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712: CATHERINE ALLEGRET

Catherine ALLEGRET

Ce n’est pas une mince affaire que d’évoquer Catherine Allégret dans ce florilège d’étoiles filantes.

Comme chacun le sait, Catherine Allégret née le 14 Avril 1946 à Neuilly sur Seine est la file du réalisateur Yves Allégret et de son épouse Simone Signoret.

Yves Allégret a donné à Simone Signoret deux rôles sublimes qui ont fait d’elle une des plus illustres actrices du cinéma français: « Dédée d’Anvers » et « Manège ». leur parcours personnel n’ a pas manqué de piquant! Ils se sont rencontrés en 1943, Catherine est née en 1946 et ils se sont résolus à se marier en 1948! Cette étrange chronologie étant due au fait qu’Yves Allégret était toujours marié à Renée Naville lorsqu’il a rencontré Simone Signoret et que Catherine est venue au monde.

La petite Catherine Allégret dans les bras des amère sous les yeux de son père

La petite Catherine Allégret dans les bras de sa mère sous les yeux de son père

Mais sa belle Simone, son égérie dont il a fait une star va tomber follement, irrésistiblement amoureuse du jeune acteur Yves Montand. Le couple se sépare, divorce. Catherine a quatre ans. Simone Signoret et Yves Montand vont se marier à Saint Paul de Vence le 22 Décembre 1951, Catherine a cinq ans.

Le jour du mariage, deux colombes entreront dans la salle du banquet et viendront se poser sur l’épaule de Simone qui prendra cela come un message du ciel, une promesse de bonheur. Les photos de Simone avec ses colombes feront le tour du monde, mais je n’ai pas vu les photos de la petite Catherine au mariage de sa maman. Y assiste-elle, je l’ignore.

Si les colombes tiendront leur promesse, Catherine restera toujours un peu « en dehors de la photo ».

Simone quittera Saint Paul de Vence la première, pour aller tourner un autre chef d’œuvre « Casque d’Or ». Le couple s’achètera un appartement place Dauphine qu’ils surnommeront « La Roulotte ». On y croisera tous les intellectuels de Paris et la mère de Montand qui s’installe à demeure.

Yves Montand et Simone Signoret c’est le couple phare du cinéma français et seul le couple Michèle Morgan-Henri Vidal peut lui être comparé.

Le public ne déteste pas oublier que Simone avait déjà été mariée et qu’elle avait une fille, on préférait oublier que Montand sortait du lit encore tiède d’Edith Piaf. On préférait faire comme s’ils étaient Roméo et Juliette, pourquoi pas? On était sorti de la guerre depuis à peine six ans, on comptabilisait encore les morts les déportés, il y avait encore des procès, des ruines, des pénuries et des restrictions, on pouvait bien rêver un peu, non?

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Catherine vit avec ce couple emblématique et tumultueux. Elle voit peu son père Yves Allégret. Il est remarié avec l’actrice Michèle Cordoue et surtout il a été très éprouvé par la mort de son fils Gilles qui s’est tué en voiture en 1955 à l’âge de 19 ans.

Lorsque Catherine sera devenue adolescente et qu’elle rêvera au cinéma, elle fera ses débuts sous la direction d’Henri George Clouzot qui avait dirigé sa mère dans un autre chef d’œuvre  » Les Diaboliques ».

La tâche est rude pour la jeune fille. Sa mère a déjà reçu l’Oscar à Hollywood, son beau-père a déjà plaqué Marilyn Monroe. Leur prestige est immense, leur empreinte est partout.

Imagine-on la place que peut bien tenir au sein de sa famille une petite fille de 14 ans, Catherine Allégret en 1960? Sa mère est à Hollywood pour y recevoir un Oscar, la récompense suprême pour un acteur de cinéma. Son beau-père y est également, il a signé un contrat pour trois films avec la Century Fox et il a commencé le tournage de « Let’s Make Love » avec Marilyn Monroe! Catherine admire de loin, elle, elle va à l’école et ne se trouve pas jolie. Ensuite Simone quitte Hollywood mais elle ne rentre pas à la roulotte, elle part tourner en Grèce avec Anthony Quinn. Montand a une liaison avec Marilyn, Catherine est seule sa famille au loin vacille. Simone Signoret laisse le film qu’elle tournait en plan! Elle ne peut décemment pas tenir le rôle de la vieille maquerelle Bouboulina et rivaliser avec Marilyn Monroe! Est-ce vraiment le moment de sortir du placard cette adolescente en plein âge ingrat? Même si Montand considère Catherine comme sa fille, elle ne l’est pas. Simone Signoret a fait deux fausses couches depuis leur rencontre et ne pourra pas lui donner les enfants dont il rêve et qu’elle rêve de lui donner. Elle n’aura qu’une enfant, Catherine, la fille d’un autre.

Sur l’échiquier des amours et des carrières, Catherine Allégret est un pion mal placé.

Elle tourne pour Clouzot, il a dirigé sa mère, elle tourne avec Serge Reggiani, il s’est fait décapiter pour ses beaux yeux dans « Casque d’Or ». Dans ces conditions comment pourra-on empêcher la presse de dire qu’elle a des rôles grâce à Yves, grâce à Simone?

Personne ne verra Catherine Allégret dans « L’Enfer ». Clouzot meurt avant la fin du tournage, le film reste inachevé. Catherine Allégret est brouillée avec la chance.

Il faudra attendre « Compartiment Tueurs » de Sébastien Japrisot pour enfin pouvoir apprécier un peu Catherine Allégret à l’écran.  Même si elles n’ont pas de scène ensemble, Simone Signoret fait partie de la distribution du film! Qui osera dire que ce n’est pas grâce à la mère que la fille travaille?

Pour la découvrir au cinéma. On voudrait qu’elle soit plus belle encore que la Simone Signoret de « Casque d’Or », meilleure actrice aussi, n’est-elle pas sa fille? N’a-elle pas été élevée par deux des plus grands acteurs de leur temps?

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La tâche n’est pas dure, elle est impossible.

On sera conciliants avec Catherine Allégret, après tout c’est la fille de Simone, mais c’est tout.

On s’attendrira un peu à l’heure des premières amours avec Jean-Pierre Bonnefous, alors danseur étoile de l’opéra de Paris avec qui elle s’est installée à Saint Germain des Près. Ils s’aiment, se chamaillent, se séparent, se réconcilient, c’est de leur âge, c’est charmant.

Mais le cinéma reste chiche. On a l’impression que les cinéastes n’osent pas lui confier de grands rôles qui forceraient la comparaison avec sa mère. Alors on l’engage quand même. Après tout c’est Catherine Allégret. Mais si les cinéastes ont du talent comme Michel Drach ou Claude Lelouch, les rôles ne prêtent pas à conséquence. On ne confiera jamais de rôles à Catherine Allégret qui obligeront à la comparaison obligatoire avec sa mère. Catherine n’aura ni si sa Dédée ni sa Casque d’Or ni son Macadam.

En 1971 on la voit à peine dans « L’Aventure c’est l’Aventure » où elle milite pour le statut des prostituées, sa mère trouble Alain Delon soi-même dans « La Veuve Couderc.

Le cinéma français a un rapport très étrange avec les enfants de ses très grandes stars. Alors que les distributions foisonnent de » filles et fils de ». Ils restent étrangement cantonnés à des rôle de second plan. Comme si leur nom au générique apportait du prestige mais leur présence à l’écran n’apportait rien.

Mike Marshall, fils de Michèle Morgan, Giulia Salvatori, fille d’Annie Girardot, Anthony Delon fils d’Alain Delon,, Sarah Biasini, fille de Romy Schneider, Laura Smet, fille de Nathalie Baye seront logés à la même étrange enseigne que Catherine Allégret. Même Tonie Marshall, la fille de Micheline Presle passera derrière la caméra après avoir un peu piétiné devant. Parfois certains noms se détachent ou ont plus de chance comme Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg, Arthur Jugnot ou Lou Doillon. Mais qui trouverait leurs carrières comparables à celles de leurs parents?

Catherine se mariera avec le comédien Jean-Pierre Castaldi qui lui aussi peine un peu à trouver sa place dans le cinéma. Le couple aura un fils, Benjamin qui deviendra présentateur de télévision.

La famille Castaldi

La famille Castaldi

Le couple divorcera, Catherine vivra ensuite avec le comédien Maurice Vaudaux, père de sa fille Clémentine.

Aujourd’hui Simone Signoret et Yves Montand ne sont plus. Catherine avait vu sa mère décliner inexorablement dans la maladie et l’alcool. Elle avait vu sans rien pouvoir y faire Casque d’Or devenir Madame Rosa. Effarée que sa mère si glorieuse et autrefois si belle ose se montrer dans un tel état, dans un tel personnage à l’écran.

Ce sera un dernier triomphe, un César. Comme si il était dit que Simone Signoret serait toujours la grande, toujours celle qui aurait le dernier mot.

Simone Signoret s’éteint le 30 Septembre 1985. Yves Montand lui survivra six ans. Six ans durant lesquels il se remariera, aura enfin l’enfant dont il rêvait avant de rejoindre Simone Signoret au Père Lachaise. Montand s’éteint le 9 Novembre 1991.

Une pluie d’hommage va s’abattre sur l’homme à un point tel que Marlène Dietrich va s’en offusquer depuis sa retraite de l’avenue Montaigne: « Mais qu’a donc fait ce Montand pour la France? »

Et puis il y aura le bal des vautours comme pour chaque nouvelle dépouille intéressante. Les langues se délient, des enfants cachés surgissent on exhume quelques ossements pour des test ADN. Catherine se tait. Elle a tourna la page, toutes les pages. Elle a pardonné certaines choses, en a oublié d’autres, elle ne veut garder que le bon souvenir d’êtres fabuleux qui auront été ses parents.

Le cinéma n’a toujours pas daigné lui donner sa grande chance, son rôle éclatant. mais elle vieillit et la ressemblance physique avec sa mère commence à se dessiner un peu plus encore. Elle reçoit parfois des rôles plus intéressants comme celui de la grand’mère tenancière de bordel d’Edith Piaf dans « La Môme ».

Des rôles ou aux réunions de castings on a dû se dire « Il aurait fallu une Signoret » ce à quoi on a répondu « Prenons sa fille! »

Heureusement, la télévision aura été plus clémente avec elle et lui aura donné à la fois plus de travail et plus de matière à défendre. C’est sur le tournage de « Navarro », la série menée par Roger Hanin qui dura de 1989 à 2007 qu’elle a rencontré son compagnon Maurice Vaudaux.

Mais il était dit que le couple Signoret Montand resterait vivant dans l’ombre de la comédienne. Son fils Benjamin écrit un livre où il dévoile les rapports très tendancieux qu’entretenait Montand avec sa belle-fille. Mais l’auteur ne s’étant pas appesanti sur les détails pratiques, la presse fit de Catherine Allégret la  »Maîtresse de Montand » . C’était faux et obscène. Catherine Allégret devra plonger dans la tourmente médiatique, expliquer, justifier. « Cette vérité là, c’est à moi de la dire ».

Etant bien d’accord sur ca, Je me contenterai de clore cet article en souhaitant qu’enfin le cinéma donne à Catherine Allégret le rôle qu’elle mérite infiniment et qu’a nos yeux enfin elle brille de son propre éclat et non de celui de la « Fille de… »

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1964: L’Enfer: Avec Romy Schneider et Dany Carrel (Inachevé)

1965: Lady L: Avec Sophia Loren, Paul Newman et David Niven

1965: Compartiment Tueurs: Avec Francis Perrin et…Simone Signoret.

1966: Carré de Dames pour un As: Avec Sylva Koscina et Roger Hanin

1968: A Tout Casser:  Avec Annabella Incontrera, Johnny Hallyday et Eddie Constantine

1969: Le Temps de Vivre: Avec Marina Vlady et Frédéric de Pasquale

1970: Le Champignon: Avec Mylène Demongeot et Alida Valli

1970: Elise ou la Vraie Vie: Avec Marie-José Nat

1971: L’Aventure c’est l’Aventure: Avec Nicole Courcel et Lino Ventura

1971: Smic, Smac,  Smoc: Avec Amidou et Charles Gérard

1971: Ca N’arrive qu’aux Autres: Avec Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni

1972: Le Dernier Tango à Paris: Avec Maria Schneider et Marlon Brando

1972: Sex Shop: Avec Béatrice Romand, Jean-Pierre Marielle et Claude Pieplu

1972: Beau Masque: Avec Dominique Labourier et Gaby Sylvia

1973: Les Volets Clos: Avec Marie Bell et Catherine Rouvel

1973: Les Granges Brûlées: Avec Simone Signoret, Miou-Miou et Alain Delon

1974: Vincent, François, Paul et les Autres: Avec Yves Montand, Marie Dubois et Antonella Lualdi

1974: Paul and Michelle: Avec Anicée Alvina et Sean Bury

1974: Le Hasard et la Violence: Avec Katharine Ross et Yves Montand

1975: La Course à l’Echalote: Avec Jane Birkin et Pierre Richard

1976: Mord pas, On T’aime! Avec Bernard Fresson

1979: Clair de Femme: Avec Romy Schneider et Yves Montand

1981: Une Robe Noire pour un Tueur: Avec Annie Girardot et Claude Brasseur

1981: Chanel Solitaire: Avec Marie-France Pisier et Timothy Dalton

1982: Josepha: Avec Miou-Miou et Claude Brasseur

1983: Le Braconnier de Dieu: Avec Annie Cordy, Pierre Mondy et Jean Lefèvre

1989: L’Orchestre Rouge: Avec Dominique Labourier et Claude Brasseur

2004: Mariages! Avec Miou-Miou, Jean Dujardin et Lio

2007: La Môme: Avec Marion Cotillard, Jean Paul Rouve et Emmanuelle Seigner

2010: La Rafle: Avec Mélanie Laurent et Jean Reno

2010: Fatal : Avec Michael Youn

628:ANTONELLA LUALDI

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La carrière de l’actrice Antonella Lualdi est un peu une carrière d’anguille! Jamais là où on l’attendait à faire ce que l’on imaginait! La femme étant elle aussi assez insaisissable sans pour autant jouer les sphinx suédois, ajoute encore au fait que malgré une carrière de premier ordre et sa beauté époustouflante, Antonella Lualdi reste floue, ou plus exactement reste insaisissable.

Cette future grande vedette internationale naît à Beyrouth au Liban, d’un père italien et d’une mère grecque originaire d’Istanbul. Elle est Antonietta de Pasquale, nous sommes le 6 Juillet 1931. et la famille s’agrandira encore d’un garçon et de deux filles.

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C’est à l’aube de la seconde guerre mondiale que la famille Pasquale choisira de quitter le Liban pour revenir en Italie. Antonietta est encore une petite fille, elle n’ a pas dix ans, mais sa naissance exotique et sa famille variée feront d’elle un juvénile polyglotte car elle parle l’Italien et le Grec, un peu d’arabe et a appris le français à l’école!

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La guerre en ayant fini de ses ravages, Antonietta jolie comme un cœur va fêter ses dix sept ans et va décrocher son premier petit boulot: modèle pour les premières maisons de couture qui renaissent de leurs cendres comme tout le reste de la péninsule.

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Mais la petite demoiselle se rêvait actrice. On voyait éclore avec la paix, les nouveaux grands noms du cinéma italien qui en avait semble-il soupé des divas mussoliniennes! Venait le régne de Gina Lollobrigida, Lucia Bose, Gianna Maria Canale, Silvana Mangano et quelques autres somptuosités. Antonietta rêvait.

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Actrice elle deviendra et fera du théâtre durant trois ans avant d’être enfin remarquée et invitée à faire ses débuts au cinéma. Mais si elle avait attendu longtemps, le destin allait se charger d’équilibrer les choses.

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Antonietta a fait une modeste apparition dans un film de Tyrone Power dont les extérieurs se tournent en Italie « Prince of Foxes » et cela suffit pour attirer l’attention du réalisateur Mario Mattoli qui cherche une belle inconnue pour le premier rôle féminin du film qu’il prépare: « Signorinella ».

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Film qui fera un succès colossal en Italie où ce type de comédies musicales truffées d’airs napolitains est alors follement populaire! Une certaine Virna Lisi fera exactement les mêmes débuts en 1953, le genre fit long feu , et elle connaîtra une gloire tout aussi foudroyante qu’Antonietta.

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Laquelle, rebaptisée Antonella Lualdi, ce qui fait plus chic, plus « vedette » devient du jour au lendemain la nouvelle petite fiancée d’une l’Italie en véritable adoration devant elle.

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Les années 50 s’inaugurent en Italie avec le nom d’Antonella Lualdi parmi ceux de ses plus grandes vedettes nationales. En 1952 elle tournera dix films!

En 1953 elle est sacrée avec Walter Chiari « Plus grande vedette d’Italie » et les journalistes de se pâmer qu’elle a devancé Ingrid Bergman, Anna Magnani et Gina Lollobrigida!

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En 1954 elle tourne en France « Le Rouge et le Noir » avec Danielle Darrieux avec qui elle n’a aucune scène et Gérard Philipe avec qui elle en a beaucoup. A un journaliste qui lui dit qu’Antonella est une vraie révélation, Claude Autan Lara lui répond « Je pense bien! Elle a tourné 16 films en quatre ans dont un avec Danielle Darrieux et Martine Carol, elle est le cinquième box office d’Italie! Et vous, c’est quoi votre métier exactement? »

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Sur le tournage, alors qu’elle tourne une scène cruciale où elle doit couper une mèche de ses cheveux pour la donner à Julien Sorel Philipe, elle éclate soudain en sanglots! On l’a coiffée avec ses vrais cheveux, elle n’ a pas de mèches postiches, si on refait la scène plusieurs fois elle finira chauve! Autant Lara, ému et compréhensif interrompt les prises de vues le temps de la rassurer et régler le petit problème capillaire!

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Si Claude Antan Lara n’en tira pas grand chose de palpitant en faisant d’elle la partenaire de Gérard Philipe dans sa version très guindée du « Rouge et Noir ». Christian Jacque lui avait heureusement fait faire des étincelles dans le rôle fil rouge de ses « Adorables créatures » en 1952. Elle y est la juvénile voisine amoureuse, délurée et casse pieds de Daniel Gélin qui finira par l’épouser à la fin du film!

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La mode étant alors aux coproductions internationales, Antonella qui a donné la réplique à Charles Vanel et Jacques Sernas titille les réalisateurs français qui l’invitent sur leurs plateaux. Echange de bons procédés en quelques sortes.

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1954, c’est la grande année pour la belle Antonella puisqu’elle épouse entre deux films l’élu de son cœur: Le jeune premier italien Franco Interlenghi. Le coupe d’amoureux sera pour l’Italie ce que le couple Romy Schneider-Alain Delon sera pour la France. Jeune riches, beaux talentueux et grandes vedettes! Ils s’aiment et font rêver!

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Antonella et Franco à Venise

Mais si Alain et Romy  feront beaucoup de tapage avec leurs brèves amours, Antonella et Franco s’embourgeoisent dans leur amour qui dure encore. Ils font leur métier sans faire de tintouin ni de scandale, il n’y aura même pas le fracassant tumulte habituel autour des amours de Brigitte Bardot lorsque Franco tournera avec elle dans « En Cas de Malheur » où ils vivent pourtant une passion torride et violente.

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Le couple aura deux enfants, deux filles. Antonella Interlenghi qui deviendra elle aussi actrice et Stella Interlenghi.

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Etrangement, Antonella Lualdi est restée plus prestigieuse en Italie qu’en France. C’est paradoxal puisque c’est en France qu’elle tourne ses meilleurs rôles. Confinée à de très rares exceptions près dans des films populaires en Italie, en France elle est dirigée par Claude Autan Lara et Christian Jacque mais aussi par Yves Allégret, Claude Chabrol et Claude Sautet.

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Sans doute cette carrière menée entre deux pays l’empêche-elle d’être suffisamment présente d’un côté ou l’autre des Dolomites, car Antonella reste une grande vedette mais ne devient pas une superstar telles Gina, Sophia ou Silvana. D’autant que le couple Interlinghi accepte parfois des rôles de moindre importance pour être réuni sur les tournages.

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Avec les années 60, Antonella qui a pourtant tenu de beaux grands rôles va se retrouver dans quelques péplums ce qui est toujours bien vu pour des actrices débutantes et tout aussi mal vu pour des vedettes confirmées. Elle va achever de brouiller les pistes et son image en étant complètement réfractaire au genre érotico-rigolo qui va déferler sur la péninsule italienne à la fin de la décennie, laissant l’humour trouffion en petite culotte à Laura Antonelli et Edwige Fenech. Elle préfère dit-elle ne pas manger de ce pain là qu’elle trouve indigne d’une actrice et à fortiori d’une épouse et mère, mais régale les lecteurs de LUI et de PLAYBOY.

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Public et professionnels vont donc s’y perdre un peu. Elle a dans les médias une image qui vaut bien celle d’Ursula Andress ou de Marisa Mell mais refuse les films assortis!

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Le temps passant, Antonella se fera plus discrète, ne tournant plus que ce qui lui fait envie et qu’importe si plusieurs années s’écoulent entre deux films. La télévision est là pour l’occuper à plein temps si elle le souhaite et puis il y a Franco et les filles.

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Et puis, presque stupidement, en 1992, il y a cette offre venue de la télévision française. On lui propose d’être l’épouse de Pierre Mondy dans « Cordier, Juge et flic ». Pierre elle le connaît, ils ont joué ensemble quarante ans plus tôt! Un film policier où il la giflait du début à la fin.

La série va connaître 16 longues années de succès, le dernier épisode est terminé en 2008, c’était le 72ème !

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QUE VOIR?

1949: Prince of Foxes: Avec Wanda Hendrix, Tyrone Power et Orson Welles

1949: Signorinella: Avec Gino Bechi et Dina Sassoli

1950: Canzone per le Strade: Avec Luciano Taioli

1951: L’Ultima Sentenza: Avec Charles Vanel, Jacques Sernas et Eleonora Rossi Drago

1952: I Figli non si Vendono: Avec Léa Padovani et Jacques Sernas

1952: Cani e Gatti: Avec Titina de Filippo

1952: Il Romanzo della mia Vitta: Avec Luciano Taioli

1952: Adorables Créatures: Avec Daniel Gélin

1953: Gli Uomini, che Mascalzoni! Avec Myriam Bru

1953: Canzoni, Canzoni, Canzoni: Avec Silvana Pampanini et Franco Interlinghi

1954: Casta Diva: Avec Maurice Ronet et Nadia Gray

1954: Pietà per chi Cade: Avec Amedeo Nazzari et Nadia Gray

1954: Le Rouge et le Noir: Avec Gérard Philipe

1955: Le signorine dello 04: Avec Giovanna Ralli

1956: Altair: Avec Franco Interlenghi et Jacques Sernas

1956: I giorni più belli: Avec Franco Interlinghi et Vittorio de Sica

1956: Mon Coquin de Père: Avec Claude Dauphin et Gaby Morlay

1957: Méfiez-Vous Fillettes: Avec Robert Hossein et Michèle Cordoue

1958: Polikuschka: Avec Folco Lulli, Franco Interlenghi et Ivan Desny

1958: Une Vie: Avec Maria Schell, Pascale Petit et Christian Marquant

1959: La Notte Brava: Avec Rossana Schiaffino, Elsa Martinelli et Franco Interlenghi

1959: A Double Tour: Avec Madeleine Robinson, Jeanne Valérie et Jean-Paul Belmondo

1959: J’Irai Cracher sur vos Tombes: Avec Renate Ewert et Christian Marquand

1960: Les Dauphins: Avec Claudia Cardinale, Betsy Blair et Gérard Blain

1960: Via Margutta: Avec Gérard Blain

1961: Les Mongols: Avec Anita Ekberg et Jack Palance

1962: Les Titans: Avec Pedro Armendariz et Guillano Gemma

1962: Le Désordre: Avec Renato Salvatori, Louis Jourdan, Curd Jürgens et Susan Strasberg

1964: Delitto allo Specchio: Avec John Drew Barrymore

1964: I Maniaci: Avec Barbara Steele et Walter Chiari

1964: Le Repas des Fauves: Avec Francis Blanche

1964: La Coda del Diavolo: Avec Léa Massari

1966: Il Grande Colpo di Surcouf: Avec Gérard Barray

1968: Ragan: Avec Ty Hardin

1974: Vincent, François, Paul …et les Autres: Avec Yves Montand, Stéphane Audran et Marie Dubois

1978: Non Sparate sui Bambini: Avec Eleonora Giorgi

1980: Eden no Sono: Avec Domiziano Archangeli et Massimo Serato

1989: Diritto di Vivere: Avec Maria Grazia Nazzari et Emy Valentino

1992: L’Urlo della Verita: Avec Domiziano Archangeli

1995: Néfertiti, Figlia del Sole: Avec Michela Rocco di Torrepadula et Ben Gazzara

2010: La Bella Società: Avec Marie Grazia Cucinotta, Franco Interlenghi et David Coco

 

627: MARIE DUBOIS

627: MARIE DUBOIS marie-dubois1-240x300 La blonde Marie Dubois fut longtemps un des soleils du cinéma au cœur des Français. Elle symbolisait la jeune française populaire sans vulgarité, jolie mais accessible, rayonnante solaire, jeune et heureuse, simplement simple. Pourtant son image restait floue. Jamais semble-il, carrière n’avait été menée avec moins de maîtrise et comme on s’y perdait un peu, Marie n’avait pas de véritable image et donc n’avait pas de véritable public même si paradoxalement tout le monde la connaissait et l’aimait.

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Claudine Lucie Pauline Huzé voit le jour à Paris, le 12 Janvier 1937. Petite fille de français moyens sans grandes histoires à raconter,  son papa est comptable, sa maman secrétaire. Elle aura, comme toutes les petites filles de sa génération, l’enfance entachée d’occupation. Elle est presque adolescente quand la France peut se permettre d’oublier enfin les privations des années de guerre, les gravats déblayés, les morts comptés, les tickets d’alimentations périmés et les films américains enfin distribués. L’avenir est à l’optimisme et Claudine veut être comédienne. « C’est un métier de putain » S’exclame un de ses oncles à table.

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Elle suivra les cours de la rue Blanche puis débutera au théâtre, ensuite la télévision où elle débute sous son vrai nom. Un parcours on ne peut plus classique, j’ai envie de dire traditionnel.  Il est de coutume de dire que c’est François Truffaut le premier qui l’a repérée. ne pinaillons pas même si lorsqu’il la convoque pour un bout d’essai resté célèbre.

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Elle a déjà tourné un petit bout de rôle pour Eric Rohmer dans « Le Signe du Lion » avec la belle Michèle Girardon.  Si je qualifie les essais que fit Marie Dubois pour Truffaut de célèbres, c’est que non seulement ils sont  toujours visibles mais qu’ils nous montrent une petite parisienne ravissante, sportive mais « coiffée » qui manque de s’évanouir lorsque Truffaut lui demande de se conduire comme une chiffonnière et de l’insulter copieusement. La jeune fille en est incapable, au bout de cinq minutes, rouge comme un camion de pompiers et triturant sa pauvre blouse elle réussit à lancer le mot « con »

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Truffaut qui la rebaptise d’un nom « le plus simple possible », sans doute en hommage déguisé à Claudine Dupuis qu’il admire un peu honteusement en secret, l’engage quand même. Comment se passer d’une aussi adorable demoiselle. Elle tournera pour lui dans « Tirez sur le pianiste » et « Jules et Jim ». Deux courts rôles, certes, elle n’est la vedette d’aucun des deux films, quoique son rôle dans « irez sur le Pianiste » soit loin d’être négligeable. Mais ce sera suffisant pour qu’elle se retrouve estampillée « nouvelle vague ». Or, s’il est une personne qui se fiche de la nouvelle vague comme d’une guigne, c’est bien Marie Dubois! Assoiffée de vie, la comédienne se fiche de la psychologie et des états d’âme de ses metteurs en scène! Elle est la première à se précipiter dans le cinéma de Gérard Oury ou de Gilles Grangier pour donner la réplique à Bebel, Louis de Funès, Fernandel ou Bourvil! Pour Marie une seule chose compte: L’envie de faire le film! Et chemin faisant elle tournera pour une série de metteurs en scène propre à rendre n’importe quelle actrice française malade de jalousie! Elle tournera entre autres pour Truffaut, Rohmer, Resnais, Molinaro, Godard, Granier-Deferre, Grangier, Oury, Enrico, Lautner, Malle, Vadim, Sautet, Verneuil, Japrisot, Doniol-Valcroze, Chabrol, Corneau et même René Clair. Qui de sa génération peut dire mieux ou aussi bien si ce n’est Catherine Deneuve et peut-être Bernadette Lafont? D’autant que l’on peut ajouter à cette prestigieuse liste le nom de l’illustre Luchino Visconti qui la dirige dans son dernier film « L’Innocent » en 1976.

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Marie avec Lino Ventura dans « Les Grandes Gueules »

Comme la Garance de Marcel Carné dans « Les Enfants du Paradis », Marie Dubois aime plaire à qui lui plaît et ne sait pas dire non quand elle a envie de dire oui! » Voilà tout son plan de carrière et sa vie privée va être tout aussi simple. En 1961 elle se marie avec Serge Rousseau qui fut lui-même acteur avant d’être agent de comédiens. Le couple aura une fille, Dominique, et c’est tout ce qu’il y aura à dire sur la vie privée de Marie Dubois, une des actrices françaises les plus sollicitées durant trois décennies. Un jour elle confessera à la télévision: « Non, ma vie n’est pas simple! Quand mes valises sont bouclées pour partir en tournage, je suis submergée par le désespoir de laisser ma petite fille et mon mari! Il m’arrive de sangloter des nuits entières dans ses bras et je sais que ma petite fille pleure aussi dans sa chambre. Je suis désespérée et je suis sincère. Et en même temps, il me piaffe d’être le lendemain, de partir, de rencontrer l’équipe et de tourner, de faire mon métier! Je suis une épouse je suis une maman et je suis une actrice, il faut que je me débrouille avec ça! Heureusement que mon mari le comprend…Mieux que moi d’ailleurs! » Pourtant cette femme qui irradie de bonheur et de simplicité franche est une femme en sursis. Sur son premier tournage pour Truffaut, Marie Dubois se sent mal. Ce sont les premiers symptômes de la sclérose en plaques. D’abord anéantie par la nouvelle, la jeune femme qui n’a pas 25 ans et dont la vie commence à peine, refuse purement et simplement le diagnostic et se jette dans la vie comme si rien ne s’était passé, comme si rien n’avait été dit, diagnostiqué. La sclérose en plaques est une maladie très particulière qui peut laisser le malade qui en souffre tout à fait tranquille des années durant entre deux crises. Des crises qui frappent n’importe où n’importe comment, sans raison, sans symptômes annonciateurs et qui laissent chaque fois le malade un peu plus diminué jusqu’à la crise suivante qui viendra le lendemain, dans un an, dans dix, mais qui viendra. inéluctablement et à un rythme de plus en plus soutenu. s___cm___marie_dubois___1___1574-212x300 Marie Dubois va avoir la chance inouïe de vivre vingt magnifiques années avant que la maladie ne se rappelle à son mauvais souvenir. 20 années à vivre heureuse avec son mari, faire le métier qu’elle adore et fonder avec sa fille une relation fusionnelle. Même si elles n’aimeront rien tant, lorsque Dominique sera devenue une aussi ravissante jeune femme que sa maman de se quereller comme des chiffonnières au point d’affoler les voisins, de l’aveu même de Marie Dubois, et de se jeter ensuite éperdument dans les bras l’une de l’autre. En 1977, Marie Dubois tourne un second rôle pour Alain Corneau dans son film « La Menace » dont les vedettes sont Carole Laure et Yves Montand. Sa prestation lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle. Sa joie est immense et ce César restera toujours cher à son cœur et en bonne place sur sa cheminée car il lui vient de ses pairs. Mais entre le tournage de Corneau et la soirée des Césars, le mal est revenu frapper l’actrice. Elle va désormais vivre dans la crainte de se réveiller chaque matin diminuée par une crise. Sa bonne santé est irrévocablement condamnée, elle le sait et c’est inéluctable. Ce seront les béquilles puis la chaise roulante, le processus est implacable et surtout incurable. Elle va devoir se montrer sage, ralentir sa carrière, ne plus accepter que des rôles de quelques jours, souvent pour la télévision où les tournages sont plus rapides. Peu à peu le mal fait son œuvre mais Marie Dubois pourra encore se survivre honorablement aux yeux du public en cachant son mal à tous pour rester une actrice. En 2001 l’actrice annonce publiquement sa maladie dont les crises se sont rapprochées et s’intensifient. Dans son drame elle a la chance de ne pas avoir la vue et l’élocution qui se brouillent comme c’est souvent le cas. La vie n’en a pas fini . En 2007 son mari la laisse veuve après 46 ans de mariage. Marie quitte alors son Paris adoré et s’installe à Pau pour se rapprocher de sa fille Dominique. Clouée dans son fauteuil roulant, en sursis perpétuel, Marie Dubois reçoit les honneurs qui lui sont dus. Faite officier de la légion d’honneur en 2013, elle reste une femme active, certes plus dans le cinéma mais dans la reconnaissance de la maladie qui peu à peu la détruit. « Faire bouger les choses » c’est son truc! « J’ai fait de très gros progrès dans la vie depuis mes essais pour François Truffaut! Maintenant, le mot « con » c’est le mot le plus délicat de mon vocabulaire! » Marie Dubois Le 15 Octobre 2014, la maladie avait raison d’elle . marie s’éteignait, veillée par sa fille Dominique. Ces derniers mois son état s’était aggravé et la comédienne avait dû quitter son appartement pour une maison de retraite médicalisée Marie avait 77 ans et elle avait été faite officier de la légion d’honneur l’année précédent sa fin. marie-dubois-1-240x300 QUE VOIR? 1959: Le Signe du Lion: Avec Michèle Girardon et Jess Hahn 1960: Tirez sur le Pianiste: Avec Michèle Mercier, Nicole Berger et Charles Aznavour 1961: Une Femme est une Femme: Avec Anna Karina, Jean-Paul Belmondo et Jean-Claude Brialy 1961: Le Monocle Noir: Avec Elga Andersen et Paul Meurisse 1962: L’Anglaise: Avec Jacques Monsigny 1962: Jules et Jim: Avec Jeanne Moreau, Oskar Werner et Henri Serre 1962: La Croix des Vivants: Avec Pascale Petit, Madeleine Robinson et Giani Esposito 1964: La Ronde: Avec Jane Fonda et Jean-Claude Brialy 1964: Week-End à Zuydcoote: Avec Jean-Paul Belmondo 1964: La Chasse à l’Homme: Avec Jean-Paul Belmondo 1964: L’Âge Ingrat: Avec Jean Gabin, Fernandel et Frank Fernandel 1964: Mata Hari, Agent H21: Avec Jeanne Moreau et Jean-Louis Trintignant 1965: Les Fêtes Galantes: Avec Jean-Pierre Cassel 1965: Les Grandes Gueules: Avec Lino Ventura et Bourvil 1966: La Grande Vadrouille: Avec Bourvil et Louis de Funès 1967: Le Voleur: Avec Jean-Paul Belmondo 1968: Ce Sacré Grand-père: Avec Michel Simon, Mary Marquet et Serge Gainsbourg 1969: Monte Carlo or Bust:  Avec Mireille Darc, Susan Hampshire, Bourvil, Tony Curtis et Terry Thomas 1970: La Maison des Bories: Avec Jean-Pierre Cassel et Maurice Garrel 1971: Bof…Anatomie d’un livreur: Avec Marie-Hélène Breillat 1972: L’Œuf: Avec Guy Bedos 1973: Le Serprent: Avec Virna Lisi, Yul Brynner et Henri Fonda 1974: Antoine et Sébastien: Avec François Périer et Jacques Dutronc 1974: Vincent, François, Paul…Et les Autres: Avec Yves Montand, Michel Piccoli et Serge Reggiani 1974; L’Escapade: Avec Jean-Louis Trintignant 1976: Nuit d’Or: Avec Bernard Blier et Klaus Kinski 1976: Les Mal Partis: Avec France Dougnac 1976: L’Innocent: Avec Laura Antonelli et Jennifer O’Neil 1977: la Menace: Avec Carole Laure et Yves Montand 1980: Mon Oncle d’Amérique: Avec Nicole Garcia, Gérard Depardieu et Nelly Borgeaud 1983: L’Ami de Vincent: Avec Françoise Fabian, Philippe Noiret et Jean Rochefort 1983: Garçon: Avec Nicole Garcia et Yves Montand 1990: Un Jeu d’enfant: Avec Dominique Lavanant 1996: Les Caprices d’un Fleuve: Avec Bernard Giraudeau et Richard Bohringer 1997: Rien ne va Plus: Avec Isabelle Huppert et Michel Serrault 1999: A Vot’service: Avec Philippe Perrussel

595: FRANCOISE PREVOST

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Françoise Denise Prévost naît à Paris le 13 janvier 1929. Elle est la fille du jeune écrivain Jean Prévost  alors âgé de vingt huit ans et qui mourra en résistant dans le maquis du Vercors où il avait rallié la résistance et de Marcelle Auclair.

Marcelle Auclair est ce que l’on appelle alors une des grandes élégantes du faubourg saint Honoré, et elle aussi écrivaine. On lui devra « La Bonne Nouvelle aux Enfants » et aussi « Le Livre Noir de l’Avortement ». Ajoutons à cela l’ouvrage « Mémoires à deux voix » que mère et fille publieront aux éditions du Seuil.

Jeune fille, Marcelle Auclair sera l’amie de Valéry Larbaud, André Gide, François Mauriac, Marie Laurencin…

Elle est l’amie d’Hélène Lazareff avec qui elle fondera le journal  Marie-Claire. Ces dames sont également des amies de madame Bardot, autre élégante de son temps à qui elles emprunteront son adolescente de fille Brigitte pour les pages « mode jeune fille » de leur magazine.

Marcelle et Jean Prévost auront trois enfants avant de divorcer: Michel, Françoise et Alain.

Françoise Prévost avec Jean-Pierre Aumont dans "Vacances Portugaises"

Françoise Prévost avec Jean-Pierre Aumont dans « Vacances Portugaises »

La jeune Françoise, férue de belles lettres, ce qui est bien le moins avec des parents adhérents au comité national des écrivains fondé par Louis Aragon s’intéressera très tôt au théâtre.

Elle fera, très jeune encore pour ses débuts au théâtre en tenant de petits rôles mais dans de grands classiques. Elle complète cette formation avec quelques « pannes » sans envergure au cinéma, paraissant pour la première fois, figurante encore dans « Jean de la Lune » en 1949, dans l’ombre d’une Danielle Darrieux au sommet de sa beauté. Quant à la subsistance quotidienne elle est toute trouvée puisque Françoise travaille avec sa mère chez Marie-Claire. Marcelle sera la courriériste du journal jusqu’en 1967, rangeant sa plume à 68 ans pour revenir à la littérature.

La jolie Françoise va végéter dix ans au cinéma de petit rôle en petit rôle sans trouver sa véritatble chance. Et ce à un point tel qu’elle décide de renoncer à s’y faire une place et se consacrer définitivement au théâtre.

Mais c’était sans compter sans l’apparition de la Nouvelle Vague qui plus vite encore qu’elle ne dénigre les vedettes populaires et voue aux gémonies Martine Carol, Fernandel, Jean Gabin ou Claudine Dupuis, porte au pinâcle des starlettes, des comédiennes obscures, des demoiselles de magasins ou leurs petites amies du moment.

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Françoise, qui saurait dire pourquoi, fait partie du lot ce ces crétures adoubées par les nouveaux maîtres auto-proclamés du cinéma français avec Bernadette Lafont, Juliette Mayniel, Danièle Gaubert, Françoise Brion, Anna Karina ou Chantal Goya!

Elle devient muse, déesse vedette dans des films de Rivette, d’Albicocco et surtout de Pierre Kast qui fait d’elle son actrice fétiche. Françoise est vedette, vedette pour cinéastes confidentiels car quelles que soient les qualités qu’ont ou n’ont pas les films de Rivette ou de Kast, si on n’est pas dans « la grande vadrouille » ce n’est pas la grande vadrouille non plus dans les caisses des cinémas qui malheureusement pour eux programment les oeuvres de ces génies de la faillite et du désaveu populaire.

Etrangement son image est radicalement différente en Italie ou elle est terriblement solicitée et où elle tourne énormément pour des cinéastes moins désavoués d’un public populaire. Ou des cinéastes ayant meilleure conscience des réalités d’un métier qui est aussi et surtout une industrie commerciale nécessitant un minimum de rendement positif.

Les années 60 seront des années bénies pour Françoise Prévost même si le public français, plusieurs fois berné par des oeuvres nouvelle vaguesques ne lui accordra jamais la confiance qu’il accorde à une Mireille Darc.

Elle a un rendement intense et régulier de plusieurs films par an. Cinq pour la seule année 1963, où trop occupée elle doit décliner « Maigret voit Rouge », l’ultime Maigret de Jean Gabin avec qui elle ne tournera jamais.  il y avait eu dix films en 1961 et Françoise trouvait le temps pour tenir un rôle récurrent dans la mythique série « La caméra Explore le Temps » Autrement dit, Françoise cumule plus de tournages que les deux actrices les plus sollicitées du moment: Brigitte Bardot et Catherine Deneuve!

C’est une prouesse d’autant plus exceptionnelle qu’on ne peut guère mettre à son actif de beaux grands sujets populaires qu’elle aurait portés au triomphe!

Mais au fond peu importe, l’actrice aborde les années 70 auréolée d’un réel prestige, fruit des prolifiques années 60 et juste revanche sur les besogneuses années 50.

Elle fête l’évènement en alignant cinq films en 1970 et il semble que plus rien ne puisse freiner désormais la carrière de Françoise Prévost qui peut à juste titre briguer les lauriers d’une Jeanne Moreau.

Mais hélas, la nouvelle va tomber comme un coupert. Fatale. Françoise Prévost souffre d’un cancer du sein.

Frappées par la maladie, certaines actrices gardent le secet et continuent leur métier, comme le firent Marie Dubois, Dany Carrel ou Ingrid Bergman.

D’autres au contraire, comme Odile Versois et plus tard Jill Ierland ou Olivia Newton John choisissent de communiquer à propos de la maladie et de leur combat. Françoise Prévost fut de celles-là.

Il ne m’appartient pas ici de juger laquelle des deux politiques est la meilleure. Les premières à juste titre d’ailleurs craignent de voir leur carrière entravée voire stoppée net, les secondes estiment qu’en communiquant sur leur combat elles donnent l’espoir à des milliers de femmes anonymes, et comme elles frappées par la maladie.

C’est louable et probablement très vrai. Mais qu’en est-il de ces beaux espoirs lorsque la maladie, malgré tout, triomphe de la combattante?

Je me souviens que dans ma famille où personne n’était pourtant concerné par la maladie, le cancer de Françoise Prévost faisait partie des conversations et forçait l’admiration de tous. Ma grand mère Francine parfois songeait à cette femme « si jeune » dans ses prières, ma grand’mère Juliette admirait cette manière de tenir tête à la mort à un point tel qu’elle n’aurait pas détesté avoir un cancer elle aussi pour lutter gaillardement contre cette saloperie! Par solidarité! (un kyste au coude à cause d’une pelle de jardin lui fit d’ailleurs beaucoup d’usage) Quant à ma mère, elle ressentait le combat de Françoise Prévost comme une sorte de nouvelle victoire dans un autre combat, celui de la libération des femmes, comme si le fait de rester belle, de rester femme et de rester actrice en parlant ouvertement de sa maladie était une preuve irréfutable de l’avancée de la cause féminine. Ce n’était d’ailleurs pas faux.

Françoise Prévost mettra un point d’honneur à continuer sa carrière. mais dès l’annonce officielle de sa maladie, les propositions en France vont se raréfier à une vitesse folle. les assurances ne couvrent pas les comédiens en mauvaise santé ou ayant atteint les 80 ans. C’est donc la production qui doit assumer ses risques et ses pertes si un malheur arrive avant la fin du tournage et ce n’est pas toujours dans ses moyens. Il faut les reins bien solides pour courir le risque de devoir recommencer un film du début et donc multiplier l’investissement par deux si la star hélas s’éteint ou même si la maladie progresse et diminue ses moyens.

L’Italie, étrangement sera moins frileuse et fera tourner Françoise Prévost tant que l’actrice elle-même le souhaitera.

Françoise Prévost renonce à son métier d’actrice après un dernier film tourné pour la télévision avec Arielle Dombasle en 1985: « Vive la Mariée ».

Le combat de l’actrice est d’autant plus admirable qu’en ces années 70 le traitement contre le cancer est d’une barbarie extrême et les souffrances infligées aux malades de véritables tortures chimiques, mécaniques et psychologiques probablement pires, bien pires au niveau de la souffrance que la maladie elle-même. Ce martyre extrême s’est adouci heureusement mais Françoise Prévost en son temps est passée par les pires abominations qui soient au nom d’un combat que l’on dit vain puisque l’actrice s’éteindra des suites de sa maladie. Mais Françoise Prévost s’éteint le 30  Novembre 1997, à l’âge de 67 ans. Elle aurait eu 68 ans deux mois plus tard

Une extraordinaire victoire payée par plus de vingt ans d’une lutte acharnée pour vivre un jour de plus

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1949: Jean de la Lune: Avec Danielle Darrieux et Claude Dauphin

1952: Nez de Cuir, Gentilhomme d’Amour: Avec Françoise Christophe et Jean Marais

1958:Cette Nuit là: Avec Mylène Demongeot et Maurice Ronet

1960: Comment qu’elle est: Avec Françoise Brion et Eddie Constantine

1961: La Récréation: Avec Jean Seberg et Christian Marquant

1961: Le Jeu de la Vérité: Avec Robert Hossein et Paul Meurisse

1962: Il Mare: Avec Umberto Orsini

1962: Bon Voyage! Avec Jane Wyman et Fred McMurray

1963: Un Tentativo Sentimentale: Avec Jean-Marc Bory

1963: Bekenntnisse eines möblierten Herrn: Avec Karl Michael Vogler

1963: Vacances Portugaises: Avec Jean-Pierre Aumont, Françoise Arnoul et Michel Auclair

1963: Merci Naterica! Avec Peter Vaneck et Clara O’Dovar

1966: Maigret und sein größter Fall: Avec Heinz Rühmann

1967: Pronto… c’è una certa Giuliana per te: Avec Mita Medici

1968: Histoires Extraordinaires: Avec Jane Fonda

1969: Häschen in der Grube: Avec Helga Anders et Anthony Steel

1970: La prima notte del Dottor Danieli, industriale col complesso del… Giocattolo: Avec Lando Buzzanca et Katia Christine

1971: Le Belve: Avec Ira de Furstenberg

1972: Les Anges: Avec Bruno Pradal et Didier Haudepin

1974: La Prova d’Amore:Avec Ely Galleani

1980: Le Soleil en Face:Avec Stéphane Audran et Jean-Pierre Cassel

587: LYNE CHARDONNET

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La charmante Lyne Chardonnet, douce et blonde sylphide aura vu sa courte vie marquée du sceau de la malchance.

Lyne Catherine Jeanne Chardonnet naît dans un Paris occupé le 5 mai 1943. Ce qui n’est déjà pas très gai!

Cette charmante jeune demoiselle se rêvait comédienne et elle était devenue non seulement une jeune fille ravissante, sortre de blonde Yseult, version rajeunie et très modernisée de la Madeleine Sologne de »L’Eternel Retour ».

Mais non contente d’être belle, elle avait un type féminin qui  existait et faisait fureur depuis l’invention du théâtre: celui de la jeune ingénue. Et, chance pour elle, le type faisait à nouveau fureur en cette fin des années 60 où le cinéma avait soudain soif de « vraies jeunes filles ». On les aimait bien élevées, blondes de préférence et leurs jupes d’autant plus courtes que leurs cheveux étaient longs. Le yéyé passait aussi par les pensionnats pour jeunes filles de bonnes familles. Lyne sortait du conservatoire en 1967 avec un double prix: comédie et comédie classique.

Quelques demoiselles allaient bientôt se partager l’emploi « jeune fille », Catherine Deneuve en tête, secondée par Anna Gaël, Marie-France Boyer, Claude Jade, Brigitte Fossey, Geneviève Grad, Jeanne Valérie et quelques autres juvéniles beautés comme Jill Hayworth ou Edy Vessel.

Lyne fit de timides débuts dans « La Guerre est finie » film où brillaient Geneviève Bujold, Ingrid Thulin et Yves Montand. Elle passa malheureusement presque inaperçue et ses films suivants allaient hélas reproduire le même schéma. De grosses productions souvent internationales, des distributions prestigieuses où l’on croise Ava Gardner,  Michèle Morgan , Catherine Deneuve, Jean Gabin, Jacques Brel, Louis de Funès, mais hélas la pauvre Lyne, blonde comme les blés passe pratiquement inaperçue dans leur ombre. Dans « Clérambard » son rôle n’a aucun intérêt à croire qu’il a été éradiqué au montage et dans le peu de scènes qui lui restent, elle se dissous derrière l’abattage  de Dany Carrel et Martine Sarcey très en forme et en verve!

Pourtant Lyne n’est pas que délicieusement belle, elle est aussi une fine comdienne et n’hésitera pas à se « jeter au feu » en menant tambour battant quelques pièces pour « Au Théâtre ce Soir ». La télévision, bien sûr fait appel à ses gracieux services mais son plus grand titre de gloire télévisé rester « Les Gens de Mogador » où cette fois Marie José Nat, Jean-Claude Drouot et Marie-France Pisier avaient brillé de mille feu.

Il est d’ailleurs étonnant qu’avec une telle activité débrordante et un tel physique, l’actrice n’ait pas connu une notoriété plus flamboyante.

Ainsi, alors que le public des salles obscures la découvrait dans « L’Oeuf », la télévision s’apprêtait à diffuser « Les Gens de Mogador » , elle jouait au théâtre  »Les Poissons Rouges » d’Anouilh après avoir terminé « Interdit au Public » et « Chat en Poche ». Elle répétait avec Rufus « Auguste, Auguste » et elle faisait du trapèze avec Jean-Claude Drouot au gala de l’union des artistes. Horriblement superstitieuse, elle s’effrayait lorsqu’on lui prédisait un bel avenir sur sa lancée. La jolie Lyne aurait adoré y croire mais quelque chose en elle s’y refusait.

Elle avait enregistré trois émissions à la télévision: « Pas Moral pour deux sous » qui allait mettre un an et demi avant d’être diffusée et passer très vite à la trappe. « Tour de Chant » et « La Bonne Nouvelle » resteront à jamais dans les tiroirs aux rossignols.

Finalement, à l’époque de ses débuts très inaperçus, c’est encore son mariage avec Paul Loup Sulitzer, écrivain très à la mode en 1968 et ex plus jeune PDG de France qui fit le plus parler d’elle et fait connaître son nom au grand public.

Elle resta longtemps « la femme de Sulitzer dans l’esprit des Français qui ignoraient que neuf mois après leur mariage, (et non les deux sottement avancés par Wikipedia) Lyne avait repris sa liberté et fui le célèbre appartement conjugal parisien de 400 mètres carrés.

Avait-elle appris qu’avant de l’épouser, l’homme le plus ambitieux de Paris avait, à Saint Tropez, fait le siège de Brigitte Bardot qui l’avait balayé d’un revers de main dans les poubelles estivales de Natalie Wood alors en villégiature dans le Var?

La jeune divorcée allait commmenter: « C’était un mariage d’amour entre deux personnes bien trop jeunes pour qu’il dure, et puis mon mari ne voulait pas d’une femme qui travaille et c’était hors de question que je renonce à ma carrière. » (Aurait-il exigé de Brigitte Bardot et Natalie Wood qu’elles quittent les studios pour sa cuisine et sa buanderie?)

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Côté carrière elle allait également subir un étrange retour de manivelle. Soudain son genre se démoda. Tout simplement, on n’écrivit plus de rôles pour ce genre de personnage encore incontournable six mois plus tôt. Adieu Jill, Geneviève, Anna, Marie France. Seule Catherine Deneuve conserva son trône en s’embourgeoisant et surtout en se pervertissant sous les houlettes respectives d’Yves Saint Laurent et de Luis Bunuel.

Lyne sacrifia sa chevelure, sa marque de fabrique des jeunes années mais rien n’y fit. Les films perdirent en prestige, ses rôles ne gagnèrent pas en intérêt. Bernard Menez succèdait à Omar Sharif et Roger Hanin à Alain Delon.

Heureusement, si sa carrière ne prenait pas l’envol tant espéré, elle travaillait quand même beaucoup, ce qui n’était pas donné à beaucoup de comédiens et elle vivait enfin une belle et discrète histoire avec le scénariste-réalisateur Jacques Cortal. le couple aura une fille, Léa née le 28 Juillet 1974.

Elle commentera ce nouveau bonheur: »Je suis folle de mon nouveau compagnon et il ne peut pas en être autrement car si je n’aime pas assez je m’en vais, l’amour pour moi c’est Roméo et Juliette, je suis passionnée, exclusive, terriblement fidèle et effroyablement jalouse, les concessions n’ont rien à faire avec l’amour et si j’étais trompée il y aurait un mort ou deux dans la rubrique des faits divers dès le lendemain matin »

Mais ce bonheur là sera anéanti par la maladie. Un cancer du foie saccage la jeune comédienne qui décède le 11 Décembte 1980. Elle n’avait que 37 ans et sa petite Léa n’en avait que sept.

Jacques Cortal restera longtemps inconsolable et exorcisera sa douleur en écrivant et produisant un court métrage « Le Dernier Jour » en 1980, puis en 2002 il fait de Lyne un des personnages de « Quand je vois le Soleil ». l’actrice sera incarnée à l’écran par Marie-Claude Pietragalla

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QUE VOIR?

1966: la Guerre est Finie: Avec Geneviève Bujold, Ingrid Thulin et Yves Montand

1967: A Time for Loving: Avec Britt Ekland et Joanna Shimkus

1968: le Taouté: Avec Jean Gabin et Louis de Funès

1968: Benjamin ou les Mémoires d’un Puceau: Avec Catherine Deneuve et Michèle Morgan

1968: Mayerling: Avec Catherine Deneuve, Ava Gardner et Omar Sharif

1969: Clérambard: Avec Dany Carrel, Martine Sarcey et Philippe Noiret

1969: Mon Oncle Benjamin: Avec Claude Jade et Jacques Brel

1969: Bruno, l’enfant du Dimanche: Avec Marika Green, Roger Hanin et Mary Marquet

1972: A Time for Loving: Avec Joanna Shimkus et Britt Ekland

1972: Je, Tu, Elles: Avec Jacqueline Coué, Bernadette Laffont et Anémone

1972: L’Oeuf: Avec Marie Dubois, Bernadette Laffont et Guy Bedos

1974: Le Protecteur: Avec Juliette Berto, Bruno Cremer, Roger Hanin et George Géret

1974: Dada au Coeur (Les Trois Coups) : Avec Roger Blin et Yves Chériaux

1976: Dracula père et Fils: Avec Christopher Lee, Bernard Menez et Marie-Hélène Breillat

1976: Le Jouet: Avec Pierre Richard

1979: Lady Oscar: Avec Catriona MacColl et Barry Stokes

1980: Une Merveilleuse Journée: Avec Bernadette Laffont, Daniel Ceccaldi et Michel Galabru

1981: Chanel Solitaire: Avec Marie-France Pisier et Timothy Dalto

1977: L’Homme Pressé: Avec Alain Delon et Mireille Darc

1980: Trois Hommes à Abattre: Avec Alain Delon, Dalila di Lazzarro et Michel Auclair.

529: PASCALE ROBERTS

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Il y a un petit bout de temps que je songeais à « croquer » la belle Pascale Roberts dans ces pages, mais un souci d’envergure retardait ce fatidique moment: Qui était donc Pascale Roberts?

Car enfin, ne rien savoir ou presque de la vie privée d’une actrice n’empêche pas de brosser d’elle un portrait professionnel retraçant son parcours sur les écrans et sa place dans le cinéma de son temps…Voire! Pour Pascale Roberts c’est une autre paire de bretelles!

Pascale vient au monde le 21 Octobre 1933 à Boulogne Billancourt et la ravissante petite bambine va grandir dans un univers de beauté délicate et poudrée car sa maman est directrice chez Elizabeth Arden. Et comme entre la marque et le cinéma c’est une longue histoire d’amour (Les destinées françaises de l’entreprise seront plus tard confiées à Jacques Bergerac ex Monsieur Ginger Rogers puis Dorothy Malone Malone), la maman de Pascale côtoie de nombreuses stars françaises qui lui confient leur beauté, et parmi elles , la plus glamoureuse, la plus belle et la plus célèbre du moment, j’ai nommé Martine Carol qui sera une assidue , précisément lorsque Pascale aura l’âge de rêver à son futur.

Et pourquoi pas actrice? On pourrait croire que maman serait ravie à l’idée de voir son délicieux trésor rejoindre le firmament doré des stars françaises, et qui sait peut-être un jour à son tour asseoir ses augustes fesses dans les fauteuils réservés aux grandes vedettes à l’institut Arden, mais non. maman rechigne.

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C’est que pour voir des Martine Carol de très près on voit aussi forcément de très près les névroses de ces femmes angoissées jusqu’à l’extrême, et à tout prendre, elle se dit que sa fille ferait aussi bien de vendre des chaussures ou des camemberts.

Mais Martine s’était entichée de Pascale comme elle s’enticherait de Brigitte Bardot ou de Geneviève Grad. En la star française platinée sommeillait un pygmalion de très bon goût, et un jour où Pascale lui confiait ses rêves de future vedette, Martine prit sa main dans la sienne et lui dit dans un de ses adorables sourires « je serai ta marraine de cinéma ». Ce n’était pas rien, toute auréolée du prestige de « Caroline Chérie » , Martine était l’une des plus grandes stars du monde en période faste puisque madame Christian Jacque à la ville, son époux lui concoctait des films de grand prestige destinés uniquement à valoriser encore la reine Martine que le monde et Hollywood en particulier nous enviait tant.

En 1954, Pascale débutait dans une pauvre petite sottise de Roger Pierre et Jean-Marc Thibaut: « Une vie de Garçon », dont Geneviève Kervine était la jeune première en titre, talonnée de près par Nadine Tallier future madame de Rotschild.

Quand elle aurait encore fait quelques autres exercices de familiarisation avec le métier, Martine l’imposerait dans « Madame du Barry ». L’année suivante, elle la propose encore à la production du « Fils de Caroline Chérie », film dont elle n’est pas, mais s’agissant des aventures du fils de son personnage fétiche, elle s’en mêle quand même un peu et propse au casting les photos de Brigitte Bardot et de Pascale Roberts « Regardez comme elles sont jolies! »

Le cinéma français des années 50 un un cinéma aimable et commercial où sévissent quelques génies mais qui produit quand même au kilomètre des films en noir et blanc uniquement destinés à distraire le spectateur durant 90 minutes et qui se répartissent en deux catégories bien distinctes: le « policier série noire » avec plein de gansters à chapeaux mous qui tournent en rond pour se mitrailler autour des cabarets de Pigalle et la comédie franchouillarde où sévissent une kyrielle de comiques qui font, dit-on, que le public s’étrangle de rire en se tapant sur les cuisses devant ces facéties désopilantes.

Si quelqu’un a ri devant « Nous Irons à Deauville », qu’on me le présente! je suis curieuse de voir un tel phénomène!

Dans le cinéma français des années 50, les beaux grands films en costumes et technicolor  très coûteux de Martine Carol sont une exception.

Pascale va donc devenir à la fois un ornement de films de gangsters où elle pourra chemin faisant croiser quelques monstres sacrés dont Edwige Feuillère, Suzy Prim ou Michel Simon, mais aussi et surtout une « belle comique » de ces films drôles et raffinés que sont « Nous irons à Deauville », déjà cité,  »Par ici la Sortie », « Relaxe-toi, Chérie » ou « Prends ton Passe-montagne, on va à la Plage ».

Elle sera alors la partenaire de Michel Serrault mais aussi de Fernand Raynaud, Pierre Tornade, Sim, Philippe Castelli, Partick Topaloff, Régis Laspalès et j’en passe.

Ajoutons aussi que dès ses débuts, Pascale Roberts, chaloupée comme une déesse de l’olympe (car reconnaissons qu’elle était fabuleusement belle), va rejoindre la joyeuse équipe des « poules à Eddie Constantine ».

Eddie Constantine , acteur américain qui trouva la gloire en France dans le personnage de Lenny Caution est pour moi le pire acteur du monde avec son chapeau collé sur la tête son sourire en biais et son accent « amerloque » pour parler l’argot qui ferait passer Jane Birkin pour Paul Claudel!  (le fait que la nouvelle vague l’ait récupéré alors qu’elle vouait Bourvil et Gabin aux gémonies me confirme dans mes opinions) Le seul intérêt de ses films étant sans doute l’inévitable kyrielle de « pépées » qui chaloupent en talons aiguilles et jupes fendues dans les aventures de l’ineffable Lenny Caution dont Pascale, bien sûr, mais aussi Dominique Wilms, Véronique Zuber, Nadine Tallier, Lise Bourdin, Claudine Coster, Danielle Godet, Christiane Minazzoli et j’en passe.

Pascale sera une assidue du cinéma de Constantine et il faudrait un jour se pencher sur cet étrange phénomène: ce brave Eddie ne porta jamais chance à aucune de ses partenaires! Lenny Caution n’est pas James Bond!

Le temps passant, la « nouvelle vague », ramassis de tristes sires pontifiants et nombrilistes balaya définitivement les gangsters en noir et blanc, les acteurs que le public aimait pour faire travailler sa bande de potes et leurs dernières petites copines en date. Jean-Claude Brialy remplaça Jean Gabin et Chantal Goya remplaça Martine Carol! Le public ravi déserta les salles instantanément!

Comme Claire Maurier qui jouait sur le même registre qu’elle, Pascale resta présente car elle était estampillée « comique » et on continua jusque dans les années  80 à faire des films complètement grotesques « pour les enfants » mais avec quelques sous entendus grivois pour faire rire les parents et quelques paires de seins qui passent. Il faut bien, on est en France nom de dieu! après le cinéma d’Eddie Constantine, le cinéma des « Charlots »!

Parfois un film sort du lot comme « La Blonde de Pékin », projet prestigieux et intéressant…Sur papier . Film en fait très ennuyeux où, pendant que Mireille Darc, Georgia Moll et Françoise Brion minaudaient en technicolor, elle était la secrétaire d’Edward G. Robinson et avait rigoureusement trois phrases à dire avant de se faire occire par des vilains qui déchirèrent son chemisier et laissérent sa baignoire déborder après avoir brûlé à la cigarette les bretelles de son balconnet bleu marine (l faut voir la scène pour apprécier la chose à sa juste valeur, parce que dit comme ça, évidement ça fait confus!)

Le temps passant, une nouvelle génération de cinastes qui avaient grandi devant la télévision comme Robert Guédiguian sollicita Pascale Roberts pour des oeuvres plus conséquentes et l’actrice put saupoudrer sa longue carrière d’un peu de prestige.

Lorsque l’on regarde aujourd’hui le patrimoine filmé de Pascale Roberts on est en droit de rester dubitatifs sur ses choix qui ne sont jamais que le reflet de ce qu’on lui propose! Et en parlant de télévison, n’ais-je pas après tout mis le doigt sur le « sésame » qui permette une lecture plus claire du parcours de Pascale Roberts?

Dès 1955 elle faisait ses débuts au petit écran, pour la télévison britannique face à Buster Crabbe en légionnaire elle jouait « la petite française piquante » comme on s’en doute, c’était dans « Captain Gallant of the Foreign Legion ».

57 ans plus tard elle est toujours sur les petits écrans dans « Plus belle la vie » et entre temps elle a partcipé à TOUS les grands feuilletons mythiques de la télévision, des « Cinq Dernières Minutes » aux « Saintes Chéries » en passant par « Arsène Lupin », « Les Chevaliers du Ciel », « Maigret, « Vertiges », « Les Cordier Juge et Flic », « Femmes de Loi » ou « Bob le Magnifique ».

Pascale Roberts, qui fut, je le rapelle en passant, madame Pierre Mondy dans la vie, ne serait-elle pas une actrice de télévision où elle trouva de beaux grands rôles et qui aurait fait du cinéma quand l’envie lui en premait et que…La télévision lui en laissait le temps?

Celine Colassin

QUE VOIR?

1954: Une vie de Garçon: Avec Geneviève Kervine, Roger Pierre, Jean Marc Thibault et Nadine Tallier.

1954: Les Femmes s’en Balancent: Avec Dominique Wilms et Eddie Constantine

1954: Madame du Barry: Avec Martine Carol

1955: Milord l’Arsouille: Avec Simone Bach et Jean-Claude Pascal

1955: Les Hommes en Blanc: Avec Jeanne Moreau et Raymond Pellegrin

1955: Le Fils de Caroline Chérie: Avec Brigitte Bardot, Magali Noël et Jean-Claude Pascal

1955: Série Noire: Avec Monique van Vooren et Henri Vidal

1956: Mémoires d’un Flic: Avec Suzy Prim et Michel Simon

1956: L’Homme et l’Enfant: Avec Juliette Greco et Eddie Constantine

1957: Marchands de Filles: Avec Agnès Laurent, George Marchal et Danièla Rocca

1957: Quand le Femme s’en Mêle: Avec Edwige Feuillère, Bernard Blier, Sophie Daumier et Alain Delon

1957: Ces Dames Préfèrent le Mambo: Avec Eddie Constantine et Lino Ventura

1957: Quand Sonnera Midi: Avec Dany Robin et George Marchal

1957: Et par Ici la Sortie: Avec Dominique Wilms et Tony Wright

1958: Le Sicilien: Avec Fernand Raynaud

1959: Le Fric: Avec Raymond Rouleau, Jean-Claude Pascal et Roger Hanin

1960: Les Loups dans la Bergerie: Avec Jean-Marc Bory et Françoise Dorléac

1962: Le Couteau dans la Plaie: Avec Sophia Loren et Anthony Perkins

1962: Nous Irons à Deauville: Avec Michel Serrault, Eddie Constantine et Louis de Funès

1963: Le Bon Roi Dagobert: Avec Fernandel, Marthe Mercadier et Gino Cervi

1963: Dragées au Poivre: Avec Sophie Daumier, Guy Bedos et Jean-Paul Belmondo

1964:Weiße Fracht für Hongkong: Avec Maria Perschy

1965: Compartiment Tueurs: Avec Simone Signoret, Catherine Allégret, Jacques Perrin et Pierre Mondy

1967: La Blonde de Pékin: Avec Mireille Darc, Edward G. Robinson, Françoise Brion et Claudio Brook

1967: Le Treizième Caprice: Avec Marie Laforêt et Pierre Brice.

1968: Un Drôle de Colonel: Avec Jean Yanne et Jean Lefébvre

1969: Bruno, l’enfant du Dimanche: Avec Marika Green, Roger Hanin et Mary Marquet

1971: Friends: Avec Anicée Alvina et Sean Bury

1973: La Brigade en Folie: Avec Sim, Patrick Topaloff et Jacques Dufilho

1974: Le Permis de Conduire: Avec Louis Velle

1975: Dupont Lajoie: Avec Jean Carmet et Isabelle Huppert

1975: L’Incorrigible: Avec Geneviève Bujold et Jean-Paul Belmondo

1976: Les Mal Partis: Avec France Dougnac et Marie Dubois

1980: Trois Hommes à Abattre: Avec Dalila di Lazzaro et Alain Delon

1981: Pour la Peau d’un Flic: Avec Anne Parrillaud et Alain Delon

1983: Prends ton passe-montagne, on va à la plage: Avec Florence Gioretti et Patrick Prévost

1984: Aldo et Junior: Avec Andréa Ferréol, Aldo Maccione et Luis Rego

1985: Gros Dégueulasse: Avec Valérie Mairesse et Maurice Risch

1987: Le Grand Chemin: Avec Anémone et Richard Bohringer

1987: Fucking Fernand: Avec Marie Laforêt et Thierry Lhermitte

1993: Le Mari de Léon: Avec Brigitte Hansen, Dora Doll Jean-Pierre Mocky et Hélène de Fougerolles.

1994: La Fille de D’artagnan: Avec Sophie Marceau et Philippe Noiret

1995: A la Vie à la Mort: Avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin

1997: Marius et Jeannette: Avec Ariane Ascaride et Gérard Meylan.

1998: El Pianista: Avec Mercè Aranega et Nadala Batiste

2003: Pas si Grave: Avec Romain Duris et Sami Bouajila

2008: Lady Jane: Avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin

504: NELLY BORGEAUD

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Le cinéma français, lorsqu’il s’agit d’être oublieux n’a rien à envier aux courtes mémoires hollywoodiennes!

Qu’on en juge par les ténèbres qui entourent aujourd’hui le nom de Nelly Borgeaud complètement oubliée de tout un chacun après une cinquantaine de films pour les plus grands ( Cayatte, Drach, Truffaut, Resnais, Bunuel, Miller, Chouraki, Ozon) et deux nominations consécutives aux Cesars dans la foulée.

Oui le monde est injuste, et qu’il soit filmé ou non n’y change hélas rien.

Cette charmante suissesse, genevoise de son état, naît au pays des alpages eneigés pour l’occasion le 29 Novembre 1931.

Nelly Mary Borgeaud grandit donc nourrie au lait frais, au fromage à trous et au chocolat, respirant le bon air de la mère partie mais rêvant pourtant à celui plus poussiéreux des salles de théâtre. Cette ravissante brunette assez extravertie sera une actrice et n’en démord pas!

Après avoir réussi, toute jeune encore à grimper sur les scènes de Lausanne, sa famille déclara forfait et la laissa gagner Paris pour y apprendre le sacro saint métier d’actrice et perdre cet accent hélvétique qui faisait certes son charme mais aurait fait tache sur la bouche de Célimène!

Nelly débarqua donc dans la ville de tous ses rêves, devint blonde, posa pour de sérieux portraits cher Harcourt et apprit sagement son métier en attendant sa chance. Lorsque je dis « sagement » c’est un peu faux car dotée d’un certain tempérament et d’une audace tout aussi certaine, notre accorte suissesse se déchaînait à la moindre occasion, faisant feu de tout bois pour brûler les planches! Le plus dur serait donc de discipliner ce tempérament frondeur qui fera bien plus tard les délices de François Truffaut qui lui demandera de retrouver ce naturel pétaradant pour  » L’homme qui Aimait les Femmes ». Nelly y donnera sa pleine mesure, telle une fabuleuse éruption volcanique! Ceux qui ne la connaissaient pas encore crurent que François Truffaut avait engagé une véritable folle pour son film!

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Mais n’anticipons pas. C’est André Cayatte, qui le premier fera confiance à la belle helvète et lui confiera un rôle dans « Dossier Noir », un de ses films les moins aboutis, mais avec Danièle Delorme, Jean-Marc Bory et Bernard Blier !

Nelly a 22 ans lors du tournage et c’est déjà un peu tard pour briguer le rôles des jeunes premières. A l’époque les choses dans le cinéma bougent avec lenteur et passé dix-huit ans, on se rechigne à faire débuter les demoiselles déjà « trop vieilles », le temps qu’elles soient devenues célèbres elles auront 40 ans! Il faut donc, dans ces conditions, frapper un grand coup!

L’année suivante, elle devenait l’interprète de Luis Bunuel, et si le film ne connut qu’un succès d’estime intellectuelle, il plaçait quand même le nom de Nelly Borgeaud dans la cour des grands! Jouer pour Bunuel ce n’est quand même pas jouer pour Henri Decoin!

Certes, une fois encore, Nelly avait un rôle mineur, Lucia Bosé et Simone Paris brillaient à l’affiche de « Celà S’appelle l’aurore », mais enfin, le Cv de la jeune comédienne prenait du prestige à défaut de prendre une valeur commerciale!

Notre héroïne mit alors les bouchées doubles, transita par l’Allemagne après cette coproduction franco-espagnole mais resta ensuite quantre ans sans se monter ou plus exactement trouver un rôle au cinéma et après être apparue furtivement dans l’ombre du couple Pascale Petit Gianni Esposito en 1960, il faudrait attendre 1963 pour le retrouver.

Nelly Borgeaud se retourna alors vers ses amours premières: le théâtre. Elle joua tant et plus, les classiques comme le boulevard, en France comme en Suisse et s’engouffra à la télévision lorsqu’enfin on y fit appel à elle.

Mais son goût prononcé pour le théâtre lui avait donné en même temps le goût de la qualité et l’actrice visait dorénavant la perfection! Après avoir lutté pour débuter dans ce métier adoré, elle faisait maintenant la moue et rejetait les scénarii qu’elle trouvait indignes ou insipides. Tant pis si on ne la voyait aux écrans, petits ou grands qu’une fois tous les deux ou trois ans.

Nelly Borgeaud ne serait pas une star de cinéma Tant pis se disait-elle! Et lorsque rien d’alléchant ne l’attirait dans les propositions qu’on lui faisait, et bien la dame passait alors à la mise en scène et initialisait ses propores projets!

La vie aurait pu continuer ainsi, riche et comblée jusqu’à la nuit des temps, partagée entre le cinéma, la télévision et son cher théâtre, mais survint soudain l’épisode Truffaut! En 1969 le cinéaste la choisit pour rejoindre le couple Catherine Deneuve Jean-Paul Belmondo sur le plateau de « La Sirène du Mississipi » et la rapelle à nouveau en 1977 pour « L’Homme qui Aimait les Femmes »

Nelly Borgeaud fut étourdissante, belle, drôle, effrayante, le film fut un succès planétaire et à sa grande stupéfaction, cette actrice plus besogneuse que glamour fut nommée aux Césars!

Marie Dubois triompha ce soir là, mais Nelly était déjà partie rejoindre Jean Carmet, Michel Piccoli et Gérard Depardieu sur le plateau de Jacques Rouffio pour « Le Sucre »! Nelly Borgeraud qui ne s’y attendait plus avait gravi les sommets et fut à nouveau nommée aux Cesars l’année suivante pour son rôle dans le film de Rouffio. Cette fois Stéphane Audran en mère de Violette Nozière la coiffa au poteau!

En 1980 c’est Alain Renais qui faisait appel à ses somptueux services pour « Mon Oncle d’Amérique » et cette fois le film se frayerait un chemin jusqu’aux Oscars après avoir  triomphé aux USA.

Nelly Borgeaud était devenue une véritable vedette internationale à défaut d’être une star planétaire.

Mais en 2000, après avoir été la mère de Pascal Greggory dans « La Confusion des Genres », C’est Nelly Borgeraud elle-même qui se trouble. Confuse, elle passe des examens médicaux, craignant un cancer, le verdict tombe, plus grave encore, c’est la maladie d’Alzheimer qui a frappé l’actrice et qui bientôt l’emportera. Elle tournera un dernier téléfilm avec Mathilda May parce qu’elle s’y était engagée puis fera son dernier baroud d’honneur dans un court métrage au titre de circonstance « Haute Fidélité »

Nous étions en 2001, Nelly Borgeaud tiera sa révérence définitive et se laissa oublier comme elle s’oubliait elle-même.

L’actrice s’éteignait dans la plus absolue discrétion le 14 Juillet 2004. Dans les flons flons du bal, la France ne prit pas le deuil, qui était Nelly Borgeraud?

Nelly Borgeraud avait été l’épouse du comédien Yves Vincent, épousé civilement le 22 Septembre 1955, à la mairie de Paris. Peu chichiteuse, Nelly portait un simple tailleur et un petit béret crânement posé sur ses cheveux blonds comme la Michèle Morgan du « Quai des Brumes ». Yves Robert était de 10 ans son aîné et lui survit aujourd’hui.

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QUE VOIR?

1955: Le Dossier Noir: Avec Danièle Delorme,  Bernard Blier, Léa Padovani, Noël Roquevert et Jean-Marc Bory

1955: Hôtel Aldon: Avec Nadja iller et Sébastian Fischer

1956: Celà s’appelle l’Aurore: Avec Lucia Bosé et George Marchal

1960: Vers l’Extase: Avec Pascale Petit et Gianni Esposito

1969: La Sirène du Mississipi: Avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo

1975: Parlez-moi d’Amour: Avec Nathalie Roussel, Andréa Ferréol et Louis Julien

1977: L’Homme qui Aimait les Femmes: Avec Charles Denner

1978: Le Sucre: Avec Michel Piccoli, Gérard Depardieu et Jean Carmet

1980: Une Femme au Bout de la Nuit: Avec Danièle Gégauff, Serge Marquand et José Luis de Villalonga.

1980: Mon Oncle d’Amérique: Avec Nicole Garcia, Roger Pierre et Gérard Depardieu

1984: Paroles et Musique: Avec Catherine Deneuve; Christophe Lambert et Richard Anconina

1990: Tumultes: Avec Bruno Cremer

1996: Stabat Mater: Avec Xavier Guittet

1997: On Connaît la Chanson: Avec Jean-Pierre Bacri

 

 

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