. La strip-teaseuse de Pigalle c’est un personnage de tragédie grecque en guêpière et porte-jarretelles!

Dans ce contexte, il était tout à fait logique que le cinéma fasse appel à une « vraie »!

Vint Rita Cadillac.

rita cadillac

Nicole Yasterbelsky naît à Paris le 19 Mai 1936. Pourvue d’une formation de danseuse, la jeune fille n’a rien trouvé de très probant comme débouché artistique. A la libération, comme une certaine Denise Darcel avant elle, elle trouve son emploi dans une « cave » après un bref passage dans le chorus des Folies Bergères. Dans le Paris d’après-guerre, des « boîtes de nuit » se sont improvisées dans des caves d’immeubles désaffectés, à moitié écroulés ou qui furent aménagées en abris durant les bombardements. Une certaine Régine ouvrira le bal en disposant des bancs de bois dans une ancienne cave à charbon et en produisant de jeunes artistes pour distraire le public. Les caves réaffectées aux plaisirs de la nuit seront le berceau de l’existentialisme, du concept de la « boîte de nuit » Juliette Greco y débutera et même Mistinguett s’y produira en 1948 avec une démonstration de « swing » de trente minutes à l’âge vénérable de 73 ans!

Si une fille est bien roulée, pas trop bégueule et plutôt « affranchie », elle peut être sûre de trouver un boulot de barmaid, vestiairiste, vendeuse de cigarettes ou même, devenir une « attraction », pourquoi pas?

En 1951, la jeune Nicole fait la connaissance d’un certain monsieur Bernardin. Propriétaire d’une de ces caves et qui compte sur de la « jolie fille » pour appâter la clientèle et faire de sa « cave » un lieu bien différencié de ce qui existe déjà. (La sienne est d’ailleurs Avenue Georges V et a la particularité pour une cave d’être un rez de chaussée!) Il est à la recherche de ces créatures exceptionnelles lorsque sa route croise celle de la jeune danseuse sans emploi. Il y a à Paris une longue tradition de Lido, de Moulin Rouge et de Folie Bergère. Les jeunes danseuses à la recherche d’un emploi ne s’étonnent généralement pas de propositions de travail où leurs charmes ont autant d’importance que leur talent et un costume aussi clinquant que réduit, limité souvent à un sourire et quelques plumes.

rita cadillac

L’Amérique est pour la France libérée une sorte de mirage merveilleux fait de richesse et de liberté. La cave deviendra le « Crazy Horse », on y fera du « Strip-Tease ». Son effeuilleuse ne peut pas être une « Nicole » ce sera Rita Cadillac. Un trait de Génie. Cela peut paraître idiot mais c’est nouveau et le succès est colossal. Rita Hayworth est dans tous les fantasmes, les Cadillac aussi, et les appellations automobiles sont à l’époque entrées dans le vocabulaire érotique. Les femmes sont « carrossées », elles ont des « châssis » et des « pare-chocs », ce sont même de « belles cylindrées », de « jolis petits bolides ». Tout Paris se précipite pour admirer Rita Cadillac qui en quelques jours seulement devient le symbole incontournable de la nuit parisienne, de l’érotisme et de la beauté féminine. Rita qui gagnait 30.000 francs par mois aux Folies-Bergères en gagne maintenant 60.000…Par soir! (pour 3X7 minutes de représentation)

Après Rita, les cachets de ces dames redescendront à 10.000 par soir! L’impact de Rita Cadillac est tel que la direction des Folies Bergères lui fait un pont d’or pour mener sa nouvelle revue, ignorant que la belle faisait partie de la troupe quelques mois plus tôt! Rita Cadillac fera le « doublé »: les Folies Bergère avant minuit, le Crazy après. Elle aura bientôt d’autres « collègues » rebaptisées telles Kiki Moleskine, Rolly Rolls , Rita Renoir et bien plus tard Lova Moore. La superbe enregistre quelques disques, reprises érotisées de « Fascination » ou créations à son usage pour affoler encore un peu plus les libidos comme « Ne comptez pas sur moi pour me montrer toute nue! ».

Le Paris de 1950 a les yeux rivés sur les courbes de Rita Cadillac qui semble être la quintessence de la femme. Elle ne trouvera de réelle concurrente en curiosité qu’en la personne de Coccinelle, copie conforme de Martine Carol avant d’être celle de Brigitte Bardot.  Mais comme le tout Paris électrisé le sait, cette blonde pulpeuse fut autrefois un individu du sexe opposé et qui de plus est ne s’effeuille pas en scène. La dame, puisque maintenant dame il y a préfère se marier à Notre Dame et se produire à l’Olympia.

rita cadillac

Quoi qu’il en soit, Rita Cadillac et Coccinelle représentent à elles deux le Paris sublime et dévergondé des cabarets, de la nuit et de ses mystérieux et dangereux sortilèges. Comme au bon temps d’Offenbach, il est impossible en 1950 qu’un provincial passe par la capitale sans passer par un cabaret! (et se faire plumer au champagne tiède, il n’est pas un touriste ou un provincial, il est un cave doublé d’un micheton!)

Le cinéma, bien sûr s’intéressa de très près à ces « attractions  » et sollicita ces dames. Coccinelle détesta l’expérience et regagna ses plumes et ses boys, Rita se piqua au jeu.

Elle débuta, blonde et belle à mourir dès 1954 dans « Soir de Paris » et continua une très honorable carrière, on la retrouvera même fort peu intéressée par les charmes d’Alain Delon dans « Mélodie en Sous-Sol » Rita fut réellement une star et connut une renommée extraordinaire, et strip-teaseuse ou pas, aucune gloire nationale n’aurait rechigné à être surprise en sa compagnie! Lorsque dans les années 60 elle tomba amoureuse d’un beau Grec lors d’une tournée à Athènes, on s’empressa de lui écrire une chanson: J’aime un Athénien » qu’elle introduisit dans son tour de chant. En 1962, elle se produit en marge du festival de la chanson à Beyrouth et le succès est tel que son contrat est reconduit (et augmenté d’autant) de semaine en semaine. Elle aurait pu y rester pour l’éternité si Pierre Grimblat qui l’avait déjà dirigée avec Eddie Constantine dans « Me faire ça à moi » ne lui proposait pas de remettre le couvert avec « L’empire de la nuit ». Le temps qu’elle se libère de l’emprise libanaise, Grimblat l’a remplacée par Elga Andersen!

En 1963, Rita est sur scène avec Tino Rossi à l’ABC avec leur comédie musicale « Le Temps des Guitares » qui triomphe. Et dès le rideau baissé, Rita file donner son tour de chant à « La Dolce Vita », un cabaret de Montparnasse.  »Le Temps de Guitares » partira en tournée , Rita chantant en duo « Le Hully-Gully » avec le vétérans des petits noëls! Bien sûr les temps changèrent, le strip-tease passa de mode avec la nouvelle liberté sexuelle qui déshabillait maintenant les filles dans la rue. Rita se retira dans sa jolie propriété du Calvados et ne fit plus qu’une très éphémère apparition au cinéma en 1981. Dans les années 70, elle s’était illustrée au théâtre et avait joué dans « La Maison de Zaza » (close comme il se doit) avec la vétérane Pauline Carton!

On apprenait sa mort le 4 Avril 1995 après une très longue lutte contre le cancer.

Elle s’éteignit à Deauville où elle repose.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1954: Soir de Paris

1960: Me Faire Ca à Moi!: Avec Eddie Constantine et Bernadette Lafont

1962: Cadavres en Vacances: Avec Jeanne Valérie et Philippe Nicaud.

1962: Un Clair de Lune à Monbeuge: Avec Pierre Perrin, Sophie Hardy, Claude Brasseur et Bernadette Lafont.

1962: Dossier 1413: Avec Claudine Dupuis, Jean Danet, Dora Doll et Johnny Hallyday.

1963: Cadavres en Vacances: Avec Simone Renant et Jeanne Valérie

1967: Mélodie en Sous-Sol: Avec Alain Delon

1981: Le Bateau.

Avec le souvenir de Rita Cadillac, il me semble opportun de rendre un hommage à la France des années 50, cette France souvent considérée comme une France triste et sombre soignant encore ses blessures de guerre, ce qui est d’ailleurs vrai. Mais c’est également une France libre, ouverte et disponible, une France respectueuse des femmes et des libertés. La preuve en est faite avec l’existence même de Rita Cadillac. Une strip-teaseuse « star », aimée, reconnue, appréciée d’un public qui trouve tout à fait normal que l’on se déshabille dans une boîte de Pigalle si on l’a choisi (Les femmes n’étaient pas les dernières à l’applaudir, d’ailleurs). Un public qui se réjouit pour elle si elle est amoureuse ! Une France où la transsexuelle Coccinelle se produit à l’Olympia face à un public respectueux qui l’aime et applaudit ses chansons, laquelle Coccinelle, j’aime à le souligner, sa maria en blanc en Notre Dame et fut surtout une star adulée au…Moyen Orient !

Tout cela me semble bien lointain, aujourd’hui, pas à vous?

 

CLAUDE BORELLI

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Le 15Novembre 1960, la presse française annonce que l’actrice Claude Borelli a trouvé la mort dans un accident à Paris.

Elle était née dans cette même ville le 14 janvier 1934. Claude Borelli meurt à 26 ans.

Claude Borelli était d’une beauté folle, une beauté qui n’est pas sans évoquer celle de Belinda Lee, cette autre beauté fauchée en pleine jeunesse qui trouvera la mort , elle aussi dan sun accident, l’année suivante à seulement 25ans.

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Claude, née Claude Marie Alice Marthe Plattner, Claude si belle avait débuté dès ses 17 ans au cinéma dans un film dont le titre lui allait comme un gant:  » La plus belle fille du monde » (Nous noterons au passage que sa fiche IMDB la fait naître en 1934, ce qui est normal mais la fait débuter au cinéma en 1931 dans un rôle de « petit garçon » ce qui est certes moins stupéfiant mais quand même curieux. 

Si elle n’avait pas grand chose à faire dans « La plus belle fille du monde », la tenante du titre étant Françoise Arnoul, ses films suivant gagneront en prestige et ses rôles en importance. Ne va elle pas tourner pour Melville? Pour Decoin? Après tout elle avait tourné pour Cocteau! Ne va-elle pas partager l’affiche avec des Jeanne Moreau? Des Juliette Greco, des Suzy Delair? Et si elle s’exile en Allemagne en 1955, n’est-ce pas pour y tenir un premier rôle de grande vedette?

C’est la mort brutale, tragique, stupide et inattendue qui met fin à l’histoire.

Celine Colassin.

claude borelli

QUE VOIR?

1950: Orphée: Avec Maria Casarès et Jean Marais

1951: La plus belle fille du monde: Avec Françoise Arnoul et Nadine Alari

1953: Quand tu liras cette lettre: Avec Juliette Greco, Yvonne Sanson et Philippe Lemaire

1953: Cet homme est dangereux: Avec Colette Deréal et Eddie Constantine

1954: Les Intrigantes: Avec Jeanne Moreau et Raymond Pellegrin

1954: Le fil à la patte: Avec Suzy Delair, Bourvil et Noël-Noël

1955: Gestatten, mein name ist Cox: Avec Johannes Heesters

1957: Les Truands: Avec Eddie Constantine

YVONNE SANSON

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J’ai toujours considéré Yvonne Sanson comme la Maria Felix du cinéma italien. Et quand on sait la passion que j’éprouve pour l’art consommé de la belle Mexicaine, je crois que tout est dit.

Actrice à la beauté charnelle fabuleuse, Yvonne Sanson sera l’héroïne d’une kyrielle de drames sentimentaux pleins de passion, de fureur et de larmes qui passionnèrent les foules malgré leurs invraisemblances et la finesse de leurs ficelles à la délicatesse de câbles d’amarrages et toutefois bien usées. Les intellectuels affichaient une moue de dégoût. Les critiques en avalaient leurs copies de dépit. Le public s’en fichait bien, il se régalait et faisait des propriétaires de cinémas des gens riches! Yvonne Sanson faisait recette! Avec une telle beauté et un tel talent, c’était bien la moindre des choses!

En 1952, Yvonne, vedette de « Fils de Personne », un mélodrame invraisemblable pulvérise les recettes et envoie loin derrière elle « La Strada » et « L’Or de Naples » sortis en même temps! Fille de concierge cardiaque bientôt orpheline,  dans « Fils de Personne » ,Yvonne est amoureuse du comte Nazzari, propriétaire de marbreries de Carrare. Enceinte et se croyant abandonnée, Yvonne échappe aux basses manœuvres de la comtesse douairière Françoise Rosay et à la tentative de viol d’un salaud. La croyant morte, Nazzari se marie. Mais le vil suborneur  resté impuni retrouve Yvonne, kidnappe son fils et incendie la modeste chaumière où elle a trouvé refuge. Yvonne renonce alors à se suicider, croyant son enfant carbonisé et choisit d’entrer au couvent. Elle en ressortira pour voir son fils qu’elle croyait mort mourir vraiment sous ses yeux en la prenant pour un ange blanc! Le film se termine sur Yvonne bonne soeur derrière les grilles de son couvent jetant par la fenêtre des fleurs sur le cercueil de son petit garçon que l’on porte en terre! Rien que ça! Avouez que dans le genre on en avait pour son argent!

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Pour avoir été l’archétype de la beauté italienne de son époque, Yvonne Sanson n’en est pas moins Grecque!

Elle naît à Salonique le 1 Janvier 1926. Son père, officier dans l’armée Grecque est d’origine franco-russe, sa mère turco-polonaise! Rien n’est donc moins italien que la belle Yvonne! La jeune demoiselle grandira au gré des affectations paternelles. C’est seulement après la guerre que la famille Sanson se réfugie à Rome pour fuir la guerre civile qui ravage la Grèce et joue les prolongations du grand conflit mondial.

Yvonne va avoir vingt ans et pour elle l’exil italien prend des allures d’aubaine! Depuis sa plus tendre enfance elle rêve de faire du cinéma. Or, depuis la fin de la guerre et malgré la défaite italienne, à Rome, on ne parle plus que de ça! Et maintenant, pour un peu elle pourrait se rendre à pieds à Cinecitta!

Ses parents, parfaitement conscients du physique incandescent de leur fille ont bien tenté de la fourguer dans une institution religieuse, mais la belle n’a qu’une seule idée en tête, qu’une seule occupation: faire des photos, les envoyer partout, écrire, tirer les sonnettes, courir les auditions même pour une figuration minable peu importe. Yvonne Sanson veut faire du cinéma et elle en fera!

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Elle en fit. Oh, pas grand chose, des petits rôles frôlant la figuration, mais suffisants pour taper dans l’œil de celui qui n’est encore que scénariste: Federico Fellini qui la présente à Alberto Lattuada, son maître des débuts.

Yvonne convainc Lattuada, elle sera la belle aventurière dans « Le Crime de Giovanni Episcopo ».

Nous sommes en 1947, c’est son premier « vrai » rôle, consciente de jouer sa chance, Yvonne peaufine son rôle et l’interprète au rasoir. Le public est sidéré de la performance comme de la beauté fracassante de cette nouvelle apparition divine sur les écrans! Les mots « Perfection », « Révélation », « Miracle » fusent de toutes parts!

yvonne sanson

L’Italie qui avait bien besoin de se distraire un peu car elle connaissait une crise économique épouvantable après une guerre de longue durée. Elle déroula les rutilants tapis dorés de la popularité sous les pieds de la belle Yvonne! La même année, on le sait; Lucia Bose, Gianna Maria Canale, Gina Lollobrigida et Silvana Mangano bataillent ferme pour le titre de « Miss Italie » mais elles ne sont encore que des débutantes, Yvonne a déjà un pied dans la gloire et pour tout dire une coudée d’avance! L’Italie a reconnu en elle tout un symbole, le public l’a adoptée, les cinéastes ont suivi. Yvonne Sanson est une star. La première nouvelle star de l’après guerre en Italie. Est-ce un hasard si les cinéastes de son temps lui confient le soin d’incarner Catherine de Russie, Milady de Winter,  madame de Montespan, et Messaline ou mettent en chantier un remake de « La Femme aux deux Visages », persuadés qu’elle fera bien mieux que Garbo soi-même! Les films feront des triomphes!

 J’ignore qui aura l’idée de lui donner Amedeo Nazzari comme partenaire mais ce coup de génie provoquera un raz de marée dans les salles qui projettent leurs films. Ils en tourneront une dizaine ensemble, tous des triomphes! Et la belle Yvonne, sacrée vedette populaire, mène sa carrière de manière bien subtile qu’il n’y paraît.

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Elle ne rechigne pas à quitter le haut de l’affiche pour honorer de sa présence quelques chef d’œuvre de grand maître. En 1952, pour Alberto Lattuada a qui elle doit beaucoup elle tourne « Le manteau », pépite inestimable du néo réalisme où elle n’a qu’une scène. Pour Mario Camerini, elle joue l’épouse délaissée de Vittorio de Sica dans « Par Dessus les Moulins ». Elle laisse le premier rôle à Sophia Loren même si elle tire magnifiquement son épingle du jeu. Et pour le même Vittorio, elle ne fait qu’apparaître dans « Pain, Amour et Jalousie ». Elle est la nouvelle sage femme du village qui remplace Marisa Merlini. Vittorio ouvre la porte de l’appartement, il surprend Yvonne, croyant trouver Marisa. Il bredouille une vague excuse tout en louchant sur ses courbes et referme la porte. L’actrice n’est pas créditée au générique. A l’époque, lorsque le public la découvre par surprise, c’est du délire dans les salles! On crie on hurle, on lance son chapeau, le film de Vittorio de Sica termine en apothéose!

En 1957 dans « Barrage contre le Pacifique » elle passe après Jo van Fleet, Silvana Mangano et Alida Valli. Mais qu’importe si c’est pour être dirigée par René Clément!

Yvonne Sanson est bel et bien une star. Elle le restera durant toutes les années cinquante. Au début des années soixante, sa carrière se ralentit. Le genre de films où elle avait tant brillé se démode et ses jeunes rivales, sous l’impulsion de producteurs férus de superproductions internationales ont vu leur renommée exploser au delà des frontières. Jusqu’à devenir de grandes vedettes hollywoodiennes et même glaner des Oscars!

Paradoxalement, Yvonne Sanson, l’italienne qui n’en était pas une, fait trop italienne pour l’exportation et la star elle-même semble réfractaire à l’idée de s’en aller tourner sous d’autres cieux! Si Raquel Welch veut lui donner la réplique, il faudra qu’elle vienne le faire en Italie!

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En 1963 elle disparaît des écrans après avoir été l’ultime interprète de Roberto Rossellini et ne reviendra qu’en 1967. Elle ne trouvera hélas plus de films aussi porteurs que ceux des années cinquante. Sa carrière a vingt ans, l’actrice erre bien un peu dans quelques productions indignes de son prestige puis raccroche définitivement sa gloire au magasin des accessoires démodés au début des années 70.

Discrète sur sa vie privée, on sait qu’Yvonne est la maman d’une petite Giulia et c’est à peu près tout. Jusqu’à ce que le fisc italien, un des plus véhéments qui soient la traque sans merci et finisse par la laisser exsangue et presque démunie. Elle quittera alors Rome pour Bologne où s’était installée avec sa fille et entrera dans une retraite totale.

C’est là qu’elle s’éteint, le 23 Juillet 2003, elle avait 76 ans.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1946: L’Aigle Noir: Avec Irasema Dilian et Rossano Brazzi

1947: La Grande Aurore: Avec Renée Faure et Rossano Brazzi

1947: Le Crime de Giovanni Episcopo: Avec Aldo Fabrizi

1948: Le Chevalier Mystérieux: Avec Maria Mercader, Vittorio Gassman et Gianna Maria Canale

1949: Catene (Le Mensonge d’une Mère): Avec Amedeo Nazzari

1950: Tormento: Avec Amedeo Nazzari

1951: I Figli di Nessuno: Avec Amedeo Nazzari et Françoise Rosay

1952: Nous Sommes tous des Assassins: Avec Raymond Pellegrin et Marcel Mouloudji

1952: Le Manteau: Avec Renato Rascel

1952: Wanda la Pécheresse: Avec Frank Villard, Guiletta Massina et Françoise Rosay

1953: Nous…Les Coupables: Avec Steve Barclay et Tamara Less

1953: Nerone e Messalina: Avec Gino Cervi , Paola Barbara et Silvana Jachino

1953: Les Trois Mousquetaires: Avec George Marchal et Bourvil

1953: Quand tu liras cette Lettre: Avec Juliette Greco et Philippe Lemaire

1954: Pain, Amour et Jalousie: Avec Vittorio de Sica

1954: Torna! Avec Amedeo Nazzari

1955: Il Campanile d’Oro: Avec Roberto Risso

1955: L’Angelo Bianco: Avec Amedeo Nazzari

1955: Par Dessus les Moulins: Avec Vittorio de Sica, Sophia Loren et Marcello Mastroianni

1957: L’Ultime Violence: Avec Dario Michaelis

1958: Barrage contre le Pacifique: Avec Silvana Mangano et Anthony Perkins

1959: Il Mondo Dei Miracoli: Avec Virna Lisi, Jacques Sernas et Marisa Merlini

1961: I Masniaderi: Avec Daniela Rocca

1962: Âme Noire: Avec Nadja Tiller et Vittorio Gassman

1963: Le Jour le Plus Court: Avec Annie Girardot, Ugo Tognazzi, Toto et Gino Cervi

1966: Django: Avec Franco Nero (Yvonne apparaît dans la scène du saloon)

1967: Le Dernier Jour de la Colère: Avec Lee van Cleef et Guillano Gemma

1968: La Bande à César: Avec Raquel Welch, Robert Wagner et Vittorio de Sica

1969: L’Année de la Contestation: Avec Edwige Fenech et Franco Franchi

1970: Le Conformiste: Avec Stefania Sandrelli et Jean-Louis Trintignant

1971: Un Apprezzato Professionista di Sicuro Avvenire: Avec Femi Benussi

1972: Caresses à Domicile: Avec Simonetta Vitelli et Jerry Colman

 

ETCHIKA CHOUREAU

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 La ravissante et très éphémère jeune première Etchika Choureau naît Jeannine Paulette Verret à Belleville, banlieue ouvrière de Paris le 12 Novembre 1929.

Le 29 Janvier 1948, notre Jeannine devenue une ravissante jeune fille épouse Max Choureau, apiculteur de son état. Notre héroïne a 19 ans. Elle est follement amoureuse mais ne se voit pas vraiment passer sa vie à promouvoir le miel familial. Folle de cinéma, la jeune mariée s’est inscrite au cours René Simon d’où émergent bon nombre de « noms » de l’époque à commencer par Michèle Morgan, François Périer ou la débutante Martine Carol.

Il n’est pas rare alors, puisque le métier de casting n’existe pas encore en France, que les metteurs en scène viennent eux-mêmes à la pêche aux jeunes premières et premiers sur les bancs mêmes des cours d’art dramatique, voire même aux examens du conservatoire. Edwige Feuillère avait d’ailleurs personnellement félicité la jeune débutante, n’était-ce pas un signe?

etchika choureau

 Elle fera ses débuts sous la baguette d’un jeune metteur en scène italien encore inconnu mais qui deviendra l’emblème de sa génération: Antonioni. Le jeune réalisateur encore inconnu en question avait chargé Alain Cuny de lui trouver sa jeune première. Edwige avait recommandé sa petite protégée à l’acteur. Mais le jour où Cuny vint à la chasse à la débutante chez Simon, Etchika n’y était pas. Elle traînait avec sa bande d’amis au bistrot du coin. Lorsqu’elle apprit qu’Alain Cuny était venu au cours Simon à la recherche de son personnage elle fut déçue et s’en voulut de sa légèreté. Ses compagnes de classe la rassurèrent: pas de remords à avoir, il cherchait une « vraie garce »! Rien à voir avec la douce Etchika!

 Mais comme Alain Cuny semblait décidément ne pas trouver sa perle rare, elle se décida malgré tout à lui laisser sa photo au théâtre où il jouait.

Le lendemain il la convoquait.

etchika choureau

La jeune demoiselle ne lui répondit pas.

Elle était…partie en vacances en Espagne!

Lorsqu’elle revint à Paris, elle trouva des messages dans tous les lieux qu’elle fréquentait « Rappeler Cuny d’urgence! » Le rôle était pour elle et elle commençait à jouer dès le lundi. Nous étions le dimanche soir. Les choses se précipitaient à une allure telle qu’elle faillit bien faire la sourde oreille et retourner au pays des castagnettes le temps que l’affaire se tasse.

Elle fit le film, pourtant. Elle y fut très bien mais la censure encore toute puissante interdit purement et simplement sa sortie en France! Du coup les imaginations vagabondèrent. La presse s’empara de la moindre photo d’identité d’Etchika la scandaleuse interdite pour en faire sa UNE et lorsqu’elle revint aux cours Simon, elle était une star grâce à un film que personne n’avait vu…Et ne verrait jamais!

etchika choureau

Si l’on dit que les miracles n’arrivent jamais deux fois, ce fut pourtant le cas pour Etchika.

Après Alain Cuny elle vit cette fois débouler Jean-Claude Pascal, alors très à la mode qui ne « voulait qu’elle » pour être sa prochaine partenaire.

Flattée, Etchika demanda à l’acteur « Quel est donc ce personnage, monsieur Pascal? Pourquoi suis-je l’interprète idéale selon vous? » L’acteur écarquilla des yeux, maquillés comme ceux de Juliette Gréco dans ses pires délires et lui répondit « C’est une blonde! » Etchika fit donc ce second film…Sans Jean-Claude Pascal, happé entretemps par d’autres projets.

Aussitôt les propositions pleuvent sur les épaules de la ravissante Jeannine Choureau qui s’exotise le patronyme en devenant officiellement Etchika Choureau. Et dans la foulée, elle divorce de son tendre apiculteur pour avoir les coudées plus franches.

En 1953, l’année de ses débuts, Etchika est couronnée du prix Suzanne Bianchetti lequel est octroyé à la jeune actrice la plus prometteuse de l’année.

Son frais minois de petit chat espiègle fait merveille. Il est d’ailleurs amusant de souligner que la fille du couple Pipelet: Michel Simon et Gaby Morlay, qui fête dans le film  » L’Impossible Monsieur Pipelet » sa réussite au bac est en réalité une femme divorcée de 26 ans et en est à son huitième film!

Il est clair que les airs d’innocente et juvénile demoiselle d’Etchika Choureau font à la fois merveille et long feu.

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Hollywood bien sûr, friand de savoureuses petites créatures parisiennes dresse l’oreille et ses contrats.

Pour Etchika, la route semble toute tracée, l’actrice va déjouer tous les pronostics les plus échevelés.

Après deux films et quelques photos « pin-up » hollywoodienne comme il est d’usage pour les jeunes premières fraîchement signées par un studio Etchika déclare avoir trouvé sa vitesse de croisière. « Je rentre à Paris où un film m’attend mais je reviendrai aussitôt après. Dorénavant je tournerai au rythme deux films à Hollywood et un en France. Le temps encore de faire chavirer le coeur du très beau Tab Hunter, Etchika Choureau disparaît littéralement de la circulation cinématographique en 1958.

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 Et pour cause: Elle vit une folle passion avec un prince, le futur héritier du trône du Maroc Hassan II.

le couple vit une folle passion même s’ils la savent condamnée. Etchika est une chrétienne divorcée impensable sur le trône du Maroc. Ils savent tous deux que lorsque le prince deviendra roi ce sera la fin de leur belle histoire. En attendant, c’est une succession de fêtes et pluies de cadeaux. Hassan n’aime rien tant que de couvrir Etchika de bijoux et des plus somptueuses créations Dior aussi décolletées soient-elles.

Le jour fatidique pour leur relation viendra en 1962 où Hassan succède à son père Mohamed V sur le trône et range ses amours dans les tiroirs de ses souvenirs.

Etchika regagne la France. Les quelques années qui sont passées l’on bien sûr changée. Mais surtout son emploi de jeune première fraîche et désuète est passé à la trappe et a déserté les écrans.

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Pourtant fabuleusement belle et excellente comédienne, Etchika ne renoue pas avec le succès. Elle revient sur les écrans alors que Marilyn est déjà partie et qu’Ursula Andress triomphe.

Un autre monde que celui qu’elle a connu. La fille bachelière des Pipelet ressemble maintenant à un dinosaure d’un autre âge et d’ailleurs les « vieux » films où a brillé Etchika sont bien sortis des mémoires oublieuses, chassés par la couleur et la nouvelle vague!

(Un comble d’ailleurs pour une actrice qui a commencé à tourner pour Antonioni!)

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Etchika disparaîtra alors définitivement des écrans en 1966 et regagnera sa vraie famille, son véritable cercle: celui de la jet-set la plus huppée et la plus couronnée du monde. La presse qui fait long feu de son histoire d’amour malheureuse et princière s’inquiète encore pour elle. Etchika ne semble pas sûre de l’orientation qu’elle compte donner à sa vie et à sa carrière. Elle ne sort que peu, dit-on, de son appartement de l’avenue Henri Martin où elle passe ses journées à écrire ou à peindre. Toujours le même portrait de jeune fille mélancolique aux yeux clairs. Allait-elle refaire du cinéma? Après une apparition sans importance dans un opus « Angélique », il n’en sera plus question.

Etchika Choureau vécut discrètement mais fort richement jusqu’à 92 ans en ayant l’air d’en avoir à peine 60. 

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Vous la croisiez sans doute au détour d’un reportage sur un mariage illustre ou un couronnement, dans une robe éblouissante parmi les invités les plus prestigieux triés sur le volet.

Elle s’était finalement remariée avec le commissaire priseur Philippe Rheims.

Il y a pire pour se faire oublier que de croiser dans le sillage d’un été sans fin sur les yachts de quelques célébrités et deux ou trois couronnes. Si j’évoque des croisières en yacht à propos d’Etchika Choureau, c’est parce qu’un jour en conversant avec une Américaine en Rolls prénommée Barbara et dont le métier était de ratisser la vieille Europe pour dénicher des antiquités rares à envoyer à Hollywood chez Kirk Douglas ou Zsa-Zsa Gabor, j’ai évoqué Etchika. Ce à quoi Barbara m’a répondu dans un français parfait ou presque « Ah mais oui, je dois l’avoir croisée sur le yacht de Mick ». Comprenez le yacht de Mick Jagger. 

C’est au Maroc, pays des rêves et des passions qu’elle s’éteint le 24 janvier 2022

 Celine Colassin

Etchika Choureau

QUE VOIR?

1953: Les Vaincus: De Michelangelo Antonioni

1953: L’Envers du Paradis: Avec Erich Von Stroheim et Jacques Sernas

1954: Escalier de Service: Avec Robert Lamoureux, Louis de Funès, Danielle Darrieux et Sophie Desmarets.

1954: Les Intrigantes: Avec Jeanne Moreau, Raymond Rouleau et Raymond Pellegrin

1955: L’Impossible Monsieur Pipelet: Avec Michel Simon, Gaby Morlay et Louis de Funès

1955: Les Fruits de l’Été: Avec Edwige Feuillère

1956: Les Lumières du Soir: Avec Gaby Morlay, Aimé Clariond et Zappy Max

1956: La Foire aux Femmes: Avec Jean Danet et Alfred Adam

1957: Darby’s Rangers: Avec James Gardner.

1957: Lafayette Escadrille: Avec Tab Hunter

1964: Angélique Marquise des Anges: Avec Michèle Mercier, Robert Hossein et Guillano Gemma

1966: Paris au Mois d’Aout: Avec Charles Aznavour et Suzanne Hampshire

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