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697: LAURA HOPE CREWS

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Laura Hope Crews est une de ces actrices nées trop tôt pour que la caméra emprisonne à jamais leur juvénile beauté. Notre héroïne du jour vient en effet au monde le 12 Décembre 1879 à San Francisco.

Laura surgit dans une famille de  » théâtreux » puisque sa mère est à la fois illustre et actrice, célèbre sous le nom d’Angelena Lockwood. Son père, John Thomas Crew est décorateur de théâtre. Laura restera la « petite dernière » du couple qui a déjà trois enfants à l’heure de sa naissance.

Comme c’est souvent le cas chez les gens de théâtre, en tout cas à l’époque, la petite Laura va surgir sur scène dès ses 4 ans et adorer cela. A cette époque, les enfants acteurs connaissent un succès inouï et souvent bien plus grand que les acteurs adultes. Mary Pickford perpétuera plus tard l’espèce à l’écran, et ce jusqu’à avoir l’âge de la mère des personnages qu’elle incarne!

Laura quand à elle surgit sur scène sous des tonnerres d’applaudissement et croit mourir lorsque la réalité la rappelle sur les durs bancs de l’école! Ses parents avaient décrété qu’elle avait besoin d’un minimum d’éducation ce qui lui sembla d’une incongruité complète mais la tint quand même éloignée des planches jusqu’en 1898!

Dix neuf ans! Elle avait dix-neuf ans lorsqu’elle put à nouveau entendre ses chers applaudissements et , ma foi, elle était devenue une jeune femme d’une beauté charmante et très dans l’air du temps. Elle n’était peut-être pas Maud Fealy ou Liane Haid mais elle pouvait soutenir dignement la comparaison!

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Chacune de ses apparitions sera un triomphe chacune de ses pièces un succès, elle est avec Lilian Russell une des actrices qui firent la réputation de Broadway!

Le temps passant, Laura Hope Crews va de triomphe en triomphe, regardant d’abord avec épouvante sa taille s’arrondir inexorablement , puis, estimant qu’après tout cela pouvait lui ouvrir la porte à d’autres rôles, elle laissa faire la nature et se regarda grossir presque avec complaisance!

Elle a cinquante ans et elle est une vedette immense lorsqu’elle reçoit une fort étrange proposition!

Le cinéma se mettant à parler, Gloria Swanson souhaitant conserver son image de femme moderne voire avant-gardiste souhaite s’y mettre parmi les premières. Elle aimerait quand même avoir les conseils d’un coach vocal et ne lui a-on pas dit que « Laura Hope Crews était la meilleure actrice du monde mais surtout la meilleure oreille »?

Laura Hope Crews était au théâtre une star aussi prestigieuse que Gloria Swanson ne l’était à l’écran, qu’elle acceptât la mission était pour le moins improbable. Elle accepta, pourtant.

Laura Hope Crews vint!

Le cinéma n’était pourtant pas sa tasse de thé, elle avait fait deux tentatives en 1915 et avait aussitôt renoncé à l’idée!

Evidemment, Hollywood ne pouvait rester insensible à la présence de l’illustre entre ses murs. Inévitablement, on lui proposa des rôles véritablement taillés sur mesure. Elle allait connaître un énorme triomphe personnel face à Irène Dunne dans « The Silver Cord » où elle reprenait un rôle qu’elle avait porté au triomphe au théâtre en 1926. Sa prestation fut ahurissante et il n’était pas rare que des applaudissements couronnent ses répliques dans les salles où le film était projeté. Laura tenait le rôle d’une mère dominatrice, castratrice, manipulatrice, sournoise et clairement incestueuse, bordant ses grands dadais trentenaires de fils et les embrassant goulument sur la bouche! Une prestation qui reste sidérante d’audace et de perfection plus de 80 ans après avoir été tournée!

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Le public se régalait de ce personnage odieux et maniéré à souhait comme cette remarque qu’elle fait à Irène Dunne: « Ce qu’il manque à cette robe, c’est un peu de classe et un visage intéressant » ou « J’ai beaucoup souffert à sa naissance! pensez donc! Un bébé de douze livres! » Mais ces répliques drolatiques ne venaient que fleurir le discour à glacer le sang! Et rendons gloire au médecin de famille qui lance à son fils inquiet de sa fragile santé « Son cœur? Mais son cœur va très bien il faudrait un bâton de dynamite pour tuer votre mère! »

Après ce succès personnel, Laura sera déifiée au cinéma après l’avoir été au théâtre!  Universal la distribue dans un rôle plus important que celui d’une Shirley Temple  encore débutante dans « Out All Night ».

Elle sera absolument sidérante et odieuse à souhait dans « Camille » avec Greta Garbo avant d’aller couronner sa carrière sur la plateau de « Autant en Emporte le Vent » et entrer dans l’immortalité avec le personnage de tante Pitypat Hamilton!

Le film lui réservera une amusante surprise! Elle retrouve en Clark Gable, un jeune acteur qu’elle avait rencontré vingt ans plus tôt lors d’une tournée en Oregon. Il était alors le jeune WC Gable, tenait des petits rôles au théâtre et vendait des cravates la journée. Laura lui avait trouvé quelque chose et lui avait dit « Vous perdez votre temps en Oregon, c’est à Broadway que les choses se passent. Vous avez quelque chose d’intéressant, foncez! » j’imagine que de le retrouver devenu roi d’Hollywood et s’apprêtant à jouer le rôle principal du film le plus prestigieux de tous les temps dut lui apporter une intense satisfaction personnelle.

Evidemment, Laura est une grosse dame qui prend de l’âge et en ces temps de glamour absolu où règnent Betty Grable, Lauren Bacall et Hedy Lamarr on ne risque guère d’écrire pour elle ni même de lui confier des premiers rôles. Mais peu importe à miss Crews! Elle a son cher théâtre et c’est le théâtre qu’elle aime.

Elle considère le cinéma comme une sorte de très intéressante publicité! Elle est payée pour tourner des films et le public qui la voit au cinéma n’a de cesse que de se précipiter au théâtre pour l’applaudir à tout rompre.

Ce qui explique sans doute se filmographie en « sauts de puce » puisqu’elle surgit à Hollywood, enchaîne une petite collection de tournages, tous de prestige, il va de soi, puis se volatilise pour retourner à Broadway qui se consume d’ennui sans elle!

la carrière de cette vielle célibataire endurcie aurait d’ailleurs de quoi faire pâlir tout mâle hollywoodien qui se respecte puisqu’elle donnera la réplique trois fois à Marlène Dietrich mais jouera aussi avec un égal bonheur face à Greta Garbo, Greer Garson,Vivien Leigh, Olivia de Havilland, Norma Shearer, Ginger Rogers, Bette Davis,  Myrna Loy, Myriam Hopkins, Irène Dunne et même comme je l’ai dit Shirley Temple!

Son rôle dans « Autant en Emporte le Vent » pour lequel elle s’était fait faire une coiffure drolatique, deux petits toupets de bouclettes blondes à Shirley Temple, placés sur sa tête comme les oreilles sur celle d’un chien lui avait valu un énorme courant de sympathie, partagé avec Hattie MacDaniels.

 Gone with the Wind 1939 Olivia De Havilland Laura Hope Crews


Gone with the Wind
1939
Olivia De Havilland
Laura Hope Crews

Hollywood pouvait bien se frotter les mains, il avait ses deux matrones de grand style! L’une blanche et l’autre noire, que demander de plus?

On aurait été bien en peine alors d’imaginer que la carrière de Laura Hope Crews, déjà, touchait à sa fin.

En 1942 elle tourne « The man Who Came to Dinner » avec Bette Davis et Ann Sheridan puis file à Broadway créer « Arsenic et Vieilles dentelles ». Un triomphe inouï!

Mais on ne la reverra plus, ni au cinéma , ni au théâtre.

Elle n’a que 62 ans  mais sa santé décline inexorablement et particulièrement rapidement.

Laura Hope Crews s’éteint à New-York le 12 Novembre 1942. Quatre mois plus tôt elle triomphait sur scène et faisait preuve d’un abattage inouï.

Celine Colassin

Laura Hope Crews

QUE VOIR?

1929: Charming Sinners: Avec Ruth Chatterton et Clive Brook

1932: New Morals for Old: Avec Robert Young et Myrna Loy

1933: Rafter Romance: Avec Ginger Rogers et Norman Foster

1933: The Silver Cord: Avec Irène Dunne et Joel McCrea

1933: Out all Night: Avec Shirley Grey, Zasu Pitts et Slim Summerville

1934: The Age of Innocence: Avec Irène Dunne et John Boles

1935: The Melody Lingers On: Avec Joséphine Hutchinson

1935: Escapade: Avec Luise Rainer

1936: Camille: Avec Greta Garbo et Robert Taylor

1937: Angel: Avec Marlène Dietrich

1939: The Rains Came: Avec Myrna Loy et Tyrone Power

1939: The Star Maker: Avec Louise Campbell et Bing Crosby

1939:The Hunchback of Notre Dame: Avec Maureen O’hara et Charles Laughton

1939: Gone with the Wind: Avec Vivien Leigh, Olivia de Havilland et Clark Gable

1939: Remember? Avec Greer Garson et Robert Taylor

1939: Idiot’s Delight: Avec Norma Shearer et Clark Gable

1940: Lady with Red Hairs: Avec Myriam Hopkins

1940: The Blue Bird: Avec Shirley Temple

1941: The Flame of New Orléans: Avec Marlène Dietrich, Bruce Cabot et Roland Young

1941: One Foot in Heaven: Avec Martha Scott Fredric March

1942:The Man Who Came to Dinne: Avec Bette Davis et Ann Sheridan

 

 

516: LUCIE MANNHEIM

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Le 30 Avril 1899, Lucia Mannheim naît à Berlin.

Très tôt attirée par les feux de la rampe, Lucia sera comédienne mais saura aussi très brillamment chanter et danser. Il faut bien cela, car elle aura 21 ans en 1920, et les années 20 en Allemagne furent des années sensationnelles, une véritable révolution artistique et culturelle dont Berlin était le coeur bouillonnant!

Si dans les années dix il était de bon ton d’être d’une famille de militaires pour être dans le vent berlinois, dans la décennie suivante, il vallait mieux être un musicien de jazz, noir, drogué et homosexuel marié à une poétesse exhibitionniste prostituée! L’Allemagne assoiffée de vivre et d’oublier les atrociétés de la grande guerre se jeta avec une sorte de rage dans un délire existantiel et créatif complet! Comme si le nouveau mot d’ordre de la capitale teutone était « Tout pour l’art et le Sexe ». Créer, s’envivrer et faire l’amour semblent être les trois seules occupations de la jet set berlinoise, et bien entendu, les actrices sont les fiers étendards de cette nouvelle liberté de vivre et de penser!

Lotte Lenya, Marlène Dietrich et cette française importée, Margo Lion font courir les Berlinois dans les théâtres et les cabarets le soir, dans les cinémas le jour et Luicie Mannheim fait elle aussi partie de ces égéries du nouveau courant de pensée débridée, d’autant plus fort qu’il fut aussi fort…fugace.

Lucie fut donc une très célèbre et populaire (les deux ne sont pas forcément liés) vedette de cabaret et d’opérettes dont les Allemands restèrent friands malgré leur dédain momentané affiché pour le genre. Mais elle saura aussi donner du prestige à sa carrière en jouant les grands auteurs dont Shakespeare. Elle laissa longtemps un souvenir ému de sa Juliette et de son Ophélie à ceux qui eurent la chance de l’y voir.

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En 1923, le cinéma, alors prodigieusement prolifique en Allemagne comme toutes les autres formes d’art fait appel à sa gracile beauté et Lucie signe d’emblée un contrat pour cinq films, tous en vedette!

Mais paradoxalement, malgré l’indiscutable succès, c’est sur scène qu’elle se préfère, et le contrat honoré à une vitesse stupéfiante, elle aura tourné ses cinq films en un an, elle renonce aux caméras.

Sa carrière filmée aurait pu s’arrêter là si on n’avait pas fait appel à elle pour le film le plus cher et le plus ambitieux jamais tourné en Allemagne: »Atlantik » Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une version du naufrage du Titanic vue par les Allemands. Ce film muet de 1929 semble aujourd’hui hélas complètement disparu et c’est fort dommage car il fut longtemps considéré comme le meilleur film sur le sujet et ses truquages étaient fantastiques. (De nombreux survivants du nauvrage, invités à la première sortirent de la salle complètement bouleversés). Un des seuls fragments qui subsistent nous montre Lucie en robe du soir et chapeautée de plumes d’aigrettes descendre le grand escalier des premières classes avec une allure folle, on se croirait aux plus grands moments des folies bergères!

Il est également intéressant de souligner que si le national socialisme n’est pas encore au pouvoir en 1929, dans « Atlantik », les riches armateurs qui forcent la vitesse du bateau pour un pari et le mènent à sa perte sont Juifs et que le seul Allemand à bord est le brave radio qui enverra des S.O.S. jusqu’à ce qu’il aie de l’eau jusqu’aux genoux, ne quittant son poste qu’un court instant, pour libérer son canari de sa cage! (Cet autre fragment surgit pour notre édification sur la propagande teutonne qui s’était faufilée jusque sur le Titanic!).

La classe inouïe de Lucie Mannheim et sa performance dans le film la désignèrent comme premier choix pour « L’Ange Bleu ». Choisie par la production, von Sternberg ne voulut rien savoir et imposa une Marlène Dietrich encote grasouillette.

Lucie est donc une star! Sternberg ou pas! En 1933, il y a dix ans qu’elle a débuté au cinéma, et elle vient de terminer un film avec Liane Haid lorsqu’un soir, se rendant au théâtre où elle joue…On lui interdit l’entrée!

Lucie Mannheim est juive, elle a déjà gratifié Hitler de quelques traits cinglants et d’une ou deux imitations bien senties, sa présence d’agitatrice en puissance n’est plus souhaitée sur les scènes nationales!

Scandalisée, outrée, et sentant le vent tourner, elle quitte l’Allemagne drapée dans sa dignité outragée et ses chinchillas pour la Tchékoslovakie ou elle est une grande star. Mais à peine installée, elle réalise enfin l’ampleur du danger qui menace et repart presque aussitôt pour l’Angleterre.

Elle y aura la grande chance de rencontrer Alfred Hitchock qui lui propose un rôle dans « Les 39 Marches » avec la blonde Madeleine Carroll. Lucie l’ignore encore, mais c’est ce film qui fera passer son nom à la postérité.

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La guerre, inévitable, éclate. Lucie Mannheim n’a pas oublié l’affront et de toute manières- elle détestait Hitler depuis la première fois qu’elle en avait entendu parler! Elle trouvera le temps de faire quelques films, de la télévision dès 1938, mais surtout, aux heures les plus chaudes du conflit, elle accapare les ondes radiophoniques où elle tourne Hitler en ridicule et en profite pour singer Marlène Dietrich dans une version anti nazie de Lilli Marlène!

Lucie se retrouvera en bonne compagnie, celle de Marlène et Myrna Loy entre autres, sur la liste rédigée par Hitler en personne: la liste des femmes à capturer et fusiller sur place!

Lucie Mannheim considère, à tout prendre, cela comme un honneur! Plutôt que de s’en inquiéter, elle préfère convoler en justes noces avec le bel acteur anglais Marius Goring de 13 ans son cadet. Goring a rejoint l’armée et elle le rencontre dans les locaux de la BBC. Marius Goring utilise alors un pseudonyme: Charles Richardson, son patronyme réel faisant par trop teuton et trop connoté « Herman Göring »!

Le couple sortira indemne du conflit mondial et restera uni jusqu’à la mort.

En 1948, les esprits ne sont pas encore calmés, mais Lucie rentre en Allemagne, parce qu’après tout c’est chez elle!

On n’attend hélas pas cette traîtresse comme le messie et elle ne fera plus que de vagues apparitions au cinéma à partir de 1952, elle n’avait plus tourné depuis 1944.

C’est son mari qui, auteur et réalisateur d’une série télévisée à succès « The Scarlet Pimpernel » lui offrira un rôle récurrent d’élégante comtesse dans son programme.

Il n’y aura hélas plus de hauts faits dans la carrière de Lucie Mannheim qui la cinquantaine bien tassée continue à se partager entre l’Allemagne et l’Angleterre, y travaillant indifféremment au théâtre et à la télévision jusqu’en 1970.

Elle s’éteint dans sa chère Allemagne le 18 Juillet 1976. Elle avait 77 ans.

Son mari se remariera l’année suivante avec une productrice de télévision.

Celine Colassin.

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QUE VOIR?

1929: Atlantik: Avec Elsa Wagner, Julia Serda, Willi Forst et Fritz Kortner

1931: Der Ball: Avec Reinhold Schünzel

1935: The 39 Steps: Avec Madeleine Carroll et Robert Donat

1936: East Meets West: Avec Georges Arliss

1943: Yellow Canari: Avec Anna Neagle, Richard Greene et Margaret Rutherford

1954: Das Ideale Brautpaar: Avec Ingeborg Körner et Hans Reiser

1957: Frauwenarzt, dr Bertram: Avec Winnie Marcus et Willy Birgel

1960: Beyond the Curtain: Avec Eva Bartok, Marius Goring et Rchard Greene

1965: Bunny Lake is Missing: Avec Carol Lynley et Laurence Olivier

1970: Erste Liebe: Avec Dominique Sanda, Maximillian Schell , Marius Goring et John Moulder Brown (son dernier film)

 

493: LIANE HAID

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Le 16 Août 1895, Adriane Haid naît à Vienne et qui pourrait imaginer un seul instant qu’elle deviendra la premiere icone autrichienne d’un art qui n’existe pas encore: le cinématographe! Deux ans plus tard elle aura une petite soeur à pouponner, Grite, qui naît le 14 Mars 1897!

Adriane a trois ans lorsque l’impératrice Elizabeth se fait occire à Genève ! L’Empire Austro-Hongrois est sous le choc, les photos et les portraits de l’impératrice sont partout dans Vienne, ils y sont d’ailleurs toujours. La petite fille trottine engoncée dans ses dentelles d’un portait à l’autre, ils sont inévitables et il semble que la fière allure de l’impératrice défunte l’ait durablement impressionnée, car devenue jeune fille elle adoptera un look et un style qui rappelleront furieusement celui de l’icône impériale!

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Mais Vienne n’est pas que la capitale en deuil d’une impératrice anorexique, elle est aussi la capitale de la valse et de l’opérette, considérées à la fois comme un art de vivre et le symbole de la culture nationale! Et lorsque l’on est une petite fille viennoise bien née, on apprend, c’est la moindre de choses, à valser, à chanter, à massacrer Strauss au piano et puis seulement à lire et à écrire!

Belle à ravir et chantant comme un rossignol gracile, Adriane qui gardera son petit « diminutilf » familial sera première danseuse à l’opéra de Vienne lorsque la grande guerre vient la cueillir au sommet d’une glore froufroutante! Sa gloire était déjà telle qu’elle se partageait entre Vienne et Budapest et était reçue avec tous les égards à la cour. Elle y eut plusieurs fois le plaisir d’ouvrir le bal avec quelques majestés triées sur le volet, tout l’honneur étant pour eux! Imaginez donc! Danser avec Liane Haid! Couronne ou pas, celà vous pose son homme!

Et dès 1915, dès qu’un Viennois eut acquis une caméra, on sollicita Liane pour jouer devant, laquelle, accepta, moitié comme une gageure, moitié comme une frivolité d’être la star de » Avec le Coeur et avec la Main pour la Patrie »! La star s’était dite amusée de la proposition que lui avaient faite un couple d’amis qui s’étaient décidés réalisateurs conjugaux: Jacob et Louise Fleck. la jeune Grite qui perdit son « e » dans la foulée tenta la même aventure et récolta elle aussi un joli succès. Entre Liane et Grit, le public ne savait plus où donner des mirettes!

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Lorsque cette fameuse guerre éclata d’un coup de feu à Sarajevo, Liane avait déjà tourné dix films, elle était une star qui faisait se ruer le public devant les toiles tendues et le canon ne ralentit pas sa folle activité! C’était la guerre, Liane servirait son art! Elle aligna quatre films en 1918, persuadée que cette guerre stupide ne resterait pas à la mode plus longtemps qu’un chapeau!

Puis les choses s’envenimant, la star estima que l’heure n’était plus à valser en crinoline devant les caméras et se tint coite artistiquement parlant. On n’eut plus de ses nouvelles, il faut dire que l’on mourrait beaucoup et que les héros de canon avaient remplacé pour un temps les gloires de parquets cirés.

Elle trouva le temps de devenir Baronne, en épousant Fritz von Haymerle qui non seulement était d’excellent noblesse mais de très haute fortune. Le baron était même si riche qu’il offrit en cadeau de noces à sa sublime épouse une maison de productions où elle règnerait sur les projets dignes de son rang et qu’elle aurait l’amabilité de bien vouloir tourner. Rien n’était trop beau pour Liane Haid, mais soyons justes, y avait-il quelqu’un de plus beau que Liane Haid en Autrice en 1923?

Non!

Dès la guerre terminée le cinéma avait repris en mains sa propre destinée, Liane avait été la première à revenir aux écrans et avait été successivement lady Hamilton et Lucrèce Borgia, films qui furent littéralement pris d’assaut par un public éclopé ou en grand deuil. Sa Lucrèce allait même connaître une suite en 1923: » Bride of Vengeance » Mais qu’étaient les douleurs terrestes et l’abomination de la défaite face à Liane Haid mimant la passion muette et noire et blanche?

Rien!

Elle resta donc sublime et indétrônable durant toutes les années vingt, elle avait été très fière des débuts de sa petite soeur dans une carrière presque aussi brillante que la sienne et vit avec un dédain complet, une petite nouvelle se faire remarquer dans un de ses films et devenir une star du jour au lendemain: Kate de Nagy. Plus tard une certaine Marlène Dietrich tournerait un film atrocement vulagaire dans les studios de la UFA dont elle était la reine: « L »Ange Bleu ». Comment osait-on?

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Les années 30 seront dans les pays germanophones les années Liane Haid qui passa au parlant avec un éclat tel que sa gloire en fut encore sublimée et on n’était pas peu fiers chez les teutons de savoir que la star se faisait des papillottes avec les contrats mirifiques qu’Hollywood lui envoyait chaque semaine.

Bien évidemment, l’Allemage des années 30, c’est aussi la montée du national socialisme et de sa doctrine à débordements. Liane était relativement exaspérée par tous ces dirigeants qui avaient entaché sa jeunesse et les vingt ans de sa petite soeur d’une épouvantable guerre, elle n’allait pas se mettre à saluer qui que ce soit, fût-il Hitler! Elle trouva d’ailleurs que son baron de mari était un peu trop friand des fanfaronades à croix gammées, ce qui était normal pour un industriel local qui voyait dans les perspectives de guerre des perspectives de bonnes affaires! Liane Haid divorça et passa son titre de baronne à pertes et profits.

Les années 30 qui avaient commencé en fanfare viennoise finissaient pourtant en marche funèbre. Sa petite soeur adorée mourait à 40 ans lorsque l’avion qui la transportait s’abattit en forêt noire ne laissant aucun survivant.

La nouvelle guerre la surprend en plein tournage de « L’Amour Imparfait » où elle roucoule dans les bras de Willy Fritsch et elle en fut positivement exaspérée! Hitler annexait tout un tas de pays mais il n’allait sûrement pas annexer Liane Haid!

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Dieu sait d’ailleurs ce qu’il serait advenu d’elle si elle n’avait pas eu l’opportunité d’épouser un médecin suisse, le docteur Carl Spycher dont elle adopta la nationalité avec l’alliance!

la guerre terminée, elle resta à Berne où elle avait refait sa vie et déclara un jour avec une véhémence rare à un journaliste: «  Moi, retourner en Allemagne? Et pour quoi faire? la moitié des gens intéressants sont morts à la guerre et les autres dans les fours d’Hitler, ils ont tout détruit de l’Allemagne que je connaissais et que j’aimais, les villes et les tombes des miens et vous voudrez que j’y aille? Etes-vous fou? »

Elle y alla pourtant, tourner un dernier film en 1953 alors qu’elle en avait elle-même 58. Un dernier concours de circonstances tragiques lui permettant, puisqu’elle était sur place, d’asssiter aux funérailles de son si cher ami Jacob Fleck qui l’avait dirigée plus de vingt fois et rejoignait en cette année 1953 sa si chère Louise qui s’en était allée trois ans plus tôt

Puis Liane regagna sa bonne ville de Berne et laissa l’oubli se faire sur son nom, sa beauté et sa légende. Elle était devenue la doyenne du cinéma lorsqu’elle s’y éteignit le 28 Novembre 2000, Elle avait 105 ans et à 33 jours près, elle aurait vécu sur trois siècles.

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QUE VOIR?

1915: Avec le Coeur et Avec la Main pour la Patrie: Avec Hubert Marischka

1916: Die Tragödie Auf Schloss Rottersheim: Avec Hermann Benke

1917: Lebenswogen: Avec Hermann Benke

1918: So Fallen die Lose des Lebens: Avec Hermann Benke

1920: Freut Euch des Lebens: Avec Karl Ehmann

1921: Die Film Der Prinzessin Fantoche: Avec Mario Bergugliano et Marietta Weber

1923: Bride of Vengeance: Avec Conrad Veidt

1926: Die Brüder Schellenberg: Avec Conrad Veidt et Lil Dagover

1927: Die Czardasfürtin: Avec Imre Raday

1928: Die Königin seinse Herzens: Avec Luigi Serventi et Kate de Nagy

1930: Der Unsterbliche Lump: Avec Gustav Fröhlich

1931: Meine Cousine aus Warschau: Avec Fritz Schluz et Tala Birell

1933: Eine Frau Wie Du: Avec Georg Alexander

1933: Keine Angst vor Liebe: Avec Ralph Arthur Roberts

1937: Peter Im Schnee: Avec Traudl Stark

1940: L’amour Imparfait: vec Willy Fritsch

487: KATE DE NAGY

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On aura déjà vu parmi ces pages de nombreux espoirs éphémères et tout autant de destins brisés. Mais se pourrait-il que la postérité oublie complètement une star qui aurait gravi des sommets et s’y serait maintenue deux décennies? Une véritable icône brillant de mille feux parmi les plus étourdissantes déesses de son temps, donnant la réplique aux plus prestigieux des partenaires pour les caméras des plus grands?

Kate de Nagy qui fut une actrice non seulement très prolifique mais véritablement adulée par delà maintes frontières en est peut-être l’exemple, sinon la preuve la plus flagrante.

Cette future icône internationale naît le 04 du 04 en 1904, , Elle est Ekaterina Nagy von Cziser et nous sommes à Szabadka en Austro-Hongrie. Si vous voulez nous situer sur une carte contemporaine, vous devez alors pointer du doigt Subotica en Serbie.

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Notre jeune oiselle est non seulement fort bien née, mais dans une richissime famille de banquiers, ce qui a certes des avantages mais également quelques inconvénients! C’est que voyez vous, il faut se conformer aux usages du rang mais aussi à la convenance qui sied au monde des affaires, on ne badine pas avec les bonnes manières au pays de feue Sissi!

Et malheureusement, notre jeune beauté grandit en grâce mais guère en sagesse. Elle s’ennuie à périr, ronge son frein, mettrait volontiers le feu à la banque de papa pour mettre un peu d’animation dans cette vie qui n’est que protocole en dentelles! Mais n’est pas pyromane qui veut. Soufflant ses 16 bougies d’anniversaire sur un gâteau qui ressemble à sa robe, elle décrète dans un même souffle à la famille toute ébouriffée qu’elle compte bien se marier!

Non mais et puis quoi encore? un chantage? La gracieuse effrontée ira se calmer au couvent, le temps de tempérer ses velléités d’indépendance matrimoniale et d’apprendre les langues étrangères, ce qui lui sera plus tard d’une utilité rare!

La famille accepta de « démobiliser » la jeune Kate mais les conditions furent drastiques. La famille estimant qu’elle restait « a surveiller », elle se retrouva détachée au secrétariat de papa, dans sa banque, dans son bureau, toute la journée! Le reste du temps, elle peignait, sagement, à la maison.

Le brave homme se révéla à tout prendre plutôt satisfait de sa progéniture qui montrait de grandes dispositions de concentration. Elle était littéralement rivée sur sa machine à écrire!

Rivée à sa machine à écrire où elle tapait fébrilement des nouvelles pour un journal de Budapest qui s’en montrait très friand! Kate de Nagy écrivait avec élégance et talent et publiera même un roman à succès: « Pan et Moi ».

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Elle réussit également à extorquer à ses parents, un soir de griserie ou de faiblesse, l’autorisation de suivre des cours d’art dramatique. Sans doute crurent-ils, comme plus tard ceux de Vivien Leigh que celà tempèrerait ses ardeurs, je l’ignore!

Un fait demeure, elle prendra son envol et gagnera Berlin pour y tenter enfin sa chance. mais elle dût attendre pour celà d’être majeure, nous étions en 1926. Elle avait bien trouvé en 1923 un jeune homme suffisamment conquis pour « l’enlever » et le couple fuit jusqu’à Budapest, mais Kate, déçue par un Roméo qui tenait mal ses promesses rentra à la maison!

Lorsqu’enfin elle s’installa à Berlin, il ne fut bien entendu pas question de lui céder le moindre sou pour sa survie et en attendant que la chance lui sourie, elle proposa à son cher journal hongrois de devenir son « envoyée spéciale » et jura de racconter absolument tout ce qu’elle verrait et entendrait! Il est d’ailleurs fort probable que c’est en quête de potins qu’elle se faufila dans la figuration de quelques films.

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Il faut bien admettre que Kate de Nagy ne fut guère portée par son temps. Le début de siècle fut plutôt tumultueux en Autriche Hongrie! Une guerre mondiale y était née et l’empire ne lui avait pas survécu. Kate était née dans un pays qui n’existait plus. Des millions d’hommes l’avaient suivi dans le néant et avec eux les rigoureux préceptes si chers à sa famille! Elevée par des femmes portant corset et chapeaux emplumés grands comme des roues de carrosse, Kate se retrouvait dans un monde nouveau où les femmes étaient nues sous leurs robes courtes, se coupaient les cheveux, fumaient l’opium, dansaient le charleston sur les tables et affichaient volontiers une liaison homosexuelle si elles voulaient un tant soi peu être prises au sérieux! Pauvre Kate qui à 16 ans devait se cacher derrière un palmier en pot pour demander à un homme s’il voulait bien l’épouser!

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Mais ce nouveau temps, avouons-le, lui plaisait bien plus que l’ancien. Racée et belle à mourir, Kate était terriblement « in » et c’est Alexander Korda qui le premier la remarquera dans les rangs de la figuration où elle prenait des notes. Il la fera débuter à l’écran moins d’un an après son arrivée à Berlin.

Toute à l’enthousiasme d’enfin débuter sa carrière d’actrice, elle en épousa son premier metteur en scène: Constantin David.

Kate enchaîna les tournages, devint la très altière rivale de Jenny Lugo, Jeanne Helbing, Liane Haid et de Marlène Dietrich. En deux ans elle avait tourné dix films entre Vienne, Berlin et Stockholm. Elle a conquis ses titres de gloire en 1928 avec « Les Fugitifs » de Hans Schwartz qui triomphe partout et tout particulièrement en France.

Le cinéma s’était mit à parler, Kate en fut ravie et l’enseignement des bonnes soeurs viennoises porta ses fruits. Elle tournait elle-même les version allemandes, italiennes françaises et anglaises de ses films. Lillian Harvey et Brigitte Helm ne pouvaient en faire autant! Faire tourner Kate était donc plus rapide, plus simple et donc plus rentable. Elle pouvait rester alanguie sur ses oreillers, il suffisait de changer les partenaires masculins!  Deux exceptions à cette régle: « Princesse à vos Ordres » où Lillian Harvey la remplace dans les bras d’Henri Garat pour la version française et « Sa Majesté l’Amour » où c’est Annabella qui lui dame le pion.

Elle devint une star suprême en Allemagne et bientôt s’exporta en Italie, en France et en Angleterre durant toutes les années 30! C’est d’ailleurs en France qu’elle rencontra son second mari Jacques Fattini. Un homme d’affaires avisé et loin d’être pauvre.

La France lui avait déroulé ses tapis d’or, son allure allait si bien aux créations de Chanel, de Rouff, de Schiaparelli, on ne voulait qu’elle, sublime, somptueuse, divinisée. Pierre Richard Wilm, Pierre Blanchar, Jean Murat, Pierre Fresnay, Jules Berry allaient être ses partenaires jusqu’à ce que la folie des hommes qui avait entaché sa jeunesse recommence et détruise sa carrière avec le reste de son monde. Il y eut une guerre. Encore.

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La versatilité géographique de la star qui avait été son grand atout finit par lui nuire. Elle ne répondit même pas aux offres d’Hitler et encore moins à ses ordres. Le public ne rechignait pas malgré les bombes à applaudir quelques allemandes puisque les films teutons inondaient les écrans, mais Kate de Nagy n’y était pas. Quant aux films que l’on faisait en France ils étaient produits par la Continental, une firme allemande, autant dire par Hitler lui-même.

Aucun cinéaste n’aurait reçu un seul ticket d’alimentation pour produire son film s’il avait osé envisager Kate de Nagy au générique!

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Elle tourna malgré tout un film en 1943, un rôle de princesse métisse directement inspiré de la Danielle Darrieux de « Port Arthur » qui avait fait verser tant de larmes avec ses sourcils tirés en lignes droites jusqu’aux oreilles pour faire exotique.

La guerre finit. L’Allemagne n’était pas en odeur de sainteté, on savait certes que Kate de Nagy était une victime comme les autres et non une sbire du terrorisme, mais enfin malré tout, les boches on les avait assez vus!

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Elle patienta donc, attendit une offre, elle vint d’Alfred Rode, chef d’orchestre; mari de Claudine Dupuis et « créateur » des films de son épouse qui se démena beaucoup dans des navets érotico-série noire qui sont tout autant d’invitations à des kermesses dans le temple de la médiocrité.

Effarée du résultat et d’avoir donné la réplique à Luis Mariano après Pierre Richard Wilm, Kate de Nagy jura un peu tard qu’on ne l’y reprendrait plus! Bien que, et malheureusement pour elle, elle ait signé avec l’oncle Alfred pour deux films!

Elle s’était d’ailleurs lancée dans l’aventure pleine de confiance et osons le dire, pleine d’espoir. La presse s’intéressait beaucoup à son retour après tant d’année et elle déclarait tout sourire: « Je suis ravie de tourner avec Alfred Rode! Il est chef d’orchestre, producteur, réalisateur, scénariste, interprète et musicien, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de personnes qui puissent en faire autant! Et puis il m’a offert un rôle très intéressant pour moi, aux antipodes de tout ce que j’ai joué jusque là, je serai une femme fatale mystérieuse, une aventurière et je vais même « souffler » Luis Mariano à Claudine Dupuis! Cette rentrée m’enchante car au fond, je l’espérais depuis très longtemps! »

Nous étions à l’été 1947, Kate vivait retirée dans sa villa de Villefranche sur mer depuis 1941!

Maos malgré la joie de sa rentrée, elle avait été une actrice d’une classe internationale, elle ne l’oubliait pas elle n’allait pas s’égarer ad vitam aeternam du côté de la place Pigalle!

La star affichant une éblouissante quarantaine qui n’aurait pas déparé la couverture du « spécial collections » de Harper’s Bazaar quitta Paris, ne regagna pas Berlin mais s’envola pour…Hollywood! Elle suivait son mari Jacques Fattini qui s’y exilait pour faire fructifier encore ses affaires.

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Elle n’y tourna jamais de films mais elle devint la plus allurale professeur de Français qui se puisse imaginer et se trouva fort heureuse sous le ciel californien, là où les guerres avaient l’air moins fréquentes parce qu’elles se passaient loin.

Elle y serait sans doute morte de vieillesse, toujours divine en haut de sa chaire universitaire si le cancer n’avait pas abrégé sa picaresque existance de somptuosité des élégances filmées. Elle s’éteignit fort discrètement en 1973, le 20 Décembre, dans sa chère Californie. C’est là qu’elle repose à jamais sous un ciel enfin bleu de paix.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1927: Le Bateau de Verre; Avec André Nox et Françoise Rosay

1928: Die Durchgängerin (Les Fugitifs): Avec Jean Dax et Vivian Gibson

1928: Die Köningin Seine Herzens: Avec Liane Haid

1928: Die Republick der Backfische (La République des Jeunes Filles): Avec Arturo Duarte

1929: Die Kleine Veronika: Avec Maly Delschaft et Harry Hardt

1929: Der Weg Durch Die Nacht (Poupée d’un Soir): Avec Friedrich Ettel

1929: Maskottchen: Avec Ivan Kowal Sambrosky

1929: Unschuld (Innocence) Film entièrement perdu mais dont il existe des photos de Kate sur le tournage

1929: Glauker (Les Saltimbanques): Avec Max Hansen

1931: Ihre Majestät die Liebe: Avec Francis Lederer et Gretl Theimer

1931: Le Capitaine Craddock: Avec Jean Murat

1931: Ronny: Avec Marc Dantzer

1932: A Moi le Jour, A toi la Nuit: Avec Fernand Gravey et Jeanne Cheirel

1932: Le Vainqueur: Avec Jean Murat

1932: La Belle Aventure: Avec Jean Périer et Paule Andral

1933: Au Bout du Monde: Avec Charles Vanel

1933: Nuit de Mai: Avec Fernand Gravey et Annie Ducaux

1934: La Jeune Fille d’une Nuit: Avec Jeanne Cheirel

1934: Un Jour Viendra: Avec Jean-Pierre Aumont

1934: Die Freundin Eines Großen Mannes: Avec Karl Ludwig Diehl

1934: Prinzessin Turandot: Avec Willi Schaeffers et Léopoldine Konstantin

1934: Turandot, Princesse de Chine: Avec Pierre Blanchar

1934: Einmal eine große Dame sein: Avec Wolf Albach Rety

1935: Le Diable en Bouteille: Avec Pierre Blanchar et Gina Manès

1935: La Route Impériale: Avec Pierre Richard Wilm

1936: Cargaison Blanche: Avec Jean-Pierre Aumont

1936: Ave Maria: Avec Benjamino Gigli

1937: Nuits de Princes: Avec Jean Murat

1938: Am Seidenen Faden: Avec Willy Fritsch

1938: Sourires de Vienne: Avec Ilse Werner

1938: Accord Final: Avec Jules Berry et Josette Day

1939: Renate et le Quatuor: Avec Hans Brausewetter

1943: Mahlia la Métisse: Avec Jean Servais

1948: Cargaison Clandestine: Avec Claudine Dupuis et Luis Mariano

1952: Die Fösterchristl: Avec Johanna Matz

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