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648: MIMSY FARMER

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Toutes les petites filles ont, pour les aider à passer au cap de l’adolescence, un modèle, une vedette une icône, un idéal. Qu’elle soit chanteuse, actrice, mannequin ou présentatrice à la télévision.

La mienne fut sans aucun conteste ni aucune rivalité l’actrice Mimsy Farmer.

Elle était d’ailleurs la seule actrice contemporaine qui éveillât en moi un intérêt. A l’époque déjà il fallait s’appeler Marlène Dietrich, Sophia Loren, Jean Harlow ou Ava Gardner pour m’intéresser même vaguement.

Mais Mimsy c’était autre chose qu’une admiration de spectatrice à actrice. Elle était mon idéal. Je voulais être Mimsy. Je la trouvais formidable! Tout sur elle avait du style, de la classe alors qu’elle se montrait d’un naturel déconcertant.

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Il me semblait que Mimsy Farmer était la quintessence  de l’idéal féminin des années 70 qui s’annonçaient je n’étais pas la seule. Sa modernité coupait le souffle. Elle avait succédé dans mes admirations à Ursula Andress puis à Elsa Martinelli. Elle sera mon dernier idéal.

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Je l’admirais à un point tel que je ne lui tins aucune rigueur d’une mésaventure que je lui dois.

Etant interdite de cinéma non accompagnée, J’avais réussi à traîner ma grand mère voir « La Route de Salina », il y avait beaucoup de « gens tout nus » sur les photos promotionnelles du film mais elle avait surtout vu le nom de Rita Hayworth à l’affiche. C’était son actrice préférée parce qu’elle la confondait avec Susan Hayward, Nous y allâmes donc.

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LA-ROUTE-DE-SALINA

Cet été là, je m’apprêtais à avoir 13 ans et nous allions partir pour la Croatie, alors Yougoslavie.

Dès le lendemain je me ruai chez le coiffeur avec ma cagnotte glanée à mon anniversaire et lui expliquai que je voulais être Mimsy Farmer. C’est à dire avec les cheveux ultra courts et blonds « le plus clair possible » Ce brave homme, tout sympathique soit-il ne connaissait pas Mimsy Farmer, n’avait pas vu le film et moi je n’avais pas de photo de mon icône. Pouvais-je imaginer qu’il existait des miséreux ne connaissant pas ce blond miracle humain?

Je suis donc sortie de là le cheveu ultra court mais avec ma couleur naturelle car « On ne décolorait pas les petites filles ». J’ai passé tout un été avec une coupe de cheveux qui faisait plus penser à Pierre Perret qu’à Mimsy Farmer! J’en suis encore mortifiée 40 ans plus tard!

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mimsy farmer et Robert Walker jr.

Mimsy Farmer vient au monde le 28 Février 1945 à Chicago. Son père est américain mais sa mère française.

Cette jeune demoiselle débutera comme figurante à la télévision américaines à l’âge de 16 ans, dans des programmes pour « teenagers ». C’est ainsi qu’on la verra passer, ombre fugace et à des années lumière de ce qu’elle deviendra plus tard, dans l’ombre de Deborah Walley, une des reines juvéniles des « Beach Party films ».

Et si je dis que Mimsy est à des années lumières de ce qu’elle sera plus tard, c’est parce qu’elle ressemble à l’époque plus à une Sandra Dee qu’à la créature sexuellement libérée dont elle affichera plus tard l’image à la fois aussi simple qu’insolente.

Il suffit pour s’en convaincre de revoir ses premiers petits rôles à la télévision où elle va quand même professer quatre ans et ses débuts au cinéma. jolie blonde en robes à fleurs et mise en plis bien rangée, il ne lui manque que les gants blancs et la messe du dimanche pour être la ravissante petite oie blanche du middle West comme l’Amérique de l’époque aime à les montrer. On la croirait tout droit sortie de la série « Mad Men »

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première époque

Il faudra attendre 1969 pour que Mimsy Farmer nouvelle manière explose littéralement dans « More »!

Un film électrochoc tourné à Ibiza alors en pleine période hippie et sur une musique originale des Pink Floyd! Difficile d’imaginer que la créature de perdition en micro-robe (Quand elle la porte, évidemment) qui pousse un jeune touriste allemand dans la drogue et la luxure avant la mort est bien cette même Mimsy Farmer que l’on avait vue à la télévision dans « Lassie », « Laredo »,  »J’avais Trois Fils » ou « Mannix ».

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Elle reprendra sensiblement le même personnage pour Georges Lautner dans « La Route de Salina » où le réalisateur français fait d’elle la fille de Rita Hayworth. Mince, blonde, bronzée, ravissante incestueuse, cinglée et meurtrière.

Mimsy Farmer ne deviendra pas une actrice populaire, elle n’ a pas vraiment sa place dans le cinéma de papa mais elle deviendra une véritable icône pour toute une génération, symbole d’une certaine féminité, d’une certaine liberté et pour tout dire d’une certaine liberté de mœurs mixé avec un idéal de beauté. Mimsy Farmer représente une génération de jeunes filles qui rejettent l’image de ces femmes fatales ou vénales qui ont fait les beaux jours du cinéma des décennies précédentes. On veut s’aimer nus au soleil et libérés des contingences morales et bourgeoises. C’est est fini des machinations machiavéliques à la Agatha Christie pour capter l’héritage de la grand’mère, c’en est fini du désarroi des femmes qui aiment des hommes mariés ou qui manœuvrent pour un vison et quelques diamants.

Brigitte Bardot avait ouvert la voie en bikini de vichy rose, aimant de beaux garçons sur les plages de St Tropez au lieu d’épouser de richissimes et puissants producteurs. Mimsy Farmer est un peu son œuvre accomplie, débarrassée des bikinis, des faux-cils et des postiches de Brigitte.

La parenthèse enchantée dont Mimsy Farmer est le symbole sera de courte durée, dix ans plus tard le sida et la mode BCBG viendront clore le chapitre. La réussite sociale redeviendra le saint graal de la génération suivante, les contingences morales et bourgeoises feront leur retour plus puissants encore que par le passé puisque le tout va se  compléter par le retour d’un extrémisme religieux que l’on croyait aboli depuis la fin de l’inquisition.

La liberté des femmes n’aura été qu’une très courte période dans toute l’histoire de l’humanité. Et qui aurait cru que la génération de Mimsy Farmer remettrait son maillot puis son soutien-gorge avant de revendiquer le port du voile puis de la burka! Des siècles de combat pour dix années de victoire éphémère, il n’y a pas de quoi se vanter.

Aujourd’hui projeter « More » ou « La Route de Salina » outrage la jeunesse du XXIème siècle et Mimsy Farmer fait probablement figure d’antéchrist.

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Mimsy Farmer en ces temps bénis de liberté fut une actrice très sollicitée, tournant pour des réalisateurs pour le moins variés comme Georges Lautner,  José Giovanni, les frères Taviani, Claude Goretta, Dario Argento, Barbet Schroeder et même…Terrence Hill.

Elle aura même, comme Marilyn Monroe, Elizabeth Taylor, Brigitte Bardot ou Jayne Mansfield son alter ego en la personne de l’actrice Catherine Jourdan qui jouant sur les mêmes arguments qu’elle fera ses choux gras des films refusés par Mimsy Farmer l’icône.

Symbole de jeunesse, l’actrice ne cherchera pas à se perpétrer aux écrans et ralentit nettement son activité dès le début des années 80. En 1991 elle tourne un dernier téléfilm « Safari » dirigé par Roger Vadim et tire sa révérence. Elle est plus belle que jamais, elle a seulement 46 ans.

Mimsy qui s’était fixée en France dès le début des années 70 y est restée. Elle a seulement quitté Paris pour s’installer dans le Var. Peintre et sculpteuse reconnue, toujours aussi gracieuse et restée très belle, elle met en scènes de grands spectacles de prestige pour le théâtre antique d’Orange ou l’opéra de Bordeaux.

C’est également dans les décors qu’elle fait parfois son retour au cinéma, là aussi dans des œuvres de grand prestige comme « Marie Antoinette » ou « Charlie et la Chocolaterie »

Mimsy est l’épouse du sculpteur Francis Poirier et elle est la mère de l’actrice et chanteuse Aisha Cerami

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QUE VOIR?

1963: Spencer’s Mountain: Avec Maureen O’hara et Henri Fonda

1965: Bus Riley Back in Town: Avec Ann Margret et Michael Parks

1967: Hot Roads to Hell: Avec Jeanne Crain et Dana Andrews

1967: Riot on Sunset Strip: Avec Aldo Ray

1969: More: Avec Klaus Grünberg

1970: Strogoff: Avec John Philip Law et Hiram Keller

1970: Sur la Route de Salina: Avec Robert Walker jr. Rita Hayworth et Marc Porel

1971: 4 Mosche di Velluto Grigio: Avec Michael Brandon et Jean-Pierre Marielle

1972: La Vita in Gioco: Avec Guilio Brogi

1972: Corpo d’Amore: Avec François Simon

1973: Deux Hommes dans la Ville: Avec Alain Delon et Jean Gabin

1974: Allonsanfan: Avec Marcello Mastroianni, Léa Massari et Laura Betti

1975: La Traque: Avec Jean-Luc Bideau et Michael Lonsdale

1977:Antonio Gramsci: I Giorni del Carcere: Avec Pino Ammendola

1978: L’Amant de Poche: Avec Pascal Sellier et Madeleine Robinson

1978: Rêve de Singe: Avec Gérard Depardieu et Marcello Mastroianni

1979: SOS Concorde: Avec James Francisius

1980: La Légion saute sur Kolwezi: Avec Bruno Cremer et Guillano Gemma

1980: Même les Mômes ont du vague à l’Âme: Avec Marie-Christine Barrault et Guy Bedos

1981: The Black Cat: Avec Patrick Magee

1982: La Ragazza di Trieste: Avec Ornella Muti et Ben Gazzara

1983: Il Quartetto Basileus: Avec Véronique Genest, Pierre Mallet et Hector Altério

1983: La Mort de Mario Ricci: Avec Magali Noël et Gian Maria Volonte

1984: Don Camillo: Avec Terrence Hill

1987: Poisons: Avec Roland Dubillard et Rufus

1988:Il Segreto Dell’uomo Solitario: Avec Guilio Bosetti

634: FRANCINE RACETTE

 

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Si je devais sélectionner parmi toutes les actrices dont j’ai déjà « croqué le portrait » pour mes « étoiles filantes » celle qui me paraît la moins avide de gloriole et autres mondanités people, nul doute que mon choix se dirigerait vers Francine Racette!

Cette belle canadienne née à Joliette en 1947 fut très longtemps ouvreuse au cinéma avant d’elle-même passer de la salle à l’écran.

J’ignore d’ailleurs les tenants et les aboutissants de ce brusque changement qui la fait passer au sens propre de l’ombre à la lumière, car la confidence journalistique est aussi étrangère à Francine Racette que la photo cheesecake, le blond platine ou le soutien-gorge rembourré!

C’est pour un de ses compatriotes québécois, Raymond Garceau qu’elle débute au cinéma en 1969 avec « Le Grand Rock »

Francine Racette joue Régine, une jeune mariée des campagnes québécoises qui veut tout ce que lui propose la publicité et son pauvre mari, pourtant bien brave au départ n’a d’autre choix que la criminalité pour la satisfaire!

Nous sommes clairement dans un cinéma d’auteur car non seulement il n’y a aucun nom connu au générique du film tourné en noir et blanc et en 16 millimètres mais l’auteur ne pointe pas du doigt la jeune épouse avide de biens matériels mais au contraire la considère comme la première victime. Non seulement Francine-Régine n’aura jamais l’aspirateur atomique dernier cri mais elle perd également son si brave mari.

En ces années où la jeunesse aspire a des satisfactions plus simples et plus philosophiques, les jeunes filles ne rêvant que de partir à Katmandou en minibus VW après avoir piétiné les visons de leur mère, la publicité déferle littéralement sur tous les vecteurs médiatiques et inonde le monde comme jamais. L’œuvre de Raymond Garceau dénonce ce nouveau phénomène de société en aveuglant son héroïne de message publicitaires jusqu’à ce qu’elle ne voie plus ni son mari ni même la beauté de la cambrousse québécoise qui les entoure. Le film est réussi, le message est transmis, mais on l’aura compris, on n’est pas dans « Le Gendarme de Saint Tropez », le « Grand Rock » ne risque pas d’être pour Francine Racette ce que fut la « Dolce Vita » pour Anita Ekberg!

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Alors comment se fait-il que l’année suivante on la retrouve à la télévision française avec Pierre Arditi?

Et commet se fait-il que l’année suivante encore, Francine Racette a tapé dans l’œil de Dario Argento qui lui a offert un rôle magnifique dans « Trois Mouches de Velours Gris » Avant cela encore elle a été la partenaire de Michel Duchaussoy dans un film français « Aussi Loin que l’Amour » et répète à Paris une pièce que mettra en scène Tibor Tardos!

Le tout comme on l’a vu en restant particulièrement secrète. On ne saura qu’une chose de la belle québécoise devenue actrice internationale. Une déduction: Elle ne tourne que dans des films d’auteurs!

En 1974, alors que sa carrière d’actrice n’a que cinq ans, le temps qu’il faut à d’autres pour sortir des rangs de la figuration, Francine Racette va faire la rencontre de l’homme de sa vie sur le plateau de son cinquième film. Le film c’est « Alien Thunder », l’homme c’est Donald Sutherland.

Donald Sutherland a douze ans de plus que la belle Francine mais comme elle, il est canadien

A l’heure de leur rencontre, Donald Sutherland a déjà été marié deux fois et a des enfants de sa deuxième épouse Shirley Douglas dont il a divorcé en 1970: son fils Kieffer et sa sœur jumelle Rachel.

Rien de tout cela ne fera obstacle au couple d’amoureux.

J’ignore si dès leur rencontre Francine Racette songea à abandonner le cinéma. En tout cas, le cinéma, lui, ne songeait pas à être abandonné par elle. Elle vient d’ailleurs de rencontrer Jeanne Moreau et celle-ci va la diriger face à Lucia Bose dans « Lumière ». Sa prestation vaudra à Francine Racette une nomination aux Césars du cinéma français pour son second rôle dans le film de Jeanne mais sa victoire lui sera soufflée par Marie-France Pisier.

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A l’heure de la cérémonie des Césars, Francine Racette se prépare à devenir maman. Son premier fils, Rossif vient au monde le 25 Septembre 1978 à Vancouver. Deux fils suivront Rossif: Angus et Roeg. Mais dès la naissance de son premier enfant, Francine Racette ne fut plus une actrice si l’on excepte « Au Revoir les Enfants » tourné par amitié pour Louis Malle en 1987 et après 9 ans d’absence.

Le couple Sutherland est toujours un couple uni et fier de ses enfants.  Ils vivent tantôt au Canada, tantôt à Santa Barbara, tout dépend de l’emploi du temps de monsieur, l’un des acteurs les plus mythiques et les plus sollicités du monde.

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Les Sutherland et leur premier né

QUE VOIR?

1969: Le Grand Rock: Avec Guy Thauvette

1971: Aussi Loin que l’Amour: Avec Michel Duchaussoy, Suzanne Flon et Salvador Dali

1971: Quatre Mouches de Velours Gris: Avec Mimsy Farmer et Jean-Pierre Marielle

1973: Les Vilaines Manières: Avec Jean-Luc Bideau

1974: Alien Thunder: Avec Donald Sutherland

1976: Mr Klein: Avec Alain Delon et Jeanne Moreau

1976: Lumière: Avec Lucia Bose, Jeanne Moreau et Caroline Cartier

1976: Un Type comme moi ne devrait jamais Mourir: Avec Jean-Michel Folon et Mort Schuman

1977: The Disappearence: Avec Donald Sutherland

1987: Au Revoir les Enfants: Avec Gaspard Manesse

 

520: ELISABETH BERGNER

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Il exista dans l’histoire du cinéma une catégorie d’actrices très peu peuplée parce que terriblement ciblée, celle des « Monstres sacrés ». Celles qui font des excès même de leur personnalité et de leurs travers des marques de fabrique qui défient la crédibilité mais enflamment l’imagination. Agissant comme si l’univers était leur abri de jardin et le public les adorateurs de leur sensationnelle beauté de déesse paîenne des arts. Qu’elles soient effectivement belles ou non n’y change rien. Elles sont des reines, des déesses, des icônes des divas. Autoproclamèes, certes, mais qui oserait y trouver à redire?

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Comment les définir? la tâche me semble ardue, qu’est-ce qui relie Mae West à Lotte Lenya ou Clara Kimbal Young à Tallulah Bankhead?

Et comme dirait Bette Davis: »Attention, mes chéris! J’arrive, accrochez vos ceintures, ça va secouer! »

Mais ce qui est plus étrange encore, c’est qu’il n’est guère besoin d’avoir établi une définition pour les reconnaître au premier coup d’oeil, ces fameux monstres sacrés!

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Miss Elisabeth Bergner fut l’un d’eux. Qu’elle fut moins populaire qu’une Bette Davis et tourna moins de films qu’une Gloria Swanson ne change rien à son statut! Etre un monstre sacré n’est affaire ni de popularité ni de rendement! C’est affaire de magie! Et peut-être même bien de sorcellerie!

Car oui, Maléfice est un monstre sacré et Mary Poppins ne l’est pas!

Quant à Elisabeth Bergner, si elle naissait aujourd’hui, elle serait Ukrainienne, mais le 22 Août 1987, naître à Drohobycz avait fait d’elle une austro hongroise!

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Elle naît Elisabeth Etell, fille des commerçants juifs Anna-Rosa et Emil Etell.

Très jeune, la petite créature se piquera de littérature anglaise et d’art dramatique. Lorsque ses parents s’établiront à Vienne elle pourra enfin étudier les arcanes du théâtre et des arts parlés et à quinze ans, elle fait la fierté familliale en débutant sur scène à Innsbruck en Autriche dans une pièce de son idole: Shakespeare. Qui d’autre?

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Mais lorsqu’Elisabeth a quinze ans nous sommes en 1912. Quand elle en a 17 le monde s’embrase, c’est la guerre!

Tonner du canon quand elle dit Shakespeare,!!! n’était-ce pas d’une indécence absolument scandaleuse? Comment osait-on?

On osa pourtant! Et la guerre se fit et se défit sans son consentement.

Elle fit la connaissance du sculpteur Wilhelm Lehmbruck qui fut subjugué par sa beauté et lui demanda de poser pour elle avant d’en tomber éperdument amoureux. Mais cet ami de Modigliani était flanqué d’une épouse affreusement bourgeoise et de trois épouvantables enfants assortis! De plus ce pauvre Wilhem servait comme ambulancier dans l’armée et la misère qu’il côtoyait au quotidien se ressentait dans son humeur et ses œuvres.

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Il mettra fin à ses jours en 1919 mais Elisabeth était déjà partie s’adonner à d’autre distractions. Maintenant que ce monde daignait cesser de s’entre tuer et de se gazer dans ces abominables tranchées! Le suicide du sculpter provoquera un scandale dont Elisabeth sera la victime, elle devenait la vamp fatale qui avait poussé l’artiste à se supprimer plutôt que de ne pouvoir obtenir ses faveurs.

Elisabeth dut glousser malgré une peine sans doute sincère car la publicité que généra le triste évènement fit d’elle la scandaleuse dont on parle! D’autant que nombreux étaient ceux qui se souvenaient qu’en 1916 , alors en tournée en Suisse avec « Hamlet » elle avait, sous ses atours d’Ophélie, rendu fou d’amour son partenaire Moissi Alexander, immense star du théâtre mais qui trouva toujours porte close à la chambre d’Elisabeth. Et s’il ne se suicida pas, il faillit bel et bien en perdre la raison! Le poète Albert Ehrenstein allait connaître le même sort et passer le reste de sa vie à hululer son amour sous ses fenêtres et ce dès leur première rencontre. En vain il va sans dire! Il rédigera des kilomètres de poèmes pour elle et elle lui disait parfois, craignant qu’il ne se suicide lui aussi: « Si vous êtes très sage, un jour nous ferons un enfant ensemble« . Ce qu’ils ne firent bien entendu jamais.

Elle revint à la scène, elle revint à Shakespeare et en 1923 le cinéma l’invite à faire ses débuts d’actrice filmée. N’est elle pas reconnue comme la plus grande actrice shakespearienne de son temps, comment l’écran, bien que muet, peut-il se passer de son art?

Et puis après tout qu’importe que le cinéma soit muet, il faisait appel à Elisabeth pour l’adaptation filmée d’un opéra! Ah, douce insouciance d’une époque!

Elisabeth continua a tourner des films mais qu’était le cinéma face au divin théâtre? Elle se contentait d’un film par an, rarement deux et parfois aucun. Le son surgit, d’abort caverneux et grazouillant, Elle poussa un vague soupire qui signifiait « Ah Quand même! On va pouvoir travailler proprement! » Et ne tourna pas plus pour autant!

Elle avait fait la rencontre d’un réalisateur, Paul Czinner en 1924 et apprécia l’homme et l’artiste au point de l’épouser en 1933, bien qu’il soit ouvertement homosexuel. Elle devint son interprète officielle! Garbo avait Stiller, Dietrich avait von Sternberg, elle avait Czinner qu’elle estimait bien supérieur aux deux autres freluquets réunis! Czinner souhaita la diriger dès leur première rencontre et lui offrit le rôle de « Nju, Eine Unverstandene Frau » face aux deux plus grandes stars nationales du moment: Emil Jannings et Conrad Veidt. Lorsque son mentor ne la dirigeait pas, elle condescendait à se montrer devant la caméra de quelques sommités tel Max Reinhardt. Czinner la dirigera également en 1934 dans « Catherine the Great » , film rival de « L’Impératrice Rouge » de Sternberg avec Marlène. Celui-ci connut le dédain avant l’oubli!

L’Allemagne qui avait décidément été invivable durant cette guerre absurde de 1914-18 recommençait à donner dans le mauvais goût! Juifs et homosexuels étaient peu à peu persécutés, Czinner étant les deux, le couple gagna Londres dès les élections de 1933 remportées par un opposant au national socialisme qui fut assassiné par ces malapris de nazis. C’est là, à Londres qu’Elisabeth et Paul se marièrent.

Elisabeth apprit donc l’anglais et dès qu’elle sur ânonner quelques formules de politesses, elle devint une intime de George Bernard Shaw qu’elle allait servir au théâtre et de JM Barrie, histoire de se perfectionner. JM Barrie traversait alors une longue période de dépression et n’écrivait plus du tout.

Elisabeth leva un sourcil et lui déclara: »Qu’est-ce que c’est que ces gamineries? Vous allez vous remettre à écrire immédiatement! Une pièce pour moi! »

Il le fit mais malgré sa bonne volonté et son désire de plaire à la star « The Boy David » fut très moyen.

Elisabeth et Czinner travailleront à Londres, au théâtre comme au cinéma et leurs films seront interdits en Allemagne « Tant mieux! » laissa tomber Elisabeth! La capitale britannique vit bientôt en elle une de ses plus grandes stars. Elisabeth estimait celà juste et mérité. Elle gagnait des sommes folles mais préférait envoyer des chèques mirobolants à des poètes nécessiteux (et amoureux fous d’elle) que de les dilapider en diamants et fourrures de léopard. Elle subviendra aux besoins d’Ehrenstein toute sa vie.

Mais le couple Czinner n’en avait pas fini avec la furie teutonne. En 1939, le danger gagnait, ils quittèrent l’Angleterre pour l’Amérique où bien entendu ils débarquèrent et se considérèrent immédiatement comme un fabuleux enrichissement culturel pour ce pays encore trop nouveau pour être vraiment distingué.

Il faut dire que sans quitter Londres, Elisabeth avait réussi à être nommée aux Oscars en 1936  pour « Escape Me Never » réalisé pour elle par son cher mari. Bette Davis l’avait évincée dans la course à la statuette dorée pour « L’Emprise ».

La Warner se fendra d’un remake en 1947 avec Errol Flynn et le rôle d’Elisabeth sera repris par Ida Lupino!

A Hollywood, bien qu’en ces temps de guerre une large communauté d’artistes et d’intellectuels européens sévissait autour des ragoûts de Marlène Dietrich, Elisabeth Bergner ne se déclara pas fascinée par le clinquant de la capitale du film. Ces dirigeants de studio parlaient trop de contrats et d’argent pour être fréquentables! Elisabeth ne tourna qu’un seul film en vedette à Hollywood  »Paris Calling » en 1941, et comme le succès fut mitigé, outrée, elle refusa d’en faire un autre! On ne la reverra plus au cinéma avant 1962, quant à Hollywood il ne la reverra jamais!

La fin des hostilités guerrières la surprend à New-York où elle travaillera au théâtre jursqu’en 1950. Elle avait maintenant une nouvelle marotte et allait bientôt se rendre souvent en Israël pour y donner des lectures bibliques en hébreu, en anglais et en Allemand! Elle avait daigné faire de la télévion, très peu il est vrai, et dans cette période de sa vie elle avait vécu une anecdote qui restera célèbre et vaudra une nouvelle gloire à… Bette Davis.

Elisabeth avait pris sous son aile une jeune oie blanche. Une de ses admiratrices à qui la guerre avait tout pris. Or sous les plumes de l’oie se cachait une fieffée roublarde qui après s’être rendue indispensable comme secrétaire et confidente phagocyta les relations d’Elisabeth, manoeuvra dans l’ombre et finit par se faire une place à Broadway! La star racconta l’aventure à une amie, laquelle écrivit un article pour Cosmopolitan. L’article devint scénario sous le titre de « All bout Eve » et Bette Davis joua Elisabeth Bergner en imitant Tallulah Bankhead. Bette Davis ne masqua jamais sa fascination pour ces deux actrices, et lorsqu’elle s’improvisa productrice, elle n’eut pas de plus grande urgence que de recommecer « Stolen Life » pour reprendre le double rôle qu’y tenait Elisabeth en 1939.

En 1959, trois ans avant Marlène Dietrich, Elisabeth Bergner revient en Allemagne en s’empare à nouveau des scènes nationales où elle triomphe immédiatement!

Le temps passant, Elisabeth garda sa longiligne silhouette, son fantastique abattage et sa coiffure à la Garbo. A 70 ans elle donnait enfin sa pleine mesure au cinéma dans des rôles de composition qui la ravissaient maintenant qu’on en avait fini avec toutes ces fariboles de charme, de séduction et de féminité même si elle restait très belle.

En 1973, Czinner fit d’elle une veuve et elle passa à la mise en scène!

Elle tenait encore de grands rôles au début des années 80 et tira sa révérence au cinéma en 1982 après « Feine Gesellschaft-Beschrankte Haftung » où elle tenait la dragée haute à Lilli Palmer!

Elle fit de la télévision en Allemagne jusqu’en 1984, elle avait 87 ans!

Puis, se sentant fatiguée, elle regagna son cher Londres où elle avait été tant heureuse puisque tant aimée. Elle s’éteignit paisiblement à 88 ans le 12 Mai 1986.

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QUE VOIR?

1923: Der Evangelimann: Avec Paul Hartmann

1924 Nju, Eine unverstandene Frau: Avec Emil Jannings et Conrad Veidt

1931: Ariane: Avec Rudolf Foster

1934: The Rise of Catherine the Great: Avec Douglas Fairbanks jr et Flora Robson.

1935: Escape Me Never: Avec Hugh Sainclair

1936: As You Like It: Avec Laurence Olivier et Henry Ainley

1937: Dreaming Lips (Mélo): Avec Raymond Massey

1939: Stolen Life: Avec Michael Rennie

1941: 49th Parallel: Avec Glynis John Laurence Olivier et Richard George

1941: Paris Calling: Avec Randolph Scott

1962 Die Glücklichen Jahre Der Thorwalds: Avec Hansjörg Felmy

1970: Cry of the Banshee: Avec Vincent Price

1970: Strogoff: Avec Mimsy Farmer, John Philip Lw et Hiram Keller

1978: Der Pfingstausflug: Avec Martin Held

1982:Feine Gesellschaft-Beschrankte Haftung : Avec Lilli Palmer

 

 

472: TALIA SHIRE

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Avec les années 70 ressurgit des oubliettes du cinéma le fantôme des « sérials », Hollywood redécouvre les »suites ». Qu’un film marche, et hop! On sort le deux, le trois le quatre le huit, le vingt. On n’oubliera pas de sitôt les » Freddy », les « Mad Max » les « Halloween », les « Indiana Jones », les « Exorcistes » , les « Psychose »ou les « Vendredi 13″ et même les « Guerres des Etoiles ». La tendance deviendra si forte durant plus de trois décennies, que l’option « suites potentielles » sera envisagée dès l’écriture du scénario.

On sera d’ailleurs complètement désespérés à Hollywood d’avoir laissé mourir « Thelma et Louise » dès la fin du « premier film ». Une cohorte de scénaristes s’arracha les cheveux pour trouver une idée plausible qui aurait sauvé la vie des deux femmes qui s’étaient pourtant jetées en Ford thunderbird décapotable dans le grand canyon!

On envisage sérieusement une suite où elles seraient fantômes mais les actrices refusèrent d’un commun accord et sans même se concerter!

Et parmi ce florilège de films à suites, deux semblent vouloir être retenus par l’histoire: les « Parrains » et les « Rocky ».

Or ces films avaient un point commun: une de leurs actrices, miss Talia Shire.

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Car miss Shire fut à la fois Corinne Corléone et Adrienne Balboa mieux connue sous le nom de « Adrièèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèènne! »

Celà fait trois parrains et cinq rocky! (Talia ne participera pas au sixième, ne croyant sans doute pas à cette tentative de réanimation et la chose débute sur Rocky à l’anniversaire de la mort d’Adrièèèèèèèèèèèèèèèèèènne.)

Miss Shire qui tourna donc huit films sur deux thèmes naît le 25 Avril 1946 à Lake Success sur l’île de Long Island

Et lorsque je vous aurai donné son nom de baptème vous aurez tout compris car il s’agit de Talia Rose Coppola.

Oui vous avez bien lu, Talia Rose est la petite soeur de Francis Ford et d’August.

Le père géniteur de cette illustre descendance est le flutiste Carmine Coppola qui connaîtra la gloire en composant quelques musiques pour les  »Parrain » que mettra en scène son fils et où jouera sa fille.

On pourrait dès lors croire que finalement le cinéma et les Coppola c’est une histoire de famille. Selon Talia il faut croire que non, car elle déclarera en 1975 alors qu’elle est nommée aux Oscars en meilleur second rôle féminin pour un de ses « parrain »  »Je n’ai pas fait le film de mon frère parce qu’il est mon frère mais parce qu’il est le meilleur réalisateur de sa génération. Il se trouve donc que le meilleur réalisateur est aussi mon frère mais ce n’est pas une raison pour refuser un rôle magnifique dans un film qui l’est tout autant ». Pour la petite histoire, c’est Ingrid Bergman qui lui soufflera la statuette dorée pour son rôle dans « Le Crime de l’Orient Express ». Notons aussi que son autre suite, celle des « Rocky » lui vaudra également une nomination deux ans plus tard, mais cette fois dans la catégorie supérieure, celle de la « meilleure actrice », mais cette fois c’est Faye Dunaway qui rafle la mise pour « Network ».

Mais revenons en à Miss Talia Coppola, car il faut pour être honnête admettre qu’elle n’avait pas attendu le bon plaisir et surtout le pouvoir de son frangin pour affronter les requins d’Hollywood.

En 1968 elle débutait face à Fabian dans « The Wild Racers » où brillait superbe et lunaire l’énigmatique Mimsy Farmer. Elle est alors pour les génériques miss Talia Coppola. Elle deviendra miss Talia Shire lorsqu’elle épousera en 1970 le compositeur David Shire.

C’est donc sous son patronyme de femme mariée qu’elle passera à la postérité et entrera dans la légende Hollywoodienne avec ces deux rôles que l’on ne risque pas d’oublier avant quelques décennies. mais comme on s’en doute, Talia ne se contenta pas de ces deux personnages récurents. Elle fit énormément de télévision entre deux « Parrain » ou « Rocky » ainsi que quelques films qui passèrent complètement inapperçus.

Talia Shire connut alors l’étrange destin d’une actrice jouant dans les deux séries les plus « successfull » de leur temps et de rester presque inconnue du grand public en dehors de ses deux personnages.

Lorsque les séries prirent fin, elle continua une carrière non dénuée d’intérêt, tant à la télévision qu’au cinéma, mais le croiriez-vous, elle ne trouva jamais le succès, devenant presque la parente pauvre d’une dynastie dont les noms de son père, ses frères, sa nièce Asia et plus tard ses enfants brilleraient d’un éclat bien plus fort que le sien.

A tel point que lorsque l’on évoque la parentèle de Talia, les gens vous répondent, relativement dubitatifs « Ah bon? La soeur de Coppola? La tante d’Asia? Vraiment? C’est Talia Shire? »

En 1978, Talia et David Shire divorçaient après avoir eu un enfant, Matthew, et l’actrice se remariait en 1980 avec le producteur Jack Schwartzman qui la laissera veuve en 1994 après qu’ils aient eu cette fois deux enfants. Jack Schwartzman n’avait que 61 ans à l’heure de son décès. Leurs fils Jason et Robert ont également embrassé la carrière artistique, Jason Schartzman est acteur compositeur, il a été dirigé par sa cousine Asia dans « Marie Antoinette ». Robert a suivi le même parcours et on a pu le voir entre autres dans « Virgin Suicide » ou « Bad Teacher ».

Quant à Matthew Shire, il écrit pour la télévision, mais envisage à l’heure où j’écris ces lignes de passer à la réalisation.

Celine Colassin

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QUE VOIR?

1968: The Wild Racers: Avec Mimsy Farmer et Fabian.

1972: Le Parrain: Avec Marlon Brando et Al Pacino

1973: Maxie: Avec K.T. Baumann et Morgan Upton

1974: Le ParrainII Avec: Marlon Brando et Al Pacino

1976: Rocky: Avec Sylvester Stallone

1979: Old Boyfriends: Avec Richard Jordan et Keith Carradine

1979:Rocky ii: Avec Sylvester Stallone

1982:Rocky III: Avec Sylvester Stallone

1985:Rocky IV: Avec Sylvester Stallone

1986: Hyper Sapien, People from another Star: Avec Rosie Marcel et Dennis Holahan

1990:Rocky V: Avec Sylvester Stallone et Burgess Meredith

1990: Le Parrain III: Avec Al Pacino

1991: Bed and Breakfast: Avec Roger Moore

1997: She’s so Lovely: Avec Robin Wright, Sean Penn et John Travolta

2000: The Visit: Avec Obba Babatundé et Rae Dawn Chong

2007: Homo Erectus: Avec Adam Rifkin et David Carradine

2011: Minkow: Avec Mark Hamill et James Caan

 

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